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Les chapitres de ce dossier :

Machado de Assis (1839-1908)

Sa mère, une blanchisseuse portugaise meurt alors qu'il est encore un tout jeune enfant. Son père, un mulâtre peintre en bâtiment, se remarie alors avec une simple et généreuse métisse qui l'élèvera tendrement. Enfant solitaire, bègue, sujet à de fréquentes crises d'épilepsie, il se réfugie dans la lecture et acquiert seul une vaste culture. Il apprend le français et à seize ans publie son premier poème. Il devient typographe puis correcteur et, en 1860, entre au Diaro do Rio de Janeiro comme chroniqueur. Il entre ensuite dans un grand ministère où il fera toute sa carrière. Dès lors, partagée entre son travail de bureaucrate et celui d'écrivain, sa vie se confond avec son œuvre. Père fondateur et premier président de l'Académie brésilienne des lettres, directeur général de son ministère, paré de toutes les gloires officielles il meurt d'un cancer dans la solitude à l'âge de 69 ans.

Machado de Assis a pratiqué tous les genres, poésie, théâtre, journalisme, critique, traduction. Il est cependant essentiellement un narrateur tout autant par ses contes (168 au total, régulièrement réunis en anthologies par ses soins) que par ses romans.

Sa maladie, l'épilepsie, faisant sans cesse de nouveaux progrès, Machado sent la folie qui s'approche souterrainement de lui, des visions sombres le hantent et, désormais, une espèce de « terreur cosmique » ne cessera de l'habiter. C'est alors que commence la seconde série de ses romans, ceux que l'on a appelé « les romans crépusculaires » : Memoires posthumes de Braz Cubas (1881), Quincas Borba (1891), Dom Casmurro (1899), Esaü et Jacob (1904), et de nouvelles séries de contes, infiniment plus amers que les premiers.

«Machado sut écarter la prose brésilienne du régionalisme (peinture du paysage et des mœurs) pour la rapprocher de l'homme, considéré d'un point de vue universel. Psychologue à la vie intérieure intense, pessimiste incurable, il réussit à fondre son amer sentiment de désillusion en un humour calme et subtil: il savait en outre découvrir les aspects les plus secrets de vies considérées comme ordinaires. Étranger à toute école, très personnel dans sa technique volontairement simple et digressive, il composait ses romans comme une série de tableaux et de réflexions; son style concis, lapidaire, coloré d'expressions populaires, a fait de lui l'un des grands classiques de la langue portugaise.» (Mário Carelli).

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Ce que les hommes appellent amour
Machado de Assis, Métailié, 2007

9.00

Ce journal du conseiller Aires est fait de petites touches ironiques sur le vieillissement, l'amour, l'ambiguïté des sentiments, l'abolition de l'esclavage ; des personnages forts le traversent, les descriptions peuvent paraître idylliques mais, comme toujours chez Machado, quelque chose grince.

«Le journal intime d'un diplomate revenu à Rio après trente années de service en Europe, à une période importante où l'esclavage est enfin aboli au Brésil. L'événement est présent en filigrane dans le roman. Il marque la fin d'un monde, tout comme l'intrigue est le signe extérieur d'une autre fin, celle des affections humaines et du temps des passions.»

P. Kéchichian, Le Monde

traduit du portugais par Jean-Paul Bruyas

9782864246091

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Chasseur d'esclaves : un père contre une mère
Machado de Assis, Chandeigne, 2006

7.00
Epuisé

A Rio, au XIXe siècle, la traite des esclaves est abolie mais l'esclavage et la contrebande sont toujours une réalité. Candido Neves, instable et paresseux, choisit de chasser les esclaves en fuite. Mais la concurrence est rude et quand l'argent vient à manquer, Candido décide d'abandonner son enfant...

traduit du portugais par Anne-Marie Quint

9782915540260

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Esaü et Jacob
Machado de Assis, Métailié, 2005

10.00

A Rio de Janeiro, en 1879, naissent deux jumeaux qui, comme le raconte la Bible, se querellent dans le ventre de leur mère. Opposés par une haine farouche, Paulo l'admirateur de Robespierre et Pedro qui vante les vertus de Louis XVI tombent amoureux de la même femme, qui, incapable de choisir, en mourra.

Sur ce thème banal, l'auteur donne libre cours à sa maestria littéraire, ironie, humour, interpellation du lecteur, sur le thème de l'impossibilité d'échapper au destin.

traduit du portugais par Françoise Duprat

9782864245407

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L'Aliéniste
Machado de Assis, Métailié, 2005

6.50
Indisponible chez l'éditeur

De retour d'Europe où il a achevé ses études de psychiatrie clinique, Simon Bacamarte s'installe dans une petite ville du Brésil profond. Il tente des expériences scientifiques, s'occupe des lunatiques, et voit son emprise sur la population s'accroître.

Il devient ainsi l'aliéniste, celui qui conduit les autres à l'asile, le dépositaire de la santé psychique de ses concitoyens, qu'il déclare fous ou bien portants au gré de son appréciation. Il commence par enfermer les lunatiques dans la maison verte, mais sa mission lui tenant tant à cœur, que bien vite, une bonne partie de la population se retrouve internée. Or étant fondamentalement un homme bien intentionné, malgré les méandres de sa quête scientifique, il peut questionner ses conclusions précédentes et en échafauder de nouvelles. Cependant, la révolte gronde, et soutenu jusque là par l'oligarchie en place au conseil municipal, l'aliéniste se retrouve bientôt isolé et obligé de changer ses positions. Un dénouement surprenant attend le lecteur.

traduit du portugais par M. Lapouge-Petorelli

9782864245346

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Dom Casmurro
Machado de Assis, Métailié, 2002

10.00

Benhito est un adolescent jaloux, voué à la prêtrise par une mère aimée et pieuse. Pourtant, ses ambitions sont toute autres et exclusivement dirigées vers Capitou, sa jolie petite voisine «aux yeux de ressac», dont il tombe profondément amoureux. L'histoire est racontée par le vieux Benhito, un être devenu renfermé, affublé du surnom de Dom Casmurro (Monsieur du Bourru), qui plonge dans ses souvenirs pour revivre en douceur sa crise d'adolescence et la vie chaotique qui s'ensuivit dans le Rio languide du Second Empire brésilien.

Histoire banale sans doute mais que Machado porte au sublime par un parti-pris d'écriture moderne: 48 courts chapitres permettent de découper l'histoire en «moments psychologiques» d'autant plus drôles, ou parfois douloureux, que plus d'un demi siècle a passé entre les faits et leur récit fait par leur protagoniste devenu sage. Dans ce décalage est tout le sel du récit.

traduit du portugais par Anne-Marie Quint

9782864244127

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La Théorie du médaillon et autres contes
Machado de Assis, Métailié, 2002

6.50

Une anthologie de contes et de chroniques du grand auteur brésilien, choisis pour présenter le cheminement philosophique de l'auteur : depuis la «Théorie du médaillon», manuel à l'usage des arrivistes, jusqu'au «Miroir» qui révèle l'absence de moi, en passant par le cynisme et l'égoïsme.

On découvre l'humour noir et décapant de sa vision du monde à travers quelques histoires bien racontées.

traduit du portugais par Florent Kohler

9782864244134

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Mémoires posthumes de Bras Cubas
Machado de Assis, Métailié, 2000

9.50

«Et voyez maintenant avec quelle dextérité, avec quel art, j'effectue plus grande des transitions de ce livre. Voyez: mon délire commença en présence de Virgilia; Virgilia fut mon grand péché de jeunesse; il n'y a pas de jeunesse sans enfance; l'enfance suppose la naissance: et voici comment nous arrivons sans effort au 20 octobre 1805, jour de ma naissance. Vous avez vu? Aucun raccord apparent, rien qui puisse détourner et troubler l'attention du lecteur: rien. Le livre offre ainsi tous les avantages de la méthode, sans en avoir la rigidité. Mais en vérité, il était temps.»

Enlevé à la vie par une pneumonie due à une idée fixe, Brás Cubas tait le récit posthume de sa vie. Dans un ultime délire, il se penche avec une distance amusée sur ce qu'il a été, en prenant le lecteur à témoin. Un texte subtil et drôle où la prose contenue permet les jeux formels les plus inattendus, écrit par un auteur dont le génie classique teinté de nihilisme préfigure l'exploitation moderne de l'inconscient.

traduit du portugais par R. Chadebec de Lavalade

9782864243526

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La Montre en or
Machado de Assis, Métailié, 1998

6.60

Des situations très variées, mises en scène avec ironie : une montre en or apparaît sur une table de nuit; les bras d'une femme troublent un adolescent; une cartomancienne révèle un avenir radieux; un compositeur est saisi par la polka; une dame refuse obstinément de vieillir... Quelques exemples significatifs de l'art du conte pratiqué par Machado qui en fut un maître.

Chez lui le conte n'est pas un saut dans l'imaginaire pur, la fantaisie ou même le fantastique, mais un prolongement de la réalité brésilienne de son temps, lorsque les désirs non réalisés nous poussent vers les voies de la fiction où nous trouvons la vie que nous aurions aimé réellement vivre.

traduit du portugais par Maryvonne Lapouge

préface de Antonio Candido de Melo e Souza

9782864242659

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La Cartomancienne
Machado de Assis, Ombres, 1997

9.00

Un autre choix de contes qui contient : La cartomancienne; Entre saints; Les bras; Un homme célèbre; La désirée; La cause secrète; Trio en la mineur: I. Adagio cantabile; II. Allegro mo nan troppo; III. Allegro appassionato; IV. Menuet; Adam et Eve; L'infirmier; Le diplomate; Mariana; Conte d'écolier; Apologue; Dona Paula; Vivre; La chanoine ou métaphysique du style.

traduit du portugais par Adrien Delpech

9782841420636

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Le Philosophe ou le Chien : Quincas Borba
Machado de Assis, Métailié, 1997

10.00

Rubiao, modeste professeur hérite une fortune du philosophe Quincas Borba, sous réserve de prendre soin de son chien qui porte le nom de Quincas Borba, lui aussi. Mais avec la richesse, il hérite de la folie de son ami. Surgissent alors l'amour et la folie main dans la main.

traduit du portugais par Jean-Paul Bruyas

9782864242499

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Raul Pompéia (1863-1895)

Journaliste, caricaturiste, abolitionniste convaincu et farouche républicain. Ses œuvres de jeunesse, deux courts romans et un recueil de proses (Uma tragédia no Amazonas, 1880 ; Microscópios, 1881 / édition posthume, 1900, sous le titre Canções sem metro ; As jóias da coroa, 1882) sont sans commune mesure avec L’Athénée, paru d’abord en feuilleton en 1888. Il se suicide à trente-deux ans, la nuit de Noël 1895, à la suite d’un article de presse injurieux.

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L'Athénée : chronique d'une nostalgie
Raul Pompéia, Ombres, 1989

15.00

L'Athénée est le premier grand roman brésilien de la mémoire et de la recherche du temps perdu. Document social et psychologique, écrit à la première personne dans une prose impressionniste et dans une langue nerveuse, il est la chronique impitoyable des six années d'internat de Sérgio, un adolescent sensible, en butte aux brimades de ses professeurs et de ses condisciples.

traduit du portugais par Françoise Duprat et Luiz Dantas

9782905964229

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Euclides da Cunha (1866-1909)

Euclides Rodrigues Pimenta da Cunha. Ingénieur, formé dans une académie militaire impériale où ses idées républicaines lui valurent quelques séjours au cachot. En 1898, il assiste en qualité de correspondant de guerre à la campagne de Canudos dont il tire la matière de son premier livre : Os Sertões (1902). Par la suite il construit un pont sur le Rio Pardo à São Paulo, mène diverses expéditions scientifiques pour le compte du gouvernement et écrit quelques essais politiques, historiques et géographiques (Contrastes e confrontos, 1907 ; Peru versus Bolivia, 1907 ; Castro Alves e seu tempo, 1908 ; A margem da história, 1909). En 1909, membre de l’Académie brésilienne des lettres, titulaire d’une chaire de logique, il meurt assassiné par le jeune amant de sa femme.

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Hautes Terres
Euclides da Cunha, Métailié, 1997

12.20
Indisponible

Paru en 1901, cet essai romancé rend compte d'un mouvement messianique de type gnostique qui s'est développé dans la province brésilienne de Bahia, né de la misère paysanne et de la corruption du clergé. Vient ensuite le récit des expéditions militaires de 1896-1897 qui tentèrent de venir à bout d'un village de 5000 foyers.

Dans le village de Canudos s'installe un groupe qu'on peut qualifier d'évangélique. Sous la direction d'Antônio Conselheiro, il regroupe des pauvres et des bandits dans une sorte de christianisme social qui refuse l'autorité de l'évêque comme celle du pouvoir de la République nouvelle et pratique des razzias contre les fermes et les villes à l'entour. La majeure partie du texte consiste dans le récit des expéditions militaires successives pour écraser Canudos. Depuis Bahia, le chemin de fer ne mène pas loin. Il faut ensuite traverser ces "hautes terres" sèches pour arriver dans le site de vallée où se situe cette localité. Expédition après expédition, l'auteur énumère tous les officiers qui participent au combat. Il dénonce le mauvais commandement des troupes, l'insuffisance des moyens. Il décrit aussi la résistance acharnée des soldats de Canudos, pauvres et fanatiques, jusqu'à leur écrasement final, maison par maison.

 

traduit du portugais par Antoine Seel et Jorge Coli

9782864241393

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Adolfo Caminha (1867-1897)

Mort de tuberculose à l’âge de trente ans. Il a participé en 1892 à la création du mouvement littéraire « Padaria espiritual » [boulangerie spirituelle], inspiré de l’école réaliste. Il a publié des romans naturalistes dont les thèmes firent scandale : inceste et adultère, dans A Normalista (1893) ou la passion éprouvée par un marin pour un jeune mousse dans O Bom-Crioulo (1895).

 

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Rue de la Miséricorde
Adolfo Caminha, Métailié, 2007

7.00

Une histoire de passion et de mort au cœur de Rio au XIXe siècle. Enfermés dans l'univers clos d'une corvette, Bom-Crioulo, grand noir au physique troublant, et Aleixo, jeune mousse charmeur, courent vers une aventure hors du commun. Cet amour partagé est troublé par une femme et la jalousie du marin finit en un épisode sanglant.

Ce roman écrit en 1895 surprend par sa modernité. L'exigence naturaliste d'objectivité, d'observation s'accompagne de scènes dramatiques et violentes visant à montrer les inclinations contradictoires qui poussent les hommes à des actes déterminés par l'instinct et les circonstances.

«Il y a cent ans, Adolfo Caminha transgressait les tabous et inventait le héros. Il créait surtout un personnage : l'Othello homosexuel qui tue son mignon pour se libérer de l'esclavage légendaire du désir.»

Hugo Marsan, Le Monde

traduit du portugais par Maryvonne Lapouge-Pettorelli

préface de Clélia Piza

9782864246107

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