Jullien, François

Le vis-à-vis de la Chine et de l'Occident est sans doute un des grands enjeux du XXI° siècle. Depuis près de 20 essais, le philosophe et sinologue François Jullien se sert de "l'outil de la Chine" pour revenir sur les partis pris implicites de notre Raison. Vérité au-delà de l'Himalaya ne serait pas forcément vérité en deçà ?
Les chapitres de ce dossier
- Eléments biographiques
François Jullien se dit adepte de l'anti-biographisme. On trouvera néanmoins, dans les Entretiens I à III du livre Penser d'un dehors (la Chine) co-écrit avec Thierry Marchaisse, d'éclairantes pages d'"Itinéraires" concernant ses propres années de voyage et d'apprentissage en Chine à la fin de l'ère Mao, puis à Hong Kong et au Japon.
- "Des Travaux"
Aux vastes synthèses sinologiques du type "Histoire de la pensée chinoise des origines à nos jours", François Jullien a toujours préféré une approche "locale" : faire jouer à des notions en apparence peu philosophiques (fadeur, processus, propension, efficacité), le rôle de "leviers" qui permettent de soulever, de proche en proche, tout un massif de pensée - la Chine - qui a pris d'autres plis que la nôtre.
- "Sur", "avec", "à partir de", et en tout cas "pour"
Longtemps confidentielle ou réservée aux "initiés", l'oeuvre de François Jullien, comme sortie de son lit initial, rencontre un public de plus en plus large. D'où ces ouvrages collectifs où, parfois, aux côtés des philosophes et vietnamologues, même des physiciens, des littéraires, des musiciens, des psychanalystes ou des experts du management viennent débattre avec ses textes. Et - suprême honneur ? - il existe même un petit pamphlet Contre François Jullien. A quoi répond désormais très efficacement un Pour François Jullien !
- François Jullien, éditeur et revuiste
Faisant allusion à l'inconfort méthodologique où il se trouve (un pied en Chine, un pied en Occident), François Jullien a pu dire : "je suis intellectuellement seul". Il a pourtant très tôt manifesté un goût pour les collectifs de pensée : direction éditoriale (collection "Orientales" ou "Libelles", aux PUF) ; création de revues (à 27 ans, Extrême Orient-Extrême Occident ; plus récemment, les Cahiers du centre Marcel Granet, du nom du grand sinologue avec lequel Jullien se sent le plus d'affinités ; ou encore, tout frais émoulu, l'Agenda de la pensée contemporaine).


