Les chapitres de ce dossier :
- Vers la naissance d'une littérature nationale
- Le modernisme brésilien
À l'approche du centenaire de l'indépendance, un frémissement de nationalisme et d'optimisme parcourut le pays. L'intelligentsia était décidée à rompre définitivement les liens culturels avec le Portugal et à proclamer son indépendance artistique. São Paulo, centre commercial du pays, proposait dans son " mélange épique " et cosmopolite le modèle de ce que devait être le Brésil de demain, qu'on voyait prêt à assumer son destin historique. Tel fut le climat dans lequel, en 1922, préparée par une bruyante campagne de presse, eut lieu la Semaine d'art moderne qui marque le début du modernisme. Le modernisme reprenait la tâche que le romantisme s'était assignée et qu'il avait imparfaitement réalisée. On liquidait le romantisme et toutes ses séquelles, tout en se tournant vers la tradition, qui était le legs du romantisme, de sorte que le modernisme est à la fois un aboutissement et un recommencement. On se méfiait du sublime, du patriotisme bourgeois satisfait, on se plongeait dans le quotidien amer que le pittoresque cachait.
- Le régionalisme, un autre modernisme
- Un classicisme contemporain, le Brésil dans le concert des nations
- La scène littéraire brésilienne aujourd'hui: effervescence!
Graciliano Ramos (1892-1953)
Aîné de quinze frères et sœurs, il quitte le collège à l'âge de quatorze pour aider son père, alors commerçant. En 1914, il part à Rio où il est réviseur de presse. Sa famille le rappelle en 1915. II se marie (mais sera veuf cinq ans plus tard) et partage son temps entre le commerce et les lettres ; il publie des chroniques sur les coutumes locales et les types régionaux. Il est élu maire en 1928, puis, en 1933, il est nommé directeur de l'Instruction publique d'Alagoas. En 1936, accusé de communisme, il est arrêté et emprisonné. Libéré en 1937, il se fixe dans la capitale et vit de sa plume. En 1939, il est Inspecteur fédéral de l'enseignement. En 1951 il est élu président de l'Association brésilienne des écrivains. L'année suivante, invité à Moscou pour le 1er mai, il visite une partie de l"Europe, mais, atteint d'un cancer aux poumons, il décède quelques mois après l'hommage rendu pour ses soixante ans.
«Toute son œuvre est profondément marquée par un Nord-Est dépourvu d’exotisme: ni description complaisante des paysages, ni vision paternaliste des problèmes, mais attitude critique, étude de l'homme dans son milieu, sa lutte pour la survie, dans ses souffrances et ses aspirations. Les trois premiers romans, écrits à la première personne, se livrent à une dissection psychologique de l'être. Un peu timide dans Caetés, où le héros, employé de commerce, écrivain raté, nourrit une passion coupable pour la femme de son patron, elle s'affine dans São Bernardo et Angoisse. L'homme est seul, confronté au mal, sans perspective de salut, dans une société moralement et politiquement corrompue. Dans Sécheresse, seul roman à la troisième personne, l'analyse psychologique cède le pas à l'étude des conditions de vie. Dans les mémoires, Enfance et Mémoires de prison, biographie et fiction se mêlent étroitement dans l'injustice et l'incompréhension de certaines situations de l'enfance, comme dans la violence et l'arbitraire de la prison sous la dictature de G. Vargas. À l'image de l'univers hostile, le style est sec et dépouillé. L'adjectif est banni, G. Ramos recherche la concision, le mot juste; les expressions populaires sertanejas font leur entrée en littérature. Il s'élève contre le langage pédant et fleuri des "bacheliers”. Ramos a su capter l'essentiel de la personnalité humaine, réconciliant régionalisme et universalité.» (Jacqueline Penjon)
| Insomnie Graciliano Ramos, Gallimard, 1998 |
14.48 € | |
Qu'elles évoquent les interrogations existentielles surgissant au cours d'une nuit d'insomnie, le délire d'une agonie dans une chambre d'hôpital, l'angoisse du cambrioleur aux prises avec ses fantasmes ou encore l'absurdité d'une démarche faite à contrecœur auprès d'un politicien infatué, ces nouvelles nous mènent aux zones troubles de la conscience en crise. Le personnage de l'écrivain est lui-même observé, sous un éclairage sinistre, relevé parfois d'une touche d'humour acide. Un seul domaine semble épargné, celui de l'enfance : deux nouvelles sont consacrées au monde fantasque d'une fillette jouant à la grande dame dans un monde qui s'obstine à ne pas la comprendre. Pourtant, à y regarder de plus près, le lecteur découvre certains replis qui pourraient bien préfigurer de plus graves complexités.... |
||
traduit du portugais par Michel Laban |
||
9782070731961
|
||
![]() |
Angoisse Graciliano Ramos, Gallimard, 1991 |
16.77 €
![]() |
«À la suite de la révolution populaire de 1930, un violent clivage politique s'était installé sous la poussée de mouvements extrémistes. En 1936, le fascisme gagnait du terrain, Getulio Vargas s'apprêtait à instaurer la dictature de l'Estado Novo. Préventivement, on remplit les prisons, à l'aveuglette parfois. Graciliano Ramos fut du nombre de ces victimes. Dans ce récit d'une obsession, Graciliano Ramos déverse toutes ses hantises avec une sorte de lyrisme abrupt: son horreur pour la bureaucratie, les conservateurs et les massacreurs de la grammaire; son aversion pour une ville ensevelie sous une tristesse compacte, opaque, peuplée d'une misère mesquine. Le récit est sans cesse haché par de brusques échappées dans le passé, dans l'univers rural de l'enfance, le sertão aride et brutal. Des images goyesques surgissent. Et malgré les frustrations auxquelles cet univers rude s'associe, ces retours fantasmatiques au sertão font figure de rédemption. Au carrefour de la biographie et de la fiction, Angoisse est comme un pivot dans l'œuvre de Graciliano Ramos.» (Alice Raillard, La Quinzaine littéraire, n°604, juillet 1992) |
||
traduit du portugais par Geneviève Leibrich et Nicole Biros |
||
9782070717279
|
||
![]() |
São Bernardo Graciliano Ramos, Gallimard, 1986 |
12.04 €
![]() |
Rien ne laissait prévoir que Paulo Honório, un jour, tenterait d'écrire son histoire. Orphelin pauvre, ne connaissant même pas la date de sa naissance, il est devenu un propriétaire terrien sans scrupules, brutal et agressif. Il maltraite ses paysans, escroque ses voisins, intrigue lors des échéances électorales. Homme d'action, il ne prend la plume que poussé par l'échec de sa vie: le suicide de Madalena, la jeune institutrice que, dans sa quarante-cinquième année, il a épousé par amour. Mais jamais la jeune femme n'a accepté la conduite de Paulo, ni sa jalousie -au point de préférer mourir plutôt que d'obéir à sa loi. De cette perte, Paulo Honório ne se console qu'en tentant de revivre, par l'écriture, l'itinéraire qui fut le sien. São Bernardo est un roman d'apprentissage à rebours, dans lequel un homme vieillissant s'efforce de comprendre son trouble passé à l'aide de mots qu'il doit retrouver au-delà de sa mémoire, derrière le langage utilitaire qui a été le sien toute sa vie. |
||
traduit du portugais par Geneviève Leibrich |
||
9782070705467
|
||
![]() |
Mémoires de prison Graciliano Ramos, Gallimard, 1988 |
38.11 €
![]() |
Un jour de mars 1936, Graciliano Ramos est arrêté, sans motif, sans explication. Pendant onze mois ce seront la même opacité, la même angoissante absurdité. Le fond de l'horreur est atteint au bagne d'Ilha Grande, colonie pénitentiaire sous les tropiques. Là sont parqués «politiques» et prisonniers de droit commun. Lorsqu'il quitte la colonie, Graciliano Ramos, à quarante-quatre ans, est un vieillard épuisé. Dix ans plus tard, il entreprend la rédaction de ses Mémoires de prison. Un projet longuement médité, longtemps ajourné. Il y consacrera les dernières années de sa vie. Livre de la mémoire, cet ouvrage ne sera pas un pamphlet politique. Graciliano Ramos se garde aussi de tout exhibitionnisme. Ce qu'il veut, c'est communiquer le plus aigu des sensations, des situations, des sentiments. Cette recherche au fond de soi et des autres était indissociable d'une réflexion sur la véracité du récit: une entreprise de rigueur. |
||
traduit du portugais par Antoine Sell et Jorge Coli |
||
9782070713356
|
||
Mario de Andrade (1893-1945)
Musicologue, musicien, folkloriste, historien de l'art, journaliste, critique littéraire, romancier, conteur et poète, «la vraie conscience du modernisme brésilien», dont il fut une des personnalités les plus riches et les plus complexes. Encore parnassien à ses débuts, il est un des animateurs de la fameuse semaine d'art moderne de São Paulo (février 1922) et collabore aux principales publications d’avant-garde, comme Klaxon (1922) et A Revista (1924). À partir de 1926 il commence à «brésilier» sa langue par l'introduction d'éléments tirés du parler quotidien et du folklore pour arriver au superbe «roman-rapsodie» indigéniste Macunaíma (1928). Outre d’autres recueils de poèmes (Lira paulistana, 1946; Le carro da miséria, 1946) et plusieurs livres de contes (Primeiro andar, 1926; Belazarte, 1933; Contos novos, posth., 1947), on lui doit aussi des études et des ouvrages de musicologie, d’histoire de l’art ou de critique littéraire (Aspectos da literatura brasileira, 1943; O empalhador de passarinhos, 1944).
| Macounaïma ou Le héros sans caractère MArio de Andrade, Stock, 1997 |
21.34 €
![]() |
|
Paru au Brésil en 1928, ce texte fit scandale dans la bourgeoisie de Sao Paulo par son ton parodique, satirique et irrévérencieux. Il raconte les piquantes aventures d'un héros sans caractère en quête d'un talisman perdu. Les différentes classes sociales et cultures du Brésil cohabitent dans le roman. Une édition critique. «Livre de vacances» écrit dans sa première version en six jours «au milieu des mangues, des ananas et des cigares», Macounaïma est bien plus que ce simple «divertissement» dont parle Mário de Andrade dans sa préface inédite de 1926. Quête de l'identité, mosaïque verbale, fabula omnibus (H. de Campos), il nous conte avec superbe les mirifiques aventures de l'indien Macounaïama, roublard, cruel, sensuel, démoniaque, farouche, «noir renoirci et fils de la peur qu'inspire la nuit». Après une enfance nonchalante et lascive dans l'obscure et paradisiaque forêt vierge, ce héros de la mythologie Taulipang dont le nom signifie «le grand méchant» errera à travers le monde avec ses deux frères, violera la Mère-de-la-Forêt, perdra par deux fois le talisman qu'elle lui avait donné et, après avoir tué son frère Jigué et s'être fait mutiler par les piranhas, montera au ciel et deviendra une étoile «à la recherche de son profil ethnique et de son caractère national». |
||
traduit du portugais par Jacques Thierot préface de Haroldo de Campos |
||
9782234047037
|
||
![]() |
Aimer, verbe intransitif Mario de Andrade, Gallimard, 1995 |
18.29 €
![]() |
À sa parution en 1927, ce roman fit scandale tandis qu'il suscitait l'enthousiasme d'une poignée de happy few. Un industriel de São Paulo engage pour ses enfants une gouvernante, Fraülein Elza, qui, sous couvert d'allemand et de piano, enseignera l'amour au fils aîné -le «véritable amour», correspondance des âmes autant que des corps. C'est la profession que s'est choisie Elza, quasiment une mission. Campé au milieu de ses personnages, Mário de Andrade moque allègrement chez ses compatriotes une nouvelle bourgeoisie d'argent, ignorante et béate devant ce qui est étranger. Car, sous ce roman de formation, il s'agit de l'identité brésilienne, une question à l'ordre du jour dans un pays en mutation. Elle est au centre de l'«agitation» des modernistes de São Paulo en ces années vingt. Mêlant les gros plans expressionnistes, les ruptures, les variations, les combinaisons inédites de vocables, Aimer, verbe intransitif est cette «mélodie neuve» que recherchait Mário de Andrade, avec, en transparence, l'attendrissement amusé que toujours l'amour provoque chez lui. |
||
traduit du portugais par Maryvonne Lapouge-Pettorelli |
||
9782070728152
|
||
Raul Bopp (1898-1984)
Poète moderniste et diplomate, il est connu pour sa rhapsodie amazonnienne, Cobra Norato, chef-d’œuvre et point d’orgue à « l’anthropophagie » littéraire, composée en 1928, publiée en 1931, puis souvent remaniée dans ses diverses éditions.
| Cobra Norato Raul Bopp, MeMo, 2005 |
28.00 € | |
Le héros de cette odyssée amazonienne se glisse dans la peau de Cobra Norato, Honoré le serpent. Sa quête est amoureuse, il doit délivrer la fille de la reine Luzia, prisonnière de Grand Serpent. En le suivant dans ce voyage, nous traverserons la forêt et les eaux, mais aussi les mythes et les rites d'initiation amérindiens. Raul Bopp avait créé Cobra Norato pour les enfants. Ce poème épique, écrit dans les années vingt, est l'un des grands textes du modernisme brésilien. Sandra Machado, ethnologue et artiste, l'a illustré de batiks contemporains inspirés des peintures corporelles du peuple Kayapó. |
||
illustrations de Sandra Machado traduit du portugais par Ciro de Morais Rego |
||
9782910391676
|
||
Carlos Drummond de Andrade (1902-1987)
En 1920, il va résider avec sa famille à Belo Horizonte, il s’y lie avec les milieux littéraires et journalistiques et publie ses premières œuvres. Après des études de pharmacie, il se marie et devient professeur. En 1934, il s’installe définitivement à Rio et entre dans l’administration (Monuments historiques) où il restera jusqu’à sa retraite. Parallèlement il écrit dans les journaux tout en composant une œuvre qui lui vaut d’être considéré comme le plus grand des poètes brésiliens.
«L’œuvre de Carlos Drummond de Andrade, particulièrement son œuvre poétique, est l’une des plus importantes de la littérature moderne brésilienne, qui est marquée par un renouveau issu d’un désir conscient d’atteindre à une expression authentiquement nationale. Délaissant la poésie qui puisait son inspiration dans le pittoresque et le folklore, Carlos Drummond de Andrade s’engage résolument, tant par le fond que par la forme. Ainsi s’expliquent les appréciations divergentes, et quelque fois passionnées, que suscite son œuvre dense et une, qui surgit d’une recherche pénétrante et solitaire de la vie quotidienne en ce qu’elle a de plus immédiat et d’apparemment insignifiant. Conçu comme un "paysage moral”, scruté par une intelligence aiguë au service d’une sensibilité frémissante et contenue, le quotidien révèle sa trame secrète et profonde.» (Ronny A. Lawton).
| La machine du monde et autre poèmes Carlos Drummond de Andrade, Gallimard, 2005 |
10.70 € | |
L'auteur a parcouru, sans quitter le Brésil des contrées tropicales, des territoires polaires et des pays tempérés. Symboliste, moderniste ou néoclassique, son oeuvre est difficile à définir car il aimait se livrer à des expériences de laboratoire: placer en milieu tropical telles paroles gelées ou observer sous climat tempéré telle flore linguistique. |
||
édité et traduit du portugais par Didier Lamaison traduction revue par Claudia Poncioni |
||
9782070318841
|
||
| Mort dans l'avion et autres poèmes Carlos Drummond de Andrade, Chandeigne, 2005 |
10.00 €
![]() |
|
Un anthologie des poèmes les plus connus tirés de différents recueils publiés de son vivant. |
||
traduit du portugais par Ariane Witkowski |
||
9782915540031
|
||
| Conversation extraordinaire avec une dame de ma connaissance Carlos Drummond de Andrade, Métailié, 1985 |
17.00 €
![]() |
|
Ici pas d'exotisme frelaté, point de stéréotypes bon marché ! Mais un regard acéré sur la comédie humaine, sur les simagrées religieuses, sur les cas de conscience de collégiens, sur la cruauté enfantine et son désarroi face à la folie. Ces contes recèlent non seulement la saveur d'une région mais encore celle d'un temps lointain déjà où la rigueur des mœurs mineiras favorisait une lente maturation des sentiments en accordant une large place à la rêverie. En plus de l'univers de l'enfant et de l'adolescent, Drummond raconte des scènes cocasses tel que le face à face des notables d'une petite ville et d'un prisonnier évadé ou le cas plus tragique d'un colporteur qui ose affronter le monopole commercial d'une compagnie, épisode qui pourrait encore survenir dans les contrées isolées du pays.
Drummond ne se limite pas à des portraits trop réels de la vie brésilienne. Relayant ceux qui savent conter, les contadores de histórias, il laisse libre cours à son imagination pour côtoyer le fantastique dans « Fleur, téléphone, jeune fille » ou pour renouveler le style des histoires de vampires dans «Le gérant». Après le récit mirobolant du vol de la mer, «Miguel et son larcin», Drummond revient imperceptiblement à l'observation amusée de la vie quotidienne. (Mário Carelli dans sa préface.) |
||
traduit du portugais par Geneviève Leibrich, Inès Oseki-Depré, Mario Carelli. Préface de Mario Carelli. |
||
9782864240372
|
||
Erico Verissimo (1905-1975)
Après des études secondaires inachevées, il exerce divers métiers dans l’épicerie, la banque, la pharmacie, le journalisme, l’édition et fait deux longs séjours aux Etats-Unis, de 41 à 43 comme enseignant et de 53 à 56 comme fonctionnaire international. Il traduit de nombreux écrivains français, italiens, espagnols et surtout anglo-saxons qui influenceront notablement son travail de romancier.
Après une première période centrée sur le roman d'étude psychologique, il aborde les grands thèmes historiques et sociopolitiques. Son style a désormais plus d’ampleur, de vivacité, de couleur. Un souffle épique traverse ces évocations animées et grandioses du Sud brésilien qui trouve en lui un chantre passionné de tolérance, de justice et de liberté. Après cette grande composition, la fécondité de l’écrivain ne se tarit pas comme en témoignent les romans, contes pour enfant, reportages qui se succéderont régulièrement jusqu’à sa mort où il laissait inachevé son autobiographie dont le premier volume paru en 1974 s’intitulait Solo de clarineta.
![]() |
Le Continent (Le Temps et le Vent, vol. 1) Erico Verissimo, Albin Michel, 1996 |
24.40 €
![]() |
La saga familiale de Rodrigo Cambara et ses jeunes années à Santa Fé est n chef-d'oeuvre inconnu de la littérature brésilienne contemporaine. «L'histoire de la formation de la nation brésilienne, de notre unité nationale, de l'originalité de notre culture nous est contée sous l'angle des populations du Rio Grande - luttes, songes, espérances, réalités -, à travers des personnages inoubliables. Hommes et femmes de chair et de sang, extases, amours et désespoirs dans un enchaînement d'aventures contées avec la vigueur et la maestria qui caractérisent l'art romanesque d'Erico. Grand créateur de types, Erico a dessiné, avec un art inégalable, quelques figures de femmes, femmes fortes, farouches, douces et ardentes, femmes brésiliennes... Ce que je puis dire et garantir, c'est qu'au Brésil il y a peut-être des romans aussi grands que Le Temps et le Vent. De plus grands je n'en connais pas.» Jorge Amado. |
||
traduit du portugais par André Rougon préface de Jorge Amado |
||
9782226086082
|
||
![]() |
Le Portrait de Rodrigo Cambara (Le Temps et le Vent, vol.2) Erico Verissimo, Albin Michel, 1998 |
24.40 € |
Médecin des pauvres et caudillo par vocation, généreux et opportuniste, catholique et noceur, prédestiné à toutes les trahisons intimes et aux intrigues politicardes, le portrait de Rodrigo Cambara, un propriétaire terrien brésilien devenu dandy, à Santa Fé, entre 1909 et 1920 |
||
traduit du portugais par André Rougon |
||
9782226094483
|
||
Ciro dos Anjos (1906-1994)
Journaliste, militant et fondateur de la Faculté de philosophie de Brasilia. Auteur de romans d'introspection psychologique d’inspiration autobiographique: Belmiro (1937), testament d’un petit intellectuel brésilien des années trente, écrit avec le style analytique, intimiste et fantaisiste, de certains mémorialiste anglais, Abdias (1945), Explorações do Tempo (1952), A Montanha (1956), A menina do sobrado (1979).
Un seul titre traduit en français, Belmiro: une lacune à combler si on en juge par sa qualité d'écriture.
![]() |
Belmiro : Belo Horizonte 1935 Ciro dos Anjos, Métailié, 1988 |
18.50 €
![]() |
Journal intime de l'année 1935. Belmiro est né dans une fazenda et vit à la ville. Poète et amoureux, il n'ose pas vivre, alors il regarde les autres. La décadence d'une famille de fazendeiros du Minas Gerais a fait de Belmiro un petit fonctionnaire à Belo Horizonte. Ce fils de famille vit avec ses tantes, vieilles filles un peu folles. Ayant atteint la quarantaine, Belmiro tient un journal nostalgique. Il y note avec mélancolie les passions qu'il s'interdit de vivre et les interminables discussions avec ses amis. Son regard désabusé et plein d'humour triste démasque le caractère dérisoire de toute vie et de toute passion. |
||
traduit du portugais par Cécile Tricoire |
||
9782864240549
|
||
Joao Guimaraes Rosa (1908-1967)
Poète usant d'une langue qui mêle néologismes et archaïsmes dialectaux, il a transformé l'épopée du sertão en métaphore universelle, transcendant ainsi la prose d'une réalité régionaliste, ouvrant une voie au roman brésilien moderne. Né dans l'État de Minas Gerais, Guimarães Rosa empruntera à cette région son folklore et ses personnages dans une œuvre qu'il écrira en grande partie entre 1956 et 1967. Après une vingtaine d'années de voyages et de représentation diplomatique(à Hambourg, Bogotá, Paris), il s'établit en 1953 à Rio où il se consacre à la littérature; il avait fait paraître en 1946 un recueil de nouvelles Sagarana. En 1956 paraît Corpo de Baile, cycle de nouvelles où il raconte son pays, sept contes poétiques s'articulant en une sorte de vaste rétable du sertão où les mystères de l'homme et de la nature atteignent la dimension de l'universel. La même année paraît Diadorim, où un homme âgé et respecté raconte sa vie de jeune bandit, auprès de Diadorim, chef de bande idéalisé, au travers d'un monologue infini déployant la fresque colorée, sauvage du Nordeste. Cet unique roman sera suivi dans les années 60 de plusieurs recueils de nouvelles très courtes où le sertão sert de cadre, de matière au développement de subtils et étranges jeux de langages par lesquels Guimarães Rosa se rapproche encore de Joyce.
«Lors même qu'il décrit les hommes sous le jour le plus cru, et leurs gestes les plus quotidiens, Guimarães Rosa n'est pas plus un écrivain réaliste que Goya n'est un peintre réaliste, au sens habituel et démagogique du terme. Il s'enracine dans cette tradition latine au tréfonds de laquelle on découvrirait une nappe incandescente de mythes. Tomber dans la tentation Cosmique ou Océanique en laquelle l'homme trouve à la fois la Libération et le Rien, tel est le prix de l'universalité des écrivains de cette race-là. L'originalité profonde de G. Rosa, c'est d'avoir ressuscité dans la littérature latino-américaine ce réalisme panique -le vrai, le seul. C'est d'avoir réappris que l'écriture est gnose, et d'avoir découvert que le sertão c'est le tout.» (Xavier Domingo)
| Diadorim Joao Guimaraes Rosa, Albin Michel, 2006 |
24.00 € | |
À travers amours et guerres, envoûté par l'énigmatique Diadorim, évoquant toutes les aventures qui firent de lui un preux jagunço, un gardien de troupeaux, Riobaldo raconte les journées encore brûlantes passées de bataille en bataille, les longues chevauchées à méditer sur la vie et la mort, dans le décor aride du sertão, lieu de l'épreuve, de la révélation et de la confrontation à l'infini. Unique roman et chef-d'oeuvre du plus grand écrivain brésilien du XXe siècle, Diadorim apparaît d'ores et déjà, au même titre que Don Quichotte, La Chanson de Roland ou Faust pour la tradition européenne, comme une œuvre mythique de dimension universelle. «Un véritable tour de force sur le plan de la langue. Une des oeuvres formellement les plus abouties du siècle.» Mario Vargas Llosa. |
||
traduit du portugais par Maryvonne Lapouge Pettorelli préface de Mario Vargas Llosa |
||
9782226141828
|
||
| Mon Oncle le jaguar Joao Guimaraes Rosa, 10-18, 2000 |
4.00 €
![]() |
|
Un chasseur à demi indien reçoit dans sa cabane la visite inattendue d'un voyageur égaré. La langue déliée par l'alcool, il parle sans discontinuer, raconte ses chasses au jaguar, célèbre la férocité et la beauté du fauve, et son remords d'avoir à le traquer pour vivre du commerce de sa peau. |
||
traduit du portugais par Jacques Thiériot |
||
9782264028600
|
||
| Sagarana Joao Guimaraes Rosa, 10-18, 1999 |
7.90 €
![]() |
|
Neuf récits qui ont tous pour cadre la campagne de Minas Geraïs et pour héros des paysans, pauvres ou riches, les "meilleurs personnages de paraboles" aux yeux de l'auteur. "Tout se passe là-bas, dans les savanes du Nord où paissent les grands zébus à demi sauvages. Terres calcinées, parfois inondées, avec des aubes glaciales, des moiteurs torrides, des bandits de grands chemins et des élections sanglantes. Ces confins, l'auteur, établi à Rio, n'y retournera que rarement: il les aime par cœur et de tout cœur. Son père les a sillonnés avant lui, grand chasseur à la gibecière bourrée d'anecdotes. Lui-même, médecin de campagne, y a galopé pour des accouchements, des morsures de cobra ou des couteaux dans le ventre. Il parle de cela, il ne parlera que de cela, et fascinera des générations de lecteurs qui ne fouleront pourtant jamais ces landes désolées." Jean Soublin, Le Monde |
||
traduit du portugais par Jacques Thiériot |
||
9782264026477
|
||
![]() |
Toutameia Joao Guimaraes Rosa, Seuil, 1994 |
22.20 € |
Ce recueil contient quarante histoires courtes ponctuées de quatre préfaces. Dans ces fables, le lecteur retrouvera le Brésil cher à l'écrivain, où convergent les traditions métaphysiques d'Orient et d'Occident. |
||
traduit du portugais par Jacques Thériot |
||
9782020129091
|
||















