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Accueil de la librairie > Dossiers bibliographiques > s > Juan José Saer > L'Œuvre romanesque : le temps certifié par les mots

Les chapitres de ce dossier :

  • Origine : Argentine, nationalité : écrivain
  • L'Œuvre romanesque : le temps certifié par les mots

    L’originalité de l’œuvre de Saer est avant tout formelle et se manifeste dès ses premiers écrits. D’où, dans Cicatrices, publié en 1969, l’explication de Tomatis, sorte de double de Saer : « Il y a trois choses qui ont une réalité dans la littérature : la conscience, le langage et la forme. La littérature donne forme, à travers le langage, à des moments particuliers de la conscience. » Chaque roman réserve donc au lecteur sa surprise formelle nuancée par une familiarité immédiate avec des personnages et des lieux récurrents : retrouvailles avec Santa Fe, espace imaginaire dans lequel se situent la plupart des romans, et avec Barco, le journaliste Tomatis, le Mathématicien ou Pigeon Garay. La phrase saerienne épouse les élasticités temporelles de la conscience des personnages à la fois recevant des informations de leur environnement (présent) en même temps que soumise aux sollicitations de la mémoire ou au contraire des projets. Les romans sont ici présentés dans leur ordre de parution en français.

Cicatrices
Juan José Saer, Seuil, 2003

22.00

Premier roman de Juan José Saer, publié pour la première fois en France en 1969 sous le titre Le Mai argentin, il reprend dans cette édition son intitulé initial.

Luis Fiore, ouvrier métallurgiste, assassine sa femme dans une buvette un dimanche premier mai, au retour d'une journée chasse. Quatre hommes impliqués dans ce drame, directement ou indirectement, sont chargés successivement de sa narration : Angel, un rubricard du quotidien La Region autorisé à assister à l'instruction criminelle ; Sergio, un avocat, joueur invétéré qui perd son héritage, sa maison et jusqu'aux économies de sa bonne tout en écrivant des essais ; Ernesto, un juge obsédé par les gorilles, les trajets en voiture et sa traduction méticuleuse du Portrait de Dorian Gray ; et Fiore, l'assassin du premier mai. Loin d'élucider le drame, ces échos partiels et partiaux le rendent plus incertain, plus profond.

Cicatrices a marqué un tournant dans les lettres argentines et est devenu un texte fondamental de la littérature contemporaine.

 

Traduction de l'espagnol (Argentine) par Philippe Bataillon.

9782020438575

^

Les Grands Paradis
Juan José Saer, Flammarion, 1980

0.00

épuisé

9782080643049

^

Nadie nada nunca
Juan José Saer, Flammarion, 1982

0.00
Indisponible

épuisé

9782080644855

^

Unité de lieu
Juan José Saer, Flammarion, 1984

13.72

Ce livre regroupe deux recueils de nouvelles. Le titre fait référence à un lieu physique bien précis, celui de l'enfance de l'auteur, au nord de l'Argentine.

 

Traduction de l'espagnol (Argentine) par Laure Guille-Bataillon.

 

9782080646576

^

L'Ancêtre
Juan José Saer, Flammarion, 1987

14.94
Indisponible

Parce que dès l'enfance il est fasciné par le monde des ports et les êtres qui le peuplent, vieux marins, prostituées, portefaix et autres personnages pittoresques, le narrateur, jeune adolescent, s'embarque en tant que mousse sur un navire. À la fois objet de convoitise, confident et protégé, il découvre la vie des hommes de la mer et l'étrange folie d'un capitaine solitaire et taciturne qui, alors qu'il tentait de faire la route des Indes, finit par conduire son expédition sur un rivage hostile, près d'un fleuve aux eaux douces et rougeâtre. L'équipage tout entier est tué tandis que, seul à être épargné, le jeune garçon est traité par une tribu d'anthropophages avec une surprenante déférence. Il y passera dix années de sa vie, tandis que de façon cyclique ces Indiens en apparence pudiques et obséquieux tombent dans un délire orgiaque et cèdent à la pratique de l'anthropophagie et deviennent, tout comme ils l'avaient fait pour les compagnons d'équipage de cet enfant, de morbides rôtisseurs. Ce «récit d'un abandonné», que le père Quesada qui recueille le jeune homme entreprend d'écrire, et que le garçon lui-même finira par représenter de ville en ville est au-delà des scènes cruelles rapportées dans le livre, le récit de la solitude, une réflexion sur l'isolement. C'est aussi, à l'image de l'œuvre toute entière de Saer, un livre empreint d'une force lyrique incontestable, celle qu'apporte une prose poétique au ton toujours juste et à la précision extrême. Mon objectif, a écrit Juan José Saer, est de combiner la rigueur formelle de la narration moderne avec l'intensité de la perception poétique du monde.

 

Traduit de l'espagnol (Argentine) par Laure Guille-Bataillon.

9782080649850

^

L'Anniversaire
Juan José Saer, Seuil, 1995

5.95
Epuisé

En la matinée du 23 octobre 1961 à Santa Fe (Argentine), entre dix et onze heures, Angel Leto et le Mathématicien traversent la rue San Martin, longue de 2000 mètres, obsédés par leur absence, la veille, à la soirée d'anniversaire du poète Washington. Chemin faisant, ils commentent le récit que leur en a fait Bouton, un de leurs amis, et rencontrent Tomatis, journaliste de son état, qui a assisté à l'événement et leur en donne une autre version. Par les témoignages successifs auxquels les protagonistes adhèrent plus ou moins et qu'ils modifient selon l'idée qu'ils se font de ces témoins dans le but de coller au plus près de ce qui s'est réellement passé et l'utilisation d'un narrateur pas tout à fait omniscient, Juan José Saer fait des rapports entre langage et réel le prinicipal sujet de son roman. « Entendons-nous bien : comme il est supposé que nous sommes d'accord sur le fait que, la plupart du temps, l'évidence s'allume et s'éteint vite un peu au-delà, ou en deçà si l'on préfère, de ce qu'on appelle les mots, comme il est supposé que depuis le début nous sommes d'accord sur toutes choses, disons-le une dernière fois, bien que ce soit toujours la même, et que ce soit bien clair : tout cela n'est qu'à peu près et si l'on veut, et après tout qu'est-ce que ça peut faire ! »

 

Traduction de l'espagnol (Argentine) par Laure Bataillon.

 

9782020254533

^

L'Occasion
Juan José Saer, Seuil, 1996

5.50

L'histoire de Bianco, alias A. Burton, contient l'esquisse de plusieurs vies : celle d'un télépathe du milieu du XIXe siècle célébré par l'Europe entière ; celle d'un fuyard qui fut la cible d'une étrange conspiration ; celle d'un espion ayant mis ses talents au service de l'armée prussienne ; celle d'un apatride venu en Argentine pour oublier et s'enrichir en accompagnant l'une des grandes migrations de l'époque ; celle, enfin, d'un homme amoureux. Un personnage solitaire et multiple.

 

Traduction de l'espagnol (Argentine) par Laure Bataillon.

9782020254526

^

L'Ineffaçable
Juan José Saer, Flammarion, 1994

19.82

Quarante-huit heures en compagnie de Carlos Tomatis, qui a été journaliste avant de sombrer dans une sévère dépression suite à la mort de sa mère.

«Je suis totalement sincère : que la terre soit sphérique ou plane, que l'homme descende du singe ou de l'écureuil canadien, que l'énergie se consume ou se conserve, que l'avenir de l'humanité soit encore en train de sauter dans mes testicules, que le monde tourne en feu ou en glace, tout cela me paraît un hasard pur et, à vrai dire je n'en ai littéralement rien à cirer, pour moi la lune pourrait se précipiter à l'instant même contre cette ridicule croûte desséchée à laquelle s'accrochent tant de reptiles sans savoir pourquoi, et la faire éclater en mille morceaux, je ne bougerais c'est plus que certain pas un cil pas un seul : ce n'est pas parce que l'univers a décidé d'être, et ensuite par caprice pur de ne pas être, ce qui par ailleurs est son problème et pas le mien, que je vais perdre les pédales et renoncer à mettre du fromage râpé dans la soupe, et pourtant malgré tout, le fait qu'une bétaillère ait passé sur le corps de Walter Bueno sur la route de Mar del Plata, même si plus d'un imbécile attribue l'événement à la divine providence, me rend ivre de fureur car cela me prive du plaisir de faire justice de mes propres mains.»

 

Traduction de l'espagnol (Argentine) par Claude Bleton.

9782080668042

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L'Enquête
Juan José Saer, Seuil, 2003

5.50

Pigeon Garay, personnage familier de l'œuvre de Juan José Saer, est de passage dans son Argentine natale après une longue absence. L'été touche à sa fin et la chaleur est accablante. Au cours d'un dîner, il raconte à deux de ses amis l'histoire d'un tueur en série qui, à Paris, dans le XIe arrondissement, assassine des petites vieilles dans le voisinage du commissariat spécialement mis en place pour l'enquête confiée au taciturne Morvan. Son récit est interrompu par la découverte d'un énigmatique manuscrit dans la région de Santa Fe. Étrange roman qui tend sans cesse vers le polar mais refuse de se soumettre à ses règles : la réalité est trop impalbable.

 

Traduit de l'espagnol (Argentine) par Philippe Bataillon.

 

9782020573863

^

Les Nuages
Juan José Saer, Seuil, 1999

18.75

Argentine, rives du Parana, 1804. La pampa s'étend, indifférente et vide, entre le petit bourg de Santa Fe et une maison de santé près de Buenos Aires, terme du voyage entrepris par cinq fous, un psychiatre, une escorte de soldats, un colporteur et trois putains. Trente ans après les faits, le médecin consigne dans un manuscrit son hallucinante traversée, mais c'est à Paris, sur l'écran de l'ordinateur de Pigeon, personnage central de l'œuvre de Saer, qu'apparaît, à près de deux siècles de distance, l'insolite épopée des fous de la pampa. Le premier est un mélancolique qui gît, immobile, le poing fermé, répétant les gestes de Zénon pour décrire les chemins de la connaissance ; le deuxième, une nonne nymphomane qui met en pratique, avec les soldats, sa mystique très personnelle de l'union de l'amour divin et de l'amour humain ; le troisième est un dandy maniaque et les deux derniers souffrent de délire linguistique. Menacée par les inondations du Paraña, poursuivie par un cacique sanguinaire, la caravane des fous s'enfonce dans l'espace sans fin de la plaine, où la réalité se confond avec le délire et où la folie de chacun s'affronte à l'objectivité du monde. Suspense, aventure, personnages ciselés dans l'épaisseur de la matière humaine, ce roman aux accents voltairiens, qui s'appuie sur la dimension métaphysique et l'intensité poétique de l'espace et du temps, confirme, une fois encore, Juan José Saer comme l'un des grands écrivains de notre époque.

 

Traduction de l'espagnol (Argentine) par Philippe Bataillon.

9782020334983

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Quelque chose approche et autres récits
Juan José Saer, Flammarion, 1999

21.34
Indisponible

Ce livre, composé de cinq récits de jeunesse écrits entre 22 et 26 ans, porte en germe l'œuvre future : la ville de Santa Fe et les jeunes gens de sa génération qui comme lui sont appelés à mûrir dans l'œuvre romanesque à venir. Quelque chose approche... et si c'était un grand écrivain ?

 

Traduction de l'espagnol (Argentine) par Philippe Bataillon.

9782080660787

^

Lieu
Juan José Saer, Seuil, 2003

20.00

Ces vingt et un récits se déroulent à Vienne, à Paris, en Argentine, sur la Costa Brava, au Caire, à Madrid, aux deux extrémités d'une ligne de téléphone. Ils mettent en scène des personnages insolites : un vieux Juif athée et matérialiste, un astronaute blasé, deux balayeurs des rues africains discutant place Vendôme, le fantôme d'Hélène sur les murailles de Troie, un Sherlock Holmes ayant survécu jusqu'au milieu du XXe siècle et des figures déjà rencontrées dans l'oeuvre de Saer : Tomatis, Pigeon Garay, Barco, le Mathématicien...

Le lieu présent dans tous ces textes tantôt drôles ou tendres, tantôt frôlant le conte philosophique ou le rêve, est l'univers unique et mystérieux dans lequel nous vivons, en même temps que l'espace imaginaire, variable à l'infini, grâce auquel chacun de nous construit sa propre représentation du monde.

 

Traduction de l'espagnol (Argentine) par Philippe Bataillon.

9782020516310

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Grande fugue
Juan José Saer, Seuil, 2007

25.00

Traduit de l'espagnol par (Argentine) Philippe Bataillon

 

Parti du jour au lendemain de Santa Fé, Gutiérrez revient dans la ville de sa jeunesse après avoir vécu de nombreuses années en Europe. Il s'achète une maison et fait la connaissance de Nula, philosophe amateur et marchand de vin, de trente ans son cadet. Entre eux une amitié se noue.

 

Chacun à sa manière cherche à revisiter le passé : Gutiérrez voudrait retrouver le monde de sa jeunesse, Nula cherche à comprendre un épisode trouble et opaque qui a eu lieu cinq ans auparavant et auquel est mêlée Lucía, la fille de Gutiérrez. À leurs côtés, Gabriela et Soldi, qui font des recherches sur un mouvement littéraire provincial des années cinquante, le précisionnisme, ainsi que les personnages des autres romans de Juan José Saer. (site de l'éditeur)

9782020861113

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