Pamuk, Orhan

A l’image d’Istanbul, écartelée entre Orient et Occident, qu’il a fait rentrer dans les grandes villes littéraires du XXeme siècle, Orhan Pamuk a créé un univers romanesque puisant aussi bien dans la tradition du récit ottoman classique - univers de contes et de récits mystiques - que dans la littérature occidentale contemporaine, et plus particulièrement anglo-américaine dont il est un grand connaisseur. Il vient d'être couronné Prix Nobel de littérature 2006.
Les chapitres de ce dossier
- Une boucle autour d'Istanbul
Né en 1952 dans une famille de la bourgeoisie commerçante aisée, il s’est très tôt frotté à la littérature classique turque et au roman occidental en fréquentant la bibliothèque paternelle. D’abord attiré par la peinture et les arts plastiques, il suivit des études d’architecture, qu’il ne termina pas, pour faire plaisir à sa famille. Après avoir été professeur dans plusieurs universités nord-américaines, il est revenu vivre à Istanbul. Il y travaille avec acharnement à la rédaction de romans qui sont en Turquie des succès de librairie, au grand dam du pouvoir qui voit d’un très mauvais œil se développer une littérature à la fois populaire et subversive. Pamuk veut affronter l’histoire turque sans langue de bois, reconnaissant la réalité du génocide arménien ou du massacre des communautés kurdes. Pourtant ses premiers textes se tenaient à l’écart de l’engagement politique, et ce n’est que peu à peu qu’il a fait entrer la réalité contemporaine turque dans la trame de ses récits. Il s’en défend d’ailleurs et considère qu’à trop coller au faits, la littérature perd de sa crédibilité. S’il accepte de politiser son discours, c’est davantage dans la vie publique, articles, conférences: le roman, lui, ne se charge d’un message que dans l’implicite. C’est cette attitude qui lui a valu plusieurs procès retentissants, relayés par la presse mondiale, que le pouvoir turc, en demande d’intégration au monde occidental, a dû abandonner sous la pression internationale. Pamuk a en effet une stature d’écrivain mondialement reconnu et écouté. Dans un pays ou le religieux et le pouvoir politique sont mal partagés, sa position laïciste ne peut que déranger les milieux les plus conservateurs. Pamuk se défend d’être un militant et se voit plutôt comme un artisan qui façonne aussi bien un monde imaginaire avec des éléments empruntés à la vie quotidienne du Stanbouliote moyen, qu’un monde réel avec le passé, l’histoire et l’héritage artistique qui échoit à tout Turc un peu cultivé. Le parcours que nous vous proposons se fera en suivant les dates de publication en français. Il n'existe pas encore, hors quelques articles d'universitaires spécialistes, d'étude sur cet auteur qui vient d'être couronné du Prix Nobel de littérature 2006. Attendons donc.
- Y a-t-il une affaire Pamuk?


