Les chapitres de ce dossier :
- En vivant, en écrivant
«Ecrire, c'est comme une drogue. On commence juste pour le plaisir, et on finit par organiser sa vie autour de son vice, comme les drogués. Telle est la vie que je mène. » Quelques éléments biographiques d'António Lobo Antunes, glanés au fil de ses Conversations et Chroniques.
- "Oeuvres complètes d'António Lobo Antunes..."
Eléments biographiques
- Né en 1942 à Lisbonne et issu de la grande bourgeoisie portugaise (il est vicomte par son grand-père paternel), António Lobo Antunes a fait des études de médecine et s’est spécialisé en psychiatrie, métier qu’il a exercé à l’hôpital Miguel Bombarda - où il continue de se rendre chaque semaine, pour y écrire... Il vit à Lisbonne.
- Entre 1970 et 1973, il est enrôlé 27 mois dans la "sale guerre", guerre coloniale que son pays mène en Angola. Ce conflit féroce (prolongé en guerre civile jusqu’en 2002) hante peu ou prou, de loin en loin, tous ses romans, mais plus particulièrement peut-être Le Cul de Judas, La splendeur du Portugal, et le dernier roman traduit, Bonsoir les choses d’ici bas.
- Il est l'auteur à ce jour de 16 romans (plus, à paraître en 2006 : Eu Hei-De Amar Uma Pedra), dont la plupart multitraduits (en anglais, néerlandais, allemand, danois, suédois, italien, turc, espagnol ; en français, l’essentiel est traduit chez Christian Bourgois - à l’exception de Fado Alexandrino chez Albin Michel et Le Cul de Judas chez Anne-Marie Métailié). Il est considéré comme une des plus hautes figures de la littérature européenne.
- Il existe maints thèses et essais sur son œuvre, notamment aux USA, au Brésil et en France. António Lobo Antunes a reçu de très nombreux prix, dont le Grand Prix Européen du Roman et de la Nouvelle 2000, le Prix Union Latine en 2003 et le Prix Jérusalem en 2005. Deux années de suite, il a été le favori pressenti du Prix Nobel de littérature, finalement revenu en 1998 (au grand dam de certains admirateurs !) à son compatriote José Saramago, 1er portugais consacré, et dont l'oeuvre est de facture plus classique. La 3° sera la bonne ?
Conversations & Chroniques
| Conversations avec António Lobo Antunes María Luisa Blanco, Christian Bourgois, 2004 |
23.00 € | |
Ce livre, écrit par Maria Luisa Blanco à la demande de Lobo Antunes lui-même, est le résultat d'une série d'entretiens que la journaliste et écrivaine espagnole - elle dirige le supplément culturel d'El País - a eue avec l'écrivain portugais, d'avril 2000 à février 2001, à Lisbonne. Habituellement peu enclin à la confidence, silencieux sur lui-même autant que sur ses livres, António Lobo Antunes se dévoile pourtant ici avec une grande sincérité, en toute liberté. 12 chapitres, pour cheminer en désordre dans le domaine protégé de l'écrivain : son enfance, ses années de formation, sa rencontre avec la psychiatrie, la guerre d'Angola qui l'obsède, la douleur de la perte d'êtres aimés (son grand-père Antonio, son ami et idéologue de la révolution des Oeillets, Ernesto Melo Antunes), sa façon d'assumer le succès littéraire, la perte de l'ouïe, son rapport à la mémoire, aux femmes, etc. ; il évoque ses goûts littéraires (Tchekhov, Tolstoï, Dickens, Camoes, Flaubert...) et avoue sa dimension auto-destructive ("Le suicide est une présence constante"). Loin de l'éloge vain, un beau portrait de cet observateur fascinant qui ne prend jamais la pose de l'intellectuel, et qui conclue avec la sérénité d'un vieux sage malicieux : " Mon pays est là où sont les gens qui me plaisent, les écrivains et les footballeurs que j'aime. " In fine, un entretien avec les parents d'António.
Traduit espagnol Michelle Guidicelli. |
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9782267017151
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| Livre de chroniques (vol 1) António Lobo Antunes, Points Seuil n°1131, 2003 |
6.50 € | |
Dans ces Chroniques écrites au fil des dernières années, courtes fictions au style à la fois burlesque et poétique, toujours teintées d'une ironie cinglante ou affectueuse, Antonio Lobo Antunes introduit son lecteur dans les antichambres de ses grands romans, en évoquant sa jeunesse dans les faubourgs d'une Lisbonne salazariste, ses aïeux austères, ses tantes bigotes, la brutalité des instituteurs, les idoles sportives de son adolescence, ses échecs amoureux, ses débuts dans l'écriture, sa solitude... Autant de fables et de paraboles qui ont les propriétés et les charmes des maquettes d'un édifice. Antonio Lobo Antunes ne destinait pas ces textes à la publication. Certains ont été écrits pour des journaux, d'autres ne constituaient que des essais et on repère ici ou là les bribes d'une histoire traitée plus extensivement (et plus brillamment) dans un roman. Ce n'est donc pas le meilleur de Lobo Antunes qui est réuni ici, et on pourrait même hasarder que ce n'est pas une forme qui correspond à son écriture : à l'exception du Cul de Judas, l'écrivain portugais n'a jamais écrit que des pavés, et son écriture torrentielle a besoin d'espace pour se développer. Ces textes sont pourtant d'une lecture agréable et sont parfois de petits bijoux. Ils sont aussi plus volontiers autobiographiques et contiennent une série de petits textes sur le vécu de la célébrité qui sont croustillants et terriblement drôles. Avant d'écrire sur quelque chose, un écrivain écrit : c'est bien le romancier - et non le journaliste ou l'échotier - qui s'exprime ici.
Traduit du portugais par Carlos Batista.
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9782020526531
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| Dormir accompagné (Livre de chroniques 2) António Lobo Antunes, Points Seuil n°1141, 2003 |
6.50 € | |
Des scènes de l'enfance ressuscitées dans leurs moments de grâce ou de terreur ; des fables sur des couples abîmés, fracturés, en mal d'amour ; des évocations poignantes de tête-à-tête avec des patients soignés dans un hôpital psychiatrique ; des monologues de veuve, d'assassin, de colonel à la retraite, de collectionneur de papillons, de boxeur, de bègue : 41 courtes nouvelles présentées pour la plupart comme des monologues intérieurs et dont certaines semblent chargées de substance autobiographique...
"En contrepoint de ses oeuvres de fiction, António Lobo Antunes, dans Livre de chroniques, ne cesse de laisser penser ses sens. Il bouscule une fois encore nos idées reçues sur l'écriture, fouille les labyrinthes de la mémoire, architecture ses obsessions : la guerre - celle des sexes, celle des Etats, celle des groupes sociaux, toutes celles qui donnent envie de « regarder, avec une émotion croissante, une gravure poussiéreuse dans le grenier qui montre une jubilante multitude de pauvres autour de la guillotine où l'on coupe la tête de rois » -, la cruauté, la désespérance. "Peut-être qu'il fait toujours nuit quand on a grandi ?" Le Livre de chroniques refermé, comme chaque page écrite par António Lobo Antunes depuis Le Cul de Judas, incite le lecteur à pénétrer dans cette nuit afin de mieux entendre la sienne."
Claire Juliet, in Le Passe-Muraille
Traduit du portugais par Carlos Batista.
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9782020526548
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| Livre de chroniques III António Lobo Antunes, Christian Bourgois, 2004 |
23.00 € | |
Ces nouvelles chroniques de Lobo Antunes sont des Polaroïds qui captent l'instant perdu : un volettement de chauves-souris au crépuscule, les yeux vides d'une fillette réchappée d'une pluie de bombes, des cadavres sans noms trop vite oubliés, une sensation d'à-quoi-bon, la mélancolie d'une femme divorcée, un silence coruscant, l'odeur des vagues à l'instant où l'air est plus froid que l'eau, un portrait de l'artiste en jeune homme, une " recette " pour lire ses romans, la solitude à laquelle le condamne l'écriture... Des mots lâchés qui obstinément retournent en arrière pour contempler une dernière fois un immense et lumineux champ de tournesols laissé en Angola, ou bien pour serrer encore une fois des mains : la main de la grosse Teresa, l'Angolaise qui savait parler aux arbres ; la main de son ami José Cardoso Pires survolant Lisbonne avec un verre de whisky, et qu'on voudrait suivre ; la main de sa grand-mère chérie qui lui offrait tous les gâteaux qu'il désirait à la pâtisserie Paraíso de Benfica ; la main de son grand-père bougon qui fabriquait des nuages au pied de ses vignes dans la Beira Alta... Un album de famille, les photos d'une vie, un livre qui refuse l'oubli, en exaltant la nostalgie heureuse d'un homme à la recherche de sa réalité d'enfant.
Traduction portugais Carlos Batista. |
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9782267017137
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| Lettres de la guerre : de ce vivre ici sur ce papier décrit Antonio Lobo Antunes, Bourgois, 2006 |
26.00 € | |
Traduit du portugais par Carlos Batista Préface de Maria José Lobo Antunes
Recueil épistolaire, ces lettres de guerre rassemblent des missives écrites depuis l'Angola, où l'auteur fait l'expérience douloureuse de la colonisation et de ses déboires pendant deux ans, de 1971 à 1973.
Présentées sous la forme du journal de bord d'une médecin, ces lettres stigmatisent l'ardent désir d'écrire de Lobo Antunes qui est déjà là, à l'état latent. Laissant présager de la remarquable oeuvre littéraire qu'on connaît aujourd'hui, cette correspondance nourrie s'impose d'autre part comme un document sur le quotidien d'une guerre violente où le pire semble inlassablement prêt à venir. Voici toiut à la fois l'histoire d'une vocation et d'une implosion.
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9782267018493
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