Sebald, Winfried Georg

Prématurément disparu en décembre 2001, W. G. Sebald nous a laissé une œuvre étrange, novatrice, que chaque année qui passe rend plus actuelle et plus juste. En seulement six livres, il a pris une place de référence dans la littérature mondiale en faisant éclater toutes les frontières, qu'elles soient de langue, de géographie ou de genre.
Une écriture précise et toujours urgente sert parfaitement son propos qui est de faire remonter les voix disparues, de nous faire toucher la matérialité de la mémoire, mais en même temps son impossible exercice dans une temporalité destructrice, dans une histoire humaine qui va de catastrophe en catastrophe jusqu'à un anéantissement qu'il tient pour de plus en plus probable.
Les chapitres de ce dossier
- Sous le signe de l'errance
Cette existence malheureusement trop courte prend tout son sens au reflet de l'œuvre tellement nécessaire qu'elle a eu tout juste le temps d'imprégner de son erratique parcours. Sebald avait en tout tourné le dos à l'Allemagne, ne gardant que sa langue comme une ultime et fragile possibilité de racheter l'horreur de son histoire.


