Les chapitres de ce dossier :
- Une étoile filante en fission
- Il naît à Marseille en 1896. Son père est navigateur et armateur. Sa mère est une Orientale originaire de Smyrne. Il est atteint par une méningite à l'âge de cinq ans et fait des séjours réguliers en centres de thérapie (Suisse notamment). - En 1921 il est envoyé à Paris, confié par sa famille à un médecin aliéniste, le Dr. Toulouse qui le pousse à écrire. Début en revue comme critique d'art. - Sa première passion est le théâtre: il entre dans la compagnie de Charles Dullin (le futur Théâtre de l'Atelier) et tient plusieurs petits rôles (dont un dans le Jeanne d'Arc de Dreyer). Il y rencontre la comédienne Génica Athanasiou, à laquelle le liera jusqu'en 1927 une passion orageuse. - Il participe à la révolution surréaliste puis est exclu du groupe en 1929, au motif d'un désaccord sur l'orientation politique, marxiste et communiste, qu'étaient en train de prendre Breton et ses fidèles. - Publications à la N.R.F. dont plusieurs recueils de poésie, des textes critiques et le fameux manifeste sur le Théâtre de la cruauté (1933). Suivent plusieurs cures de désintoxication (il était devenu opiomane). - en 1936, séjour au Mexique, en partie financé par une mission du ministère de l'Éducation nationale: nombreux textes et conférences. Passe le mois de septembre avec les Indiens tarahumaras. - Retour en France. En 1938 il est interné à Sainte-Anne où il est vu, entre autres, par Jacques Lacan. - 1939-1943. Séjour à l'hôpital psychiatrique de Ville-Évrard. Écrit une volumineuse correspondance. En novembre 1942, la mère d'Artaud obtient, grâce à l'aide de Robert Desnos, le transfert de son fils en zone «libre», dans le service du docteur Ferdière à Rodez. - 1946: libéré de l'asile, il revient à Paris. Les amis qui ont organisé son retour —en particulier, Marthe Robert et Arthur Adamov— l'installent à Ivry dans la maison de santé du docteur Delmas qui lui donne toute liberté d'aller et venir. - En 1947, enregistrement de l'émission Pour en finir avec le jugement de dieu. Parution de Artaud le Mômo et de Van Gogh le suicidé de la société. Absorbe de grandes quantités de laudanum pour soulager ses douleurs. - Atteint d'un cancer au rectum, il meurt le 4 mars 1948 dans sa maison de santé.
- L'œuvre : cohérence sous le disparate
- Essais d'élucidation
| C'était Antonin Artaud Florence de Mèredieu, Fayard, 2006 |
35.00 € | |
La biographie d'un homme flamboyant et haut en couleur, acteur de théâtre, de cinéma, metteur en scène et dessinateur, qui a partagé l'aventure surréaliste. Ce formidable écrivain après deux voyages initiatiques (Mexique et Irlande) connaît une dérive identitaire débouchant sur neuf ans d'internement. Pourtant en 1946 il sort de l'asile, regagne Paris et multiplie écrits et autres manifestations. Antonin Artaud refusa de se laisser enfermer dans les limites d'un état civil ordinaire et se construit une personnalité hors du commun. Il traverse l'aventure surréaliste, et entreprend en 1936 et 1937 deux grands voyages initiatiques (au Mexique et en Irlande). Il y perd toute identité sociale et se retrouve interné dans les asiles psychiatriques (1937-1946). Il en ressort au bout de neuf ans, portant très haut cette parole et ce «Théâtre de la Cruauté» qu'il puise au fin fond de son corps d'homme. Cette biographie passionnante et richement documentée retrace cette vie singulière et esquisse -en arrière-plan -l'histoire intellectuelle et humaine de la première moitié du XXe siècle. |
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9782213625256
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| Antonin Artaud : un insurgé du corps Evelyne Grossman, Gallimard, 2006 |
13.50 € | |
Par ses dessins et écrits, Artaud lutte contre la rupture qu'il voit entre les choses et les signes. L'auteure retrace ici la trajectoire de ces écrits depuis les premiers poèmes jusqu'aux cahiers d'écolier des dernières années à Rodez puis à Ivry. «Là où d'autres proposent des œuvres je ne prétends pas autre chose que de montrer mon esprit. La vie est de brûler des questions», écrit en 1925 Antonin Artaud dans L'Ombilic des Limbes. Une dizaine d'années plus tard, son Théâtre de la Cruauté révolutionne la conception occidentale du théâtre: la littérature est un acte, martèle-t-il, la mise en jeu de forces, l'inverse d'une consommation à distance. Lui, que les psychiatres qualifieront de schizophrène, luttera inlassablement contre la rupture entre les choses et les signes, entre l'art et la vie. Évelyne Grossman retrace ici la trajectoire d'Artaud depuis ses premiers poèmes surréalistes jusqu'aux textes fulgurants de la fin: ses expériences cinématographiques et théâtrales, ses voyages vers les anciens mythes du Mexique ou d'Irlande, les neuf années d'internement psychiatrique, sa furie d'écriture et de dessins jusqu'à sa mort en 1948. Au-delà de la légende du poète maudit, se dessine le corps-œuvre d'Artaud, cette «matérialisation corporelle et réelle d'un être intégral de poésie».
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9782070337491
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| Antonin Artaud, exposition à la BNF, 2006-2007 Guillaume (dir.) Fau, Gallimard/BNF, 2006 |
39.00 € | |
Les quelque deux cents reproductions d'œuvres qui illustrent ce catalogue donnent à voir le prodigieux revers de l'enfermement et de la folie vécus par Artaud. Autoportraits, dessins, cahiers de Rodez et d'Ivry (dont plusieurs inédits), sorts envoyés d'Irlande et de Ville-Évrard, manuscrits autographes, ponctuent le portrait de celui en qui André Breton saluait un «homme de prodiges». L'originalité du théoricien du théâtre est soulignée par l'accent mis sur les sources du célèbre Théâtre et son Double, sources souvent non théâtrales et non européennes. Une abondante iconographie, constituée de photographies de plateau et de documents rarement montrés, restitue la fulgurante carrière cinématographique d'Artaud. Enfin, les écrits sur l'art, un aspect méconnu et pourtant remarquable de son œuvre, présentés en regard des tableaux qui ont marqué sa pensée esthétique (Loth et ses filles, attribué à Lucas de Leyde, La Toilette de Cathy, de Balthus, Homme dans un intérieur, d'André Masson...) contribuent à renouveler l'approche critique traditionnelle.
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9782070118588
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Antonin Artaud Camille Dumoulié, Seuil, 1996 |
18.90 € |
C. Dumoulié présente les postures inaugurales d'un être qui veut donner forme et sens à l'insensé d'une existence séparée, depuis toujours détachée de la vie par une puissance maligne. Une même vision d'un monde en proie à une guerre et une cruauté cosmiques fonde les écrits artaudiens des années trente. A travers le personnage historique et mythique d'Héliogabale, l'acteur hiéroglyphe du théâtre balinais ou l'athlète affectif de la scène de la Cruauté, c'est à nouveau le drame originel d'une démiurgie maligne et d'une déchéance universelle de l'homme qu'Artaud approfondit. Artaud élabore une stratégie dont témoignent les milliers de pages des Cahiers de Rodez. C. Dumoulié souligne quelques-uns des enjeux de ce travail de réappropriation de soi. Reprise, invocation, genèse, conjuration -l'écriture des Cahiers façonne une langue détournant et recomposant les mots de la tribu. Cet ouvrage foisonnant mène le lecteur à l'essentiel de l'œuvre-vie d'Artaud. Les aperçus qu'il propose, les réponses qu'il apporte, les perspectives qu'il ouvre, invitent à lire ou à relire Artaud.
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9782020254014
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