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Accueil de la librairie > Dossiers bibliographiques > c > Hélène Cixous > Une œuvre protéiforme

Les chapitres de ce dossier :

  • Éléments biographiques
  • Une œuvre protéiforme

    Le portrait bibliographique d'Hélène Cixous que nous donnons ci-dessous suit un ordre de parution décroissant. On n'y distingue pas les genres, car peu d'écrivains ont autant rendu leurs frontières poreuses. Œuvre marquée par la mise en scène de la langue, piégéee, poussée dans ses derniers retranchements, là où elle est forcée à dire plus, là où elle se rend, se décharne et devient pure lumière, triomphe et dissipation des ombres douloureuses d'une histoire personnelle autrement insoutenable.

  • Travaux d'approche
Si près
Hélène Cixous, Galilée, 2007

25.00

Avec un frontispice et culispice de Pierre Alechinsky.

 Cheminement introspectif de l'auteure dans l'Algérie de son enfance et réflexions sur son désir d'aller à Alger, désir qu'elle éprouve avec étonnement pour la première fois depuis qu'elle l'a quittée, il y a trente-cinq ans.

 «Hier, j'ai dit que j'irai peut-être à Alger. Avec une voix distraite, sans couleur: J'irai peut-être à Alger. Je ne peux même pas affirmer l'avoir dit moi-même. C'est plutôt l'autre voix qui a prononcé ces mots comme pour les essayer. J'ai entendu l'hésitation. La probabilité d'aller à Alger m'était si faible. Je n'ai pas dit: j'irai. Je ne sais pas pourquoi j'ai avancé cette phrase vers ma mère à ce moment-là. Ce n'était qu'une phrase. J'essayais l'hypothèse. Il se peut que j'aie voulu en éprouver la résistance à la réalité. La faire sortir de l'abri de la fiction.»

Hélène Cixous

9782718607429

^

Le voisin de zéro : Sam Beckett
Hélène Cixous, Galilée, 2007

15.00
Indisponible chez l'éditeur

Essai littéraire évoquant Samuel Beckett et Marcel Proust.

"Pourquoi, Beckett, je peux l'aimer, un peux précieux, rare, moi qui ne suis pas du côté du noir gris, je peux l'aimer lui, figé en perte d'équilibre, moi qui préfère le bond, traverser toutes les zones opaques, épaisses, paresseuses, luxurieusement paresseuses de son brouillard, pour venir l'aimer quand même, donc comme mon prochain? A cause de l'insistance à être lui-même fidèle à lui-même, sans adultération, à avoir toujours été celui qu'il aura toujours déjà été incorruptiblement, l'être devant la fin, toute la vie et tout le temps des temps à jamais devant la fin."

Hélène Cixous

 

9782718607146

^

Hyperrêve
Hélène Cixous, Galilée, 2006

25.00

La narratrice s'interroge, en soignant sa mère, sur la mort, et sur la vie qui continue d'animer le corps de sa mère et son propre corps.

«Cette mère, Eve Klein, d'origine allemande, est le centre de ce récit. Disons plutôt que c'est un thème principal. Ce n'est pas la première fois, mais jamais il

n'avait été traité avec autant de présence, de ferveur, de précision. Elle est atteinte d'une maladie de peau, rarissime, auto-immune, qui n'affecte que les

nonagénaires et exige des soins quotidiens (que sa fille, Hélène, lui prodigue).

Cette intimité ne provoque chez le lecteur aucun sentiment de gêne. Pas plus que la réflexion de l'auteur, qui la sait "avant la fin", c'est-à-dire au seuil de la mort. Le lecteur n'est pas embarrassé, parce qu'il ne s'agit pas d'impudeur: tout est matière à approfondissement, à intériorisation, à connaissance de soi et de l'autre. Ne sont gênants en littérature

que les allusions, les appels usurpés à une basse complicité, les demi-mesures. Le traitement frontal d'un sujet ne suscite aucun malaise. « Je serai cette peau

demain », tranche l'auteur en oignant le corps de sa mère. Cela suffit à déchirer le voile de distance que pourrait tendre une excessive crudité.»

René de Ceccatty, Le Monde, 08/09/2006

frontispice de Leonardo Cremonini

9782718607160

^

Insister : à Jacques Derrida
Hélène Cixous, Galilée, 2006

25.00

Entre les textes de Jacques Derrida et d'Hélène Cixous, les rapports multiples, particulièrement intenses depuis une quinzaine d'années, n'ont cesse de se croiser. Mais comment éviter "aujourd'hui" cet "entre" eux deux plus radical, creusé par la mort de Derrida? qu'est-ce que lire, le lire depuis que "Tout a changé, rien n'a changé"? Dans Insister, Cixous interroge, a partir de l'histoire du manuscrit volant de Voiles, ces questions vitales de la lecture et du rêve. Comment apprendre a lire enfin Derrida? Telle est la question inlassablement poursuivie ici.

C'est l'histoire du manuscrit de Voiles qu'elle nous raconte, comme on raconte un rêve, et ce texte est lui-même cela, un rêve de texte, un texte de rêve: comme elle l'observe si justement, "Nous rêvons d'un même œil, mais nos deuils sont differents".

accompagné de trois dessins originaux d'Ernest Pignon-Ernest

9782718607016

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L'amour même : dans la boîte aux lettres
Hélène Cixous, Galilée, 2005

28.00

Etude et anthologie de lettres d'amour présentes dans les romans littéraires. Regroupe des textes de W. Shakespeare, M. Proust, Stendhal, H. de Balzac, J. Derrida, A. Artaud.

«Rien de plus intime, dira-t-on, que l'amour, là où l'on fait l'amour. Mais que fait-on avec l'amour, en tant qu'être humain et animal? C'est une question de vie ou de mort, bien sûr, mais c'est une question universelle, la première. C'est elle qui subvertit, qui hante toutes les scènes dans lesquelles nous nous déplaçons, toutes celles qui semblent être professionnelles, extérieures, «extimes», politiques, etc. Pour moi, il s'agit toujours de mise en question de l'amour. L'amour à son tour met en question les scènes à rôles, où nous tenons des rôles, où nous avons des fonctions, où, pourrais-je presque dire, l'amour se heurterait à deux espèces d'incarnation d'inimitié: d'une part, son contraire, la haine, l'hostilité, la guerre et, d'autre part, ce qui fait limite à tout -sans que moi-même, à titre personnel, je veuille accepter que cette limite soit- et qui est la mort. L'amour s'avance comme une sorte de fleuve vital, côtoyé par les puissances hostiles à l'amour et par les puissances avec lesquelles nous pouvons entretenir une sorte d'infini dialogue. Ce que je souhaiterais appeler amour, c'est un renoncement à la réquisition d'un moi voulant exercer un pouvoir sur l'autre, un renoncement qui accepterait, sans s'incliner, donc de bon cœur, de se livrer, d'ouvrir, de donner lieu à l'autre en le respectant, et c'est ça, l'amour même. Un amour qui comprend qu'il s'agit de se rendre, au sens de partir, de s'envoler, mais aussi de rendre les armes, puisque, hélas, tout est toujours mesuré à la guerre.»

Hélène Cixous, le Monde, 16/12/2005

9782718606910

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Le tablier de Simon Hantaï : annagrammes
Hélène Cixous, Galilée, 2005

25.00

Hélène Cixous explore le processus créatif dans les domaines de la littérature et de la peinture, en se penchant en amie sur une oeuvre du peintre Simon Hantaï intitulée Ecriture rose. Sa correspondance avec l'artiste est présentée en fac-similé dans la deuxième partie.

En mai 2001, Hélène Cixous décide d'écrire sur «Peinture (Ecriture rose)», une œuvre de Simon Hantaï qui la fascine. Le titre est une énigme. Car le peintre n'a utilisé aucune couleur rose pour le réaliser. Pourtant, dit-il, «ça fait rose». Il s'est servi en fait d'encres noire, violette, rouge, verte, copiant sur la toile chaque matin, durant une année, des textes bibliques et philosophiques. Hélène Cixous épouse le mystère de cette œuvre. Sa propre aventure devient celle de son cheminement à travers «le chant des couleurs» déployé par Hantaï. Entre elle et le peintre, l'amitié, enrichie des liens qu'ils avaient tous deux avec Jacques Derrida, s'approfondit. Un jour Simon Hantaï adresse à Cixous une photo qu'il a tirée tout spécialement pour elle. C'est une photo de sa mère en Hongrie, avant sa naissance. Elle porte un immense tablier aux plis raides. «On n'a jamais vu un tablier comme ça. On le reconnaît aussitôt. Le Tablier: il a l'air inventé. Noir qui n'est pas noir. Indigo. Ciré. Comme s'il y avait des tabliers immortels.»

France Huser, Le Nouvel Observateur, 17/02/2005

9782718606569

^

Tours promises
Hélène Cixous, Galilée, 2004

26.00

"Que dirais-je de ce livre ? Il me manque. Il m'apporterait tant de révélations, si je pouvais l'écrire, tant de lumières sur les recoins laissés obscurs par la non-écriture, il ajouterait à ce qu'il est confiné à être des règnes et des royaumes dont je soupçonne seulement le nombre et l'immensité, mais aucunement les ressources"

Ces tours sont celles de Montaigne, les Twin towers de Manhattan, les tours de la Bibliothèque nationale de France, évocations de promenades avec ce personnage substitut qu'est «monfrère» (une figure, avec la mère, présente ici aussi, qui hante les textes de Cixous).

Tours promises plutôt que terre promise, pour l'évocation irrésistible d'une terre en élévation, basculée à la verticale d'elle-même, une terre sur laquelle l'on n'aurait plus pied, une terre mur contre laquelle on se cogne et là encore la métaphore de l'écriture est le sillon. Chacune de ces tours est un livre idéal avec 1) un for intérieur à deux mondes; 2) des fenêtres portant à l'infini sur la planète.

9782718606538

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Rêve je te dis
Hélène Cixous, Galilée, 2003

22.00

L'écrivaine a transcrit cinquante des rêves qu'elle a faits de 1990 à 1999, sans les classer ni les interpréter.

«Ils se narrent à moi dans leur langue, entre chat et loup, entre mêmes ou presque, entre douceur et cruauté, avant tout jour, avant toute heure. Je ne me réveille pas, le rêve me réveille d'une main, la main de rêve ouvre le tiroir à gauche de mon lit qui sert de coffre à rêves, saisit sans bruit le bloc de papier et le feutre pilot V signpen celui qui écrit si gros qu'il n'est pas besoin d'appuyer, il écrit tout seul, et l'on note dans le noir à toute allure, en marges, dedans par-dessus bords, le récit remplit l'esquif à ras. Docile je ne dis mot le rêve dicte j'obéis les yeux fermés. J'ai appris cette docilité. Le rêve veut. Je fais. Je suis sans pensée sans réponse.»

Hélène Cixous.

9782718606231

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L'amour du loup et autres remords
Hélène Cixous, Galilée, 2003

24.00

L'auteur évoque ses rapports avec la création littéraire et ses livres, les relations avec son entourage, la poétesse russe Marina Tsvetaïeva et l'amour, la mort, etc.

"Nous aimons le loup. Nous aimons l'amour du loup. Nous aimons la peur du loup. Nous avons peur du loup - il y a de l'amour dans notre peur. La peur est amoureuse du loup. La peur aime"

Elle se définit comme un auteur qui vit sa vie comme on lit un livre, quelqu'un en elle lit sa vie comme un livre. «La vie est un livre, mais qui n'est pas encore écrit, qui est en train de s'écrire. (...) De temps à autre, quelque chose vient de se passer, qui est tellement plus vivant que le vivant que j'ai envie de le noter.» La force de la langue, du mot qui surgit, est tellement puissante qu'il en devient inoubliable. Il s'impose ainsi au papier. On voit par là chez Hélène Cixous la parenté avec le freudisme, bien plus évidente que les liens avec le surréalisme.

9782718606170

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Manhattan : lettres de la préhistoire
Hélène Cixous, Galilée, 2002

26.00

Un jour de 1964 à Manhattan, au tournant d'un destin bien jeune et déjà marqué par la répétition de la mort d'êtres chers toujours appelés Georges, entre la jeune femme qui aimait par dessus tout au monde la littérature et le jeune homme à l'esprit copié dans les œuvres les plus ensorcelantes de la Bibliothèque, se produit l'Accident mortel.

La fatidique scène primitive, celle du mauvais œil se produit en réalité (exactement comme si elle avait été écrite par Edgar Poe) dans la tombale Bibliothèque de Yale. Parfois, pour une poussière dans l'œil, le monde est perdu.

Ensuite tout va très très vite, car, comme les Amants, le taxi des fous dévale la pente qui mène à l'Enfer plus vite que l'eau qui se jette dans la gorge.

La Littérature en tant que Toute-puissance-autre, l'Idole inventée, est l'autre-personnage principal de cette aventure. La littérature rongeait notre raison comme les USA usent la cervelle.

Tout se passe dans l'avant-œuvre, saison préhistorique où les personnages épris des grands auteurs morts se voient déjà en rêve devenus livres, volumes, s'approchent de l'"Oeuvre" rêvée à pas de loups, à pas de fous -s'approchent de l'Auteur adoré par l'Imitation, calque, introjection magique. L'imitateur "fait" Kafka, se fait Kafka, se suicide Kafka intégralement, jusqu'aux crachements de sang, jusqu'à l'agonie.

9782718605906

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Portrait de Jacques Derrida en jeune saint juif
Hélène Cixous, Galilée, 2001

25.30

Portrait de Jacques Derrida. Dans ces esquisses on verra le jeune héros passer en courant d'Orient en Occident, sous des apparences à la fois familières et mythiques : le voici d'abord en enfant-agneau, le sacrifié, le bébé juif voué à la scène de la circoncision. Puis il revient sous les traits d'Ali-Baba, voleur parjure.

«J'ai tenté de le peindre le jeune Jacques Derrida comme il veut se donner à voir, dans la tradition de Montaigne et par la suite Rousseau, "selon ma condition singeresse" dirait le premier, aussi "nud" que possible et aussi "tout entier" à poil et à poils, ni couvert ni découvert, mais poussé par un rêve de naïveté impossible, un désir de rester "cru" dirait-il, dans Circonfession. Tout aura failli ne pas commencer, le 15 juillet 1930, jour où il aurait dû être attendu par sa mère, jour de jeu de poker, une partie que la parturiente ne pouvait pas interrompre sans "être perdante" et que l'enfant dut interrompre "au dernier moment".»

Hélène Cixous.

9782718605562

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Le Jour où je n'étais pas là
Hélène Cixous, Galilée, 2000

19.50

«De nos jours, on ne dit plus mongolien, trisomique, terme médical conseillé. De tous mes enfants il est la seule personne. Le héros de la famille. L'instructeur de ma foi. Le saint simple.

Cet enfant, quand est-il parti? Un an je ne sors pas. Un jour, je sors. Et il s'en va. Le jour où je ne suis pas là. Me voilà dit le destin. Et il n'y avait pas eu de moment final. Il y a nuit dans le récit. J'essaie de pousser la porte de cette nuit.

Quelle surprise cet enfant, il a l'air inexact. Est-ce que cela existe d'être né sans être né?

Sous le coup ma vie se renverse. Un événement révolutionnaire. Où il y avait livres il y a l'enfant niais. Du jour au lendemain je cesse d'écrire. A la place de l'écriture: mon fils, le commandant fantôme de l'écriture. Je suis toujours à sa page. Toujours sur sa mystérieuse Culture. A l'âge de vingt-deux ans je découvre l'autre monde du monde. J'adopte la fameuse ligne du mongolien. C'est un alignement sur le non-aligné.»

Hélène Cixous.

9782718605432

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Les rêveries de la femme sauvage, scènes primitives
Hélène Cixous, Galilée, 2000

15.00
Indisponible chez l'éditeur

Ce texte reconstitue une configuration de souvenirs et de fantasmes conscients et inconscients, revenants d'une enfance algérienne et annonciateurs des injonctions destinales de l'auteur: après des scènes si cruelles, comment ne pas être ordonnée d'écrire ? Exorcisme et célébration.

Comment se séparer ?

«Tout le temps où je vivais en Algérie mon pays natal je rêvais d'arriver un jour en Algérie, je poursuivais l'Algérie et elle n'était pas loin, elle m'échappait sur sa terre sous mes pieds elle me restait intouchable, je me serrais contre le corps d'Aïcha et elle me laissait serrer son pays en riant pendant un mince instant sans suite autre que les centaines de portes qui par delà le grillage du jardin tournaient vers mon frère et moi leurs paupières baissées.

Le plus insupportable c'est que nous étions assaillis par les êtres mêmes que nous voulions aimer, dont nous étions lamentablement amoureux, auxquels nous étions liés par toutes les parentés de destin, de mémoire, de toucher, de goût, il y avait erreur et confusion de tous les côtés je voulais être de leur côté mais c'était un désir de mon côté de leur côté le désir étant sans côté, je pouvais passer des heures accroupie à quelques mètres d'eux sans bouger, espérant démontrer mes bonnes intentions, une patience que je n'eus jamais avec le camp des Français. Moi, pensais-je, je suis inséparabe.»

9782718605371

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Dedans
Hélène Cixous, Des Femmes, 1986

11.00

«Le soleil se couchait à notre commencement et se lève à notre fin. Je suis née en Orient je suis morte à l'Occident. Le monde est petit et le temps est court. Je suis dedans. On dit que l'amour est aussi fort que la mort. Mais la mort est aussi forte que l'amour et je suis dedans. Et la vie est plus forte que la mort, et je suis dedans. Mais Dieu est plus fort que le vie et la mort. On dit que la vie et la mort sont au pouvoir de la langue. Dans mon jardin d'enfer les mots sont mes fous. Je suis assise sur un trône de feu et j'écoute ma langue.»

Hélène Cixous

9782721002983

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Limonade tout était si infini
Hélène Cixous, Des Femmes, 1982

14.00
Indisponible

«Penser: chacune nous pensons: mais un jour à la fin nous nous dirons tous les signes que nous nous sommes adressés sans dire mot? Le dernier jour? Nous nous dirons tout: d'un seul sourire. Ne dirons rien tant qu'un seul sourire ne suffira pas?

En pensée nous nous disons tout cela, tout ce que nous ne disons pas, et aussi le silence, silencieusement nous en parlons...

Je déclare: presque tous les livres que j'ai lus ou écrits sont livres de commencements et cheminements. Avec phrases errantes, livres d'erreurs non coupables d'erreurs. A travers tous les livres jusqu'au vrai? Peut-être? Je veux la simplicité au-delà des erreurs. C'est peut-être l'erreur suprême. A la fin je le saurai? Peut-être.»

Hélène Cixous

9782721002303

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Partie
Hélène Cixous, Des Femmes, 1979

9.00
Indisponible

«Partie se traduit d'emblée en tous ses sens et s'écrit en transes, par ses plusieurs autres langues gaies sans gage, sans frein, dégagées du français. Il s'y agit d'un rapport surprenant, presque impossible, un type d'échange d'une force et d'une rapidité telles, que l'infiniment loin serait tout d'un coup le plus proche au risque de même, un amour emporté de désir tel, si ouvert et si fort, que l'opposition de l'un ou l'autre sexe à l'acmé d'un mouvement d'échange vertigineux, produirait à l'intersexion des deux genres, sans que l'un asservisse l'autre, une sexualité non typée, et non indifférente, absolument insoumise à l'ordre phallocentrique. Si cette histoire est possible, c'est que déjà quelque chose d'impossible ici maintenant est possible.

Si Partie se lit, c'est par-delà toute censure.»

Hélène Cixous

9782721000514

^


Hélène Cixous, Des Femmes, 1979

6.50
Indisponible

Cet essai sur la condition de la femme explique de manière poétiqueles traversées que chaque femme doit entreprendre pour s'affranchir.

« dit le voyage de la femme au-delà de sa première mort, jusqu'aux naissances qu'elle se donnera. A la recherche d'elle-autres à travers elle-même, elle adresse à ses propres mystères, de chapitre en régions géographiques et charnelles, son interrogation: "Quelle serai-je, la, plus femme encore que moi." Elle s'avance, au plus corps d'une féminité, à la découverte de son univers intérieur. De la fille à la mère, de la mère à la femme, l'Inconnue qui l'appelle à être .

La traversée l'entraîne par ses moyens de transport linguistiques, sexuels: visions, amours, transferts. Là où elle va prendre ses risques, au plus près de ses pulsions. Mouvement qui rompt les censures, affranchit une nouvelle langue à plusieurs langues... est une rigoureuse exploration de notre imaginaire. L'écriture y donne corps à une subversive féminine "science des rêves".»

Hélène Cixous

9782721001504

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Les Commencements
Hélène Cixous, Des Femmes, 1999

15.50

Le récit, à partir d'un rêve de saint Georges, d'une écriture en devenir.

«Je commençai un livre avant le siège, afin d'avoir commencé avant le commencement et d'être en possession d'un angle de vue aussi large que possible, à partir du foyer de mes yeux, pour couvrir un champ presque universel. Ainsi m'assurai-je d'une prise sur le temps et sur l'espace. Je procédai comme il se doit, par énumération et vérification, afin que tout soit devant nous, au moyen d'un questionnaire de sûreté, espèce de catéchisme dont je modifiais les questions de temps à autre, et dont Saint-Georges connaissait toutes les réponses.»

Hélène Cixous

9782721004819

^

Portrait du soleil
Hélène Cixous, Des Femmes, 1999

14.50

L'auteur a commencé à faire le portrait du soleil il y a bien trente ans et ce n'est pas facile ni finissable. Il faut le regarder droit dans les yeux et l'appeler par tous ses noms. J'en cite quelques-uns: Freud, Dora, Dieubis, Rembrandt, Dioniris...

«C'était le 31 décembre 1899. Énervé Freud

soudain allongea une tape pour l'arrêter. Soufflée Dora comprit son intention et fila. Filée D comprit et souffla. Sifflée D fila F et foula. Si fila d foula f au bord du lac des montagnes les fleurs. Blanches.

Presque tous les vœux de Freud accompagnèrent Dora jusqu'à la porte du siècle neuf. Si Dora avait su qu'elle était tout ce qu'elle était, elle ne serait pas revenue, si elle avait su qu'elle était tout ce qu'elle était elle serait revenue mais elle aurait su qu'elle était tout ce qu'elle n'était pas, et presque tous les vœux de Freud l'accompagnèrent dans son voyage vers sa comédie.

La différence est dans la couleur, d'elle ou moi? de moi ou il? La difficulté: comment décoller la couleur de la fleur ? le rêveur du rêve? le cou du collier? la mort de l'amour le mutisme du sublime? la part de Dora de mon inconscient?

Ce qui est décollé de moi est ma vérité: mes larmes, mes rêves, mon collier, mes fleurs blanches. Ma tête. Mes larmes mes rêves mon collier mes fleurs blanches mon sexe sont des productions de ma comédie.»

Hélène Cixous

9782721004789

^

Osnabrück
Hélène Cixous, Des Femmes, 1999

15.50

Osnabrück c'est l'épopée de Eve, la mère d'Hélène, la mère-jeune fille. C'est aussi le livre de toute mère pour la fille, le livre de la fille autour de la mère, ma terre qui brille et menace de disparaître.

Osnabrück tremble de perdre Eve. C'est qu'on peut perdre la mère la vie en écrivant "sur" elle, et également en n'écrivant pas vers elle. Osnabrück connaît tous les degrés de la perte, depuis la peur de perdre jusqu'à la douleur d'avoir perdu la peur de perdre.

Eve a 88 ans. Elle ne change pas. Osnabrück ne peut s'empêcher de penser que Eve va s'en aller. A la fin, comment la retenir? Mais Eve revient. Jusqu'à présent, en l'an 1999, elle n'a pas arrêté de revenir.

Osnabrück est le livre de la clandestinité: clandestinité de Eve, la passe-frontière, celle qui traverse exils, morts, intacte; clandestinité de l'auteur qui écrit toujours au secret, en cachette d'Eve. Comment peut-on écrire sur sa mère vivante? De quelle furtive façon? De quel droit? La question reste avec l'auteur. Cependant Eve court encore.

9782721004772

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Voiles
Hélène et Derrida Cixous, Galilée, 1998

25.00

Comprend: Un Ver à soie de Jacques Derrida et Savoir d'Hélène Cixous.

Si étrangers qu'ils paraissent l'un à l'autre, ces deux textes ont au moins un trait commun: à travers la différence sexuelle, ils relèvent du même genre. On y reconnaît de part en part, l'autobiographie, la confession ou les mémoires. En outre, au moment au Derrida écrit Ver à soie, il lit Savoir, aussi s'y réfère-t-il de manière explicite.

Avec six dessins originaux de Ernest Pignon-Ernest.

9782718605043

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Un Vrai Jardin
Hélène Cixous, Des Femmes, 1998

3.00

«Je pénétrai sans méfiance, c'était un vrai jardin; dès la grille on voyait que la terre existait. Puis la grille se ferma doucement et l'on était dans le jardin. Dehors et assez loin, les gens allaient à la guerre. Quelques bombes tombaient et secouaient la toile de tente. Il y avait longtemps qu'on ne l'appelait plus le ciel parce que d'ici-bas on le voyait se déchirer et s'effranger au-dessus des murs. La terre sentait bon.

J'avais un nom. La ville avait un nom, et tout le monde en avait un sauf le jardin qui s'appelait seulement le jardin parce qu'il n'y en avait qu'un. Comme personne ne m'appelait, mon nom finit par tomber en désuétude. Pendant un certain temps, quelques années, je le prononçai à haute voix certains jours, au cas où les choses changeraient et où les gens recommenceraient à se parler. A vrai dire je n'y croyais pas mais une obscure fidélité me dictait encore ses lois. Ainsi je n'avouai jamais à voix haute que j'étais heureux d'avoir pénétré dans le jardin parce qu'il n'avait justement pas de nom et qu'à part les coléoptères, les lépidoptères, les gardiens des allées, les bonnes et les enfants, j'étais seul.»

Hélène Cixous

9782721004734

^

Angst
Hélène Cixous, Des Femmes, 1998

12.50

«Voici la scène sans précédent:

Ma mère me pose par terre. La pièce se ferme. "Attends-moi, je reviens tout de suite." ma mère sort. La terre se ferme. Je suis dehors. Quand je ne suis pas là, tu meurs. Trahie. Tout se met à mourir...

Ensuite, il y a les événements que tu n'arrives jamais à te raconter à toi. Ils t'ont pourtant traversée le corps de part en part. Mais ils ne t'arrivent jamais. Je les vois se passer là...

Il s'agirait de ceci: je contemplais dieu la mère, son visage adoré, ses yeux d'amour et de paix. Tout d'un coup son visage s'est convulsé, son sourire s'est déchiré, il m'a craché sur la face, dieu lui-même a craché...

Son crachat sur mes lèvres, j'ai voulu crier, me réveiller. Mais ce n'était pas un rêve. J'étais assise sur le lit. Extrêmement loin de moi, entre la nuit opaque et la nuit des ténèbres, je sombrais dans le temps du trépas, la porte s'est refermée sur moi, personne ne peut l'ouvrir, j'étais sale, mon visage de fange, le crachat de l'aimé sur mes yeux, comme l'aigle sur la proie. Je tombais.»

Hélène Cixous

9782721004741

^

Souffles
Hélène Cixous, Des Femmes, 1998

11.00
Indisponible

«Halètement. Allaitement.

Elle écrit toujours en rapport avec la voix, le lait, l'essoufflement.

Texte pour la première Voix. Celle de la "mère": celle qui l'a touchée jadis. Donné la première douleur, la première jouissance. La musique sans nom, toujours cherchée-retrouvée dans l'amant-mère, dans la chair, le sexe, les territoires lumineux de ce qu'ils ne peuvent plus appeler le "continent noir". Ce texte s'élance au plus près de la source fantasmatique de l'écriture. Méditation et psaume sur la passion d'une femme : son corps exploré, blessé, réparé. Qu'est-ce qui fait souffrir, jouir, la chair qui chante? Dans sa course vers la source elle traverse les zones archaïques de son histoire, entre Grèce et Palestine, les grands corps mythiques où se fondent en une même flamme le masculin et le féminin, les luttes entre les saints et dieu-la-mort, entre les enfants et les père-mère; aveugle et voyante, elle traverse ses propres terres, ses jeunes contrées érotiques, bisexuelles.

Où est ma source? Plus loin, plus haut

Textes de la féminité: ouvert. La femme ne ferme pas. sans fin.

Tout en origyne, en faims.

A la fois texte-mère et texte-enfant, texte-nom : espace des genèses. Laisse couler le lait! Laisse voler l'écriture!»

Hélène Cixous

9782721004758

^

Neutre
Hélène Cixous, Des Femmes, 1998

10.00

«Neutre est ne-uter, sujet sans la limite d'un sexe ou l'autre, d'un genre ou l'autre, ni l'un ni l'autre, ni le ni l'un, ni l'autre, singulier pluriel, à la façon du phénix: c'est une phénixie. Théâtre de la double métaphore du phénix et de l'écriture, il brûle ses planches. Son histoire est celle du phénix, sa parure celle, aux couleurs fabuleuses, de l'oiseau unique. Il prend feu de ses cendres. Au coucher du texte se lèvent tous les autres textes. Nid d'écritures, Neutre est un foyer de fictions. Cendres, il se disperse. Flamme, il se condense.»

Hélène Cixous

9782721004765

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Or : les lettres de mon père
Hélène Cixous, Des Femmes, 1997

12.50

OR les lettres de mon père. Du pur événement: de l'arrivage. Par un coup imprédictible de la destination, les lettres d'Oran écrites par Georges Cixous, en 1935, en 1936, à Eve Klein, la fiancée allemande, arrivent, cinquante ans après la mort du signataire, à la narratrice qui est la fille. Fille, en 1995, d'une mère de quatre-vingt six ans et d'un père, jeune homme disparu, dont elle n'a jamais fini de faire son deuil. Toutes les lettres du père, écrites quotidiennement, arrivent une seconde fois, toutes ensemble -cinq cents- rangées dans une boite en carton: minuscule cercueil d'une existence couchée sur les pages. L'être écrit.

Tel est l'impensable: la rencontre sur l'abîme du père et de la fille. Car le père n'est pas encore père lorsqu'il écrit. Les lettres, c'est son legs à la fille de l'état de fiançailles alors que, déjà, il n'est plus, ce père. Legs de la promesse. Le lien, l'alliance, l'anneau d'OR. Préparatifs de noces au bord de la tombe.

En vérité, rien n'est plus beau que ce suspens, ce livre du suspens ; suspendu entre vie et mort. OR: signal que le lecteur doit dresser l'oreille. Lire l'oreille tendue vers les revenants, tous les sens en alerte sur le qui vive.

9782721004666

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Messie
Hélène Cixous, Des Femmes, 1996

12.50

«Les animaux deviennent de plus en plus importants dans ses livres, c'est naturel: ils sont toujours là lorsque l'on part prendre les plus grands risques, soit que l'on file, soit que l'on se mette soigneusement en chemin. C'est difficile la vie de l'autre côté, on se sent un peu seule ou très seul à gravir les pentes de Moria. Et s'il n'y avait pas l'âne pour tenir compagnie à Abraham ce serait infernal. Mais il y a l'âne qui met une limite à l'abandon. La Bible ne rapporte pas la conversation qu'Abraham eut avec l'âne sur le mont Moria. Pourtant il suffit de les suivre et on les entend parler: je veux rendre la parole à l'âne avec Abraham. On ne dit pas de bêtises à un âne, n'est-ce-pas ? Ni à un chat.»

Hélène Cixous

9782721004642

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La fiancée juive : de la tentation
Hélène Cixous, Des Femmes, 1995

14.50

A quoi reconnaît-on l'amour qui persiste et recommence? Aux ailes de l'angoisse qui s'allongent se remplument et s'empennent, à l'épouvante, à la violence des intempéries à l'intérieur, aux descentes de la police d'autant plus inquiétantes qu'elle est toujours cachée.

Plus le temps passe, plus nous sommes rassurés plus nous sommes terrifiés. Il faut croire que la foi suscite en s'élevant le zèle de l'incrédulité.

Prenez saint Augustin, prenez le petit François, prenez Job, prenez Dieu: des combats, des coups bas du premier jour jusqu'au dernier, une vie de fous. Prenez l'amour promis pour cinquante-cinq années si ce n'est pas l'orage alors c'est la croisade.

Ce récit nous emmène à toute vitesse: c'est saint François à New York.

9782721004581

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Déluge
Hélène Cixous, Des Femmes, 1992

15.50

«Où nous surprend le déluge?

Un soir d'avril, au coin d'une rue, tout d'un coup, le deuil tombe sur elle avec une violence d'orage. La roue a tourné. A nouveau le deuil s'est déchaîné. Le deuil pleure sans qu'elle puisse rien. On n'a jamais vu autant de larmes. Elles ne rencontrent pas de résistance. Cela ne dépend pas de nous. Elles s'élancent. Nous, nous ne voulons pas pleurer, mais le deuil n'écoute que ses propres désirs, si puissants, si anciens. Une affliction infinie emporte notre tragédie dans son déferlement. Cent deuils se jettent dans ce deuil.

Non, ce n'est pas toi que nous pleurons, ce n'est pas nous qui te pleurons, le deuil pleure en nous le meilleur de nous-mêmes. Pleure l'éternité.

Le lendemain, les mêmes eaux donnent naissance. Ce qui aura agonisé dans ce livre c'est le Deuil.»

Hélène Cixous

9782721004314

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L'Ange du secret
Hélène Cixous, Des Femmes, 1991

15.50

«Le crime se perd dans l'aveu, je n'avais pas prévu cela. Pourtant c'était un crime, ah, un affreux crime, je le jure. Non pas atroce, mais bas. Si vous le connaissiez! Mais je ne peux pas le raconter, je le sais maintenant. De plus c'est vraiment le mien. Il faut me connaître un peu pour en apprécier la taille. Certaines personnes commettraient un pareil acte, et ce ne serait rien. Dieu sait quels effets immenses il produisait en moi depuis des dizaines d'années, dieu sait quels silences, ou quels livres. Il n'est sûrement pas pour rien dans tout ce que j'ai pu faire par la suite. Ne lui donnons pas trop d'importance. Après tout, ce n'était qu'un de ces crimes dont nous sommes capables, je l'ai bien vu, en le retrouvant et le perdant.

Et vous, J'aimerais savoir, vous, mes amis humains, cela vous est-il arrivé aussi ? De perdre le sens de votre crime?

(Heureusement j'en ai d'autres, personnellement, pour m'aider à garder mon équilibre.)

N.B. Les crimes, il faut les garder. C'est la dure loi du genre.»

Hélène Cixous

9782721004123

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Jours de l'an
Hélène Cixous, Des Femmes, 1990

15.50

Récit. «C'est l'aveugle en nous qui écrit, qui peint. Ce texte s'avance entre non-voyance et voyance. Allant parfois jusqu'à perdre de vue l'auteur...

Pendant ce temps l'auteur... l'auteur ne revient pas. Elle est toute à son drame.

Pourquoi parlé-je de l'auteur comme si elle n'était pas moi? Parce qu'elle n'est pas moi. Elle vient du plus loin et du plus étranger de mes étrangers. Elle part de moi et va où je ne veux pas aller.

Pendant que moi depuis le 12 février de cette année, j'essaie de toutes mes forces de saisir de brèves lueurs de vérité, l'auteur n'est occupée que de cette histoire à raconter. Une Histoire Idéale. Elle y va... si lentement qu'entre temps je raconterais dix histoires. J'écris sous terre, comme une bête, enfouissant dans le silence de ma poitrine...

Une différence entre l'auteur et moi: l'auteur est la fille des pères-morts. Moi je suis du côté de ma mère vivante. Entre nous tout est déchirant.»

Hélène Cixous

9782721003942

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Ou l'art de l'innocence
Hélène Cixous, Des Femmes, 1981

14.00
Indisponible

«Il y a la langue qui comme la vie peut être sans limite et qui ne demande qu'à nous en dire plus, se parle et s'accroît, et ne nous refuse jamais un mot, car elle est de son inépuisable invention.

Mais, à force de le savoir, il arrive que la langue, qui est puissante, mais fragile, comme nous et influençable comme les nouvelles mariées, par pitié, par pitié ou piéterreur, il arrive qu'elle se contienne, par générosité, qu'elle impose silence à tous les mots qui s'agitent dans ses chants, pour laisser aux murs le temps de s'ouvrir eux-mêmes, c'est une erreur : une femme demande-t-elle à ses barreaux: sortirai-je ou ne sortirai-je pas?

J'aimerais écrire comme un poisson dans l'écriture, entièrement adoptée par la mer. Je rêve de pouvoir faire surprendre l'écriture vivante, par l'autre, de la non-prendre, mais comment? Que ne puis-je écrire loin de moi, loin du papier! Dicter à mon amie ce que l'écriture me dicte, sans perdre la mer.»

Hélène Cixous

9782721002136

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Préparatifs de noces au-delà de l'abîme
Hélène Cixous, Des Femmes, 1978

10.00
Indisponible

«Je me vois déjà là où je ne manque pas d'ici, je suis déjà d'Ici par mes quatre clairvoyances, ma vue d'oiseau, ma vue d'enfance, ma vue de vérité, ma vue de transformation, de regarder l'Ici sous le jour nouveau, son visage étrangement tourné vers moi, le vrai visage de l'inattendue, je me vois déjà regarder l'évidence face à face. Ici, à laquelle je suis venue de mon vivant, moi, la femme qui a fait faux bond à la fin, et je me vois maintenant regarder le visage décisif, c'est elle, c'est le bon visage, je ne l'avais jamais déjà vu, mais il devait y avoir en moi depuis toujours, une innocence qui ne s'en était pas privée, et c'est elle, mon Innocence, qui me fait accourir jusqu'auprès de la femme à laquelle il n'avait pas été écrit que je devais arriver, devant l'amour à laquelle il m'était donné d'arriver sans faute, sans stylo, sans incertitude, sans contrainte, sans nom, sans orthographe, sans calcul, sans carte, sans préparatifs, celle qui n'aurait jamais pu s'annoncer sans qu'une Faute m'arrête et me fasse rentrer sous taire.»

Hélène Cixous

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