Les chapitres de ce dossier :
- Éléments biographiques
- L'oeuvre en cours : une écriture "habitée"
Présentée par genres et selon l’ordre chronologique de 1ère parution.
- étude critique
Nouvelles
| Les évangiles du crime Linda Lê, éd. Christian Bourgois, 2007 |
15.00 € | |
Reeves C. est retrouvé mort dans un hôtel. Il voulait être écrivain. Il ne fut que le mari d'une romancière célèbre. Il lui disait : « Il ne faut pas aimer son double, car c'est un amour qui naît d'un oubli momentané de la haine qu'on a pour soi. » Le Professeur T. s'est pendu dans la cave de son immeuble. Son seul ami, c'était « Plus-dure-sera-la-chute ». Avant de mourir, le Professeur T. avait écrit dans son journal : « Chacun porte en soi un frère assassiné, il faut vivre en le ménageant. » Dans la nuit du 14 août 1990, une femme, gantée de blanc, se jette du haut d'un immeuble de La Défense. Elle s'appelait Klara W. Dans son agenda, elle avait noté ce bref dialogue extrait d'un film : « - ne vous en faites pas, je m'en vais. - Où ? - En moi-même. » Vinh L. se prépare à rentrer dans son pays. Auparavant, il écrit 10 lettres, dans lesquelles il raconte son histoire : pour survivre, il a mangé de la chair humaine. Longtemps, il s'est tu. Maintenant, il parle. « Le crime, dit-il, ressemble à l'amour : tant que les sentiments sont sincères, ils s'entourent de silence. On se met à jacasser quand l'émotion est morte. »
4 crimes, contre l'autre ou contre soi-même. 4 meurtres vampirisés par un double, qu'il vienne du dehors ou du dedans.
Après les trois textes de jeunesse publiés à la Table Ronde et reniés aujourd'hui, la véritable "entrée en littérature" de Linda Lê, chez Julliard, en 1992. Une presse unanime (et Jacques Dutronc !) avait salué, à sa sortie, l'originalité exceptionnelle de cesEvangiles du crime.
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9782267019360
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| Autres jeux avec le feu Linda Lê, Bourgois, 2002 |
15.00 € | |
Une mouche choisie comme muse, la voix d'une assassinée qui sort d'un encrier et réclame vengeance, un mot qui mord son lecteur au cou, un écrivain qui reçoit la visite d'un double inattendu, une gloire littéraire qui a rendez-vous avec l'auteur de sa nécrologie, un pays imaginaire qui ressemble à l'ultime mirage de la folie... Ces 14 variations sont autant de manières d'évoquer les fantaisies du destin. L'étrange sème le trouble, le familier joue la note grinçante, mais le cocasse et un certain humour noir ne sont pas absents, qui jettent une éclaircie sur la couleur de l'effroi et du tourment. On y entend, comme dirait Baudelaire, crier les gonds des portes de la mort. Mais la mélancolie y chante aussi la nostalgie de l'enfance, quand les têtes étourdies se murmurent des histoires où l'horrible le dispute au merveilleux. |
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9782267016239
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Romans
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Calomnies Linda Lê, Bourgois, 1993 |
14.48 €
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L'héroïne a été très liée à son père, un artiste peintre avorté, devenu paysan pauvre, et méprisé par la famille de sa femme qui ne pense qu'à la réussite matérielle. C'est peut-être pour lui, resté au Vietnam, que sa fille a coupé les ponts avec sa mère et sa parenté exilées en France. Puis un jour, sa mère lui dit que son père n'était pas son père, qu'elle est issue d'une liaison avec un officier élégant et remarquable. Pour tirer l'affaire au clair, elle contacte son oncle, qui a passé des années dans un asile de fous, qui travaille désormais dans une bibliothèque. Le seul membre de la famille avec qui, sans le fréquenter, elle a des affinités. Calomnies se compose en partie d'un journal-rapport que rédige l'oncle suite à la lettre reçue de l'héroïne, en partie du quotidien de celle-ci, du récit de ses liaisons passées, de ses rencontres, le ressort romanesque étant sa crainte d'un cordonnier qui l'épie. Vietnamien comme elle, il ne quitte son échoppe où l'attend sa mère, une femme-tronc, que pour promener son grand chien noir... Parler de soi sans intention calomnieuse ? Autant cracher dans un puits vide. Ici, on abuse de sentimentalité, mais les baisers sont à l'arsenic. Ici, on ne respecte que le protocole du dégoût, on ne joue qu'à l'ombre du mancenillier, car aller à la recherche de ses origines, c'est commencer une entreprise de démolition.
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Indisponible |
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9782267011838
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Les Dits d'un idiot Linda Lê, Bourgois, 1995 |
15.24 €
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Un roman de haine entre une mère monstrueuse et un fils philosophe avorton, cramponné à son fauteuil de paralytique. Un superbe règlement de compte ! |
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Epuisé, en cours de réimpression |
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9782267012927
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| Les Trois Parques Linda Lê, Bourgois, 1997 |
18.29 €
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Elles sont trois cousines d'origine vietnamienne, réunies un dimanche après-midi dans une rutilante cuisine française pleine d'odeurs alléchantes. Elles y rejouent le théâtre de leur propre apocalypse, visionnaire, sensuelle, cruelle et comique. Elles sont trois, comme les filles du roi Lear. Comme les trois régions du Vietnam. Comme les trois Parques qui dévident, nouent, tranchent le fil de la destinée. Comme les Tristesses penchées sur le lit de Thomas de Quincey : la plus âgée, la Madone des Larmes, porte à la ceinture des clefs avec lesquelles elle ouvre toutes les maisons, pénètre dans les chambres, où elle divague, gémit, tempête contre le Ciel, réclame d'être aimée ; la seconde, la Soeur des Soupirs, ne se révolte plus - elle a jeté ses clefs, elle visite les parias et les vagabonds, elle se glisse auprès d'eux, les yeux baissés, la plus jeune soeur, elle, pose sur le monde un regard de tigre, elle n'a pas de clef - "quand il lui est permis d'approcher une porte, elle s'en empare d'assaut et l'enfonce". La première nourrit de larmes l'inconsolé, la seconde donne le baiser au proscrit, que la troisième reçoit contre son sein pour le perdre à jamais...
Le 1er volet d'une trilogie (suivi de Voix et Lettre morte), à forte résonance autobiographique, autour de la mort du père...
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9782267014273
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| Voix Linda Lê, bou, 1998 |
10.67 € | |
Court récit d'une crise surmontée et contrôlée, l'histoire d'une descente dans l'enfer de la psychose (l'auteur avait fait une grave dépression). La narratrice, une jeune femme, entend des voix qui lui ordonnent de se mutiler ... L'écriture de Linda Lê, admirablement maîtrisée, blanche, distante, est d'une violence glacée. Le lecteur est condamné à voir et à entendre cette jeune femme qui sombre, au ras de ses peurs les plus intimes. |
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9782267014686
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| Lettre morte Linda Lê, Pocket, 2000 |
6.50 €
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Après Voix, après Les Trois Parques, Lettre morte boucle un cycle attaché aux origines de l'auteur, le Vietnam. La narratrice a perdu son père qu'elle n'avait pas revu depuis son enfance, lorsqu'elle était partie pour la France avec sa mère. Elle l'avait laissé seul à Saigon avec ses bouteilles d'alcool. Le moment de ranger les lettres paternelles est l'occasion de confesser à son ami Sirius la déchirure affective, longtemps contenue, 20 ans de fuite devant le fantôme du père. C'est une confession monologuée sous forme de lettre morte, de mise en bière, l'ultime lettre de celle qui, précisément, répondait si peu ou si mal aux lettres d'un mort vivant qui espérait seulement revoir sa fille. Sourde supplique et soliloque d'outre-tombe, vague demande de pardon, la lettre de Linda Lê ressemble à un désir de reconquête, un besoin de réparer, par les mots, sans fioritures. Livre de la souffrance et de l'exil, c'est aussi celui du deuil à faire, pour mieux vivre le ratage avec le père. |
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Hélas épuisé, comme l'édition originale chez C. Bourgois (1999, 10,67 €) |
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9782266096751
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| Les Aubes Linda Lê, Points Seuil n° 994, 2002 |
6.50 € | |
Un jeune homme de 25 ans s'adresse à une femme aimée. Lui a manqué son suicide et vit depuis dans l'obscurité que lui renvoie ses yeux aveugles. Elle, c'est Vega, sa lectrice devenue son amante. La souffrance fut longtemps le lot de ces deux écorchés vifs dont les déchirements d'un désastre familial pour l'un, la violence d'un père pour l'autre, massacrèrent l'enfance. Mais aujourd'hui, l'aube se lève enfin sur leurs vies... On retrouve ici les thèmes qui ont fait la matière des romans de Linda Lê, la folie, la culpabilité, l'enfermement dans la solitude, la mort. Mais se dégage aussi de ces Aubes une sensualité inédite et la grâce incantatoire d'une écriture qui vient illuminer le destin fragile des personnages.
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9782020505635
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| Personne Linda Lê, Points Seuil n° 1285, 2005 |
4.50 € | |
Les voix sont multiples dans ce roman de Linda Lê, superbe allégorie de l'écriture : il y a Personne, le bien-nommé, personnage qui a pris ses distances vis-à-vis de l' « auteur/narrateur ». Personne, après avoir été veilleur de nuit, travaille au service des réexpéditions, là où on tente de renvoyer les missives perdues aux destinataires d'origine ; il n'en fait qu'à sa tête. Il y a aussi Tima, une femme échappée des « Carnets » contenus dans un ordinateur abandonné qu'a trouvé Personne. A-t-elle jamais existé ? Est-elle fiction ou fantasme de Personne ? Gardienne de musée, elle a été affectée à la salle des gisants ; dans un journal intime elle raconte une rencontre avec un homme mystérieux, et Prague, ville qui, à ses yeux, a su réenchanter le monde. Enfin il y a le « je » de l'auteur qui dans des apartés (mini-traités de littérature) se plaint de l'autonomie de son personnage : « Mon personnage ne veut rien de l'avenir que je lui réserve. Il prend la tangente. Je cours après lui. » Sans doute le roman le plus étrange, déstructuré, parfois fantaisiste, de Linda Lê.
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9782020788267
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| Conte de l'amour bifrons Linda Lê, Bourgois, 2005 |
15.00 € | |
« Ylane attendait cet autre je qui la délivrerait de son moi. Elle attendait ce tu si doux à prononcer quand il s'adressait à celui qui tuerait en elle toute tristesse. Elle attendait de pouvoir dire lui et que dans la nuit l'étrange visiteur vînt abattre tous les murs qu'elle avait élevés entre le monde et elle. » Ylane et Yvan ont une inaptitude commune à vivre qui les fait se rencontrer à l'hôpital psychiatrique au pavillon Benjamin Ball. Ils vont vivre un amour impossible et déchirant.
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9782267017595
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| In memoriam Linda Lê, Bourgois, 2007 |
17.00 € | |
Une femme s'est donné la mort un matin de printemps. Elle laisse derrière elle quatre livres qui sont autant d'énigmes pour les deux hommes qui l'ont aimée, deux frères ennemis devenus des inconsolés. Le narrateur, lui-même écrivain, est celui qui l'a approchée le premier ; il trace le portrait d'une séditieuse, créant, envers et contre tout, une oeuvre où la concession n'a pas cours. Tombeau d'une irréductible, éloge d'une maquisarde, ce récit de deuil est aussi une confession où l'amour, la rivalité, la recherche obstinée de la vérité offrent des visages multiples. La quête de l'autre, le sacrifice consenti à la littérature, la ronde des fantômes qui demandent à renaître : en s'interrogeant sur le départ, sans un adieu, sans une lettre, de cette amante qui l'a révélé à lui-même, le narrateur fait retour sur soi, et c'est avec une lucidité teintée d'humour qu'il se dépeint à travers ses tâtonnements littéraires et ses algarades avec son frère, destiné à être son rival. Et peut-être, au bout du compte, le pari qu'il relève est-il de dire la passion pour un être qui a conservé jusqu'au bout son mystère, et de vaincre la mort par les mots. |
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9782267019308
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Théâtre
| Kriss Linda Lê, Bourgois, 2004 |
12.00 € | |
Une maison en Californie, trois personnages : une mère, un fils, Stan, qui revient chez lui après 10 ans d'absence, et une fille, Kriss, qui ne vit que dans l'attente de ces retrouvailles. Un crime a été commis une décennie plus tôt dans cette maison : le père de Kriss, officier de l'armée américaine envoyé au Vietnam, a été tué au retour de la guerre par sa femme, Famke. Depuis ce jour, Famke vit avec le shérif qui a participé au meurtre et maquillé l'assassinat en crime de rôdeur. Kriss, la fille, Electre des temps modernes, demande vengeance. Pour elle, son père était un dieu et non un boucher qui a perpétré des massacres au Vietnam. Pour elle, son frère Stan est celui qui doit revenir pour tuer la mère et lui faire expier le crime. Avec Stan sonne l'heure du jugement dernier. Et c'est lui qui aura le dernier mot, celui du pardon.
Pièce suivie d'une brève dramatique, L'homme de Porlock, où trois personnages, Bobok, Brownie et Daimôn, incarnent les trois faces (démons ?) de la création et de l'inspiration littéraire.
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9782267017243
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Critiques littéraires
| Le complexe de Caliban Linda Lê, Bourgois, 2005 |
15.00 € | |
L'auteure évoque ses lectures de l'enfance à l'âge adulte : Hugo, Hermann Broch, Steiner, Cioran, Hölderlin, Chesterton, Tsvetaieva, Dickinson, Dagerman, Kafka, Collins ou Shakespeare. Elle parle également de son rapport à la littérature, à sa langue natale, le vietnamien, et à sa langue d'adoption, le français, à la place de la littérature aujourd'hui.
« De Cioran, elle nous dit que c'était l'homme le plus accueillant qui fût. Sauf qu'il n'accueillait pas n'importe qui, et en cette Linda il avait reconnu quelqu'un dans son genre, qui par exemple savait mieux écrire le français que «l'indigène», une métèque digne de l'Académie française. La petite Vietnamienne privée de jouets avait établi avec les livres un rapport qui ressemble à celui de l'enfant des «Mots», le nommé Jean-Paul Sartre. Mais vint la révolution culturelle à la mode de l'oncle Hô : il fallut rendre tous ces livres, produits de la culture occidentale décadente... Mais elle est incorrigible, Linda Lê, elle a gardé sa foi dans les livres, elle laisse même entendre que les livres l'ont sauvée. Elle rend aujourd'hui un splendide hommage à la littérature, puisse-t-il ne pas toucher que les vieux rats de bibliothèque de mon acabit. Elle n'est jamais lasse de quérir le sens, quitte à être déçue... Notre liseuse qui nous initie si bien à tant d'auteurs est aussi l'écrivaine venue de loin qui sait ce qu'Occident veut dire : que les dieux y trouvent la mort, et qu'aussi bien casser les dragons est inutile. Mais à notre tour lisons-la, même si elle se compare implicitement au rossignol qui ne se soucie pas d'être entendu... » Nouvel Observateur, 17/03/05
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9782267017588
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| Tu écriras sur le bonheur Linda Lê, PUF, 1999 |
21.00 €
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Cet ouvrage réunit l'ensemble des préfaces écrites par Linda Lê pour la collection de textes classiques du Livre de Poche, une activité que la romancière n'exerce plus. Elle expose son parti pris dans la préface de toutes ces préfaces. Elle y revendique le statut de lecteur, ("goûteur"), avant d'être critique ou exégète avec comme seule envie, communiquer ce goût et inviter le lecteur à flâner lui aussi parmi ces chefs d'oeuvre. Pour la plupart, elle présente des textes de fiction où elle manifeste une belle culture littéraire. Un leitmotiv sans doute, la phrase de Paul Nizon qui donne son titre au recueil et qu'elle glose ainsi : "Vouloir écrire sur le bonheur, c'est vouloir attendre la floraison d'un cactus". Les préfaces apparaissent suivant l'ordre alphabétique de leurs auteurs : Kôbô Abé, Machado de Assis, Boulgakov, Lawrence Durrell, Giraudoux, Hamsun, Bohumil Hrabal, Kadaré, Kawabata, Klaus Mann, Sciascia, Schnitzler, André Suarès, Tsvétaeva. |
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Indisp. |
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9782130498773
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| Marina Tsvétaïeva. Comment va la vie ? Linda Lê, éd. Jean-Michel Place, 2002 |
11.00 € | |
Appartenant à la constellation des “martyrs” russes comme Maiakovsky, Pasternak, Blok et Essenine, Marina Tsvetaïeva ressent profondément un malaise identique à celui de ses frères en poésie. Elle refuse de se plier à la loi, à la politique, à un bonheur triste et résigné. Sa mort même (exilée volontaire, elle se pend le 31 août 1941 en Tartarie, où le lieu précis de sa sépulture n'est pas identifié) constitue une énigme et une provocation face aux limites dogmatiques imposées par l'Etat. Linda Lê avec à la fois distance et sensibilité nous fait approcher l'expérience paroxystique de la douleur propre à Tsvetaïeva. Elle nous fait entendre ses vers où ressurgissent nos propres douleurs. Parce qu'il faut avoir vécu l'insupportable et entrevu la mort pour ressusciter la lumière. |
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9782858936694
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