Les chapitres de ce dossier :
- Sur sa vie et son œuvre
- Autobiographie, entretiens et écrits divers
- Théâtre
- Romans
«Bloc de prose poétique suffocante sans paragraphe ni alinéa reproduisant l'organisation typographique la plus proche de l'asphyxie, usage permanent des italiques pour appuyer les mots, rhétorique du ressassement, torrent bien maîtrisé, logorrhée d'une force à couper le souffle, rythme du ressac, personnages en abyme dans un récit de même où des êtres sont engagés à mort dans une recherche absolue du sens de leur existence…» (Pierre Assouline.) Tels sont les romans de Thomas Bernhard. On ajoutera à cette énumération le «rire bernhardien», cette joie que l’on ressent quand une intelligence supérieure se met, avec méchanceté, à exagérer.
| Les Mange-pas-cher Thomas Bernhard, Gallimard, 2005 |
11.00 € | |
Un narrateur anonyme rapporte les propos d'un personnage odieux, un certain Koller, qui lui expose, à chacune de leurs rencontres, sa morale élitiste et cynique et des pans de sa philosophie. Vivant d'une confortable pension, il prépare un ouvrage de physiognomonie dont le fin mot lui a été révélé par la rencontre de quatre habitués d'un restaurant bon marché. «Mais au-delà de la thématique, ce texte est peut-être surtout, lui aussi, une composition grandiose, une magnifique dentelle, une partition magistrale dont les amateurs auront le plus grand plaisir à découvrir une variation supplémentaire.» (Claude Porcell.)
Traduction de l'allemand par Claude Porcell.
|
||
9782070734924
|
||
| Corrections Thomas Bernhard, Gallimard, 2005 |
9.90 € | |
Roithamer, Autrichien, quarante-deux ans, biologiste, professeur à Cambridge, vient de se pendre à un arbre de la forêt de Kobernauss, au centre de laquelle se trouve le Cône d'habitation, édifice parfait qu'il construisit, après des années d'études, pour sa sœur bien-aimée, et qui devait lui apporter le bonheur suprême, mais dont elle ne put supporter la vue sans en mourir. Le narrateur, ami de Roithamer et exécuteur testamentaire, est chargé de mettre en ordre et trier les manuscrits illisibles du professeur. Une tâche ardue qui dévoile au fil du livre une figure de savant, non pas fou, mais génial, proche par certains traits de Wittgenstein, dévoré d'exigences, conduit à rejeter avec haine et dégoût la famille, les parents (la mère surtout), l'Autriche et les études, à détruire, dans le monde que nous tentons de faire, tout ce qui n'est pas perfection. Corriger, c'est là le devoir absolu, jusqu'à l'autodestruction.
Traduction de l'allemand par Albert Khon.
|
||
9782070773527
|
||
| Béton Thomas Bernhard, Gallimard, 2004 |
6.90 € | |
Pour écrire son étude sur Mendelssohn-Bartholdy, Rudolf a besoin d'être seul chez lui, à la campagne. Il a attendu avec impatience le départ de sa sœur qui était venue passer quelques jours avec lui. Mais n'est-ce pas lui qui l'avait invitée, justement parce qu'il n'arrivait pas à se mettre au travail ? Après son départ, il ne parvient pas davantage à écrire. Il sent partout sa présence, envahissante, il entend son discours, protecteur, ironique, provocant. Pour s'échapper, il part à Palma où il retrouve le souvenir atroce d'un drame qu'il a connu quelques années auparavant : un suicide, un fait divers d'une banalité navrante. Thomas Bernhard construit une machine qui fonctionne à la perfection et se resserre comme un garrot : impossibilité d'être seul ou de ne pas l'être, impossibilité d'écrire et de renoncer à écrire...
Traduction de l'allemand par Gilberte Lambrichs.
|
||
9782070739721
|
||
| Extinction : un effondrement Thomas Bernhard, Gallimard, 1999 |
8.00 €
![]() |
|
Huit jours après avoir assisté au mariage de sa sœur dans le château familial de Wolfsegg, en Autriche, Murau, le narrateur, rentré à Rome, doit repartir. Cette fois, c'est pour participer aux funérailles de ses parents et de son frère, morts dans un accident de voiture. Brebis galeuse d'une famille attachée à ses traditions, héritier d'un domaine dont il n'a que faire, Murau retourne dans ce lieu grandiose, avec ses rites respectés et bafoués à la fois par son père, ancien membre du parti nazi, par sa mère, maîtresse de l'archevêque Spadolini, haut dignitaire du Vatican. Il lui faudra raconter tout cela pour «éteindre» définitivement tout ce qui le rattachait encore à son enfance et à sa jeunesse. De toutes les œuvres de Bernhard, celle-ci est la plus romanesque : un décor fabuleux, un personnage fascinant (l'archevêque) donnent une dimension impressionnante à l'histoire qui finit, dans la description des funérailles, par une sorte de crépuscule des dieux, devenus des marionnettes sinistres sur la scène du monde actuel, où tout s'effondre.
Traduction de l'allemand par Gilberte Lambrichs.
|
||
Autre édition disponible : Gallimard 1990 / 27,50€ |
||
9782070406982
|
||
![]() |
La Plâtrière Thomas Bernhard, Gallimard, 1999 |
20.00 € |
Cinq ans avant le moment où commence ce récit, Konrad, homme mûr qui prépare depuis vingt ans une étude sur l'ouïe à laquelle il ne cesse de penser, mais dont il n'a pas encore écrit la première ligne, s'est installé avec sa femme infirme dans une usine à chaux abandonnée, qu'il a peu à peu transformée en une véritable prison, munie de grilles, entourée de haies impénétrables, où il vit en reclus auprès de la paralytique, dans une relation réciproque de maître et d'esclave, sorte de long suicide à deux, où l'on ne sait plus qui torture l'autre. Cette atmosphère nous est communiquée peu à peu par un narrateur dont nous ignorerons tout et qui se borne à rapporter les dires et impressions de deux personnages, Wieser et Fro, qui font office de témoins. Témoins, car le récit commence avec le meurtre de la femme de Konrad et l'arrestation de celui-ci, et se développe tout entier, en un seul alinéa, à l'aide de la relation de ces témoignages alternés, parfois contradictoires entre eux, pleins de questions qui restent en suspens, de retours, de redites qui s'éclairent les unes les autres, comme un thème musical s'affirme à travers les modulations qu'il subit. Œuvre fascinante, qui finit par enfermer le lecteur avec ses deux prisonniers volontaires dans le monde clos d'une inquiétude sans nom.
Traduction de l'allemand par Louise Servicen.
|
||
9782070289134
|
||
![]() |
L'Imitateur Thomas Bernhard, Gallimard, 1998 |
13.72 € |
Tel un des personnages de cette série de courts récits, Thomas Bernhard voit chaque jour défiler devant lui «le vraisemblable, l'invraisemblable et même l'à peine croyable et l'absolument incroyable». Il ne s'agit pas, on le voit, de démêler la réalité et la fiction, la vérité et le mensonge, qui se trouvent, au contraire, étroitement liés. Qu'il s'agisse de faits divers, d'histoires entendues ou vécues, le comportement et, parfois, les déclarations de leurs héros n'obéissent pas aux mêmes lois que la société qui les pourchasse, les accuse ou les rejette.
Traduction de l'allemand par Jean-Claude Hémery.
|
||
9782070255313
|
||
| Des Arbres à abattre : une irritation Thomas Bernhard, Gallimard, 1998 |
6.40 € | |
Forêt, forêt de haute futaie, des arbres à abattre : tel est le cri du cœur (et le cri de guerre) que ne peut s'empêcher de pousser le comédien du Burgtheater au cours du dîner artistique donné en son honneur, à l'issue de la première du Canard sauvage, par les époux Auersberger, représentants on ne peut plus typiques de cette société artistique viennoise que l'auteur-narrateur abhorre et avec laquelle il se flatte d'avoir rompu une bonne fois pour toutes quelque trente ans auparavant. Forêt, forêt de haute futaie, des arbres à abattre : parole emblématique opposant à une réalité monstrueusement tangible de l'artifice social le rêve d'un état naturel révolu (et peut-être à réinventer), mais aussi formule magique susceptible de calmer la formidable irritation qui gagne le narrateur au contact renouvelé de cette épouvantable société artistique viennoise qu'il s'était juré de fuir à jamais et à laquelle il est bien forcé de constater qu'il n'a pas cessé d'appartenir.
Traduction de l'allemand par Bernard Kreiss.
|
||
9782070403950
|
||
| Oui Thomas Bernhard, Gallimard, 1997 |
4.90 € | |
Comme l'agent immobilier Moritz, nous sommes, dès les premiers mots, agressés sans ménagement par un narrateur véhément, qui ne nous lâchera pas avant de nous avoir dit tout ce qu'il a sur le cœur. Dès la première phrase, une interminable tirade hérissée de conjonctions qui se bousculent et d'incidentes emboîtées les unes dans les autres, tout est joué : ou bien nous lâchons prise, ou bien nous reprenons notre élan et nous ne pouvons plus nous arrêter avant la fin. Tout, alors, s'éclaire très vite : nous saurons tout sur Moritz et sa famille, sur les Suisses, nous saurons tout sur le narrateur et nous en saurons encore bien plus sur notre compte. Car plus il accumule à plaisir les détails sur son mal, plus sa voix furieuse devient universelle.
Traduction de l'allemand par Jean-Claude Hémery.
|
||
9782070401864
|
||
| Le Naufragé Thomas Bernhard, Gallimard, 1993 |
4.90 € | |
Trois jeunes pianistes plus que prometteurs - Glenn Gould, le narrateur et son ami Wertheimer - se sont rencontrés autrefois au Mozarteum de Salzbourg pour y suivre un cours donné par Horowitz. Rencontre déterminante au cours de laquelle Glenn Gould fait d'emblée figure de génie triomphant au point de détourner brutalement et définitivement les deux autres de leur carrière de pianiste virtuose. Mais si le narrateur, après s'être séparé de son Steinway, se mue alors délibérément en un «artiste de la représentation du monde» tout entier voué à la rédaction toujours recommencée d'un interminable essai sur Glenn Gould, son ami Wertheimer s'engage sur la voie fatale du vaincu, du «sombreur», comme Glenn Gould en personne l'a plaisamment mais fort exactement surnommé aussitôt après avoir fait sa connaissance. Vingt ans plus tard, au terme d'une longue plongée dans son propre malheur, Wertheimer mettra fin au tourment de son existence en se pendant haut et court devant la maison de sa sœur. C'est le destin cruel et dérisoire de ce naufragé de l'existence, son ami de toujours, que le narrateur interroge en fait tout au long de son essai sur Glenn Gould et, à travers ce destin, c'est évidemment toute la misère du monde, celle également du génial Glenn Gould et la sienne propre, que Thomas Bernhard analyse avec la minutie et la fureur qu'on lui connaît, au fil d'un récit qui procède entièrement du soliloque déclenché chez le narrateur par le suicide de son ami - un de ces impitoyables et envoûtants soliloques-fleuves dont l'auteur a le secret.
Traduction de l'allemand par Bernard Kreiss.
|
||
9782070385867
|
||
| Maîtres anciens : comédie Thomas Bernhard, Gallimard, 1991 |
6.40 € | |
Les peintres n'ont pas peint ce qu'ils auraient dû peindre, mais uniquement ce qu'on leur a commandé, ou bien ce qui leur procurait ou leur rapportait l'argent ou la gloire, a-t-il dit. Les peintres, tous ces maîtres anciens qui, la plupart du temps, me dégoûtent plus que tout et qui m'ont depuis toujours donné le frisson, a-t-il dit, n'ont jamais servi qu'un maître, jamais eux-mêmes et ainsi l'humanité elle-même. Ils ont tout de même toujours peint un monde factice qu'ils tiraient d'eux-mêmes, dont ils espéraient obtenir l'argent et la gloire ; tous ils n'ont peint que dans cette optique, par envie d'argent et par envie de gloire, pas parce qu'ils avaient voulu être peintres mais uniquement parce qu'ils voulaient avoir la gloire ou l'argent ou la gloire en même temps que l'argent.
Traduction de l'allemand par Gilberte Lambrichs.
|
||
9782070383900
|
||
| Perturbation Thomas Bernhard, Gallimard, 1989 |
8.00 € | |
Le narrateur, un adolescent, accompagne son père, médecin de campagne des Alpes autrichiennes, dans ses visites aux malades. Très vite, il se rend compte que dans la plupart des cas les problèmes véritables, auxquels il est impossible de se dérober, commencent en fait au-delà des possibilités de la médecine. De visite en visite, d'observation en conversation, c'est moins le monde de la souffrance physiologique qu'il découvre que celui de la solitude, du désarroi, du tourment des esprits. La diversité sans bornes des drames individuels ou familiaux, où le milieu, le climat, le passé collectif jouent un rôle déterminant, apparaît bientôt à ses yeux comme autant de signes d'une perturbation générale qui n'épargne nulle vie, d'un déséquilibre qui fait partout pénétrer la violence et la nuit. La dernière visite conduit le narrateur et son père au nid d'aigle où vit le vieux prince de Saurau, emmuré autant dans son chäteau que dans le mal métaphysique qui le ronge. En lui le déséquilibre lui-même s'est fait pensée, langage, et son long monologue final vient donner une dimension supplémentaire à l'ébranlement partout vécu.
Traduction de l'allemand par Bernard Kreiss.
|
||
9782070709076
|
||
![]() |
L'Italien Thomas Bernhard, Arcane 17, 1988 |
13.57 €
![]() |
Le récit tourne autour des obsèques d'un personnage, l'Italien est de ceux qui assistent à ces obsèques.
Traduction de l'allemand par Claude Porcell.
|
||
9782903945411
|
||
![]() |
Amras et autres récits Thomas Bernhard, Gallimard, 1987 |
19.82 € |
Récit d'une réclusion et d'une descente aux enfers. Deux frères rescapés d'un suicide collectif où leurs parents ont laissé la vie, survivent cachés dans une tour isolée, aux prises avec la maladie, la folie et la mort.
Traduction de l'allemand par Jean-Claude Hémery & Eliane Kaufholz.
|
||
9782070708697
|
||
![]() |
Gel Thomas Bernhard, Gallimard, 1967 |
21.50 € |
Un étudiant en médecine est chargé par un de ses «patrons» de faire une enquête sur le frère de celui-ci, le peintre Strauch qui, depuis la guerre, s'est détaché du monde et vit retiré dans une auberge d'un village de la haute montagne autrichienne. Le roman est le rapport quotidien de cette enquête. Vingt-sept jours d'observation, vécus au cœur du gel hivernal et du gel psychologique, rencontre du jeune homme et du vieillard, progressive découverte de l'Univers que s'est choisi le misanthrope : paysans dégénérés, forains batailleurs, voleurs de bestiaux... incendies, accidents mortels, bagarres, abattages clandestins de bêtes... Se prenant d'amitié pour le jeune narrateur dont il ignore l'identité, Strauch lui expose en de longs monologues décousus, hallucinatoires, fulgurants, ses conceptions du tragique et de l'absurde, du mystère de vivre. D'abord déconcerté, le jeune rapporteur se laisse peu à peu envoûter par la séduction mortelle du gel de la nature, et du nihilisme définitif du peintre. Il n'en sera libéré que par la disparition du vieil homme dans la montagne.
|
||
9782070206728
|
||













