Duras, Marguerite

Théâtre, roman, journalisme, cinéma, critique, radio: aucun média engageant la parole ne semblait devoir lui échapper. Décliner sous toutes les modalités de l'expression contemporaine l'énergie du désespoir: Marguerite, que reste-t-il de tes amours?
Une œuvre véritable, un coin enfoncé dans la trame du temps présent: il y a un avant Duras et un après Duras.
Les chapitres de ce dossier
- Marguerite Duras (1914-1996), une vie
- Marguerite Duras, une œuvre
Dix ans après la disparition de sa créatrice, l’œuvre de Duras commence à prendre sa place en tant que «classique du XXe siècle». Pourtant le lectorat l’a longtemps boudée, et seule l’obstination de quelques fidèles admirateurs lui a permis d’arriver jusqu’à nous. On lui a reproché à peu près tout et son contraire: sa petite musique répétitive, son sens de l’abscons, son élitisme, sa manière de se mettre en scène, la dispersion de son talent dans trop de formes, son sentimentalisme un peu exacerbé, son ego surdimensionné, ses positions politiques floues et trop circonstancielles, etc, etc. Peut-être il y a-t-il quelques raisons à cette longue bouderie, mais dans la sphère de la littérature pure, il n’y a rien à dire et tout à lire. Car finalement, cette histoire unique déclinée au long de dizaines de textes ce n’est que celle d’une empoignade avec la langue, une «rage de l’expression», née sans doute d’une enfance saccagée, détruite, dont il lui fallait sortir par le haut, contre tout déterminisme: c’est là la fonction qu’elle a assignée à son œuvre. Nous proposons ici une bibliographie remontant l'ordre de publication.
- Marguerite Duras : attention, champ de fouilles
Des dizaines de biographies, d'études, des centaines de thèses, des millions de lycéens qui planchent régulièrement sur cette prose: le durassic park n'est pas près de lasser l'élan des géologues de tout poil. L'actualité de Marguerite Duras ne s'épuise pas, bien au contraire. Dans une période où la critique découvre une prose féminine entièrement décomplexée, qu'elle s'est empressée d'étiqueter sous le fourre-tout d'auto-fiction, la Dame de Neauphle fait réellement figure de précurseur. Précurseur (mot comme par hasard inféminisable) aussi dans l'usage d'un style tout en hachures et brisures, en figures rhétoriques volontairement antigrammaticales que l'on trouve à foison sous la plume de dizaines d'auteurs contemporains. Notre sélection d'essais n'est pas exhaustive, nous en avons exclu les ouvrages scolaires et les études universitaires trop spécialisées.


