1975-2004 : le roman est-il encore au travail?
La littérature prolétarienne et son mode d'expression le "réalisme socialiste" ont rejoint d'autres courants dans les histoires de la littérature, signant par là leur appartenance à un passé que beaucoup disent inactuel.
Les mêmes reconnaîtront tout de même que le travail aliénant et l'exploitation de l'homme sont toujours là et que leurs conditions se sont dégradées. Alors, comment, avec quel arsenal stylistique, les romanciers peuvent-ils aborder la question du travail dans sa version moderne (c'est-à-dire principalement, la question du "travail en miettes" selon l'expression de Georges Friedmann, ou plus encore la question du non-travail, du chômage) ? À nouveau visage du salariat, nouveau genre romanesque ? Peut-on dire du "neuf avec du vieux" ?
Les chapitres de ce dossier
- Anglo-saxons aux avant-postes
- Europe, que reste-t-il de tes labours ?
- Ca peut s'écrire aussi en français
- Le polar contemporain, dernier refuge
- Ateliers d'écriture, réhabilitation industrielle ?
À l’appel de certaines collectivités locales, associations ou administrations, de nombreux écrivains se sont mis depuis une vingtaine d’années, à animer des ateliers d’écriture. Pour ce qui concerne les personnes précarisées par la guerre économique, il s’agit d’une part de leur apporter la possibilité de témoigner par l’écrit, que leur parole trouve le chemin de l’édition sous la houlette d’un écrivain en général reconnu ; d’autre part, l’approfondissement de l’expression écrite a bien évidemment une fonction thérapeutique dès lors que ces gens ont choisi d’exprimer leurs détresses particulières.


