Les chapitres de ce dossier :
- Littérature française
Pas sûr que l’année 1972, si fertile par ailleurs en essais brillants, reste le plus grand cru du siècle dans les lettres françaises… Rien à se mettre sous la dent, vraiment ? « Nada » - comme dit Manchette, inventeur du néo-polar ? Ce serait caricatural et injuste : relisons au contraire aujourd'hui les deux grands « livres illustrés » signés Bonnefoy et Michaux, parus cette année-là chez Skira ! Le Goncourt 72 est aussi de bonne facture : "L’Epervier de Maheux" reste un beau drame métaphysico-paysan de Jean Carrière. Quant au renouvellement formel de l’écriture française, Denis Roche ou le poète Claude Royer-Journoud s'en chargent. Bref, de quoi glaner « Choses et autres » - c’est le titre du dernier recueil publié par Prévert, justement en 72.
- Littérature traduite
- Essais et documents
- La vie de l’édition
- Dans l'air du temps
Echantillons : relire quelques romans de 1972
| Le Régiment noir Henry Bauchau, J'ai lu n°7867, 2006 |
8.30 € | |
Le narrateur, Pierre, jeune homme exalté, révolté par l'opposition de ses parents à sa vocation d'officier, s'invente un père mythique, quitte la France et s'embarque pour s'engager dans l'armée nordiste pendant la guerre de Sécession. Il rencontre Johnson, esclave en fuite, et forme le Régiment noir. Spectateurs de la naissance des États-Unis, ils traverseront ensemble cette aventure collective. Au-delà des somptueux panoramiques de batailles, ce grand "western de l'inconscient" frappe surtout par sa dimension initiatique où domine la sagesse de la nature, et par la mise en place d'une épopée intérieure. Aventure et histoire, psychanalyse et méditation composent un roman complexe et haletant au cours duquel le narrateur se cherche et se trouve. Henry Bauchau, poète, essayiste et romancier, a publié plus d'une vingtaine d'ouvrages, dont Oedipe sur la route et Antigone. Nouvelle édition revue par l'auteur en 2000 avec la collaboration de Françoise Munoz.
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9782290323984
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L'Arrière-pays Yves Bonnefoy, Poésie-Gallimard n°322, 1998 |
8.50 €
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C'est un merveilleux livre d'images et sur les images, leur nature et leur fonction. Dans ce texte écrit à la 1ère personne, Yves Bonnefoy prend en écharpe sa vie, ses lectures, ses rencontres. C'est ainsi qu'il revisite son inquiétude du « vrai lieu » - ce rêve d'un arrière-pays, d'un ailleurs de plénitude où l'on serait comme chez soi, où « personne n'y marcherait comme sur terre étrangère » selon les mots du philosophe grec Plotin mis en exergue par Yves Bonnefoy - remettant ses pas dans ceux qui l'avaient amené à éprouver ce « désir d'être » qui comblerait tout manque, désir d'ultimité. Mais ce serait là s'enfermer dans le rêve, la « mauvaise présence » et se débarrasser trop vite et comme frauduleusement de ce qui est, cette réalité rugueuse à étreindre dont parlait Arthur Rimbaud. À la barre, le passeur sait devoir mettre cap sur l'ici où l'homme vit, de tous ses feux, provisoires et fragiles... Terre brève, terre éclairée. Les poèmes sont « terre seconde ». Ils sont comme les œuvres des peintres aimés - Piero della Francesca, Bellini, Botticelli ou Poussin : en eux, l'art n'est pas séparé du monde. On s'y montre toujours attentif à l'incarnation, à la finitude. D'où la leçon de sagesse d'Yves Bonnefoy, « le grand art » qu'il définit ainsi : « C'est de ne pas oublier l'ici dans l'ailleurs : le temps, l'humble temps du vécu d'ici, parmi les illusions de là-bascette ombre d'intempore On retrouve dans cette édition la riche iconographie initiale des éditions Skira en 72 (collection «Les sentiers de la création» ) augmentée d'un texte inédit donné par Bonnefoy en 2004 dans l'édition italienne. ,
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9782070403820
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| La mort de la bien-aimée Marc Bernard, L'imaginaire-Gallimard n°142, 1984 |
6.10 € | |
Ce récit de l'écrivain Marc Bernard est écrit après la mort de sa femme Else, émigrée juive autrichienne épousée en 1940 et qui présente un mélanome de l'œil puis, 7 ans plus tard, des métastases dans le foie. Il revient sur leur existence antérieure, exalte leur union, détaille les points forts du sursis de quelques mois accordé à leur amour. L'état de la malade commence à se dégrader, elle se tient à l'écart ; pourtant les semaines qui passent et vont être les dernières prennent une tragique intensité : « un goût de miel et de fiel si bien fondu que je ne sais encore aujourd'hui lequel l'emporte ». Le temps a désormais « un autre cours » : « ce n'est pas la mort qui nous étonne soudain ; c'est la vie, qui nous semble l'exception, le miracle ». Après le décès de sa compagne, il connaît un profond désarroi, rêve à elle et fait difficilement un travail de deuil qu'aide la composition de ce livre où il retient le passé et s'adapte à sa nouvelle solitude. Né à Nîmes en 1900 dans un milieu très pauvre, Marc Bernard quitte l'école à 12 ans pour devenir garçon de course puis ouvrier fraiseur. Autodidacte, il est remarqué par Henri Barbusse et devient grâce à lui critique littéraire au journal Le Monde. Il se consacre alors au journalisme et fonde en 1932 "Le groupe des écrivains prolétariens". Fidèle à ses origines ouvrières et à sa région natale, ami aussi bien de Dabit que de Chardonne, Paulhan, Arland, ou encore Calet, Marc Bernard ne cessa d'écrire en homme libre jusqu'à sa mort en 1983. Ecrivain méconnu aujourd'hui, il obtint pourtant le prix Interallié pour Anny en 1934 et le prix Goncourt pour Pareil à des enfants en 1942.
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9782070702275
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| L'Epervier de Maheux Jean Carrière, Robert Laffont, 2002 |
21.00 € | |
Dans le haut pays des Cévennes, Abel Reilhan livre un combat permanent contre la nature aride et provocatrice qui se joue de lui. « Je suis toujours un peu gêné de présenter moi-même les livres que j'ai écrits. En ce qui concerne L'Epervier..., j'ai été pendant près d'un an sous l'emprise de la mort, du néant et de l'absence de Dieu. Il faut préciser que je ne suis ni Cévenol ni protestant. Ceci dit, cela ne m'a pas empêché d'être envoûté par l'atmosphère à la fois biblique et quasi préhistorique de ce pays qui est probablement le plus pauvre de France. Bien entendu, il n'était nullement dans mes intentions d'écrire un drame paysan, mais une tragédie métaphysique, précision qui a beaucoup plus d'impact dans les 25 pays où le livre a été traduit que dans notre hexagone élégant, où province est synonyme de terre labourée » (Jean Carrière). Ce livre brutal, noir, mortifère a tiré à plus de 2 millions d'exemplaires en France. Prix Goncourt 1972.
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9782221096130
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| Europa Romain Gary, Gallimard, 1999 |
8.00 € | |
Dans ce roman étrange et fascinant, chaque personnage est peut-être le fruit du délire des autres. Mais qui rêve qui ? Il y a Jean Danthès, ambassadeur de France à Rome, inconsolable de la disparition et de l'avilissement de l'Europe, la vraie, celle du XVIIIe siècle, l'Europe des Lumières. Il y a Malwina von Leyden, aventurière de classe et magicienne, qui promène à travers les siècles sa distinction de maquerelle viennoise. Malwina prétend avoir connu les Médicis, Louis II de Bavière, Nostradamus, Leibniz et Choderlos de Laclos ! Il y a le comte d'Alvilla, vieux bandit, et le baron von Putz zu Sterne, un peu fantôme, image dérisoire du Destin... Quelles machinations ces personnages surgis de quelque palais baroque où l'Histoire les tenait en réserve vont-ils perpétrer contre le trop idéaliste et romantique ambassadeur Jean Danthès ? Jusqu'à la dernière ligne, ce roman envoûtant comme un sortilège nous pose ses énigmes et nous invite à méditer sur le passé, le présent et l'avenir de l'Europe. Précédé de « Note pour l'édition américaine d'Europa ».
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9782070410965
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| Sol absolu et autres textes Lorand Gaspar, Gallimard, 1997 |
7.90 € | |
Un livre comme Sol absolu témoigne de l'intérêt passionné du poète pour le monde minéral. Lorand Gaspar n'envisage pas le désert comme un lieu stérile mais comme un lieu de vie. En prêtant attention aux insectes, aux reptiles, aux coutumes des Bédouins, à la Judée, aux jeux de la lumière sur les formes géologiques, il interroge le paysage et attend du poème qu'il délivre une parole aussi vraie, aussi essentielle, aussi nue. |
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9782070322299
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| Nada Jean-Patrick Manchette, Gallimard, 1999 |
4.50 € | |
« Comme le dit très justement le gendarme Poustacrouille, qui participa à la tuerie finale, "tendre la joue c'est bien joli", mais que faire quand on a en face de soi "des gens qui veulent tout détruire" ? On crache sur le pays, la famille, l'autorité, non mais des fois ! Quelle engeance, ces anars ! Et quelle idée aussi de croire qu'on va tout révolutionner en enlevant l'ambassadeur des Etats-Unis à Paris ! » C'est en 1971 que Jean-Patrick Manchette apparaît au catalogue de la Série Noire. D'abord en compagnie de Jean-Pierre Bastid pour un roman à quatre mains (intitulé Laissez bronzer les cadavres) puis seul avec L'Affaire N'Gustro (lisez : Ben Barka !) considéré a posteriori et à tort par la critique comme le manifeste d'une nouvelle école du roman noir français, dite du néo-polar, comme il l'a lui-même appelée - mais de manière non apologétique. D'ailleurs, au moment de sa parution, l'ouvrage ne déclenche pas l'émeute... Cela donne du temps à Manchette pour forcir le trait et publier en 72 coup sur coup Ô dingos, Ô châteaux ! (devenu au cinéma Folle à tuer d'Yves Boisset) et surtout cette envolée « nihiliste » qu'est Nada, lequel va littéralement crever l'écran critique et lectoral.
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9782070410545
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| Malevil Robert Merle, Gallimard, 1983 |
9.00 € | |
Publié en 1972, Malevil est une sorte de roman d'anticipation au sens où l'action est projetée en 1977. Malevil existe. C'est un château du Moyen Âge en ruine, dans le Périgord, auquel Robert Merle redonne vie par la pensée pour le projeter dans un futur proche : une guerre atomique dévaste la planète, et dans la France détruite un groupe de survivants s'organise en communauté sédentaire derrière les remparts d'une forteresse. Le groupe arrivera-t-il à surmonter les dangers qui naissent chaque jour de sa situation, de l'indiscipline de ses membres, de leurs différences idéologiques, et surtout des bandes armées qui convoitent leurs réserves et leur « nid crénelé » ? |
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9782070374441
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| Les boulevards de ceinture Patrick Modiano, Gallimard, 1978 |
4.90 € | |
A l'âge de 17 ans, le narrateur part à la recherche de son père. Le voici dans un village de Seine-et-Marne, en bordure de la forêt de Fontainebleau, du temps de l'Occupation, au milieu d'individus troubles. Qui est ce père ? Un pseudo-baron ? un trafiquant de diamant rose ? Un Juif traqué et de plus en plus gravement malmené ? Pourquoi se trouve-t-il parmi ces gens ? Jusqu'au bout le narrateur poursuivra ce père fantomatique. Avec tendresse |
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9782070370337
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| Choses et autres Jacques Prévert, Gallimard, 1975 |
4.90 € | |
1906, Neuilly-sur-Seine. Souvent, au Bois, un cerf traversait une allée. Un peu partout, les gens mangeaient, buvaient prenaient le café. Un ivrogne passait et hurlait : « Dépêchez-vous ! Mangez sur l'herbe, un jour ou l'autre, l'herbe mangera sur vous ! » « Embauché malgré moi dans l'usine à idées / J'ai refusé de pointer / Mobilisé de même dans l'armée des idées / J'ai déserté », écrira cet électron libre qu'était Prévert dans Choses et autres, son dernier recueil publié (1972). |
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9782070366460
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Emergences-résurgences Henry Michaux, Skira, 1993 |
6.10 €
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A partir de la fin des années 40, Michaux trouve dans la peinture un nouvel espace de combat et d"'affrontements". Les mots en disent trop car ils en savent trop. Ils collent, ils gênent, ils alourdissent. Michaux, dans les gestes de la peinture, s'allège alors des règles logiques de la syntaxe, s'allège de la "glu" du langage pour parvenir à exprimer "la Vie dans les plis". C'est le cas de ce livre illustré de 1972. Extrayons-en ces deux citations, qui disent l'esprit de l'entreprise : « Je lance l'eau à l'assaut des pigments, qui se défont, se contredisent, s'intensifient ou tournent en leur contraire, bafouant les formes et les lignes esquissées, et cette destruction, moquerie de toute fixité, de tout dessin, est soeur et frère de mon état qui ne voit plus rien tenir debout. » Et plus loin : « si je tiens à aller par des traits plutôt que par des mots, c'est toujours pour entrer en relation avec ce que j'ai de plus précieux, de plus vrai, de plus replié, de plus " mien" ».
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Hélas EPUISE dans cette collection : à retrouver in Œuvres complètes, tome III, Pléiade, 2004, 76,50 €, édition de Raymond Bellour & Ysé Tran, avec la collaboration de Mireille Cardot. |
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9782605002542
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Inventaire : principales oeuvres littéraires parues en 1972
[ Henry de Montherlant (1895-1972) ]
<DEBUT_TITRE>Henry Bauchau
<FIN_TITRE>- Le Régiment noir, Gallimard<LIGNE>- Célébration (poèmes), éd. L’Aire<FIN_TABLE>
<DEBUT_TITRE>Marc Bernard <FIN_TITRE>La mort de la bien-aimée, Gallimard<FIN_TABLE>
<DEBUT_TITRE>Yves Bonnefoy <FIN_TITRE>L’Arrière pays, Skira, coll. Sentiers de la création<FIN_TABLE>
<DEBUT_TITRE>Jean Carrière <FIN_TITRE>L’Epervier de Maheux, éd. Jean-Jacques Pauvert (Prix Goncourt)<FIN_TABLE>
<DEBUT_TITRE>Romain Gary <FIN_TITRE>Europa, NRF<FIN_TABLE>
<DEBUT_TITRE>Lorand Gaspar <FIN_TITRE>Sol absolu, Gallimard<FIN_TABLE>
<DEBUT_TITRE>Roger Grenier <FIN_TITRE>Ciné-Roman, NRF, prix Fémina<FIN_TABLE>
<DEBUT_TITRE>Joseph Kessel <FIN_TITRE>Des hommes, Gallimard<FIN_TABLE>
<DEBUT_TITRE>Jean-Patrick Manchette
<FIN_TITRE>- Ô dingos, ô châteaux !, Gallimard, Série Noire<LIGNE>- Nada, Gallimard, Série Noire<FIN_TABLE>
<DEBUT_TITRE>Robert Merle <FIN_TITRE>Malevil, Gallimard, La Blanche<FIN_TABLE>
<DEBUT_TITRE>Henri Michaux <FIN_TITRE>Emergences, résurgences, Skira (livre illustré)<FIN_TABLE>
<DEBUT_TITRE>Patrick Modiano <FIN_TITRE>Les Boulevards de ceinture, Gallimard, coll. Blanche (plus jeune lauréat du Grand Prix de l’Académie française)<FIN_TABLE>
<DEBUT_TITRE>Bernard Noël <FIN_TITRE>La peau et les mots, Flammarion<FIN_TABLE>
<DEBUT_TITRE>Claude Ollier <FIN_TITRE>La vie sur Epsilon, Flammarion<FIN_TABLE>
<DEBUT_TITRE>Jacques Prévert
<FIN_TITRE>Choses et autres, Gallimard (son dernier recueil de poèmes publié)<FIN_TABLE>
<DEBUT_TITRE>Denis Roche <FIN_TITRE>Le mécrit, Tel Quel<FIN_TABLE>
<DEBUT_TITRE>Claude Royer-Journoud <FIN_TITRE>Le renversement, NRF<FIN_TABLE>
NECROLOGIE : mort de Jules Romains (né en 1885). Suicide d’Henri de Montherlant (né en 1895).














