Rhys, Jean

Un parcours singulier pour Ella Gwendolen Rees Williams, dite Jean Rhys (1890-1979) : née aux Antilles d’un père anglais et d’une mère béké, elle quitte son île pour Londres à 17 ans. Vienne et Paris dans les années 20… Paris où elle écrit la majeure partie de son œuvre entre 1927 et 1939. Oubliée durant près de 20 ans, elle est redécouverte avec La Prisonnière des Sargasses, qui lui vaut enfin honneurs et finances. Une œuvre à son image : fataliste et marginale, essentielle.
Les chapitres de ce dossier
- Jean Rhys, une vie
Une vie qui nourrit l'œuvre, laquelle est sa raison de vivre.
- Éclatantes Antilles, sombre Europe
En marge : elle est ainsi souvent définie. En marge d’une époque qui ne l’entend pas vraiment et qu’elle dérange, en marge de la culture britannique à laquelle elle ouvre cependant de nouveaux horizons : les écrivains sont majoritairement masculins, elle fait entendre une voix de femme ; ils sont de la métropole, elle vient des colonies. Jean Rhys porte sur le Royaume-Uni et l’Europe des années 20 un nouveau regard : sa critique du monde des affaires londonien suggère que le prix à payer pour cette richesse est la pauvreté des colonies et la non-reconnaisance des cultures métisses. Ce regard en marge de son époque et son immense talent font d’elles un écrivain anglais majeur.
- Des héroïnes en perdition
“Personne ne connaît rien d’autre que soi-même.” À cette affirmation de Jean Rhys répondent tous ses livres. Dans lequel n’a-t-elle pas fait porter à ses héroïnes un peu de son fardeau? Avec elles, elle raconte l’enfance antillaise, le déracinement, la solitude des exilés, les amours difficiles, l’enfant mort, l’indifférence d’autrui, la peur, la presque folie et les refuges aux vapeurs d’alcool. Et tout cela d’une plume obsessionnelle et lucide, d’une écriture faite d’ellipses et de mots simples, soucieuse d’approcher la vérité de l’émotion, n’hésitant pas à marier le désespoir et l’humour.
- Jean Rhys dans les lettres anglaises
Quelques essais consacrés entre autres à Jean Rhys permettant au curieux et à l’universitaire de se faire une idée sur sa place dans la littérature anglaise.


