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Les chapitres de ce dossier :

  • Repères biographiques

    John Maxwell Coetzee, tout en ne cachant pas sa biographie, la juge sans intérêt et préfère renvoyer à ses écrits. Il refuse les interviews et mène une vie qu’il qualifie lui-même de «typique de la classe moyenne ordinaire». Deux textes autobiographiques, Scènes de la vie d’un jeune garçon, et Avant l’âge d’homme démentent ce raccourci un peu abrupt. La vie de John Maxwell Coetzee, son adolescence et ses années de formation sont d’un grand intérêt et élargissent la compréhension de l’œuvre écrite.

  • L'apartheid, colonialisme extrême
  • La littérature aussi est un champ de bataille

Comment peut-on être Afrikaner ?

- John Maxwell Coetzee est né en Afrique du Sud, au Cap, en 1940, d’une longue lignée de colons afrikaners, dont il porte une forme de culpabilité, ce qui ne sera pas sans laisser de traces dans l’œuvre.

- Scolarisé dans un établissement anglophone, il étudie les mathématiques et s'installe en Grande-Bretagne au début des années 1960, où il exerce la profession de programmateur informatique chez IBM. Il délaisse rapidement cette activité pour se tourner vers la littérature, étudiant l’histoire littéraire dans une université américaine.

- Thèse sur Beckett et poste d’enseignant dans l’État de New York, puis du Cap et depuis 2002 en Australie, à Adélaïde.

- Sa carrière d’écrivain a commencé en 1974, lui a valu deux Booker Prize (En attendant les Barbares et Disgrâce) et le prix Nobel de littérature en 2003.

 

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Récits autobiographiques

Deux romans autobiographiques permettent de comprendre la génèse d'une œuvre, son enracinement dans le terrible contexte sud-africain des années soixante, la révolte, la découverte des racines du mal et de l'arrogance de la civilisation techno-scientifique de l'Occident, sa violence, son mépris, son lent suicide...

Un troisième, Disgrâce, dépeint les affres d'un universitaire que sa renommée et sa position sociale ne peuvent satisfaire: l'essentiel est ailleurs.

 

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L'été de la vie
Coetzee, John Maxwell, Seuil, 2010

Collection : Cadre vert
22.00

Après Scènes de la vie d’un jeune garçon et Vers l’âge d’homme, voici le troisième volet de l’entreprise autobiographique de Coetzee : il a atteint la trentaine et, de retour au pays natal, partage avec son père vieillissant une maison délabrée dans la banlieue du Cap.

Autobiographie fictive puisque l’auteur confie la tâche d’un portrait posthume à un jeune universitaire anglais qui recueille les témoignages de quatre femmes et d’un collègue qui auraient compté pour l’écrivain en gestation dans les années 1970.

Ce quintette de voix laisse entrevoir un homme maladroit, mal à l’aise, brebis galeuse de la famille afrikaner qui peine à ouvrir son cœur. La femme adultère, la danseuse brésilienne, la cousine chérie, l’universitaire et la maîtresse française s’accordent à faire de lui un amant sans chaleur, un amoureux indésirable, un enseignant sans charisme.

Ces entretiens sont encadrés de notes et fragments extraits de carnets où l’écrivain s’interroge et se cherche.

Dans ce récit où se mêlent le comique et le ridicule, la mélancolie et le désespoir, Coetzee se livre avec prudence et dévoile peu à peu un cœur en souffrance sous la cuirasse. Il invite une nouvelle fois le lecteur à une superbe méditation sur la condition humaine.

Traduit de l'anglais (Afrique du sud) par Catherine Lauga du Plessis

9782021000290
Vers l'âge d'homme
Coetzee, John Maxwell, Seuil, 2004

Collection : Points
6.50

L'auteur poursuit son autoportrait, il confesse ici ses rêves, ses interrogations et ses épreuves lorsque, jeune étudiant en mathématiques, il quitte sa famille et l'Afrique du Sud au bord de la révolution pour aller à Londres. Ces souvenirs éclairent la genèse de son œuvre par l'évocation de ses découvertes littéraires, musicales et picturales.

Le jeune garçon est devenu jeune homme. John a échappé à sa famille étriquée et à l'amour étouffant de sa mère. Tout en achevant ses études de mathématiques, il dévore la littérature mondiale et caresse son grand projet : quitter l'Afrique du Sud et se consacrer à l'art et à l'amour qui fera crépiter la flamme de la création.

Mais Londres, c'est sa saison en enfer. Dans la ville cruelle où il reste un étranger, un colonial indésirable, il fait l'amer constat que le malheur est son élément : manque d'aplomb, d'ardeur, d'élan, manque de coeur. Échec et mat et fin de partie beckettienne.

Cet autoportrait de l'artiste comme jeune homme, crispé et méfiant, éclaire la genèse de l'œuvre de John Maxwell Coetzee par l'évocation de ses vastes lectures, de ses découvertes en musique et en peinture contemporaines. Célèbre pour sa réticence à se livrer, l'auteur confesse ici avec une impitoyable lucidité ses rêves d'amour fou, ses solutions farfelues aux crises d'un monde en proie à l'apartheid, à la Guerre froide ou au conflit du Vietnam. Analysant les souffrances du jeune Coetzee, il a le cran de nous laisser sourire, et même rire, de ses interrogations et de ses mécomptes. Mais au-delà de l'échec du poète féru de Pound, d'Eliot, de Neruda et de Brodsky, se profile le romancier qui écrira Terres de crépuscule et Disgrâce : l'Afrique du Sud, blessure qui n'en finit pas de faire mal.

 

Traduit de l'anglais (Afrique du Sud) par Catherine Lauga Du Plessis

 

9782020685344

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Scènes de la vie d'un jeune garçon
Coetzee, John Maxwell, Seuil, 2002

Collection : Points
6.00

Depuis la parution, en 1982, d'En attendant les barbares, puis de Michael K, sa vie, son temps, Coetzee a toujours montré une réticence à sortir de l'ombre. Pour la première fois, avec ce récit, le romancier revisite l'Afrique du Sud d'il y a cinquante ans, à la recherche de la fraîcheur, la spontanéité, mais aussi la fausse naïveté du garçon qu'il a été.

Évocation autobiographique de l'écrivain plongeant dans les hantises et les secrets d'un enfant, brillant et docile à l'école, despote et irrascible à la maison, entre deux cultures, deux langues dont les sons rauques lui font pressentir un monde troublant. L'enfant découvre l'autre, Afrikaner, Anglais, métis, noir, juif, et son corollaire de préjugés et d'injustices.

Traduit de l'anglais (Afrique du Sud) par Catherine Glenn-Lauga

9782020525770

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Disgrâce
Coetzee, John Maxwell, Seuil, 2002

Collection : Points
7.00
Epuisé

Agé de 52 ans et deux fois divorcé, David Lurie enseigne à l'université du Cap. Encore jeune de corps et de cœur, ce Don Juan du campus se laisse aller à un dernier élan de désir, d'amour peut-être, avec une jeune étudiante. Mais l'aventure tourne mal. Convaincu de harcèlement sexuel, David Lurie démissionne.

Réfugié auprès de sa fille Lucy, dans une ferme isolée, il tente de retrouver un sens au seul lien qui compte encore à ses yeux. Mais les temps ont changé. La fracture sociale est arrivée jusqu'au cœur de ce pays et la violence n'épargne pas les campagnes. L'idylle pastorale tourne au cauchemar.

Aussi sombre que magnifique, l'élégie cynique de John Maxwell Coetzee jette une lumière glacée et crépusculaire sur la nation arc-en-ciel et consigne l'avènement d'un nouvel âge de fer.

Le plus autobiographique des romans de Coetzee, la plus romancée de ses autobiographies. La longue montée du cauchemar et de la violence va culminer dans une scène finale qui n'est pas sans rappeler une certaine Karen Blixen.

Traduit de l'anglais (Afrique du Sud) par Catherine Lauga du Plessis

9782020562331

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