Ortese, Anna Maria

Peu reconnue de son vivant, l’écrivaine italienne Anna Maria Ortese (1914-1998) mérite d’être aujourd’hui redécouverte : pour la singularité de son écriture, elle fut toujours partagée entre l’essentielle noirceur du monde et la consolation du merveilleux, et son humanité.
Les chapitres de ce dossier
- Exilée de son temps
«Difficile, surtout de l’intérieur, de comprendre qui est vraiment, ou ce que veut, quelqu’un qui n’accepte pas – qui n’aime pas – ce qui est réel. Anna Maria Ortese ne sait pas ce qu’elle a voulu, ni qui elle est.» C’est ainsi qu’elle se décrivait elle-même dans un Autodictionnaire des écrivains italiens, publié en 1990. Une présentation de sa biographie et de ses écrits les plus autobiographiques.
- Du réalisme aux rêves hallucinés
«Si elle était née au dix-huitième siècle, Anna Maria Ortese n'étonnerait presque pas. Ce serait un écrivain hanté par la peur qui puiserait dans l'épouvante son inspiration. À son imagination, elle donnerait plusieurs formes : le pamphlet politique et philosophique (comme Voltaire), le dialogue badin et profond (comme Diderot ou Sade), la fable poétique (comme Mme Leprince de Beaumont), le récit fantastique (comme Horace Walpole), les lettres (comme Mme du Deffand), le compte rendu journalistique (comme les frères Grimm) ou la confession (comme Jean-Jacques Rousseau). Mais Anna Maria Ortese, qui use, en effet, de toutes ces expressions littéraires, est née le 13 juin 1914. Alors c'est un cas.» (René de Ceccaty, le Monde, 1990.)


