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Les chapitres de ce dossier :

Principales maisons d’édition en exercice en 1945

Albin Michel ; Aubier ; Beauchesne ; Belin ; Calmann-Lévy ; Le Centurion, fondé en 1945 ; Le Cerf ; Charlot ; Le Chêne ; Armand Colin ; José Corti ; Dalloz ; Denoël ; Desclée De Brouwer ; Les Editions Sociales, redémarrant sous cette raison sociale en 45 ; Eyrolles ; Fayard ; Flammarion ; France-Empire, créé en avril 45 ; Gallimard ; Grasset ; Hachette ; Hatier ; Hazan, créé en 45 ; Hermann ; Julliard ; Laffont ; Larousse ; Magnard ; Mercure de France ; Minuit, qui sortent de la clandestinité sous la forme d’une S.A le 15 octobre 1945 ; Nathan ; Payot ; Le Père Castor-Flammarion ; Perrin ; Plon ; PUF ; Presses de la Cité ; Privat ; Rageot ; Le Rocher ; Le Sagittaire ; Seuil ; Somogy ; Stock ; La Table Ronde ; Tallandier ; Vrin.

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1945, au jour le jour

- 26 janvier : création de la collection « Pavillons » (direction : Armand Pierhal) chez Robert Laffont, lequel a très tôt conscience des possibilités d’expansion qu’offre, pour une jeune maison, le domaine de la littérature étrangère : y seront publiés Graham Greene dès 47, avec Le Rocher de Brighton ; Ce que savait Maisie d’Henry James (traduction : Marguerite Yourcenar) ; ou encore Retour à Brideshead, d’Evelyn Waugh. Plus tard encore, Buzzati ou Salinger.

- 26 janvier : création de la collection « Les cinq continents » aux éd. Edmond Charlot (direction : Philippe Soupault, qui y accueillera Moravia ou Koestler).

- 3 avril : Constitution des Editions de La Table Ronde (ex-Editions du Centre Communautaire fondées en 1941), dirigées par Roland Laudenbach, neveu de Pierre Fresnay, dans la mouvance de la droite intellectuelle, et dont le premier vivier d’auteurs sera celui des proscrits des « listes noires » : Montherlant, ou encore le Giono d’Un roi sans divertissement. Elle commence en lançant une collection de luxe, ‘Le choix’, à tirage limité, où les auteurs peuvent être publiés sans rompre avec leurs éditeurs habituels (pratique contestée par les autres éditeurs). Ainsi, dès 45, François Mauriac inaugure la collection par Rencontre avec Barrès…

- 5 avril : Reparution des Nouvelles Littéraires chez Larousse.

- 21 mai : Création, sous ce nouveau sigle abrégé, des Editions Sociales (communistes).

 

- 21 mai : Les Editions du Sagittaire (Breton, Cassou, Eluard, Schlumberger, Roger Stéphane, Vaillant…), repliées en zone sud pendant l’Occupation, reprennent leurs activités à Paris.

- 12 juin : Arrêté stipulant la suppression de la censure de guerre et donc du « contrôle préalable des livres » (sera effective à partir du 8 septembre).

- 18 août : Création de la Direction des Bibliothèques de France et de la lecture publique auprès du ministre de l’Education nationale.

- 30 août : création de la collection « Série Noire » chez Gallimard, qui ajoute au talent de Peter Cheyney (La Môme Vert-de-gris), de James Hadley Chase (Pas d’orchidées pour miss Blandish), de Raymond Chandler ou de Chester Himes, la drôlerie de la traduction de son directeur jusqu’en 77, Marcel Duhamel. D’abord dédiée au roman noir anglo-saxon, elle s’ouvre seulement à partir de 1953 aux auteurs français.

- 29 octobre : parution du N°1 de la revue Les Temps modernes, qui établit définitivement Sartre dans sa position de chef d’école… Au sommaire de ce premier numéro : Présentation, par Jean-Paul Sartre (repris in Situations II, Qu’est-ce que la littérature ?, Folio-Essais n°19, 1985, 6,60 €) ; Le feu dans la nuée, Richard Wright ; La guerre a eu lieu, Maurice Merleau-Ponty ; Notes premières de l’homme, Francis Ponge ; Les désillusions de la liberté, Raymond Aron.

- 29 octobre : création de la collection « Pierres Vives » aux Editions du Seuil, qui publie notamment le classique de Maurice Nadeau sur l’histoire du surréalisme. Seront aussi créées les coll. « La sphère et la croix », de Jean Daniélou, et « Mises en scène » de Pierre-Aimé Touchard. Enfin et surtout, ce même jour, création de la collection « Esprit » aux Editions du Seuil (direction : Emmanuel Mounier) suite à l’accord conclu par Paul Flamand (un des deux repreneurs du Seuil d’origine avec Jean Bardet) pendant la guerre avec Emmanuel Mounier, directeur de la revue Esprit fondée en 1932 : à la Libération, le Seuil connaît une seconde naissance puisque la collection Esprit (romans et essais) devient le noyau éditorial de l’entreprise. Le 1er octobre, les Editions du Seuil s’étaient installées au 27, rue Jacob, à Paris 6°. Elles y sont toujours…

- 2 novembre : ordonnance créant les bibliothèques centrales de prêt des départements.

- 2 décembre : assassinat de l’éditeur Robert Denoël, jamais élucidé.

 

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Autres événements, en vrac

- Printemps : malgré pénurie de papier, paraît la revue Fontaine, dont certains numéros spéciaux seront très remarqués : ainsi « Ecrivains et poètes des Etats-Unis », « Aspects de la littérature anglaise (1918-1943) ». Paraît devoir occuper place laissée vacante par la NRF interdite. Début 45, association avec Minuit (mais s’interrompt vite).

- Le premier livre publié au grand jour chez Minuit est, en avril, un Historique des Editions de Minuit (Vercors & de Lescure), par Jacques Debû-Bridel. En septembre, est créée une collection « L’honneur des poètes », dirigée par Paul Eluard, où seront notamment publiés Desnos et Guillevic. Georges Lambrichs, écrivain, ami de Jean Paulhan, entre comme lecteur aux Editions de Minuit.

- Novembre : René Julliard rachète aux éditions Charlot, pour une somme forfaitaire, les droits de L’Armée des ombres, de Joseph Kessel, l’une des meilleures ventes de la « littérature de guerre ».

- Le premier club de livres, le Book of the month Club, apparu aux USA en 1926, a prospéré rapidement puisqu’il y compte, en 1945, 767 000 membres. En France, le Club français du livre naîtra en 1947…

- En 45, création aux PUF de la collection « Colonies et empire », qui marque un premier renversement historiographique de l’histoire coloniale (ce sera ensuite « Pays d’outremer », en 1950).

- Création aux Editions Sociales des « Classiques du peuple », collection de textes littéraires et philosophiques (Marx…) au format poche, dans la mouvance de la « Bataille du livre », initiative du PCF de promouvoir le livre et la lecture, et animée par le couple Aragon-Triolet.

- En 1945, Charles Flammarion décide de lancer une maison d’édition médicale et scientifique. Juste retour des choses pour une société dont l’un des tout premiers succès fut en 1879 un ouvrage de vulgarisation scientifique, L’Astronomie populaire, écrit par Camille Flammarion, frère ainé d’Ernest, et écoulé en quelques mois à 100 000 exemplaires ? Mais cette nouvelle collection s’adresse cette fois plutôt aux spécialistes, et est dirigée par le petit-fils de Louis Pasteur et le Pr. Jean Hamburger, qui signe en 45 la Petite Encyclopédie médicale, grand classique du genre.

 

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Autres retombées de la guerre sur l’édition

- 3 janvier 1945 : Albert Lejeune, qui était devenu l’un des actionnaires des Editions Calmann-Lévy aryanisées sous l’Occupation, est fusillé. Et le 14 novembre : Le Tribunal civil de la Seine prononce la nullité de la vente des Editions Calmann-Lévy pendant l’Occupation qui avait été réalisée en application des ordonnances sur la spoliation des biens juifs.

- 2 février : création de la Commission consultative d’épuration de l’édition.

- Février : Robert Brasillach est fusillé. Des poèmes de lui écrits en prison, Barreaux, paraissent en septembre sous le pseudonyme de Robert Chénier, aux « Editions de Minuit et demi » (naturellement fictives !). Cette édition clandestine a un public – les 300 premiers exemplaires de la réédition de Barreaux s’enlèvent en 15 jours et suscitent de nombreuses contrefaçons !

 

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