Cixous, Hélène
Plus de soixante titres publiés en quarante ans de carrière: Hélène Cixous serait-elle graphomane? La passion de l'écriture ne la lâche pas, elle ne peut s'empêcher de jeter sur le papier jusqu'à ses rêves les plus secrets.
Lire un livre d'Hélène Cixous explicite aisément le pourquoi de cette écriture compulsive, en révèle le moteur: une histoire familiale (perte de la mère et du père dans la petite enfance) qui rencontre l'histoire du peuple juif (en elle se rejoignent emblématiquement ses deux composantes, la sépharade par le père, l'ashkénaze par la mère).
Plus qu'à rejoindre l'universel, ce qu'elle fait en faisant de son histoire un emblème de la condition humaine qui transcende largement toute appartenance, serait-ce au genre féminin.
Prise au jeu de l'écriture qui chaque fois la fait naître, elle enchaîne livre sur livre comme si le dernier ouvrait un abîme que le suivant viendrait combler: Hélène Cixous, c'est un peu Prométhée écrasé sous le poids de son propre récit.
Les chapitres de ce dossier
- Éléments biographiques
Matière même de l'écriture, la biographie d'Hélène Cixous, dans son avers «public», semble s'arrêter dans l'enfance, le reste étant une longue et inépuisable tentative de renouer un fil qui se serait rompu alors.
- Une œuvre protéiforme
Le portrait bibliographique d'Hélène Cixous que nous donnons ci-dessous suit un ordre de parution décroissant. On n'y distingue pas les genres, car peu d'écrivains ont autant rendu leurs frontières poreuses. Œuvre marquée par la mise en scène de la langue, piégéee, poussée dans ses derniers retranchements, là où elle est forcée à dire plus, là où elle se rend, se décharne et devient pure lumière, triomphe et dissipation des ombres douloureuses d'une histoire personnelle autrement insoutenable.
- Travaux d'approche
Hélène Cixous est devenue un sujet d'étude avant même de toucher le grand public. Voici quelques essais qui lui ont été consacrés. Son lien avec la psychanalyse, son écriture mettant à vif les questions de langage n'ont pas manqué d'attirer les universitaires, particulièrement dans le monde anglo-saxon. Le lien à ce point inextricable entre la vie et l'œuvre interrogera aussi un lectorat plus large.


