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Romans français

 

 

 

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La clef des ombres
Abeille, Jacques, Zulma, 1998

19.00

De ses conversations nocturnes et quasi somnambuliques avec un inconnu, Brice, archiviste à Journelaime, hérite d'une étrange mission : retrouver un dossier disparu dans le "foutoir" de la sous-préfecture. Ce faisant, ce simple d'esprit, au physique ingrat, se découvre être pour l'administration une ombre, un " homme sans nom " ; et pourtant il devient l'objet de sollicitudes et de curiosités exacerbées et se métamorphose bientôt au fil de ses rencontres avec Séverine... Il ira jusqu'à magnifier son travail d'archiviste qui, longtemps, lui parut morne et sans intérêt. Il est vrai que, peu à peu, la connaissance de faits découverts dans les archives lui fait poser un regard particulier et ironique sur les moeurs de son temps. Entre rêve, humour et érotisme, toutes les clefs de cette aventure ne sont pas données d'emblée : les ombres s'y côtoient sans toujours se reconnaître.

Après Les Jardins statuaires et Le Veilleur du jour, c'est le troisième roman du "Cycle des contrées".

 

Du même auteur : - Les carnets de l'explorateur perdu, Éd. Ombres, 1993, 9,76 €

 

9782909031040

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Le porteur d'ombre
Bichet, Yves, Fayard, 2005

16.00

Jamil, un Africain rescapé d'un voyage clandestin dans un train d'atterrissage, rencontre Léandra, une jeune mère élevant seule son enfant, aide-soignante à la Villa Etincelle. Jamil ne parle pas, ne révèle rien de son passé. Il vit dans les airs et y entraîne Léandra. Un monde s'ouvre, vertigineux, au moment où Jamil est accusé de meurtre. Léandra s'obstinera à comprendre le secret de cet ange mutique.

Yves Bichet, l'auteur de la Part animale, des Terres froides et de la trilogie La papesse Jeanne, soigne ici une histoire d'amour lumineuse, dérangeante, où prosaïsme et mystère se mêlent.

 

9782213625744

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Equipe de l'ombre
Dard, Frédéric, Fayard, 2003

15.00

Ce récit met en forme un certain nombre de " choses vues " depuis le début de la guerre à Lyon et dans sa région, par un garçon trop jeune pour être mobilisé tandis que ses aînés sont aux Armées. Avec un sens du réel saisissant, le héros du livre nous conte son entrée dans une usine de guerre, une idylle innocente, l'inquiétude du mois de mai, les alertes, la tragédie de juin 40 et les scènes de l'exode, la mort tragique de la jeune fille qu'il aime lors de l'entrée des troupes allemandes à Lyon.

Il a été édité aux éditions Lugdunum à Lyon en 1941, au moment où le tout jeune Frédéric Dard, futur San Antonio, mettait à profit une trêve dans son activité de journaliste lyonnais ; il se consacrait là à un ouvrage ambitieux, délibérément autobiographique, qui marque par des images brèves et fortes.

 

9782213615868

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L'ombre de ta peau
Domecq, Jean-Philippe, Fayard, 2010

11.99
Indisponible

Au départ, un fait divers authentique : un couple se tue sur une autoroute, au milieu de la nuit, chacun dans sa voiture, en se heurtant de face à pleine vitesse. Image même de l'inextricable amoureux. Qu'est-ce qui peut bien pousser un homme et une femme qui s'aiment, ou se sont aimés, à faire la mort en pleine nuit ? Alors commence le roman. Chacun émet des hypothèses. Qui conduisent toutes à la situation la plus classique : on s'aime, mais on se met à en désirer un/une autre, et le désir ne s'arrête pas au désir, et de fil en aiguille le filet se resserre, on n'en peut plus, on n'en peut plus de ne pas vivre avec l'amant/amante, et on n'en peut plus de devoir quitter l'époux/épouse. Ce roman saisit l'amour à sa crête, là où il faut que ça se dénoue ou qu'on en finisse. Roman bref, donc, tendu comme une crise au théâtre. « Là-bas les phares qui pointent. Qui s'approchent. On y va, pour toujours, toujours ». On y va.

9782213661001

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L'Armée des ombres
Kessel, Joseph, Pocket, 2001

Collection : Pocket Best
5.10

C'est à Londres, en 1943, que Joseph Kessel, conteur inégalable et premier chroniqueur de notre temps, a écrit L'armée des ombres, qui n'est pas seulement l'un de ses chefs-d'oeuvre mais aussi le roman-symbole de la Résistance, ainsi présentée par l'auteur : "La France n'a plus de pain, de vin, de feu. Mais surtout elle n'a plus de lois. La désobéissance civique, la rébellion individuelle ou organisée sont devenues devoirs envers la patrie. "Jamais la France n'a fait guerre plus haute et plus belle que celles des caves où s'impriment ses journaux libres, des terrains nocturnes et des criques secrètes où elle reçoit ses amis libres et d'où partent ses enfants libres, des cellules de torture où, malgré les tenailles, les épingles rougies au feu et les os broyés, des Français meurent en hommes libres. "Tout ce qu'on va lire ici a été vécu par des gens de France."

9782266115001

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Journal d'une ombre
Mauriac, Claude, Sables, 2003

11.43

Un homme hante les lieux où il a vécu. En quel temps ? Dans quels rêves ?

Par l'auteur d' Un dîner en ville, L'Alittérature contemporaine, et surtout la monumentale autobiographie Les Temps immobiles.

 

9782907530156

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Ma vie parmi les ombres
Millet, Richard, Gallimard, 2005

Collection : Folio
9.90

Pascal, le narrateur, écrivain d'une cinquantaine d'années, passe une nuit avec sa jeune maîtresse de 22 ans, Marina, originaire comme lui du Limousin. Tout au long de cette nuit, alterneront les gestes d'amour et les paroles. Il lui confie l'histoire de sa famille, les Bugeaud, commerçants des villages, à travers différents portraits de femmes détentrices de savoirs anciens. Il dévoile ensuite son enfance solitaire. En écho, la jeune femme cherche tout à la fois à découvrir le mystère de cet amant secret qui lui semble appartenir à un monde passé dont elle n'a rien connu, et le mystère de leur terre d'origine. Ce roman restitue avec force la résignation des paysans limousins face à l'extinction de leur civilisation, devenue l'ombre d'elle même. Il n'idéalise guère leurs figures, au contraire, et parvient à faire ressortir puissamment l'enchevêtrement des responsabilités dans ce drame : résignation, voire morbidité, des anciens ; désintérêt de la jeune génération (sa mère) ; asservissement lié au monde moderne.

9782070309177

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A l'ombre des jeunes filles en fleurs I
Proust, Marcel, Flammarion, 1986

Collection : GF
6.80

La deuxième partie d'A l'ombre des jeunes filles en fleurs (prix Goncourt 1919), intitulée : "Noms de pays : le pays", en faisant écho à la dernière partie de Du côté de chez Swann : "Noms de pays : le nom", annonce un progrès du Narrateur dans la connaissance du réel : dissipation progressive des ombres ? Car la ville rêvée, enveloppée de brumes, se révèle bien différente, illuminée par un soleil éclatant. Mais ce Balbec au nom oriental permet surtout au héros d'accéder à un autre orient de ses rêves. Mme de Villeparisis, amie d'enfance de sa grand-mère, lui présente le marquis de Saint-Loup et le baron de Charlus qui, comme elle, appartiennent à l'aristocratique famille des Guermantes. La découverte de l'univers d'Elstir, peintre de génie, lui dévoile - sans qu'il en ait pleinement conscience - quelques-unes des vérités essentielles qu'il avait jusqu'alors vainement cherchées. Et Elstir lui permet encore d'aller au bout d'un rêve en l'introduisant auprès de la petite bande des jeunes filles en fleurs qui se profilent le long de la plage de Balbec. Au plaisir de leur compagnie, le jeune homme est prêt à tout sacrifier : parents, amis, travail. A-t-il vraiment tort ?

 

Outre les notes détaillées, un dossier documentaire (accueil du roman par la presse, bibliographie, etc.) complète l'information. Dirigée par Jean Milly, une édition d'après l'original de Danièle Gasiglia-Laster.

On lira aussi bien sûr : • A l'ombre des jeunes filles en fleurs II, Marcel Proust, GF-Flammarion n°469, 1987, 7,60 €

 

9782080704689

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Romans traduits

 

 

 

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A l'ombre des pêchers en fleurs : roman libre du XVII° siècle
Anonyme, Picquier, 2005

18.00

Dans les années 1650, un lettré se lance à la demande de son éditeur dans la littérature licencieuse. Il conte ici l'histoire d'un jeune étudiant qui va de succès en succès, tant dans ses examens mandarinaux que dans ses conquêtes féminines. Il séduit toutes les femmes mais n'en abandonne aucune, s'arrangeant pour les satisfaire et les emmener avec lui au paradis des immortels.

 

9782877307703

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La danse des ombres
Carter, Angela, Bourgois, 1998

16.77

Morris Gray tient un magasin de brocante avec son ami Honey. Ce dernier a subitement disparu à Londres pour quelques jours. Morris doit donc affronter seul le retour de Ghislaine. Elle vient de sortir de l'hôpital et son visage est barré d'une énorme cicatrice. Ghislaine - si jolie, si fragile - est dorénavant défigurée. Que lui est-il arrivé ? Elle a été violée et blessée par des inconnus. Mais, dans les cafés et les maisons, la rumeur est autre. Et si Morris et Honey étaient les responsables de cette vie définitivement mutilée ? La Danse des ombres est celle de personnages perdus ou tordus. Honey appartient à la race des acteurs et les autres sont pour lui des êtres sans consistance ... Et que font les femmes chez cette romancière connue pour son féminisme ? Elles subissent, réparent ou s'enfuient. Se contentant de passer d'une rive à l'autre au risque d'être englouties. Ce monde - peuplé de bourreaux actifs, de médecins inopérants et de victimes responsables - court à sa perte.

Dans ce premier roman, écrit à l'âge de 25 ans, Angela Carter (1940-1992) affirmait déjà une autorité surprenante en mettant en place un monde bizarre, répugnant et attachant, qui tient plus de l'hyperréalisme que du roman gothique.

Traduit de l'anglais par Jean Guiloineau.

 

9782267014266

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La ligne d'ombre
Conrad, Joseph, Gallimard, 2010

Collection : Folio
5.10

" Je m'avançai hors du cercle de lumière, dans l'obscurité qui se dressait devant moi comme un mur.
En un pas, j'y pénétrai. Telle devait être l'obscurité d'avant la création. Elle s'était refermée derrière moi. Je savais que j'étais invisible pour l'homme de barre. Je ne pouvais rien voir non plus. Il était seul, j'étais seul, chacun des hommes était seul où il se tenait. Et toute forme avait disparu aussi, espars, voiles, ferrures, lisses ; tout était effacé dans la terrible uniformité de cette nuit absolue." J.Conrad

Traduit par Florence Herbulot

9782070336692
Dans l'ombre
Ferrero, Sergio, Rivages, 2003

Collection : Rivages poche
7.95

La province, affirmait Mauriac, est indispensable au romancier car en elle, la conscience du péché et l'ardeur de la passion subsistent. C'est dans une ville de la province italienne que revient Sergio Ferrero : il franchit le mur de clôture d'un parc, traverse des prairies plantées d'arbres antiques et ombreux, effleure des gloriettes et des massifs, et avec un art de conteur précis, nuancé de murmures, il lève le voile qui entoure le palais néoclassique de San Martino, où s'écoule la vie composite d'une famille. C'est l'époque des années fascistes et de ses tranquilles apparences que ne troublent pas encore les signes annonciateurs de l'imminent incendie. La vie tourne autour d'une vieille dame anglaise au comportement un peu excentrique, de son héritier Pietro, fils gâté, et d'un couple qui lui est lié. Au centre grandit une petite fille à la naissance obscure et discutée, Chiara. Avec un dosage très sûr d'ombres et de lumières, Ferrero tisse un récit qui est à la fois policier et visionnaire, sans renoncer à l'impitoyable analyse de la décadence d'une famille.

Traduit italien Danièle Valin.

 

9782743610791

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La femme sans ombre
Hofmannsthal, Hugo von, Verdier, 1992

13.00

La Femme sans ombre est une histoire merveilleuse, à la fois conte populaire, littéraire et métaphysique, empreint d'une fraîcheur, d'une grâce, toujours immuables. Le poète, romancier, homme de théâtre autrichien Hugo von Hofmannsthal (1874 - 1929) en fit d'abord le livret d'un des grands opéras de Richard Strauss (créé au Staatsoper, à Vienne, le 10 octobre 1919) - pour lequel, du reste, il écrivit aussi Electre, Le Chevalier à la rose et Ariane à Naxos (et ce fut dans toute l'histoire de l'art lyrique l'une des plus belles et fécondes collaborations entre un poète et un compositeur). Mais cette Femme sans ombre lui inspira dans le même temps un récit admirable qu'il mit cinq ans à conclure, en 1919. Le voici ici réédité. Comment la jeune impératrice, fille du Prince des Esprits, qui a épousé un simple mortel, pourra-t-elle conquérir une ombre - cette ombre qui s'attache à nos pas et qui est le signe de notre appartenance au monde terrestre ? L'impératrice, belle et lumineuse mais transparente et désincarnée, devra renoncer, au terme d'un parcours initiatique, à sa divinité pour devenir humaine, pour porter une ombre et donner des descendants à son époux. Toute une tradition issue du romantisme trouve dans ces pages son plus parfait aboutissement.

Traduit de l'allemand Jean-Yves Masson.

 

9782864321538

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L'ombre : notes d'un cinéaste raté
Kadaré, Ismaïl, LGF, 2007

Collection : Biblio romans
6.50

Rédigé dans sa première version en 1984-1986, le manuscrit de L'ombre fut déposé dans un coffre de banque à Paris, avec ordre donné à l'éditeur de le publier aussitôt, en cas d'annonce de la mort de l'auteur dans son pays !

Avec ce livre plutôt déroutant, certainement le plus autobiographique de l'auteur (même si le narrateur, qui n'a pas de nom, se présente comme un « cinéaste raté » !), Kadaré, écrivain réussi, nous donne son "livre des Passages", pour reprendre l'expression de Walter Benjamin, la rencontre impossible et douloureuse de deux mondes. Le passage de la vie à la mort. Ou l'inverse. Et surtout comment passer de Tirana à Paris... A chacun de ses voyages, le narrateur envoyé en mission en France se sent comme Orphée remontant des Enfers, ou comme Konstantin sortant de son cercueil pour venir retrouver sa soeur Doruntine, mêlant ainsi la légende albanaise à ce qui pourrait sembler une banale bluette made in Paris (...)

Dérision impitoyable aussi pour la comédie des voyages officiels des intellectuels et pour les fonctionnaires du régime, les accompagnateurs-mouchards, les compagnons de route étrangers qui n'ont même pas l'excuse de vouloir sauver leur vie. Il y a aussi ce voyage en voiture, avec un fonctionnaire de l'ambassade, vers le Palais du Festival de Cannes où le narrateur subira, glacé de peur, la plongée à travers les cercles, non de l'Enfer, mais d'un parking qui le mène toujours plus bas dans un monde souterrain où il croit revoir son passé réincarné, son père, un ami de Moscou, la plaine du Kosovo, des graffitti, dans des langues inconnues, tachés d'urine. "Quatrième sous-sol... Où peut se trouver le cercle des cinéastes ratés?... Encore plus bas sûrement, pensai-je."

Saura-t-il, grâce à Sylvaine, la jolie Parisienne, incarnation de l'autre monde, non pas aimer, mais franchir la frontière? Kadaré, qui n'est pas le romancier de la passion amoureuse, malgré lui, nous prouve, dans ce roman si en marge du reste de son œuvre, qu'on ne peut peut-être pas se débarrasser de l'ombre.

 

D'après un compte-rendu de Nicole Zand, dans Le Monde des livres.

 

Traduit de l'albanais par Jusuf Vrioni.

 

9782253083962

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Le pays des ombres
Owens, Louis, 10/18, 2009

Collection : Domaine étranger
7.40

Sous le regard stupéfait de deux amis, deux pauvres fermiers métis, une forme sombre tombe du ciel : un homme. A côté du corps, une valise. Elle contient près d'un million de dollars. De quoi transformer la vie de Will et Billy en conte de fées. Ou en cauchemar... Ainsi commence, dans les paysages désertiques du Nouveau-Mexique, une étrange histoire où le passé est plus présent que l'avenir et où les ténèbres règnent sur le « Pays des Ombres » de la mythologie cherokee. Entre chien et loup, on ne distingue plus le rêve de la réalité. Ni la vie de la mort... Dans ce roman violent, lyrique, d'un humour très noir, l'auteur de Même la vue la plus perçante, Le Chant du loup et Le Joueur des ténèbres, Louis Owens, une des voix majeures de la littérature amérindienne, mêle le réalisme saisissant de Quentin Tarantino à la vision magique des Indiens chère à Tony Hillerman.

 

Traduit de l'américain par Danièle et Pierre Bondil.

Première édition

9782264038968

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Le manège d'ombres
Prokosch, Frédéric, Actes Sud, 1999

Collection : Babel
9.50

« La princesse Arjumand descendait sans hâte le sentier au milieu d'un bouquet de saules. Tout en bas, la Jamma formait une anse, qui luisait à travers les buissons, brunâtre et inerte comme du thé. De temps en temps, une goutte d'eau attardée sur une branche venait marquer d'une tache sombre son châle orange pâle. L'une d'elles tomba sur sa joue et coula comme une larme. Son visage, tendu, exprimait l'attente : visage maigre, enfantin, aux grands yeux noisette, à la bouche petite et vive. Le sentier s'incurvait brusquement. Dans l'eau peu profonde, cinq jeunes garçons tout éclaboussés de savon baignaient trois gros éléphants. Par jeu, les éléphants agitaient continuellement leur trompe, aspergeant les garçons nus et bruns qui, excités, poussaient des cris aigus en brandissant leurs brosses. Au-dessus de leurs têtes, des singes aux longs poils, suspendus aux branches d'un casuarina, jetaient des brindilles dans l'eau et couvraient d'imprécations les éléphants dans leur caquet féroce. »

Dans l'Inde du XVIIe siècle, l'auteur met en scène le destin de l'empereur moghol Chah Jahân qui fit édifier le célèbre édifice du Taj Mahaf à Agra, pour célébrer l'amour qu'il portait à sa femme l'impératrice Arjumand

 

Traduit de l'américain par Elisabeth Gille.

9782742720729

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Ombres sur l'Hudson
Singer, Isaac Bashevis, Gallimard, 2002

Collection : Folio
11.00

Rien ne sera plus comme avant pour ces survivants venus de Pologne qui se retrouvent à New York en 1947, chez l'un d'entre eux, Boris Makaver, un brillant homme d'affaires. Certains avaient réussi à fuir avant 1939, d'autres ont traversé l'enfer des camps. Tous ont perdu mari, femme ou enfants, parfois une famille entière. Alors ils sont saisis d'une folle envie d'agir, d'aimer, d'entreprendre, de réussir. D'aimer, surtout. Au centre du roman, Grein, pris entre trois femmes : la sienne, sa maîtresse et Anna, fantasque et irrésistible. Pour pouvoir vivre ensemble, Grein et Anna défient leur entourage, au risque de briser des vies et de se détruire mutuellement. C'est au plus profond du coeur humain que nous entraîne Ombres sur l'Hudson, au coeur de l'amour, de la passion, de l'angoisse, du désespoir et parfois de la folie. De la lecture de cet immense roman, nul ne sortira indemne.

Isaac Bashevis Singer est né près de Varsovie en 1904 et mort à Miami en 1991. Il a reçu le prix Nobel de littérature en 1978. Publié en yiddish sous forme de feuilleton en 1957, Ombres sur l'Hudson n'a paru en anglais et en volume qu'en 1998.

Traduit de l'anglais par Marie-Pierre Bay.

9782070420001

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Les délices et les ombres
Torrente Ballester, Gonzalo, Actes Sud, 1998

Collection : Thesaurus
24.39

La trilogie Les délices et les ombres (qui comprend Le seigneur arrive ; Au gré des vents ; Pâques amères) se déroule à Pueblanueva del Conde, petit port de Galice, dans les années 30. « Dans cette ville côtière, lecteur, tu verras un monde divisé. Les uns possèdent la terre, l'outil de travail, l'argent : ils font la pluie et le beau temps ; les autres (la très grande majorité) subissent leur destin. Et leur destin a deux visages : celui du don Juan local, propriétaire du chantier naval, capitaliste aux dent longues ; et celui d'une vieille dame quelque peu indigne, d'ancienne lignée, riche et attachée à ses privilèges. Ils appartiennent à deux univers que tout oppose. Arrive Carlos, celui que l'on attend comme le Messie, car grande est à Pueblanueva la soif de justice et de liberté. Mais Carlos est un velléitaire qui n'a aucune prise sur la réalité. Autour de lui les passions se déchaînent et il voit, impuissant, l'intolérance prendre corps chez les uns et les autres. Dans cette petite société galicienne, les frustrations sortent au grand jour, les esprits s'échauffent : deux mondes qui vont vite devenir irréconciliables sont en train de naître. L'Espagne des années 30 en est là : la machine s'est emballée, la tourmente gronde, et quand l'année 1936 arrive, la catastrophe est inévitable. »

Censurée sous Franco, maintes fois rééditée, cette fresque romanesque est une pièce capitale de la littérature espagnole contemporaine.

Traduit de l'espagnol par Claude de Frayssinet.

 

9782742718603

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Comme des ombres sur la terre
Welch, James, Albin Michel, 2010

Collection : Terres d'Amérique
22.50

Métissé indien et blanc dans une nation (les USA) qui s'est autoproclamée neuve en tentant d'écraser toutes les traces des civilisations qui l'avaient précédée, James Welch consacre sa force d'écrivain à corriger la mauvaise foi de l'histoire, et à écrire la destinée et la fin de la nation indienne, notamment ces BlackFeet mis en scène dans Comme des ombres sur la terre - 3° de ses oeuvres traduites en français. Au début du roman, en 1870, dans le nord-ouest du Montana, la vie est encore paisible mais les tribus sont inquiètes : les hommes blancs sont de plus en plus nombreux et de plus en plus arrogants, avides de terres. Mais le territoire est grand et la langue indienne n'a pas de mots pour identifier la cupidité et le capital. Seulement comment coexister avec des gens qui détruisent le monde (massacre systématique des bisons) pour mieux l'asservir (réduire les Indiens en esclavage) ? L'ennui c'est que la défaite indique aussi la colère des dieux. Désemparés, les vieux chefs ne savent plus se repérer dans les signes et beaucoup de jeunes guerriers prennent leur indécision pour de la lâcheté. Les Indiens ne sont pas seulement vaincus : ils découvrent aussi qu'on peut se sentir coupable de sa défaite.

James Welch ne se contente pas de nous faire verser une larme de plus sur une infamie historique déjà répertoriée, mais, en se faisant le chroniqueur précis du bonheur d'un monde millénaire qui assiste sans le savoir encore à son crépuscule, il nous rend inconsolables de sa disparition. Véritable poétique de la culture indienne, mêlant sans cesse le quotidien au surnaturel, ce livre bouleversant de tristesse réussit le tour de force d'être aussi un conte apaisant et lumineux, un de ces contes qui nous rendaient les nuits calmes et les rêves épiques, du temps où on ne savait pas encore qu'on était nés trop tard.

D'après un article de Patrick Raynal.

 

Traduction américain Michel Lederer.

9782226215031

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L'ombre du vent
Zafon, Carlos Ruis, LGF, 2006

ollection : Le Livre de Poche
8.00
Epuisé

Le récit (récompensé du prix Planeta) débute dans la Barcelone de l'après-guerre civile. « Ville des prodiges » marquée par la défaite, la vie difficile, les haines qui rôdent toujours. Un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon - Daniel Sempere, le narrateur - dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L'enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est convié par son père, modeste boutiquier de livres d'occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y « adopter » un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l'entraîner dans un labyrinthe d'aventures et de secrets « enterrés dans l'âme de la ville » : L'Ombre du Vent, de Julián Carax. Qui se cache derrière ce nom ? Pourquoi les romans de cet auteur mystérieux sont-ils brûlés les uns après les autres par un individu inquiétant que le garçon croit retrouver où qu'il aille ? Quelle est la part du réel dans ses découvertes successives de drames qui gisent dans la mémoire refoulée des habitants de la ville ? Fumero, un redoutable inspecteur, le poursuit avec acharnement, comme il semble avoir poursuivi jadis l'auteur du livre maudit... Sans compter le vieux gardien du Cimetière, Isaac, et sa fille, détenteurs de secrets innommables... Quels drames cachent donc les souterrains de la Maison Aldaya, abandonnée par ses propriétaires, l'une des familles les plus riches de Barcelone ? Tableau historique, roman d'apprentissage évoquant les émois de l'adolescence, récit fantastique dans la pure tradition du Fantôme de l'Opéra ou du Maître et Marguerite, énigme où les mystères s'emboîtent comme des poupées russes, ce livre mêle inextricablement la littérature et la vie.

trad. Espagnol François Maspero.

 

9782253114864

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