
Prix Nobel de littérature 1994, l’écrivain japonais Kenzaburô Ôé (né en 1935) reste, à 70 ans, une conscience discrète de son époque. Homme à la fois paisible et tourmenté, il sait utiliser à bon escient sa renommée pour rappeler ce que l'on est en droit d'attendre d'un intellectuel : indignation et irrévérence à l'égard des «vérités» du jour. Son œuvre emprunte deux directions parfois distinctes, parfois s'entrecroisant : l'histoire et l'engagement politique qu'elle implique, et une réflexion métaphysique dictée par un contexte familial particulier.
[Portrait] Juan Carlos Onetti
Réalisme ou fiction ? Le pouvoir uruguayen a tranché en faveur du premier en exilant Onetti (1909-1994) après l'avoir emprisonné. Même si l'esthétique de cette œuvre la rapproche des auteurs Nord-américains du sud, avec qui elle partage une regard compassionnel sur la paupérisation de masses d'individus, elle reste ancrée dans une manière latino : conjonction inimitable d'humour et de tragique.
[Portrait] Anna Maria Ortese
Peu reconnue de son vivant, l’écrivaine italienne Anna Maria Ortese (1914-1998) mérite d’être aujourd’hui redécouverte : pour la singularité de son écriture (elle fut toujours partagée entre l’essentielle noirceur du monde et la consolation du merveilleux), et pour son humanité.


