La littérature en URSS : 1945-1989

Plutôt bien reçus entre 1920 et 1945, les écrivains soviétiques ont bénéficié ensuite de l’image positive donnée par la résistance héroïque opposée au fascisme par l’URSS. L’image se dégrada à partir des années 60. Les premiers récits du goulag parvenus lors du premier dégel, sous Khrouchtchev, les procès, les suicides d’intellectuels, l’usage de la psychiatrie répressive et la prise en compte de la parole des émigrés lors de la glaciation brejnévienne ternirent l’icône. La traduction de la littérature soviétique ralentit. On distingua des bons et des mauvais. Dans les années 70, seules les œuvres de samizdat (circulant sous le manteau) ou tamizdat (écrites et publiées en Occident) nous paraissaient mériter l’imprimerie. Le réalisme socialiste passa aux oubliettes. Pourtant, des voix que l’on croyait affidées criaient leur honte et leur désespoir, d’autres que l’on croyait révoltées ne faisaient que chatouiller les vieux démons...