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Noël Dutrait

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Petit précis à l'usage de l'amateur de littérature chinoise contemporaine
Dutrait, Noël, Philippe Picquier, 2002

14.50

La littérature chinoise a connu une évolution fulgurante depuis la mort de Mao en 1976. Cet ouvrage clair et facile d'accès propose des clés pour se retrouver dans ce foisonnement littéraire et donne des informations sur les auteurs contemporains. Il privilégie les oeuvres traduites en français.

On lira avec intérêt ce petit précis dans lequel nous avons largement puisé pour établir cette bibliographie.

 

 

" S'il existait déjà plusieurs ouvrages sur l'histoire de la littérature chinoise, ils se cantonnaient tous aux temps anciens. C'est dire l'intérêt de ce manuel initiatique, instrument précieux pour resituer les auteurs dans les écoles ayant fleuri depuis la Révolution culturelle." Le Monde du 01/01/2007

9782877305884

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A Lai (né en 1959)

Encore une fois, c’est des minorités nationales que nous vient la littérature la plus originale. Ici, un Tibétain qui passa son enfance dans les steppes du Sichuan où il acquit une profonde accointance avec des traditions orales témoignant d’un Âge d’or, alors même qu’y arrivaient les premières brigades de production.

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Sources lointaines
A Lai, Bleu de Chine, 2003

17.00

Le mythe c'est la croyance qu'il y a peu, il existait dans la montagne une source thermale où hommes et femmes allaient se baigner nus, partaient à cheval galoper librement et revenaient pour de grandes fêtes. Cette présence rêvée des sources chaudes habite le narrateur tout au long de son existence, et devient symbole de vie, de liberté, à l'aune duquel la laborieuse administration du régime et toutes ses valeurs de pruderie, de contrainte et de productivisme ont de quoi faire pleurer, c'est un euphémisme.

Superbe écriture saisissant la présence et le battement de la vie dans la description des lieux, des éléments et des êtres vivants à tous les étages de la création. Ah, nostalgie...

 

9782910884734

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Bai Xianyong (né en 1937)

Parcours typique du Chinois de la diaspora que celui de Bai, né à Guilin, passant par Nankin et Shangai, puis Taiwan et les États-Unis dès 1962. Atteint de tuberculose encore enfant, son œuvre est marquée par une grande sensibilité à la précarité de la condition humaine, une attention pleine d’empathie à l’égard des faibles, des exclus, de la marge.

 

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Gens de Taipei
Bai Xianyong, Picquier, 2000

8.50

Le thème de l'impossibilité d'accéder aux jouissances du monde pour qui est jeune, dépendant, pour qui refuse d'accepter les valeurs dégradées dans le trop de matérialité ou dans une obéissance aveugle à la tradition, sera exploré magistralement dans ce recueil.

9782877304801

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Bei Dao (né en 1949)

Devenu une figure de proue de la littérature chinoise contemporaine en fondant avec Mang Ke la revue avant-gardiste Aujourd’hui, Bei a quitté la Chine au lendemain des événements de Tiananmen.

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Paysage au-dessus de zéro
Dao, Bei, Circé, 2004

14.00

Paysage au-dessus de zéro complète le choix anthologique opéré dans le précédent recueil Au bord du ciel (Circé, 1995), pour les œuvres écrites entre 1989 et 1996. A cette quarantaine de poèmes viennent s'ajouter la totalité de ceux parus en chinois sous le titre Décodage (Kaisuo, 1999). Ils sont suivis d'un entretien daté de 2003 avec un critique chinois et d'un texte de la traductrice. Dans ce nouveau recueil, le lecteur retrouvera les préoccupations qui ont toujours été celles de Bei Dao : l'attention portée à la langue, le goût pour les formes courtes, pour le paradoxe. Cette écriture, qui se remet sans cesse en question, et qui est, par là même, interrogation sur l'existence, se nourrit du rapport à la tradition. A la poétique chinoise ancienne Bei Dao emprunte la valorisation du lyrisme, " l'importance accordée à l'image et au champ dans lequel elle opère ", la valeur allusive. Plus que jamais, il nous montre que les liens qui unissent le poète et la langue sont prédestinés, et qu'il reste ce marcheur infatigable en quête de l'essence de la poésie.

Traduit par Chantal Chen-Andro

9782842421816

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Vagues
Bei Dao, Picquier, 1994

17.50

Ce court roman ouvrait une ère nouvelle dans la littérature chinoise : rompant avec la narration linéaire, ce roman en courts chapitres entrecroise les monologues intérieurs de personnages qui vivent sensiblement les mêmes événements, la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne.

 

9782877301602

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Bi Feiyu (né en 1964)

Né en 1964 à Xinghua dans la province du Jiangsu. Bi Feiyu passe son enfance et sa jeunesse à la campagne. Il commence à écrire très tôt, d'abord des poèmes, ensuite des nouvelles et romans, dont plusieurs ont été couronnés par des prix littéraires, dont le prestigieux Man Asia Prize 2010 pour Trois soeurs.

Tous les livres de Bi Feiyu.

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Les aveugles
Bi Feiyu, Picquier, 2011

22.00

Voici donc l'histoire d'une confrérie de masseurs aveugles spécialisés dans les massages thérapeutiques relevant de la médecine traditionnelle chinoise. Une petite communauté dont nous découvrons la vie, les sensations et sentiments, comment ils travaillent, tombent amoureux, espèrent un avenir meilleur, Ce sont des récits alertes et pleins de saveur, à l'écriture rapide, souvent drôle, précise, lyrique, parfois pleins d'excès ou d'une indéfinissable étrangeté. Bi Feiyu a songé à ce livre pendant vingt ans avant d'entreprendre sa rédaction, cherchant dans la fiction les moyens de rendre justice aux non-voyants qui l'ont inspiré et l'ont impressionné par leur recherche du bonheur, souvent plus joyeuse et volontaire, dit-il, que celle des voyants.

Traduit par Emmanuelle Pechenart

9782809702828

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L'Opéra de la lune
Bi Feiyu, Picquier, 2003

11.00

Comment, à quarante ans, vivre l'idée d'être à nouveau Chang'E, l'héroïne immortelle qu'on a incarnée vingt ans plus tôt sur les planches de l'opéra de Pékin ? C'est la chance qui s'offre à Xiao Yanqiu, l'héroïne de L'Opéra de la lune. Pourtant, vingt ans plus tard, Xiao a perdu de sa superbe. Elle n'est plus cette jeune chanteuse orgueilleuse, mais une femme devenue grosse, épouse d'un policier sans relief, et a quitté la scène depuis longtemps pour se consacrer à l'enseignement. En retrouvant le rôle de cet idéal qu'elle n'a jamais voulu cesser d'incarner, Xiao sort de sa torpeur, redevient arrogance. Elle seule est Chang'E. Plus question dès lors de laisser sa jeune doublure monter sur les planches. Bi Feiyu convainc magnifiquement de la douleur de la femme vieillie et pathétique, de son acharnement à se dépasser. De son désarroi enfin : le maquillage seul fait-il le personnage ?

 

9782877306829

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De la barbe à papa un jour de pluie
Bi Feiyu, Actes sud, 2004

12.90

De la barbe à papa... suit le destin tragique d'un fils de militaire, héros de la guerre de Corée, embrigadé contre sa volonté sur le front du Viêtnam. Nous le suivrons dans la folie qui le gagne et le conduit à la mort, comme à une délivrance.

9782742747665

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Can Xue (née en 1953)

Marquée dans son enfance par l’épuration que subit son père, journaliste du Hunan étiqueté «droitier», Can développe dans ses récits un imaginaire panique proche des grands auteurs fantastiques occidentaux, Kafka en tête, où l’horreur le dispute au burlesque. C’est noir et ça grince. Chaque récit se construit en une allégorie cauchemardesque où les valeurs traditionnelles de la culture chinoise sont brossées négativement. La crudité, la dérision, l’absurde ne sont jamais déconnectés de la réalité vécue dans le carcan bureaucratique du système. Peu de lumière, peu d’espoir ici, les élans retombent dans les tracasseries administratives, tout, jusqu’aux éléments naturels, est coercitif, carcéral, sans issue. Une œuvre dérangeante, une façon radicale de témoigner qui a eu bien du mal en Chine à trouver le chemin des librairies.

 

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La Rue de la boue jaune
Can Xue, Bleu de Chine, 2001

19.67

Dans cette rue misérable et isolée de la ville, on vit au rythme des intempéries et des horaires de l'usine. Des rumeurs circulent au sujet de la diffusion d'un document officiel. Un climat de paranoïa s'installe dans cette rue où chacun épie son voisin, vit dans l'obsession d'un complot et interprète le moindre incident. Morts, disparitions mystérieuses et phénomènes surnaturels se multiplient.

9782910884314

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Eileen Chang (1920-1995)

Elle est issue d’une grande famille de mandarins et est éduquée à l’occidentale dans la Shangai des Concessions. Les romans qu’elle publie en Chine dans les années 1942-1947, avant un exil définitif aux USA, tournent le dos à la tragédie que vit alors la République pour se tourner vers l’analyse au scalpel des turpitudes et des passions d’une société en décomposition. Toutes ses héroïnes sont saisies par une aspiration vers la lumière qu’elle doivent conquérir contre les démons - intérieurs parfois - du pouvoir et de l’argent (La Cangue d’or).

 

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Lust caution
Chang, Eileen, 10/18, 2009

Collection : Domaine étranger
7.50

Shanghai au tournant des années 1930, ville cosmopolite et société tiraillée entre archaïsme et modernité. C'est dans ce décor insolite et raffiné en trompe-l'oeil qu'évoluent, avec grâce et une suprême élégance, les héroïnes des quatre nouvelles réunies dans ce recueil. Eileen Chang évoque ainsi plusieurs destins de jeunes filles qui découvrent, chacune à sa manière, le frisson annonciateur des premiers émois, les élans du cœur, l'ivresse de la passion. Mais qui toutes finissent, au terme de leur éducation sentimentale, par se brûler les ailes à la flamme d'un amour impossible.

Traduit par Emmanuelle Péchenart.

9782264048493
Un amour dévastateur
Chang, Eileen, L'Aube, 2008

Collection : Regards croisés
8.20

Depuis son divorce, Lio-Su vit dans la demeure familiale de Shanghai. Ses nombreuses soeurs n'étant pas encore mariées, un remariage est inimaginable avant que les autres ne soient casées. Et pourtant... un jeune prétendant sans foi ni loi courtise de façon éhontée notre héroïne ! Lio-Su peut-elle céder à cette cour tendre et fantasque ?

Traduit par Emmanuelle Péchenart.

9782752604040

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Ch'en Ying-Chen

L'Ile verte (nouvelles)
Ch'en Ying-chen, Bleu de Chine, 2000

18.14

Taiwan, île au passé tourmenté, séparée du continent en 1949, terre misérable propulsée dans la modernité et dans le progrès économique à partir des années 60 et livrée simultanément aux appétits des multinationales, sécrète tout naturellement les thèmes de l'exil, de l'aliénation et de l'oppression. Chez Che'n Ying-chen, écrivain engagé et chantre de la littérature native, cette conscience sociale s'incarne dans un motif narratif récurrent, celui de la rencontre entre deux solitudes ou entre deux êtres laissés pour compte : le soldat du continent et la prostituée (L'île verte) ; le G.l. noir et l'entraîneuse indigène (Les Roses de juin); un homme et une femme nés de part et d'autre du détroit que réunit une même révolte contre l'emprise américaine (Convoi nocturne). Plus idéalistes au début, plus proches des réalités économiques et sociales dans leur deuxième période, les nouvelles de Ch'en Ying-chen créent des ambiances tantôt mélancoliques,tantôt satiriques, peuplées de personnages dont les histoires se répondent et semées de symboles (texte de présentation).

 

9782910884338

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Gao Xingjian

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Une canne à pêche pour mon grand-père
Gao Xingjian, Points, 2009

Collection : Points
6.00

Six nouvelles où se mêlent des souvenirs d'enfance, les bonheurs simples de l'amour et de l'amitié, le pays natal et ses lieux familiers, comme des instantanés de la Chine. Gao Xingjian évoque ici ses sentiments et ses rêves, avec justesse, pudeur et poésie.

9782757812082

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Le livre d'un homme seul
Gao Xingjian, Points, 2008

Collection : Points
8.00

L'autobiographie déploie toutes les ruses pour faire éclater le carcan du genre : recours à l'anecdote, petites saynettes, notations de voyage, insertion de petits essais sur l'art ou la philosophie, articles (faussement) journalistiques sur la vie quotidienne en Chine (et ailleurs...), retour sur l'histoire familiale.

Traduit du chinois par Noël et Liliane Dutrait.

9782757804513

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La Montagne de l'âme
Gao Xingjian, Points, 2007

Collection : Points
8.50

Petits récits des amours de hasard, parfois pas de hasard, notations ethnographiques, rêveries déployées dans des espaces fantastiques ou mystiques, etc. Cet ensemble n'est disparate qu'à l'analyse. Sa cohérence interne c'est la voix d'un homme, l'écriture faite voix, inlassable, irrépressible. Empruntant tous les atours de la fiction, elle n'est jamais fictionnelle. C'est la musique qui s'échappe de l'âme d'un désespéré radical, d'un exilé définitivement perdu à toute patrie, à toute illusion - même des sens, de la chair parfois comblée -, imperméable fondamentalement à toute idéologie, inassimilable à jamais par quelque pouvoir que ce soit. À jamais étranger, Gao glisse à la surface du monde avec un appétit de vivre que chaque plaisir, chaque rencontre aiguise à nouveau, comme s'il fallait jusqu'au bout saisir tout ce qui se présente pour poser la même question et s'entendre dire qu'il n'y a pas de réponse.

 

Traduit par Noël et Liliane Dutrait.

9782757804506

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Jia Pingwa (1952-)

Jia Pingwa est né en 1952. Il a été contraint par la révolution culturelle d'interrompre ses études pour se faire paysan pendant cinq ans. Entré en 1972 à l'université de Xian, il s'est rapidement imposé comme un écrivain important. Il est l'auteur d'un recueil de nouvelles, Le porteur de jeunes mariées, et d'un roman, Le Village englouti.

Le Porteur de jeunes mariées
Jia Pingwa, Stock, 1998

Collection : Bibliothèque cosmopolite
7.62

Un recueil de trois récits écrits dans la manière du conte classique, entretenant sciemment un doute sur l'époque où ils se déroulent, comme pour pister une Chine éternelle dans cette province de Shaanxi livrée aux traditions et aux superstitions. C'est là la première manière de Jia, une littérature du «retour aux racines», étayée par une solide connaissance et de la littérature classique et du terrain.

9782234049147

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La capitale déchue
Jia Pingwa, Stock, 1997

Collection : Nouveau cabinet cosmopolite
24.39

«En 1993, c'est un roman qui se déroule en milieu urbain, La Capitale déchue, qui défraye la chronique. Il sera interdit - taxé de pornographie par les autorités -, mais continuera à circuler. Un vaste débat s'engage alors dans le monde de la critique : s'agit-il là, à l'instar des romans classiques Ming du nouveau grand roman érotique chinois décrivant une société décadente - le milieu intellectuel de Xi'an ? S'agit-il au contraire d'un roman pornographique, décrivant avec complaisance des situations et des personnages connus de l'auteur, mais publié dans un seul but commercial ?

C'est certainement un peu tout cela. Le roman touche à deux tabous encore très forts dans la société chinoise : la sexualité et la vie politique - ici, les agissements des officiels de la ville de Xi'an. Le fait qu'il témoigne du glissement d'un écrivain rural vers le milieu urbain est révélateur de l'évolution de la Chine, qui passe en quelques années d'une société paysanne à une civilisation urbaine.» (Noël Dutrait, Petit précis à l'usage...)

 

Traduit par Geneviève Imbot-Bichet.

Prix Fémina étranger.

9782234046221

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Chi Li (née en 1957)

Elle se rattache résolument au courant dit néoréaliste, terme qu’il faut se garder de connoter à l’occidentale.

Ses premiers romans sont de facture volontairement «classique» et font appel à un genre de longtemps pratiqué en Chine, un hybride entre conte et reportage, chacun de ces termes tenant l’autre à distance et laissant planer une délicieuse ambiguïté, sans compter que le premier atténue le second aux yeux du censeur.

On y voit les petites gens en galère, luttant continûment pour le moindre achat, la satisfaction du moindre désir, jusqu’à celui de se rendre aux toilettes publiques. L’observation des mœurs de la société chinoise en voie d’urbanisation et de leur transformation au contact des valeurs occidentales est au centre de son propos.

Tous les livres de Chi Li.

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Le show de la vie
Chi Li, Actes Sud, 2011

18.00

Dans la rue Jiquing, le quartier des restaurants de plein air, Lai Shuangyang vend des cous de canard. Femme forte, femme du peuple, par son courage mais aussi par sa capacité à se débrouiller, voire même à se transformer en harpie, cette héroïne de la Chine de toujours peut faire bouger l'ordre des choses. Où l'on retrouve la force, la saveur... et l'inimitable rosserie de Chi Li.

Traduit par Hervé Denès.

9782742794942

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Trouée dans les nuages
Chi Li, Actes sud, 2004

Collection : Babel
6.50

C'est un couple sans histoire.
Tous deux approchent de la quarantaine et leur seul regret est de ne pas avoir réussi, en quinze ans de mariage, à avoir d'enfant. a la suite d'un repas d'anciens camarades de classe, l'impeccable façade conjugale se fissure : le soir même la jeune femme demande à son mari de relater, année par année, ce qu'il a fait dans sa vie. elle lui révèle à son tour certains épisodes de son passé, parfaitement consciente de l'effet dévastateur que ses aveux auront sur lui.
Soir après soir, ils affrontent - et creusent - le gouffre qui les sépare, dans un huis clos cruel et bientôt meurtrier...

Traduit par Isabelle Rabut

9782742747375

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Préméditation
Chi Li, Actes sud, 2002

14.00

Dans son dernier roman, Chi Li s'engage dans la voie du roman historique pour nous donner une chronique familiale au ton très distancié, un aperçu des trajectoires inverses de deux familles entre 1920 et 1950.

 

Traduit par Angel Pino.

Format poche.

9782742740949

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Dai Houying (née en 1938)

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Étincelles dans les ténèbres
Dai Houying, Seuil, 1987

21.40

Ce roman est inspiré des événements que Dai a vécus dans les années de la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne. On se demande comment on peut en réchapper. Autour d'elle, une hécatombe de suicidés (son oncle, puis le poète Wen Jie qu'elle voulait épouser), de trahisons (son mari, qui demande le divorce tandis qu'elle est arrêtée)... Sous des noms d'emprunt tous ces protagonistes sont présents dans une «fiction» où sont exposés les contradictions et les remords d'intellectuels, victimes les uns des autres, parvenus à des postes de responsabilité, ayant tour à tour été de ces jeunes enragés qui enfonçaient la tête des rescapés, avant d'être à leur tour critiqués et exposés, pancartes au cou, par de plus jeunes. La fièvre, retombée, une femme lucide et courageuse fait son aggiornamento sous la résurgence de son propre humanisme qu'elle croyait perdu.

 

9782020097628

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Lu Wenfu

Né en 1928 près de Suzhou, dans le Jiangsu, il fut journaliste à Nankin. Après quelques nouvelles, il devient écrivain professionnel et adhère aux idéaux du mouvement des Cent fleurs. Victime une première fois de la campagne antidroitière, il est réhabilité en 1960, purgé en 1965 et «déporté» aux champs, il rentre en grâce en 1978. Depuis, il est un écrivain prolifique, auteur de nombreuses nouvelles dont le caractère social ne s’est jamais démenti.

Toutes ses histoires ont pour cadre sa région et sa ville de Suzhou, la Venise chinoise. C’est là un indice qui laisse à penser que, tout en se révélant un exceptionnel conteur, Lu réduit la distance entre la fiction et sa propre expérience.

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Vie et passion d'un gastronome chinois
Lu Wenfu, Picquier, 1996

6.50

Lu utilise ici la métaphore de la cuisine, de la tradition gastronomique chinoise pour peindre l'opposition entre deux attitudes à son égard : épicurisme, représentée par le capitaliste Zhu Ziye, et ascétisme de l'idéaliste révolutionnaire Gao, qui pense ne pas pouvoir jouir des saveurs qu'offre la nature si d'autres n'y ont pas accès. Et Lu d'enfoncer le clou en suggérant que tel était déjà le debat dans la Chine des Tang.

 

9782877302708

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Nid d'hommes
Lu Wenfu, Seuil, 2004

Collection : Points
9.95

Au début des années 40, Xu Dawei, un jeune lettré, fils de famille, hérite d'une demeure traditionnelle à Suzhou, " la Venise chinoise " située non loin de Shangaï.
Imprégné des idéaux socialistes, il introduit, avec l'aide de son cousin, un groupe d'étudiants dans cette demeure où va se cristalliser la tourmente révolutionnaire chinoise. À mi-chemin entre roman et autobiographie, Lu Wenfu, retrace avec humour et amertume, l'histoire des intellectuels dans les turbulences inouïes de l'aventure maoïste. Xu Dawei et sa bande de sept amis incarnent l'esprit de la Chine nouvelle, de ses élites lettrées et progressistes, trahies aussi bien par les nationalistes que par les communistes.
De cette oeuvre, imprégnée par la poésie des romans classiques chinois, émane la tendresse et la fidélité émouvante que Lu Wenfu éprouve toujours pour ses personnages et leurs idéaux de jeunesse.

Traduit par Chantal Chen-Andro

9782020635219

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Diao Dou (né en 1960)

Une grande homogénéité dans ces courts romans ou nouvelles d’un émule chinois de Borges. Les intrigues policières aussi tordues que les névropathes qui tuent, ou sont tués, sont secondaires par rapport aux causes qui amènent les personnages à la délinquance : la promiscuité familiale, des conditions de vie telles que tout épanouissement personnel ne peut éclore que dans la déviance.

Le thème du double mimétique est omniprésent ici, deux à désirer le même objet, la même femme : l’un est de trop. Sous la plume de Diao, ces trios démoniaques s’enfoncent allégrement dans des zones d’où l’on ne revient pas.

 

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Solutions
Diao Dou, Bleu de Chine, 2003

10.00

Une série d'agressions nocturnes, des "blessures au postérieur", trouble la tranquillité d'une petite ville du Nord de la Chine.

Les femmes, principale cible de ces agressions, hésitent à sortir seules la nuit. Seize cas de ce genre de blessures ont déjà été enregistrés et l'agresseur redouble d'activité.

Traduit par Véronique Woillez.

9782910884574

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Feng Jicai (né en 1942)

Très renommé en Chine, Feng est un écrivain charnière qui considère que le passé doit éclairer le présent. Ses romans peignent la vie quotidienne des petites gens de sa ville natale Tianjin. Il situe nombre de ses récits dans la période fin des Qing et début de la République. Il est aussi un peintre célèbre et la réflexion sur l’art est au centre de ses préoccupations. Son écriture joue de tous les registres, fantastique, truculences du parler populaire, raffinements du conte classique, comme on le verra dans le recueil Le Petit Lettré de Tiaujin.

Très discret sur ce qu’il a subi durant la Révolution culturelle, il a choisi de faire parler les Chinois ordinaires et a été un des promoteurs de la «littérature de reportage»: en témoigne le recueil L’Empire de l’absurde. Abandonnant alors sa première manière, il a assigné à l’écrivain une mission qu’il définit ainsi : Responsabilité.

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La natte prodigieuse
Feng Jicai, You Feng, 1990

12.96

"Je ne suis en rien l'égal de maître Suo, ni par le rang social, ni par mes origines, ni par mes compétences ! Je ne vaux pas même un pet, comparé à vous, maître Suo!"

Avec l'air de dormir debout, Suo Tianxiang attendit que Benêt le Second eut fini de parler, puis déclara sur un ton glacial:

"Ce n'est pas toi qui prétendais s'écraser comme une punaise avec je ne sais quelle "natte prodigieuse" ?"

Sa voix était rauque et forte, son ton, condescendant.

"Je ne suis pas aussi insensé ! Maitre Suo, je..."

La gorge serrée par une soudaine peur, Benêt Le Second ne put achever sa phrase. Les yeux toujours à peine entrouverts, Suo Tianxiang reprit:

"Bon, dis-moi qui t'a appris à te battre ?"

"Le petit don que j'ai m'a été transmis par mon père"

"Ecole ? Tendance ?"

"Ecole ? Tendance ? Je ne sais pas, son pêre m'en a rien dit."

9782906658318

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Ge Fei (né en 1964)

Voici ce qu’il est convenu d’appeler un écrivain atypique. Le public français peut lire cinq nouvelles de cet auteur, dont quatre sont regroupées en paires.

Elles ont en commun, en plus d’une unité géographique - le bas bassin du Yangzi -, une approche onirique, séquentielle, de la réalité vécue. Omniprésence de l’élément liquide, sous forme de fleuve, rivières, ou encore d’une pluie incessante. Les premiers se traversent et permettent de symboliser le passage, la seconde dissout et dilue les événements dans un temps qui s’efface et ne s’ouvre à la mémoire que comme une trouée de soleil dans un ciel de mousson. Rien ici n’est jamais résolu, chaque récit, dans une économie de moyens adéquate, semble hésiter entre le travestissement des faits remontés à la surface et le désir de les préserver en les taisant. C’est une véritable morale d’écrivain que celle de Ge : la vérité ne reste telle que non dite, mes récits ne sont que des falsifications, mais ce n’est qu’ainsi que je puis me livrer au monde…

 

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Nuée d'oiseaux bruns
Ge Fei, Picquier, 1996

13.00
Epuisé

Un commandant revient dans son village natal pour une mission secrète, mais l'oubliera en sept jours fatidiques, pour une femme aimée en secret dans sa jeunesse. Un écrivain s'acharne à écrire un livre mystérieux s'apparentant, dit-il, aux prophéties de saint Jean, et qu'il veut dédicacer à sa jeune épouse morte le jour de ses noces. Les protagonistes de ces récits tentent de décrypter leur propre histoire en entraînant le lecteur dans une spirale de révélations et de coïncidences, où la réalité se dérobe sans fin.

Traduit par Chantal Chen

9782877302586

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Mo Yan (né en 1956)

Mo Yan est un authentique paysan qui a été éduqué par le nouveau régime, au sein de l’armée où il s’était engagé afin d’échapper à la famine. D’emblée, il est dégagé des influences de la littérature classique, mais non de l’orale, puisque le répertoire des contes traditionnels du Nord berça son enfance.

Puis, au fil des publications, on le sent s’investir de plus en plus dans des recherches de forme, de construction.

Comme ses deux phares avoués, Faulkner et Garcia Marquez, Mo a voulu ancrer son œuvre dans une géographie littéraire imaginaire mais plausible, plus susceptible d’accueillir ses sagas claniques. Mais ce qui diffère de ses modèles, c’est que l’histoire ne peut rester un élément vague et de second plan.

Il a une sensibilité hypertrophiée à tout ce qui est la démesure des fonctions naturelles du corps. Il convient de rappeler que nous devons tenir compte d’un relativisme culturel (qui doit donner des sueurs aux traducteurs de Mo Yan) : le Chinois étant plus à l’aise que nous avec les choses de la nature et du corps, pour secouer son lecteur, l’écrivain est obligé de mettre la barre bien plus haut.

Tous les livres de Mo Yan.

 

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Grenouilles
Mo Yan, Seuil, 2011

Collection : Cadre vert
22.00

«Vous avez dit que l'image de cette femme médecin s'était imprimée dans votre cerveau, qu'elle roule à vive allure à bicyclette sur la rivière gelée ou que, sa trousse de secours au dos, un parapluie à la main, les jambes du pantalon retroussées, elle prenne de vitesse des légions de grenouilles.»

Têtard, le narrateur, écrit ces lignes à un grand romancier japonais, son maître, pour lui annoncer qu'il est en train de composer une pièce de théâtre dont la matière est puisée dans la vie et les hauts faits de sa propre tante, une célèbre gynécologue qui a fait de la mise en place du planning familial sous Mao son cheval de bataille. Autour de la personnalité à la fois fascinante et terrifiante de la tante se déploie la longue histoire des familles et des femmes du village, depuis les campagnes d'avortements forcés jusqu'aux dérives et délires de notre époque. Le destin de la tante s'achève en farce, entre horreur et grotesque, dans le «grand oeuvre» de son neveu Chen le Pied dit Têtard, victime consentante, témoin médiocre et écrivain maladroit.

Avec Grenouilles, roman de facture audacieuse, au style inventif et à l'humour corrosif, Mo Yan poursuit la construction d'une des oeuvres littéraires les plus importantes de notre temps. Il propose ici un regard singulier, entre adhésion et distance critique, sur la politique de l'enfant unique.

Traduit par Chantal Chen-Andro.

"Un roman précis comme un documentaire, aussi effrayant qu'ubuesque." Lire du 01/09/2011

"Convaincant, le roman s'inscrit dans la continuité de La Dure Loi du Karma (Seuil, 2009). Le projet est moins ambitieux, mais le souffle est le même. On retrouve le long phrasé savoureux et moqueur de l'un des meilleurs écrivains chinois." Le Monde du 19/08/2011

9782021024005

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Le Clan du Sorgho
Mo Yan, Actes sud, 1990

14.00

La transcription d'un récit que le petit Mo Yan a entendu enfant (c'est lui le narrateur): la geste héroïque des gens de son village face à l'envahisseur japonais.

Traduit par Pascal Guinot et Sylvie Gentil.

9782868695475

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Beaux seins, belles fesses
Mo Yan, Seuil, 2005

Collection : Points
10.00

C'est une saga familiale qui embrasse cent ans de la vie du village natal, une fête kaléidoscopique en forme d'hommage aux femmes, à la terre, à cette culture tellement riche et variée qui mêle moines, dragons, commissaires politiques. On y touche du doigt cette indestructible force vitale des campagnes chinoises, cette capacité à résister aux humiliations infligées au long du siècle le plus dramatique de son histoire. Loin de la déploration «humanitaire» il s'en dégage un optimisme vital qui devrait nous être une leçon.

 

Traduit par Noël Dutrait.

"Il y avait du Malclom Lowry dans le précédent roman de Mo Yan, "Le Pays de l'alcool". Il y a du Gabriel Garcia Marquez dans "Beaux seins, belles fesses", son nouveau brûlot, roman-fleuve de plus de 800 pages, éblouissant, macabre, hilarant, tellemnt iconoclaste qu'on se demande comment la censure a laissé éditer, en 1995, ces "Cent ans de sinitude"." L'Express du 01/01/2007

"C'est dans son roman charnu et sensuel "Beaux seins, belles fesses" que l'écriture de Mo Yan prend sa dimension. (...) Entre réalisme et fantastique, rêve, cauchemar et réalité, Mo Yan déroule les vagues d'un récit prodigieux qui charrie l'histoire et la légende." Télérama du 01/01/2007

9782020799096

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Le pays de l'alcool
Mo Yan, Seuil, 2004

Collection : Points
7.95

L'inspecteur Ding Gou'er mène une enquête sur une rumeur de trafic de chair d'enfants dans la ville minière de Jiuguo...
Très vite, le réalisme survolté du récit s'imprègne de fantastique ; le rêve fait irruption dans la réalité, et le héros intrépide, qui ne dessaoule jamais, entre de plain-pied dans l'imaginaire immémorial de ce coin reculé de la Chine.
En contrepoint, le narrateur livre sa correspondance avec un certain Li Yidou, apprenti romancier qui réside à Jiuguo, et dont les ?uvres attisent le fantasme des festins d'enfants ou exaltent les vertus de l'alcool, viatique des Immortels.
À la faveur de ce dispositif complexe et maîtrisé, l'auteur déchaîne sa verve satirique sur le mode du picaresque et du réalisme magique. Les morceaux de bravoure se succèdent et le texte devient une sorte de roman visionnaire : les enfants de Mao, initiés aux arcanes de l'éternité, retrouveront-ils le secret de l'âge d'or ?

Traduit par Noël et Liliane Dutrait.

9782020635202

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Guo Xiaolu (née en 1973)

Guo Xiaolu, comme son héroïne, est née dans un petit port de pêche du sud de la Chine. La Ville de pierre est déjà son second roman. Elle est également scénariste, a publié des recueils d’essais et d’articles sur le cinéma et réalisé plusieurs documentaires.

 

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Vingt fragments d'une jeunesse dissolue
Guo Xiaolu, Buchet-Chastel, 2009

17.00

Née au coeur de la Chine rurale, Fenfang a parcouru des milliers de kilomètres pour trouver son bonheur à Pékin et ne plus jamais revoir les champs de pommes de terre douces et interminables de son enfance. A dix-sept ans, elle rencontre dans la mégapole chinoise l'assistant d'un producteur de cinéma avec qui elle emménage...avant de le quitter presque aussitôt.
Déterminée à vivre pleinement une existence moderne, Fenfang, tout en travaillant comme femme de ménage dans la salle de cinéma des Jeunes Pionniers, tombe amoureuse d'hommes de moins en moins convenables.
Et à la recherche de rôles-titres pour satisfaire ses ambitions d'actrice, elle ne doit se contenter que de quelques dialogues ici et là. Frustrée, elle décide alors d'écrire pour dérouler sa vie...
Ce troisième roman de Xiaolu Guo, illustré de photos de Pékin, est tout autant un regard sur la vie quotidienne dans la capitale que sur le parcours d'une jeune Chinoise très moderne et assoiffée de beauté.

9782283023556

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Han Shaopong (né en 1953)

Han est l’initiateur de ce que l’on a appelé la littérature de la recherche des racines, traduction horriblement restrictive qui ne rend en rien la complexité de la démarche de ces écrivains, et qui les ferait régresser au rang d’écrivains du terroir. Une fois de plus, nous avons bien du mal à rendre dans des catégories occidentales la fluidité de la pensée chinoise.

 

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Bruits dans la montagne
Han Shaopong, Gallimard, 2000

Collection : Du monde entier
12.70

«Si je n'avais pas rencontré quelqu'un parlant par inadvertance sous l'effet de l'alcool, je n'aurais rien connu de l'habitude qu'il y a ici de tuer le premier fils. Les femmes de la région se marient toujours le ventre saillant, pour prouver leur capacité à enfanter. C'est pourquoi leur premier fils, suspect quant aux liens du sang, est secrètement noyé par la famille de l'époux.» (extrait)

 

Traduit par Annie Curien

9782070747436

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Femme, femme, femme
Han Shaogong, Picquier, 2000

Collection : Picquier poche
7.00

Tissé d'images et de mémoire, Femme, femme, femme dépeint le cycle de la vie d'une vieille femme chinoise, docile et mesurée, élevée dans le moule de l'éducation orientale.
Comme en écho lui répondent deux femmes, sa filleule et sa sœur. Le récit est fait de fragments de souvenirs, d'associations d'idées, de murmures et de chuchotements, d'anecdotes de la vie quotidienne - rumeur de voix qui est une source d'inspiration et d'observation de la conscience humaine.
Dans les nouvelles de Han Shaogong, il y a aussi ces paysages d'eau et de montagnes, cette atmosphère empreinte de mystère, ces voyages fantastiques dans le monde séculaire des campagnes chinoises habitées de légendes et de superstitions.
Imprégnées de doute et de solitude, elles invitent en effet au voyage.

Traduit par Annie Curien

9782877304740

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Hong Ying (née en 1962)

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Une fille de la faim
, Seuil, 2000

21.20

Roman autobiographique. Après l'éveil à l'extase amoureuse dans les bras d'un universitaire qui se suicide peu après, elle entreprend une dérive à travers la Chine de l'intérieur, puis rejoint les milieux contestataires au moment de Tienanmen.

 

9782020335980

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Le Livre des secrets de l'alcôve
Hong Ying, Seuil, 2003

19.00

C'est depuis Londres, où elle émigre ensuite, qu'elle écrit et publie Le Livre des secrets... au titre un peu racoleur. Nous sommes dans les années 30 à Wuhan, où un jeune professeur d'anglais, Julian Bell, neveu et proche de Virginia Woolf, entame une liaison combustible avec l'épouse du recteur de son université qui lui apprend les arcanes de l'extase amoureuse selon le taoïsme. Si cliché il y a, il n'est que dans notre a priori à l'égard de l'art chinois de la jouissance. Derrière est un très beau roman sur deux mondes disjoints culturellement entre lesquels les corps conjugués jettent un pont, hélas bien fragile et caduc, face aux séismes de l'histoire.

 

9782020412599

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Huang Fan (né en 1950)

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Le Goût amer de la charité
Huang Fan, Flammarion, 2004

16.00

Un court premier roman couronné par le plus prestigieux prix à Taiwan. Le héros, comme son créateur, connu aussi pour des romans du type terroir, vient de la campagne et c'est à l'aune de sa tradition que l'urbanisation forcenée de Taiwan est regardée. C'est un petit étudiant qui débarque à Taipei et loge dans un immeuble collectif où vivent des individualités fort différentes, une mixité sociale, comme on le dit, assez ahurissante, source d'anecdotes, de rencontres - dont l'amoureuse - et, bien entendu, de petits conflits. La propriétaire de l'immeuble, sans descendance, fait un legs «par appartement» et chacun des locataires se retrouve propriétaire. Ces chamailleries sans conséquences qui ponctuaient le quotidien vont s'amplifier (jusqu'à l'horreur), puisque la propriété a changé les rapports. Une charge en règle contre la société marchande et la perte des valeurs communautaires.

 

9782080686879

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Hwang Chun-ming (né en 1939)

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Le Gong
Hwang Chun-ming, Actes sud, 2001

15.00

C'est un roman picaresque typiquement taiwannais où l'on peut observer l'arrivée de la modernité dans l'île auparavant maintenue dans un certain état de pauvreté par le colon japonais. Les petites gens assistèrent éberlués à l'occidentalisation à marche forcée, sous la férule des généraux. Le roman fait entendre les frictions grinçantes entre l'esprit tout en superstitions des personnages, la survivance en eux d'une morale religieuse bouddhiste de la responsabilité et les nouveaux comportements, qu'un darwinien dirait «adaptatifs», nécessaires à la survie dans le nouveau contexte.

 

9782742735501

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Jiang Yun (née en 1954)

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Délit de fuite
Jiang Yun, Mercure de France, 2001

11.90

Deux nouvelles ici. Dans la première, Fuite immobile, un professeur de lettres, Lin Ze, mène une existence solitaire et insipide. Invité chez un collègue, il va découvrir l'amour auprès de Ma Dan, vieille fille mièvre et désuète qui vit dans un dortoir et ressasse un amour de jeunesse. Mais elle disparaît de sa vie aussi vite qu'elle y est entrée. Autour de personnages à la fois ridicules et mystérieux, l'auteur nous livre un efficace et cruel récit de la communication impossible, de l'étrangeté aux autres et à soi-même.

Dans la seconde, Lumière des ténèbres, Fan Xilin, en balade dans une petite bourgade, se réjouit de pouvoir admirer le fleuve Jaune. Mais c'est à un autre spectacle qu'assiste la jeune femme : celui d'une exécution publique. En opposant deux modes de regard, l'émotion suscitée par la contemplation du fleuve et le voyeurisme au spectacle d'une mise à mort, l'auteur dénonce subtilement une pratique encore courante dans la Chine contemporaine.

 

9782715223066

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Jiang Zidan (née en 1954)

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Pour qui s'élève la fumée des mûriers ?
Jiang Zidan, Bleu de Chine, 2004

18.00

Ce dernier roman met face à face l'écrivain et son personnage. Jiang résout à sa façon la question de la place de l'auteur dans le récit, en renouant avec une manière de raconter distanciée, celle qu'utilisaient les conteurs de la tradition orale. Voici mon héroïne, je peux la faire aller là où je veux, lui faire vivre ce que je veux, lui choisir ce destin-ci plutôt que cet autre, oui, mais... Mais l'héroïne résiste et s'impose, elle échappe, elle a sa propre logique. Et, finalement, si c'était elle qui menait la narration ?

Car c'est bien d'une autobiographie qu'il s'agit et c'est le personnage qui se met à raconter la vie de son auteur. Univers très féminin où le corps subit l'attrait et la violence des hommes tandis que l'âme suit un autre parcours qui conduit à une sagesse intemporelle.

 

9782910884765

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Leung Ping-kwan (né en 1948)

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Iles et continents
Leung Ping-kwan, Gallimard, 2001

13.00

Dénominateur commun à ces six nouvelles : la ville de Hong Kong où est né, vit et écrit Leung. Unité de lieu et de temps, variété des approches, même s'il est un je de narrateur qui parle de bout en bout. Hong Kong donc, même «en creux» lorsqu'il est à Prague ou à New York : il ne peut s'empêcher de se livrer au comparatisme. La dernière nouvelle en particulier, journal distendu d'un amour contracté sur un bateau irréel, chargé de représenter tous les interstices entre toutes ces Chines diasporiques, îles et continents quittés, retrouvés, perdus comme autant d'enfances. Le texte nous semble tiré de la brume, fragmentaire, arraché au néant, comme si l'on tentait de recoller les morceaux d'une civilisation engloutie. Auteur à suivre et à confirmer sur de futures traductions que l'on espère...

 

9782070763092

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Li Ang (née en 1952)

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Nuit obscure
Li Ang, Actes sud, 2004

17.90

Un étudiant en philosophie, spécialiste d'éthique, vient trouver un chef d'entreprise pour lui révéler que son épouse, qui a dû recourir à un avortement, était la maîtresse d'un journaliste auquel l'industriel s'est allié pour réaliser une spéculation boursière. Mais d'autres mensonges et d'autres trahisons parsèment les existences de ces personnages que semble motiver dès l'origine une soif de réussite ou de revanche. Au fur et à mesure que les indiscrétions de l'étudiant déroulent le film de leur vie, c'est toute la société taiwanaise urbaine des années 1980 et ses travers qui défilent : affairisme et corruption, brutalité et égocentrisme des relations entre les sexes - fondées sur l'incontournable triangle du mari, de l'épouse et des maîtresses -, modes occidentales et traditions japonaises, snobisme et superstitions.

Mêlant, comme Zola, l'appétit de l'argent à celui du sexe, Li Ang explore à son tour la bête humaine, crûment et sans indulgence. Face à l'épouse rangée, dont il a fait son amante, le journaliste séducteur a presque le cynisme d'un Valmont. Et même l'exigence de pureté morale se révèle, à la fin, être un leurre.

Traduit par Isabelle Rabut

9782742751853

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Tuer son mari
Li Ang, Denoël, 2004

15.00

Au lendemain de la guerre, la famine sévit à Taïwan. En échange de quelques livres de viande, la famille Lin unit Lin Shi au lubrique boucher de Chencuo. Les voisins ironisent : c'est fort d'être parvenu à troquer le maigre corps de la jeune fille contre des kilos et des kilos de viande. Jalousée pour les avantages alimentaires qu'est censée lui procurer sa situation, Lin Shi supporte les tortures que lui inflige son époux, Chen-le-tueur-de-porcs. Mais jusqu'où résistera-t-elle ?
Placé sous le signe de la mort et de la fatalité, Tuer son mari joue sous nos yeux une tragédie moderne : l'histoire d'une soumission et d'une révolte. Tendu comme un piège, ce roman emprisonne ses lecteurs, comme son héroïne, dans une spirale infernale. L'idéogramme d'un crime.

Traduit par Alain Peyraube.

9782207255889

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Li Xiao (né en 1950)

Le fils de l’écrivain Pa Kin s’est trouvé propulsé au devant de la jeune scène littéraire chinoise lorsque Zhang Yimou a adapté son roman.

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Shangai Triad
Li Xiao, Flammarion, 1995

14.94
Indisponible chez l'éditeur

Encore le Shangai des années trente : le trafic d'opium bat son plein, engendre des bénéfices faramineux et fait l'objet d'une lutte à mort entre clans rivaux. Survient le récurrent personnage du jeune cousin naïf de la campagne qui arrive comme un cheval dans un jeu de quilles : joli jouet dans les bras de la favorite du parrain, il apprend suffisamment vite pour s'en tirer et retourner la situation à son profit.

9782080672285

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Lin Yutang (1895-1976)

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Un moment à Pékin vol.1 : enfances chinoises
Lin Yutang, Picquier, 2008

Collection : Picquier poche
11.00

Ce livre a le charme des grandes fresques romanesques, où la toile de fond historique alimente les péripéties de clans familiaux. Il a aussi l'attrait plus subtil de ces romans qui, à petits points, savent restituer le dessin sensible d'une époque et nous font pénétrer dans l'intimité des désirs et des émotions qui sous-tendent les comportements. Nous sommes en 1900 : chassé par les troubles de la révolte des Boxers, M. Yao, riche commerçant épris de taoïsme et de libre pensée, quitte Pékin avec femme, enfants et serviteurs. Au cours du voyage, Moulane, sa deuxième fille âgée de dix ans, disparaît, enlevée par des voleurs d'enfants. Ainsi débute l'histoire de la famille Yao, liée à celle de M. Tseng, un confucianiste à l'ancienne mode. Relations entre générations, de maîtresses à servantes, amours interdites et mariages de raison, le lecteur se laisse emporter par la destinée de ces familles à un moment où l'ancienne Chine bascule vers la modernité. Lin Yutang, qui souhaitait tant faire connaître la vie et la culture de ses compatriotes aux Occidentaux, choisit ce moment clé du passage de la tradition aux idées nouvelles ; mais en dépit des conflits, son roman, centré sur les femmes, respire un optimisme et un bonheur de vivre qui le rendent très attachant.

9782877309950

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L'lmpératrice de Chine
Lin Yutang, Picquier, 1994

8.50

Roman historique très érudit dont l'héroïne est la terrible et fascinante Wou Zhao qui, au VIIe siècle, régna sur la Chine alors au faîte de sa puissance. D'abord concubine de l'aboulique empereur Gao Xong, elle le liquide et n'hésite pas à tuer en suivant les enfants qu'elle avait eus de lui pour garder le pouvoir tout juste conquis. Elle se sacre impératrice et tentera de fonder une dynastie. En vain puisqu'elle trouvera sur ses vieux jours un intègre juriste - ancêtre du héros de polar moderne - qui parviendra à défaire sa puissance.

 

9782877301893

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Liu Xinwu (né en 1942)

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La mort de Lao She
Xinwu Liu, Bleu de Chine, 2004

Collection : Chine en poche
6.00

Pékin, 24 août 1966 : une femme chamane et deux personnages de l'œuvre de Lao She jouent le rôle d'intercesseurs entre le grand écrivain, qui vit son dernier jour, et l'histoire, qu'il va questionner : pourquoi le crime, la violence, le mal ? Les réponses découragent l'individu Lao She qui va mourir et retrouver, dans les eaux du lac de la grande paix, la nuit du ventre maternel.
Mais l'humanité, prêtant sa voix au trio surnaturel, laisse le mot à l'espérance des lendemains.

Traduit par Françoise Naour.

9782910884727

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L'Arbre et la forêt
Liu Xinwu, Bleu de Chine, 2003

28.00

L'Arbre et la forêt est un témoignage. Mis au ban de la société chinoise des la fin des années 50, sur une simple dénonciation, puis à nouveau pendant la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne, le peintre Ren Zhong fut contraint d'abandonner tout projet personnel. Envoyé à la campagne et soumis aux travaux forcés, il ne fut réhabilité qu'à la fin des années 70, lorsque le pays entama sa période de réformes et d'ouverture. Né dans une famille convertie au catholicisme, son destin croise celui de l'auteur, qui se livre parallèlement à une sorte de confession sur son propre rôle durant la Révolution culturelle.

 

9782910884529

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Liu Yichang (né en 1927)

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Tête-bêche
Liu Yichang, Picquier, 2003

18.50

Le titre donne à lui seul tous les niveaux et les sens de ce roman qui inspira le film de Wong Kar-wai, In the mood for love. «Tête-bêche est un terme utilisé en philatélie pour désigner deux timbres reliés et imprimés en sens inverse l'un de l'autre. Pour moi c'est aussi l'intersection des temps.» L'image du miroir qui en découle est présente au long du texte, deux personnages en miroir se frôlent, se touchent mais ne sont pas dans le même espace-temps, même dans une salle de cinéma où ils se retrouvent côte à côte. Lui est un intellectuel exilé perdu dans son passé à Shangai d'où il a - comme l'auteur - émigré à Hong Kong en 1948, elle une jeune fille rêvant d'un avenir de succès dans le monde du spectacle. Le miroir c'est Honk Kong, la mégapole cauchemardesque, dangereuse, fascinante.

C'est une pièce musicale que ce roman, une composition de petits fragments contemporains de faits divers urbains sur lesquels les deux protagonistes glissent, pour enfin se fondre dans un espace onirique, chacun dans le rêve de l'autre...

 

9782877306515

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Ma Jian (né en 1953)

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Beijing coma
Ma Jian, J'ai lu, 2009

Collection : Par ailleurs
9.40

Mai 1989. Des milliers d'étudiants occupent la place Tian'anmen. De toute la Chine, des gens se joignent à la protestation et les étudiants prennent soudainement conscience de l'influence qu'ils peuvent exercer. Parmi eux, se trouve Dai Wei. Le 4 juin, alors qu'il discute avec ses amis de la démocratie, un soldat lui tire une balle dans la tête, le plongeant dans un coma profond...

Traduit par Constance de Saint-Mont.

9782290017425

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Nouilles chinoises
Ma Jian, J'ai lu, 2009

Collection : Par ailleurs
5.60

Dans la Chine contemporaine, entre communisme et capitalisme, un écrivain très pauvre rêve de voir son nom dans le dictionnaire des grands écrivains chinois. Il est chargé par le comité central du Parti d'écrire un livre à la gloire d'un contemporain qui peut être vu comme un nouveau Li Feng, héros de la Révolution. Il choisit pour modèle son meilleur ami, un donneur de sang professionnel.

Traduit par Constance de Saint-Mont.

9782290017432

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La mendiante de Shigatze
Ma Jian, Actes sud, 2002

Collection : Babel
8.50

Six nouvelles prises sur le vif, un Chinois découvre le Tibet, perd peu à peu les préjugés inculqués par le régime et découvre la misère... et la sagesse de son peuple.

Traduit par Isabelle Bijon.

9782742736805

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Chienne de vie
Ma Jian, Actes sud, 1991

8.90

Un court roman sur le destin tragique d'un professeur de dessin accusé de révisionnisme pendant la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne.

9782868696427

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Mian Mian (née en 1970)

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Les Bonbons chinois
Mian Mian, Seuil, 2002

Collection : Points
7.00

Voici un roman sur Shenzhen, la Brasilia chinoise, ville de toutes pièces créée par la nouvelle direction chinoise dans les années 80 entre Canton et Hong Kong. Son modèle est évidemment californien. C'est LA plus Las Vegas. Le roman de cet écrivaine «sulfurieuse» a aussi ses modèles là : came, suicide, déglingue, sexe, rock, est donc à verser au dossier du no future.

 

Traduit par Sylvie Gentil.

9782020551335

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Qiu Huadong (né en 1969)

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Reflets sur la rivière obscure
Qiu Huadong, Bleu de Chine, 2003

9.00

Le titre empreint de mystère dévoile son sens au terme d'un roman noir très en prise sur la Chine urbaine et contemporaine, fanatique de techniques de communication et immergée dans l'univers des médias. Évoluant dans ce milieu, chacun des protagonistes lancés dans une course au pouvoir et à l'argent, porte en lui un peu des cendres de la tradition, capables d'un bref et intempestif brasillement qui suffit à discréditer la fuite en avant d'une société qui, pour l'auteur, a pris une option suicidaire.

 

9782910884581

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Shi Tiesheng (né en 1951)

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Fatalité
Shi Tiesheng, Gallimard, 2004

Collection : Du monde entier
21.00

Voici six nouvelles, réunies sous le titre éponyme de l'une d'entre elles. Tournant le dos à l'évocation des «cicatrices» (la Révolution culturelle est à peine suggérée, avec humour, par un personnage de coureur de fond), Shi développe une écriture d'une exigence absolue : c'est, au sens propre, une question de vie ou de mort. C'est en bouddhiste qu'il se penche de nouvelle en nouvelle sur la question de la destinée, de l'enchaînement des actes et, par voie de conséquence, sur le problème de la responsabilité. Surprise : au bout ce n'est pas le silence qui répond, mais la force qui meut s'avère finalement bienveillante.

Les constructions mentales de cet auteur sont vertigineuses d'intelligence et mettent en branle des interrogations que l'Occidental approche parfois par les sciences «dures» mais sans le vertige de cette poésie.

Traduit par Annie Curien.

9782070742240

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Su Tong (né en 1963)

À la différence de ses confrères et contemporains de la même génération, Su Tong déroule ses récits dans un passé récent qu’il n’a pas connu : quête d’une origine, tentative de comprendre les ressorts de la Chine contemporaine plus que simple intérêt pour le roman historique. Portraitiste de femmes, de toutes les sortes de femmes, il tente de comprendre son peuple en approchant le tabou des tabous : le sexe.

Tous les livres de Su Tong.

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La berge
Su Tong, Gallimard, 2012

Collection : Bleu de Chine
28.50

Ku Wenxuan, secrétaire du parti d'un bourg situé dans la région du bas Yangzi, doit sa carrière en partie à la légende de sa naissance en raison de sa « filiation révolutionnaire ».
Mais au début de la Révolution culturelle, accusé par le parti d'avoir usurpé son identité et dénoncé par sa femme pour ses mœurs dissolues, il est brutalement déchu de ses fonctions. Soumis à d'éprouvantes séances de critique publique, vilipendé, puis incarcéré, il trouve refuge sur l'eau en devenant batelier. Son fils, Ku Dongliang, le narrateur - 13 ans au moment de la chute de son père, 26 à la fin -, le suit dans sa relégation et tentera sans succès de le réhabiliter.
Ce roman écrit à la première personne se déroule de la Révolution culturelle jusqu'aux années 1980. Il dépeint la Chine rurale de cette période sombre et l'atmosphère pesante qui régnait alors, le pouvoir absolu du Parti s'exerçant sur chacun. Le principal personnage de ce livre, selon Su Tong, est la Révolution culturelle même si elle n'est jamais nommée. Le roman joue sur l'histoire et l'interprétation de l'histoire : ce qui compte, au fond, ce n'est pas la vérité, mais la manière dont on l'utilise pour servir une cause, promouvoir ou abattre un autre.
Comme dans ses textes antérieurs, Su Tong écrit dans un style sobre et simple une histoire cruelle, teintée d'une violence sourde où la sexualité est omniprésente et la politique toujours en arrière plan. Un regard appuyé est mis sur les conflits familiaux, l'extrême dureté des rapports humains et sur la sexualité des personnages. 

Traduit du chinois par François Sastourne.

"Avec La berge, Su Tong prouve qu'il est à la fois un subtil calligraphe des âmes et un dragon redoutable quand, de sa langue brûlante, il foudroie la Chine de la dictature maoïste." Lire du 20/01/2012

9782070131266

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Épouses et concubines
Su Tong, LGF, 2004

Collection : Biblio/Romans
4.50

Chen Zuoqian regardait par la fenêtre la rue sous la bruine, le coeur empli de curiosité mais aussi d'une certaine émotion, comme il n'en avait jamais ressenti lors de ses trois mariages précédents.
Lorsqu'il aperçut Songlian approcher d'un pas nonchalant, en s'abritant sous un parapluie de soie à petites fleurs, Chen Zuoqian avait souri d'un air satisfait. Elle était aussi belle et fraîche que ce qu'il avait imaginé, et si jeune !
Songlian a dix-neuf ans, elle est étudiante, elle est belle... mais la ruine de sa famille l'oblige à devenir la quatrième épouse du riche Chen Zuoqian. Dans le huis clos de sa nouvelle vie, elle va découvrir la seule loi qui compte : celle de la séduction.
Car la favorite de la nuit est la maîtresse de la maison.
Jalousie, possession, haine, pouvoir : quatre femmes se livrent une lutte à mort pour le plaisir du maître, dans la chine des années 20 encore féodale, incroyablement archaïque...
Révélation majeure de la jeune littérature chinoise, Épouses et concubines a été porté à l'écran par le cinéaste Zhang Yimou et a connu en france un extraordinaire succès.

Traduit par Annie Au Yeung et Françoise Lemoine.

9782253932796

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Tan Xuemei (née en 1931)

Tan est née en Chine d’une mère allemande et d’un père chinois ; à une époque particulièrement troublée de l’histoire là-bas : guerres civile, coloniale, d’indépendance... Un destin lui serait dès lors assigné et la part de choix assumés relèverait des miettes. C’est précisément ce que cette femme refusa et, à l’intérieur de chaque figure imposée, son combat fut sans désemparer d’affirmer sa liberté. Elle ne voit aucune raison d’abandonner l’une des composantes de son héritage, assume sa sinéité en vivant la jeunesse de millions de Chinois embarqués dans les soubresauts de la révolution. Et là, précipitée dans les campagnes de rectification, les séances d’autocritique elle s’arc-boutera sur sa part européenne pour tenir allumé le flambeau de la liberté individuelle.

 

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Passion métisse
Tan Xuemei, Bleu de Chine, 2000

21.19

Une femme répertorie et classe des papiers en vue de remplir un dossier de retraite. Une vie défile, un récit est déclenché. Photos, parents, amis, amants. Dans cette autobiographie romancée, Tan ne tait pas ses erreurs et ses errements, ses échecs. S'ils furent tels c'est qu'elle les choisit librement, avec son cœur, puisqu'il est le guide qui ne trompe pas, la boussole tendue vers un idéal toujours fuyant mais jamais renié. Cœur qui guide aussi l'écriture, laquelle n'a aucune raison de passer sous silence ce qui aura été.

 

9782910884260

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Tian Yuan

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La Forêt zèbre
Tian Yuan, l'Olivier, 2004

20.00

Jeu de miroirs entre quatre personnages : Mickey, Winnie, Ce et Ci, à travers cinq histoires et un épilogue. Petits contes philosophiques qui se situent dans un univers onirique.(texte de présentation)

 

9782879293905

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Wang Anyi (née en 1954)

Née en 1954 de parents tous deux écrivains, Wang Anyi, enfant précoce, est capable dès l'âge de quatre ans de réciter des poèmes classiques, dont Le Chant des regrets éternels du poète Bai Juyi (IXe siècle), dont elle reprendra le titre, bien des années plus tard, pour le donner à son roman. C'est encore une enfant quand son père, traité de droitiste en 1957, est démis de ses fonctions dans l'armée. Dix ans après, la Révolution culturelle va ranger sa mère, comme nombre d'écrivains, parmi les « esprits malfaisants ». Elle se réfugie dans la lecture des grands écrivains chinois et étrangers, notamment Balzac. Depuis la parution de ses premiers textes en 1976, elle ne va plus cesser de publier nouvelles, romans et essais, remportant de nombreux prix littéraires. Le Chant des regrets éternels, paru en 1995, obtiendra l'une des plus hautes distinctions chinoises, le prix Maodun, en l'an 2000. Elle est élue en 2001 présidente de l'Association des écrivains de Shanghai.

Tous les livres de Anyi Wang.

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Amour dans une vallée enchantée
Wnag, Anyi, Picquier, 2011

Collection : Picquier Poche
6.50

Une jeune femme, lasse de son mariage, rencontre lors d'un colloque à Lushan un écrivain célèbre. Un homme mystérieux et taciturne vers lequel elle se sent d'emblée attirée. Là, dans ce paysage de montagnes et de pins noyés dans le brouillard, ils communieront dans un amour secret, presque dénué de mots et de contact physique. Le roman de Wang Anyi a la beauté de ces peintures chinoises où le trait à l'encre noire s'appuie sur le vide pour suggérer l'élan de la vie et des sentiments ; elle y dépeint ce moment suspendu où le cœur s'accorde parfaitement au paysage et y puise dans le silence la confirmation de son idéal. Dans cette montagne coupée de falaises et de gorges profondes, la jeune femme se sent transformée, libérée, son coeur déborde de vitalité, tout lui paraît possible.

Traduit par Yvonne André.

Livre numérique.

9782809702439

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Les Lumières de Hong Kong
Wang Anyi, Picquier, 2001

17.98

Ce roman a pour cadre Hong Kong, ville où se retrouvent tous les Chinois de la diaspora pris de nostalgie. Personnages : un sino-américain déçu par le rêve consumériste, une Taiwanaise, et une jeune émigrée de l'intérieur, fragile et cible facile pour le Mitan local. Trois façons d'être chinois, un seul rêve...

 

9782877305198

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Amère jeunesse
Wang Anyi, Bleu de Chine, 2004

10.00

Wang Anyi aime à faire revivre sur un mode intimiste les ruelles de la Shanghai de son enfance, comme dans Amère jeunesse, où elle évoque la découverte du monde des adultes dans le contexte trouble des années 70.

 

9782910884857

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Wang Chao (né en 1964)

La nouvelle génération branchée des écrivains chinois trouve de plus en plus la voie du succès grâce à des liens avec le milieu du cinéma. Le roman noir chinois, une vraie nouveauté dans l’empire du Milieu, en dépend. Wang Chao a été l’assistant de Chen Kaige avant de réaliser ses propres films.

«La littérature chinoise contemporaine semble découvrir les classes moyennes et, par là même, le héros moyen.»

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L'Orphelin d'Anyang
Wang Chao, Bleu de Chine, 2002

5.18

Cette nouvelle est l'histoire d'un bébé, de sa mère prostituée qui l'abandonne, d'un ouvrier qui le recueille, et d'un truand, le père, qui au seuil de la mort, veut le récupérer. Tricotage avec des destins de perdants.

9782910884468

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Wang Shuo (né en 1958)

Encore un écrivain qui vient du cinéma et du monde des médias, connu comme réalisateur de séries télévisées. Il revendique la littérature comme devant rencontrer le public de la société civile, débarrassée de toute idée de mission autre que de divertir. Écrivain prolifique, il peint dans une langue savoureuse la population des Pékinois lambda, aux prises avec des problèmes strictement matériels. La critique sociale est implicite, comme elle peut l’être dans un bon documentaire, notamment dans la peinture du milieu des jeunes en galère, oscillant entre trafics, petits coups, drague et consommation de toutes sortes de psychotropes.

 

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Feu et glace
Wang Shuo, Picquier, 1995

6.00

A lire ce roman d'amour, on comprend que la Chine d'aujourd'hui n'est plus tout à fait révolutionnaire. On y voit, dans un Pékin bien loin des guides touristiques, des jeunes gens attendrissants et persifleurs qui jouent, désabusés, au jeu de l'amour et du hasard, qui parlent, en argot, d'argent, de prostitution et de trafics clandestins, et qui errent, désorientés, toutes certitudes évanouies. Un décor dans lequel les filles n'ont pas froid aux yeux.

9782877302333

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Wang Wenxing (né en 1939)

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Processus familial
Wang Wenxing, Actes sud, 1999

22.71

L'amateur de littérature chinoise ne se sentira jamais aussi Chinois qu'avec Processus familial. La relativité cuturelle est effacée : la Sainte famille, on connaît aussi. Le conflit entre père et fils est présenté en tranches artistement découpées, exit la flèche du temps. Les deux hommes sont finalement deux fils devant la silencieuse et énigmatique déesse-mère et, une fois de plus, l'universelle scène du double mimétique traverse cette famille et nous est rejouée ; le plus vieux des deux frères est celui qui choisit de disparaître. Alors seulement il devient un père.

Savant découpage avec les outils de la maîtrise du temps : ralenti, suspendu, relâché, et la machine peut aller jusqu'à s'emballer. Le lecteur est placé devant l'entièreté du chantier, on lui annonce dès la première page qu'il n'y aura aucun progrès dans l'action : le père a définitivement disparu, chacun le sait, il ne reste plus qu'à jouer le simulacre de la recherche, pendant qu'est dévidé, dénoué l'écheveau de la terrible et anodine histoire familiale.

 

9782742722945

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La Fête de la déesse Matsu
Wang Wenxing, Zulma, 2004

16.00

Un très beau recueil de huit nouvelles. La société taiwanaise y est montrée dans ses différences avec la Chine du continent : cinquante ans de présence japonaise, une dictature vaincue par une série de révoltes, un haut degré de civilisation qui habite jusqu'au plus humble des personnages : si loin de la «Chine pop»...

 

9782843042638

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Xu Xing (né en 1956)

Le régime a fait de Xu Xing un vagabond de la vie. C’est à 11 ans qu’il a pris la route, en pleine Révolution culturelle, lorsque ses parents, étiquetés dans une des «cinq catégories noires», ont été arrêtés. Xu Xing lâche des bribes de vie : son passage dans l’armée, son boulot de serveur dans un restaurant de canard laqué et ses études avortées pour cause de revendications démocratiques. C’était en 1989, quatre ans d’exil en Europe suivirent. Chez Xu, tout idéal a disparu, tout repère, sauf la route et l’amour des femmes.

Ses personnages se réfugient dans le détail, l’anecdote, narcissiques jusqu’à la nausée, attelés à gâcher leurs talents. Juge et partie, c’est avec humour qu’il dissèque les méandres psychologiques d’une génération sacrifiée : bien nulle part, tel un Kérouac chinois.

 

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Variations sans thème
Xu Xing, L'Olivier, 2003

Collection : Petite bibliothèque de l'olivier
11.00

Un serveur de restaurant épris d'une pianiste, deux amis qui pédalent sur leur bicyclette " comme si leur vie en dépendait ", trois compagnons d'asile, un type qui passe son temps dans un carrefour à renseigner les gens sur leur chemin...
Les personnages de ces nouvelles sont vagabonds dans l'âme. Ils se moquent à peu près de tout, sauf des femmes, et partagent le même goût pour l'absurde et les histoires drôles. Mais dès qu'ils ouvrent leur coeur, ils révèlent des blessures dont les cicatrices semblent bien fragiles. Ces nouvelles écrites dans les années 80 sont autant d'" échantillons " du talent de Xu Xing. Il parsème ses histoires de souvenirs personnels, d'adresses au lecteur, de critiques idéologiques, sans jamais se déparer de son humour décapant, et prend beaucoup de libertés avec la " création littéraire ".

Traduit par Sylvie Gentil

9782879294131

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Et tout ce qui reste est pour toi
Xu Xing, L'Olivier, 2003

20.00

" Je n'avais plus envie de bouger depuis que j'avais traversé la moitié de la Chine à vélo.
Comme si j'avais compris qu'il nous reste peu de choses en ce bas monde, et que même ce reste-là n'est pas forcément pour nous. " Pékin. Le narrateur est sommé par le comité de quartier de surveiller l'entrée de l'immeuble. Installé sur un petit banc il préfère regarder passer les filles : l'antenne de télévision est volée sous son nez. Il la retrouve quelques jours plus tard sous le bras d'une vague connaissance avec qui il sympathise et qu'il suit dans le milieu marginal des " artistes " pékinois.
Jusqu'à ce que tous ces peintres, acteurs et " intellectuels " provoquent chez lui un peu de dégoût et beaucoup d'ennui. Il est temps de changer d'air. Séjour au Tibet. Le narrateur regagne sa ville natale. Nous sommes en 1989, au lendemain du Quatre Juin, l'atmosphère est sinistre, ce qui le pousse à rejoindre son ami Xi Yong en Allemagne. Après deux mois d'usine et de brötchen - la nourriture préférée de Xi Yong, tombé amoureux de la boulangère -, il décide de réaliser son rêve : un voyage en Europe.
À Berlin, après une soirée passée avec un groupe de punks, il entonne L'Internationale et se fait remarquer par la police qui lui conseille d'aller plutôt voir de l'autre côté... La voix du narrateur nous est proche, mais le croire sur parole serait la pire des erreurs. Ironique, oisif, et pourvu d'un sens aigu du grotesque, il est, avant tout, un écrivain.

Traduit par Sylvie Gentil.

9782879293899

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Zhang Chengzhi (né en 1948)

De ce très grand intellectuel, musulman hui (historien, ethnologue et archéologue), reconnu comme tel en islam et écrivain majeur en Chine, il nous faut nous contenter des quelques miettes traduites : quelques nouvelles dans des anthologies, un livre sous son nom. Mais il appartient aux météores tombées de suggérer la beauté et la complexité d’astres inconnus.

On songe au Gracq du Rivage des Syrtes, lorsqu’on envisage les textes de Zhang dans leur relation à la Chine : Quand un État a connu trop de siècles, la peau épaissie devient un mur, une grande muraille; alors il est temps que les murs s’écroulent et que les cavaliers entrent par la brèche, les beaux cavaliers qui sentent l’herbe sauvage et la nuit fraîche, avec leurs yeux d’ailleurs et leurs manteaux soulevés par le vent.

 

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Mon beau cheval noir
Chengzhi Zhang, Picquier, 2011

Collection : Picquier poche
5.50

Les légendes millénaires des steppes mongoles et les paysages sublimes du Nord-Ouest de la Chine ont nourri le lyrisme de la symphonie pastorale qu'est Mon beau cheval noir, au tempo musical inimitable. C'est le nom d'une vieille ballade mongole dont le héros est un cheval d'une beauté sans égale, c'est l'histoire émouvante d'un jeune homme chevauchant dans l'immense océan d'herbes à la poursuite d'un amour d'enfant, qui nous la violence des saisons et des larmes parmi les siens, comme s'il racontait la vie immémoriale de la steppe.

Traduit par Dong Qiang.

9782809702392

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Ye Zhaoyan

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Nankin 1937, une histoire d'amour
Zhaoyan Ze, Seuil, 2008

Collection : Cadre vert
22.00

1937, la Chine déjà amputée de la Mandchourie, soumise au général Chang Kaï Chek et aux seigneurs de la guerre, vit sous la menace de l'invasion japonaise. Mais la vie est douce à Nankin, la capitale, au bord du Yang Tsé ; la bonne société gravite autour du gouvernement nationaliste, dans une atmosphère de fin de règne.

Ding Wenyu, fils de famille revenu d'un long séjour en Occident, auréolé d'une redoutable réputation de libertin et de lettré oisif, professeur de littérature à l'université, s'éprend de la jeune Yuyuan, le jour de son mariage avec un brillant aviateur. Elle-même travaille à l'Etat-major. Dans une narration qui mêle habilement retours en arrière et intrigues secondaires, se développe au fil des saisons un pur amour sublimé par la force des choses, dans la tension du cataclysme, local et mondial, qui se prépare. C'est dans ce temps suspendu que se déploie la passion d'un dandy non-conformiste, clown poète, dont le coeur est mis à nu avec une lucidité baudelairien.

En décembre, le Japon attaque, détruit Shanghai et met Nankin à sac.

Traduit par Nathalie Louisgrand-Thomas.

9782020614634

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Yu Hua (né en 1960)

Deux périodes dans la production de ce virtuose. Dans la première il explore le genre, illustré au XVIIe, de la parodie sanguinaire, du récit grandguignolesque, entre fantastique et polar, sur lequel il greffe des problématiques plus contemporaines. Il s’agit de montrer une forme de décomposition de la famille et du couple chinois modernes qui subissent la violence des temps et la reproduisent en interne. Critique en creux donc. Le ton y est glacé : malmené, le lecteur se tortille sur son siège.

Dans la deuxième, il semble aller vers l’école, très active dès 1982, du néo-réalisme (encore une fois, ne pas transposer en concept occidental : ça ne marche pas!). Pourtant, ses thèmes de prédilection restent présents, la force d’impact, l’insoutenable n’y perdent rien et l’on peut dire que seule la facture a bougé : c’est, dit-on, la marque des grands...

Tous les livres de Yu Hua.

 

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Brothers
Yu Hua, Actes sud, 2010

Collection : Babel
14.50

Li Guangtou et Song Gang ne sont pas d'authentiques frères mais leurs destins se sont de longue date trouvés liés pour le meilleur et pour le pire.
Enfants, puis adolescents pendant la Révolution culturelle, ils atteignent l'âge adulte au moment où la Chine entre dans l'ère tumultueuse des "réformes" et de l'"ouverture". La solidarité, cimentée par les épreuves, qui les unissait jusqu'alors se fissure et leurs chemins se séparent : tandis que Song Gang, l'intellectuel doux et loyal, se voit rapidement dépassé par son époque, Li Guangtou, le brigand, tirera le meilleur parti des bouleversements en cours.


En retraçant le parcours de ces deux personnages, Yu Hua interroge près d'un demi-siècle d'histoire chinoise : des années 1960 et 1970, marquées par la répression morale et les atrocités politiques, à nos jours, où les énergies individuelles se libèrent dans un désordre épique. Portrait de toute une génération, celle de la faim, de la violence, de la frénésie économique et des grandes migrations, des ascensions fulgurantes et des naufrages, Brothers compose une véritable odyssée de la Chine contemporaine, de Mao aux JO.

Traduit par Isabelle Rabut.

9782742789825

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Un monde évanoui
Yu Hua, Picquier, 2003

Collection : Picquier poche
5.50

Dans les récits de Yu Hua, l'atmosphère est menaçante, lourde de pluies comme de crimes. Dans les récits de Yu Hua, il y a une force destructrice à l'oeuvre, des meurtres, des suicides, des viols. La maladie et la folie sont aussi au rendez-vous. Mais les lieux naturels sont magnifiques : la berge de saules pleureurs dans Erreur au bord de l'eau est d'un calme enchanteur, comme celle de Un monde évanoui, où les pêchers exhibent leurs fleurs roses.
Les deux récits publiés ici se lisent comme des polars. Dans le premier, l'inspecteur Ma Zhe tentera de résoudre trois meurtres. Un fou qui ricane bêtement sème la terreur. Mais il y a encore la fille à la barrette rouge, le jeune homme suicidaire. Dans le second récit, sous une pluie qui ne cesse pas même dans les rêves, des personnages sans nom vivent dans un monde peuplé d'hallucinations, de fantômes, des prédictions d'un vieux devin, de rêves prémonitoires.
Après Vivre !, adapté au cinéma par Zhang Yimou et primé au festival de Cannes, Yu Hua confirme sa place de premier plan dans l'avant-garde littéraire en Chine.

Traduit par Nadine Perront.

9782877306737

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Le vendeur de sang
Yu Hua, Actes sud, 2006

Collection : Babel
7.50

Du jour où Xu Sanguan apprend qu'on peut gagner de l'argent en vendant son sang, commence pour lui une vie nouvelle.
C'est en effet à cet expédient qu'il devra son mariage, une union bientôt assombrie par la révélation de la bâtardise de son premier fils. Et c'est à cette pratique qu'il recourra ensuite - parfois au péril de sa vie-, chaque fois que le destin viendra frapper les siens. Ballottés par les vicissitudes des trente années suivant l'instauration du nouveau régime chinois, avec la mise en place des communes populaires et la révolution culturelle, les personnages s'acharnent à survivre, envers et contre tout, sous le signe du sens de l'honneur, de la piété filiale et du dévouement - malgré la misère générale.
Un roman empreint d'humanisme sur la réconciliation avec soi-même et avec le milieu naturel et humain dont on est issu.

Traduit par Nadine Perront.

9782742761272

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Zhang Xianliang (né en 1936)

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La Mort est une habitude
Zhang Xianliang, Belfond, 2004

19.00
Epuisé

Vingt ans de travaux forcés dans les steppes du Xinjiang. Expérience transcendée par la pensée, par l'écriture, qui conduisent lentement à l'accouchement d'une vision du monde où en miroir s'agitent la transe amoureuse et l'acte de mourir. Zhang est mort lorsqu'on simula son exécution (balles à blanc). Celui qui en est revenu était passé de l'autre côté, là où l'on voit ensemble l'avers et l'envers du tain.

 

9782714441102

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La Moitié de l'homme, c'est la femme
Zhang Xianliang, Belfond, 2004

19.00
Epuisé

Une forme différente de la même expérience atroce, vingt ans de travaux forcés dans les steppes du Xinjiang.

9782714441096

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Zhang Dachun (né en 1957)

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La Stèle du général
Zhang Dachun, Picquier, 2004

6.50

Un vieux général de Chang Kai-chek, somnole dans son rocking chair. Que se passe-t-il dans la tête du tigre ? Un vieux fauve pris de radotage peut-il accéder au statut d'historien, de juge ? Pas de remords, des regrets, des échecs amoureux, une Chine perdue : un bilan est tiré...

 

9782877307000

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Zhang Xinxin (née en 1954)

Zhang est une grande dame de la littérature qui ne cède rien aux exigences de la vérité sans tomber jamais dans la lancinante rhétorique de la déploration convenue.

 

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Le Courrier des bandits
Zhang Xinxin, Actes sud, 1989

21.00

Les tribulations d'un timbre volé, rarissime puisque faux, se chargent d'une représentation de l'histoire chinoise du XXe siècle.

9782868693730

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Zhaxi Dawa (né en 1959)

Ce Tibétain qu’on affilie généralement à l’école du «retour aux racines» devrait pourtant être classé dans les inclassables. Le Tibet d’abord, présent dans toutes ses nouvelles, dont il donne une vision en violents contrastes.

Mais il y a plus chez cet auteur au lyrisme violent, à l’écriture rêche, agaçante, jamais apaisée. Sous la peinture réaliste d’un pays atypique, il y a un auteur qui pratique une littérature extrêmement subtile. Profitant de l’instabilité chronique qui baigne les lieux et ses habitants, c’est le statut même de la réalité qu’il se met à ébranler. On verra un seigneur rapetisser jusqu’à redevenir nourrisson et être absorbé par le ventre d’une mère, «porteuse» à l’envers ; un téléphone-décor, non branché, se met à sonner et le mort appelle son assassin... Tout se joue ici dans un refus du sens unique de la causalité.

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La splendeur des chevaux du vent
Zhaxi Dawa, Actes sud, 1990

10.52

Zhaxi Dawa révèle un Tibet rugueux, charnel, violent, contemporain.
De Lhassa, il donne moins à voir l'immuable silhouette de Potala que les camps de nomades et leur milieu interlope. Citadins, paysans, les personnages vivent un quotidien d'où le banal comme le pittoresque sont irrévocablement bannis. De fait, la réalité tibétaine ne saurait être opposée au magnétisme de la légende. En quatre récits, Zhaxi Dawa explore des gouffres où semblent basculer le temps et la logique des événements.
Ainsi, engageant toute la tradition culturelle de son pays, il la place sous le signe d'une spiritualité multiple, menaçante, dont la dramaturgie narrative affirme l'inoubliable empreinte.

Traduit par Bernadette Rouis.

9782868695130

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