Les chapitres de ce dossier :
- Littérature d'expression française
- Romans traduits
Les voix étrangères se font ténébreuses aussi, cette année-là, ou alors rugissantes : on presse Les raisins de la colère de Steinbeck, et Thomas Mann (qui publie aussi en 47 son Dr Faustus) dépeint La mort à Venise. Sans compter Henry James, Graham Greene, Evelyn Waugh ou Richard Wright… Surtout, l’an de grâce 1947 donne son nom, outre-Rhin, à un groupe littéraire mythique, grâce auquel l’Allemagne fédérale renaît de ses cendres, et où s’illustrent notamment deux futurs prix Nobel de littérature : Heinrich Böll et Günther Grass, membres du bien nommé « Groupe 47 ».
- Essais
- Vie du livre : l'édition et la librairie en 1947
- Back-ground social & culturel
Listing : principaux romans traduits en 1947
<DEBUT_TITRE>Erskine Caldwell <FIN_TITRE>Bagarre de juillet, Gallimard, trad. anglais Jean-Albert Bédé<FIN_TABLE>
<DEBUT_TITRE>Henry James <FIN_TITRE>Ce que savait Maisie, trad. anglais Marguerite Yourcenar, Robert Laffont, coll « Pavillons<FIN_TABLE>
<DEBUT_TITRE>Graham Greene <FIN_TITRE>Le Rocher de Brighton, trad. anglais, Robert Laffont, coll. « Pavillons <FIN_TABLE>
<DEBUT_TITRE>Thomas Mann <FIN_TITRE>La mort à Venise, trad. allemand Philippe Jaccottet, Mermod<FIN_TABLE>
<DEBUT_TITRE>Anna Seghers <FIN_TITRE>La septième croix, Gallimard, coll. Blanche, trad. allemand F. Delmas<FIN_TABLE>
<DEBUT_TITRE>John Steinbeck <FIN_TITRE>Les raisins de la colère, Gallimard, coll. Du monde entier, trad. Marcel Duhamel & Maurice-Edgar Coindreau<FIN_TABLE>
<DEBUT_TITRE>Evelyn Waugh <FIN_TITRE>Retour à Brideshead, trad. anglais, Robert Laffont, coll « Pavillons »<FIN_TABLE>
<DEBUT_TITRE>Richard Wright <FIN_TITRE>Black Boy, jeunesse noire, trad. US Marcel Duhamel & Andrée R.Picard, Gall. Coll Blanche<FIN_TABLE>
| Ce que savait Maisie Henry James, 10/18, 2004 |
7.40 € | |
Ce que savait Maisie est le roman tout en finesse d'une enfant écartelée entre ses deux parents à la suite d'un divorce. Très vite, Maisie devient l'enjeu d'une lutte féroce entre les ex-conjoints. Les séjours alternés de la petite fille chez l'un ou l'autre ne sont jamais que l'occasion de réactiver les vieilles querelles. Laissée pour compte, oubliée de ceux qui l'ont mise au monde, Maisie se rapproche de ses gouvernantes. L'une d'elles s'arrange pour épouser son père, l'autre fait de son mieux pour faire oublier à l'enfant le manque de soin d'une mère dénaturée. Et lorsque celle-ci se remarie à son tour, Maisie a tôt fait de trouver en son beau-père un nouvel allié. Au fil du temps, elle devient de plus en plus la fille de ses beaux-parents, qui finissent eux-mêmes par se rapprocher l'un de l'autre... pour l'amour de Maisie. Trad. anglais Marguerite Yourcenar. |
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9782264038517
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| Rocher de Brighton Graham Greene, 10/18, 2002 |
9.30 €
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A Brighton, Hale était employé par un journal pour faire participer les lecteurs à un concours. Il a été tué par Pinkie, un tueur à gages ado à la tête d'une des bandes organisées de la ville, mais tout a été fait pour que la mort paraisse accidentelle. "Depuis le berceau, l'enfer était autour de lui." Pinkie, le Gamin, à peine 17 ans, est devenu le Mal personnifié. Même ses élans de pureté - enfant il voulait être prêtre - le rendent plus mauvais encore. Chef de bande, son esprit de domination et de cruauté va le pousser aux pires extrémités. L'amour sans limites de Rose ne pourra pas infléchir le cours de ce destin tragique. Comme La Puissance et la Gloire, L'Agent secret, Le Facteur humain, Rocher de Brighton forme un récit parfait où toutes les péripéties s'engrènent les unes dans les autres avec une implacable rigueur.
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9782264033925
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| La mort à Venise Thomas Mann, LGF, 2004 |
3.50 € | |
La mort à Venise est le récit de la passion folle et fatale qui saisit un écrivain d'âge mûr à l'apparition d'un gracieux adolescent d'une extraordinaire beauté. C'est peut-être dans ses nouvelles que Thomas Mann, le plus célèbre écrivain allemand de ce siècle, a mis le meilleur de sa verve ironique et de sa sensibilité musicale, de son émotion discrète et dominée, qui se drape volontiers d'un sarcasme. Il y évoque ses thèmes préférés : le dilemme entre l'art et la vie (faut-il étouffer ses dons d'artiste, ou mourir de son art ?) ; les rapports entre la bourgeoisie et l'artiste marginalisé. Traduit de l'allemand par Félix Bertaux, Charles Sigwalt & Axel Nesme. |
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9782253006459
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| Les raisins de la colère John Steinbeck, Folio n°83, 1982 |
8.00 € | |
"Le soleil se leva derrière eux, et alors... brusquement, ils découvrirent à leurs pieds l'immense vallée. Al freina violemment et s'arrêta en plein milieu de la route. - Nom de Dieu ! Regardez ! s'écria-t-il. Les vignobles, les vergers, la grande vallée plate, verte et resplendissante, les longues files d'arbres fruitiers et les fermes. Et Pa dit : - Dieu tout-puissant !... J'aurais jamais cru que ça pouvait exister, un pays aussi beau." Un des classiques, poignants, de la littérature américaine du XX° siècle. |
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9782070360833
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| Retour à Brideshead Evelyn Waugh, Robert Laffont, 2005 |
10.90 € | |
Après Margaret Atwood, Mikhaïl Boulgakov, E. L. Doctorow et Pa Kin, deux grands auteurs anglo-saxons rejoignent la collection "Bibliothèque Pavillons" : Evelyn Waugh et Richard Yates. En janvier 2005, à l'occasion des 60 ans de la prestigieuse collection "Pavillons" chez Robert Laffont, "Bibliothèque Pavillons" a vu le jour. Cette nouvelle collection en format poche et à prix "doux" se propose de rééditer certains ouvrages du fonds "Pavillons" devenus rares, voire introuvables. Invité à Brideshead, la magnifique demeure familiale de son ami Sebastian, le jeune Charles Ryder, étudiant à Oxford, découvre les moeurs et l'art de vivre de l'aristocratie anglaise. Une grande fresque se déroulant pendant les années folles et mettant en scène des personnages excentriques, l'art de la raillerie et la défense d'un ordre suranné. Ce «retour au pays natal» auquel l'auteur du fameux Cher Disparu nous convie, c'est un voyage au coeur d'un monde en voie de disparition que l'auteur pleure et nous invite à regretter avec lui. Passéisme peut-être, mais sans mélancolie. On retrouve ici comme dans toutes les autres oeuvres d'Evelyn Waugh l'univers excentrique malicieux et enjoué qui a fait de cet auteur l'un des précurseurs des "jeunes gens en colère" qui ont révolutionné après guerre le monde des lettres anglaises.
Trad. anglais Georges Belmont. |
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9782221103838
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| Black boy : jeunesse noire Richard Wright, Folio n°965, 1977 |
6.80 € | |
Qu'est-ce qu'il a en lui, papa ? demandai-je. - Un peu de blanc, un peu de rouge et un peu de noir. - Indien, blanc et nègre ? - Oui. - Alors qu'est-ce que je suis ? - Quand tu seras grand, on dira de toi que tu es un homme de couleur, répondit-elle. Ensuite, se tournant vers moi avec un sourire moqueur, elle demanda : - Vous n'y voyez pas d'inconvénient, Monsieur Wright ? Un jeune garcon, abandonné par son père, séparé de son frère, vit dans une maison qu'il méprise. Aux yeux de sa famille, très chrétienne (ce qui l'ennuie), il est mort et son âme est perdue. Lorsqu'il se rend compte de la ségrégation raciale qui touche particulièrement le Mississippi où il habite, il refuse de soumettre et se réfugie dans la littérature.
Trad. anglais Georges Belmont.
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9782070369652
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Divers
[ Ci-dessus caricature de Günther Grass, du « Groupe 47 » ]
- Aux USA, sortie de J’ai choisi la liberté, de Kravchenko.
- En Angleterre, la pièce d’Erskine Caldwell La Route du tabac est interdite par la censure. Et l’anglais Malcolm Lowry fait paraître Au dessous du volcan.
- A la Table Ronde, en 1947, 1ère traduction de textes d’Ernst Jünger.
- En Allemagne, sortie de Docteur Faustus, de Thomas Mann.
- Allemagne, encore : en septembre 1947, un petit groupe d’hommes de lettres et de journalistes entourant Toni et Hans Werner Richter se réunit dans l’Allgäu pour fonder une revue littéraire et démocratique, bientôt interdite. Mais cette rencontre allait donner naissance au groupe le plus important et le plus influent en matière de politique littéraire dans la littérature allemande de l’après-guerre. 1 ou 2 fois par an, ils se rencontraient à huis clos à différents endroits et siégeaient en séminaires. Lors de ces rencontres, des collègues lisaient alors à d’autres collègues des extraits de leurs propres manuscrits et les exposaient à la critique. Cette critique pouvait être très violente, parfois même anéantissante, et, pour certains, une carrière d’écrivain s’est terminée ici avant même d’avoir commencé. Lors de ses séminaires, le groupe décerna régulièrement, de 1950 à 1955, et, plus tard, sporadiquement, son propre prix littéraire. Avec un prix doté d’une somme d’argent récoltée parmi ses pairs. Dans leur majorité, les écrivains étaient plutôt démunis et acceptaient ce prix avec gratitude.
Les sessions du GROUPE 47 (Die Gruppe 47) accompagnèrent les années de reconstruction de la République fédérale. Les auteurs et leurs amis qui fondèrent le groupe en 1947 étaient eux aussi marqués du sceau des événements de la guerre. C’est pourquoi, au sein du groupe, on ne parlait pas toujours uniquement de littérature, mais aussi des expériences de la vie quotidienne. Beaucoup de ses membres, parmi lesquels de nombreux auteurs très réputés à cette époque, s'érigeaient en moralistes. Leurs représentants assurément les plus célèbres, Heinrich Böll et Günther Grass, reçurent le prix Nobel de littérature respectivement en 1972 et 1999. Outre ces auteurs, il y en a eu bien d'autres qui, moins enclins à interpréter la réalité sociale, préférèrent la décrire sans émotions : Jürgen Becker, Rolf Dieter Brinkmann, Alexander Kluge et Dieter Wellershoff. La poésie concrète (Max Bense, Eugen Gomringer, Helmut Heissenbüttel, Franz Mon), elle, prenait le contre-pied de ces courants en faisant abstraction du substantiel.
La littérature du Groupe 47 devint rapidement représentative, à l’étranger aussi, de la nouvelle Allemagne démocratique, et des sessions du groupe eurent lieu en Suède et aux Etats-Unis.
Le Groupe 47 se réunit pour la dernière fois en 1967.









