Les chapitres de ce dossier :
- Repères biographiques
- L'apartheid, colonialisme extrême
La façon dont Coetzee a parlé de l'apartheid, dont il a analysé le phénomène, en fait ressortir l'universalité. L'apartheid a été un fondamentalisme raciste sans état d'âme, on oserait dire sans hypocrisie, presque naïf. Le radicalisme de Coetzee a consisté en un démontage du phénomène qui en a fait ressortir toutes les implications: le racisme qui en est le substrat n'est pas qu'un phénomène politique mais le résultat d'un accord tacite entre maître et esclave, pacte noué sous le regard de la presse, de l'armée, de la police, des églises, de l'institution carcérale, de l'armée, de l'Occident, etc. Le phénomène apartheid est le plus vieux démon de l'humanité dans un costume folklorique aux couleurs locales. Coetzee a de la même façon dénoncé toutes les oppressions, toutes les formes d'injustice et d'inégalité qui, à l'époque avaient besoin de la situation « exemplaire » de l'Afrique du Sud pour mieux se dissimuler et être plus digestes...
- La littérature aussi est un champ de bataille
| Paysage sud-africain Coetzee, John Maxwell, Verdier, 2008 Collection : Détours fertiles |
9.80 € | |
Voici un voyageur anglais - William Burchell - qui, à l'orée du dix-neuvième siècle, parcourt les immensités brûlantes de la colonie du Cap, à l'extrémité de l'Afrique. C'est un peintre amateur ; il cherche un paysage pittoresque qu'il puisse décrire et dépeindre à ses lecteurs. Sait-il que ce qu'il cherche est en réalité un panorama composé pour un oeil éduqué par les maîtres du paysage classique tels que le Lorrain ou Gainsborough ? Sait-il que l'idée du sublime, qu'il a emportée avec lui en quête d'autres beautés, est peut-être impropre à restituer les sentiments qui naissent de la lumière, de l'aridité, des solitudes de l'autre hémisphère ? Coetzee pose la question : À quel risque s'expose l'imagination de celui qui accepte non seulement de quitter ses paysages familiers, mais de s'en défaire ? |
||
Traduit de l'anglais par (Afrique du Sud) Anne-Laure Jourdain |
||
9782864325178
|
||
| Au cœur de ce pays Coetzee, John Maxwell, Seuil, 2008 Collection : Points |
6.00 € | |
Une ferme isolée en Afrique du Sud, au cœur du Veld. Un père et sa fille y vivent loin de toute civilisation. Murée dans sa laideur et sa virginité, Magda ressent à l'égard de son père, autoritaire et morose, une haine amoureuse nourrie de rêveries et de fantasmes. Lorsque le père met dans son lit la jeune épouse d'Hendrik, le contremaître noir, Magda, en proie à une jalousie délirante, le tue sans tout à fait le vouloir et l'enterre secrètement. Elle tombe alors sous l'emprise d'Hendrik qui la viole et vient la soumettre toutes les nuits, avant de s'enfuir dans la crainte d'être accusé de meurtre. Restée seule, Magda erre dans un étrange pays entre le réel et ses hallucinations. Elle meurt, bras en croix, face au ciel, dans son jardin désertique, hérissé de pierres. Le verbe illuminé de Magda, d'une force poétique qui emporte tout sur son passage, la torpeur étouffante des jours et des nuits, la violence et la peur au centre de ce huis-clos tragique créent un climat auquel il est difficile d'échapper. C'est celui des relations de maître à esclave, des rapports entre Blancs et Noirs. Dans ce premier roman, John Maxwell Coetzee a su, avec une folle assurance et un oeil infaillible, faire d'une histoire d'amour et de vengeance le miroir de l'expérience coloniale. |
||
Traduit de l'anglais (Afrique du Sud) par Sophie Mayoux
|
||
9782757807187
|
||
| Terres de crépuscule Coetzee, John Maxwell, Seuil, 2005 Collection : Points |
6.00 € | |
Dans ces deux longues nouvelles, son premier ouvrage romanesque publié en Afrique du Sud en 1974, John Maxwell Coetzee explore avec un détachement en apparence ironique, glacial, et déjà une étonnante maîtrise technique l'âme de deux personnages mégalomanes, à la frontière où l'on rencontre l'autre et où on l'extermine, exprimant ainsi la mort et la folie que chacun a peur de détecter en soi. Pendant la guerre du Vietnam, un employé de l'administration américaine rêve de créer un système invincible permettant de remporter la guerre psychologique, tandis que sa vie privée se désintègre inéluctablement. Un pionnier Boer du XVIIIe siècle rend compte d'une expédition chez les indigènes africains qui tourne au drame sanglant... |
||
Traduit de l'anglais (Afrique du Sud) par Catherine Lauga du Plessis
|
||
9782020826051
|
||
| L'âge de fer Coetzee, John Maxwell, Seuil, 2002 Collection : Points |
6.50 € | |
En 1986, au Cap, Elizabeth Curren se meurt d'un cancer, et elle est brutalement confrontée à l'explosion de rage que le système de l'apartheid a engendrée. Dans une longue lettre à sa fille exilée en Amérique, Elizabeth relate les événements qui ponctuent ses derniers jours. Témoin de l'émeute et de la répression dans un township voisin, elle découvre le corps criblé de balles du fils de sa domestique noire, et assiste à l'exécution par la police d'un autre adolescent... Parvenue au terme de son existence, avec pour ange de la mort et confident un clochard réfugié chez elle, Elizabeth tentera de faire sa paix avec le monde. Une fois de plus Coetzee a créé un personnage déchiré, vivant le drame de l'apartheid dans la double culpabilité -trahir les siens et trahir son cœur- et parvenant à se hisser au-dessus du conflit pour mourir avec une conscience apaisée. |
||
Traduit de l'anglais (Afrique du sud) par Sophie Mayoux |
||
9782020476928
|
||
| En attendant les barbares Coetzee, John Maxwell, Seuil, 2000 Collection : Points |
6.50 € | |
Voici l'œuvre qui révéla à un large public la grandeur d'un futur prix Nobel. Notons qu'en France on doit sa découverte à l'inusable Maurice Nadeau. Un bourg au cœur du désert. Le narrateur est un juge qui y exerce dans la torpeur d'une conscience facilement endormie par quelques plaisirs faciles. Les ordres qui arrivent de la capitale sont de plus en plus inquiétants: des hordes de nomades se préparent à attaquer. La vie du bourg se militarise en un tournemain. On prépare une expédition pour les prendre de court. Il s'agit en fait de pauvres paysans devenus nomades après avoir été chassés de leurs terres. L'expédition revient avec des prisonniers, dont une jeune fille qui a été sauvagement battue. Le juge décide de la soigner, s'en éprend et tente de la sauver. À partir de ce moment, il a changé de camp. Il essaie de la ramener dans sa tribu, est accueilli comme un Blanc -rien n'est écrit sur son visage de sa compassion. Parmi les siens il est considéré comme un traître, arrêté, emprisonné... Le roman bascule, quelque chose sans doute des sentiments de l'auteur passe dans ces scènes de chasse au traître, bouc émissaire, suicidaire, incapable de vivre avec sa part de responsabilité collective (on est nécessairement du bord de ceux parmi lesquels on est né). Le juge devient une loque en fuite, un paria clochardisé. Il est certain que Coetzee a mis dans ce personnage beaucoup de ses propres hontes et terreurs à appartenir à une lignée d'Afrikaners. C'en est d'autant plus terrible. |
||
Traduit de l'anglais par (Afrique du Sud) Sophie Mayoux |
||
9782020404563
|
||
| Michael K., sa vie, son temps Coetzee, John Maxwell, Seuil, 2000 Collection : Points |
6.50 € | |
Michael K, dont la couleur de peau n'est jamais mentionnée, homme frustre et solitaire, quitte Le Cap accompagné de sa mère et se lance sur les routes. Contrôles, interdictions, combats ne l'empêcheront pas d'accomplir son périple, remontant toujours plus loin au nord, en quête d'une ferme-refuge originelle où il espère vivre paisiblement. Il parvient seul en ce lieu reculé, sa mère n'ayant pas supporté le voyage. A partir de quelques graines retrouvées par hasard, il cultive son champ et crée son petit paradis. Mais la guerre ne s'arrête pas, elle, et bien vite le rattrape. Pourtant, malgré les emprisonnements, la cruauté et le dénuement, Michael K ne se pliera pas aux lois des hommes... Avec ce roman, John Maxwell Coetzee nous donne à lire une superbe parabole, à la fois sombre et éblouissante, sur la dignité humaine. C'est le roman où se fait le plus sentir l'influence de Beckett. L'errance du fils et de la mère handicapée à travers un pays vivant en état de guerre, un état de fascisme, à la poursuite d'un vague idéal (que la mère meure et soit enterrée chez elle) nous rappellera les personnages beckettiens, leurs monologues incohérents, déconnectés et toujours à côté de ce qu'il faudrait dire ou penser: c'est ainsi qu'ils résistent et qu'ils sont grands. |
||
Traduit de l'anglais (Afrique du Sud) par Sophie Mayoux
|
||
9782020404556
|
||








