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Confucius (551-479 av. J.-C.)

La précision quant à son origine, sa biographie, son apparence, sont suspectes : en Chine comme ailleurs le mythe cherche à s’avérer en rehaussant le détail. Le plus sûr est de tirer des lignes de correspondance entre l’époque et ce qui est passé de l’œuvre par le truchement des disciples. Dans le contexte d’un empire décadent, celui des Zhou, il tenta d’offrir à la Chine une pensée politique fondée sur la morale. Le devenir exceptionnel de cette pensée lava l’échec politique de son inefficience du vivant du maître.

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Les Entretiens
Confucius, Gallimard, 1989

Collection de l'Orient
6.90

À la lecture du corpus, on est frappé par l'absence de technique discursive, de recours au sophisme ou à la simple rhétorique dans sa manière de transmettre. Tout se fait à la bonne franquette, en blaguant, sans contrainte, sans recourir aux avantages de la parole ex cathedra. En revanche, le sage ne doit pas refuser les charges publiques, dût-il exercer une autorité, c'est sur ce point qu'on oppose souvent, trop caricaturalement, le confucéen au taoïste.

 

 

9782070717903

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Lao-Tseu ( Ve siècle avant J.-C.)

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Tao-To King
Lao-Tseu, Gallimard, 2010

Collection : Ecoutez lire
19.90

Le Tao-tö king, " livre sacré de la Voie et de la Vertu ", texte fondateur du taoïsme, réconcilie les deux principes universels opposés : le yin, principe féminin, lunaire, froid, obscur qui représente la passivité, et le yang, principe masculin, qui représente l'énergie solaire, la lumière, la chaleur, le positif.
De leur équilibre et de leur alternance naissent tous les phénomènes de la nature, régis par un principe suprême, le Tao.

9782070127191

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Tao Te king
Lao-Tseu, PUF, 2003

Collection : Perspectives critiques
20.00

Parmi plusieurs traductions disponibles, retenons celle de Marcel Conche pour la qualité de l'introduction. La pensée du vieux maître est tirée vers l'universalisme en la rapprochant de ses contemporaines grecques chez Pythagore et Héraclite surtout.

Le taoïsme n'est autre que le fleuve de celui-ci : Tout s'écoule. « Tout ce qui est né du taoïsme est voué, par la mort, à retourner au taoïsme : en ce sens, le retour est le mouvement de la Voie (xl. 1). Car le Ciel et la Terre sont impitoyables : ils traitent tous les êtres comme des chiens de paille (v.1). Le Ciel et la Terre signifient la Nature. Lors des offrandes figuraient des chiens de paille qui, ensuite, étaient brûlés. La Nature n'a aucune considération pour les êtres individuels, qui sont tous voués à la mort - à la non-vie. La Voie est insondable comme un gouffre (iv.1) ; elle est comme le tonneau des Danaïdes qui, malgré son emploi, ne se remplit jamais. Toujours de nouveaux êtres naissent à la vie ; leur temps de vie écoulé, ils meurent. Où vont-ils ? Ils sont comme exhalés, rejetés par un immense soufflet, poussés dans un vide sans fond. Ils vivent une vie brève, puis le soufflet universel les rejette au gouffre. Grâce à cela, il peut toujours y avoir de nouveaux êtres, et la suite des générations est illimitée. Vie puis mort, puis vie, puis mort, ainsi indéfiniment. Pour décrire ce va-et-vient, Lao-tseu utilise l'image de la navette - navette dont le mouvement ne s'arrête jamais. »

 

9782130538172

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Les philosophes taoïstes

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Les Philosophes taoïstes (vol. 1)
Lao zi & Zhuang, Zhou & Lie tseu, Gallimard, 1985

Collection : La Pléiade
45.00

Une version du Tao-tö king, suivie de l'œuvre complète de Tchouang tseu et du Vrai classique du Vide parfait de Lie tseu, datant tous du IVe s. avant J.-C., permettront à l'amateur de réaliser la diversité des faces du mont Tao. Pour faire passer la pensée par le chas de l'aiguille, chacun déploie différemment ce qu'Étiemble appelle la parabole paradoxale. Pour Lie tseu, fort bavard par ailleurs, le sage en sait tellement qu'il ne peut plus parler : à vos pinceaux donc!

9782070106837

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Les Philosophes taoïstes (vol. 2)
Huainan zi, Gallimard, 2003

Collection : La Pléiade
56.90

Le Huainan zi date du IIe S. avant J.-C., nous le devons au roi de la province éponyme. Fidèle à ce qui est déjà à l'époque une tradition taoïste, il procède par anecdotes qui circonvoluent le propos et laissent le lecteur sujet à une incertitude où la lumière chemine en se décantant de ses impuretés. Cet art chinois de l'à côté qui révèle le centre était déjà en place alors.

9782070114245

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Han Fei (280-233 av. J.-C.)

Il fut bègue, se méfia des discours, écrivit frénétiquement, fut embastillé et suicidé par son maître l’empereur qui ne voulait l’entendre : on voit dans quel domaine se jouent la vie et l’œuvre de Han Fei. Philosophe légiste, écrivain hors pair selon ses traducteurs, il inventa un genre littéraire connu en Chine sous le nom de enfilade de perles : les éléments d’une démonstration sont listés dès l’introduction puis développés de plus en plus minutieusement, comme dans une sorte de charade.

 

^

L'art de gouverner
Han, Fei, Presses du Châtelet, 2010

9.95
Indisponible chez l'éditeur

Le souverain éclairé voit sans être vu. Il entend, mais n'est pas entendu. Il couvre ses traces et dissimule ses fins. Ainsi, ceux qui se tiennent plus bas que lui jamais ne remontent à sa source.

On rapproche souvent du Prince de Machiavel les écrits de Han Fei, qui vécut à l'époque des «Royaumes combattants» et inspira la conduite du premier empereur. Peu d'ouvrages, en effet, ont su décrire aussi précisément l'art de gouverner, c'est-à-dire d'obtenir le pouvoir et de le conserver.

Imprégné de pensée taoïste, le Han Fei Zi est aussi une méditation sur la fonction monarchique. Ses préceptes reposent sur quatre principes : «Un vrai roi ne se montre pas ; un vrai roi n'agit pas ; ce qui gouverne, c'est la loi ; le vrai pouvoir ne se partage pas.» C'est pourquoi le monarque doit renoncer à l'amitié, mais aussi à lui-même s'il se veut garant de l'ordre du monde.

Traduit par Alexis Lavis.

9782845923072

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Han-Fei-tse ou le tao du prince
Han Fei, Seuil, 1999

Collection : Points Sagesse
11.00

« Le taoïsme du Prince est le trésor de toutes les ruses et félonies, il fournit le plus hallucinant catalogue de l'abjection humaine [...] qui s'attache à l'exercice du pouvoir comme l'ombre s'attache à nos pas. Il y a une certaine beauté dans ces histoires ; cette force dramatique qui constitue les tragédies de Shakespeare : luxure, sang et pouvoir, une sainte trilogie à laquelle Han n'a pas manqué d'être sensible et dont il a recueilli les exemples pour qu'ils servent de matière à une réflexion sur le monde mais aussi par simple plaisir esthétique. C'est pourquoi son livre est si vivant - à cause des morts. » (J. Lévi)

Pour ce qui est de la doctrine légiste, c'est un ultra libéralisme élaboré en opposition a Confucius, qui prend sa source dans le pouvoir absolu du Prince. La servitude sociale la plus totale en vient, à son paroxysme, à se retourner dans son contraire, la spontanéité naturelle. La loi est tellement draconienne qu'elle n'a plus besoin d'être en vigueur : Machiavel + Kafka...

 

 

9782020293723

^

Lu Jia (autour de 200 av. J.-C.)

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Nouveaux Principes de politique
Lu Jia, Zulma, 2003

12.00

Ce disciple de Confucius fut sommé, en 221 avant notre ère, de rédiger un traité qui mette à plat les règles que le souverain se doit de suivre pour que dure sa dynastie. Pensant y trouver un intérêt pour l'exercice durable et autocratique de son pouvoir, c'est le fondateur des Han, un horrible soudard inculte, qui le lui demande au terme d'une joute oratoire où triomphe la finesse rhétorique de Lu. Il se fait historien de la dynastie précédente, les Qing, pour en tirer des exemples utilisables par le nouveau maître. On peut supposer que ce fut sans trop d'illusions, comme il le laisse parfois transparaître avec humour et prudence. Le style est admirable de clarté et de rigueur et n'est pas sans rappeler la prose classique de notre Antiquité : peut-être une induction de la culture du traducteur ?

 

9782843042607

^

Zhong Yong

^

La Régulation à usage ordinaire
Zhong Yong, Imprimerie Nationale, 1993

24.39
Epuisé

Dans ce bref traité de la fin de l'Antiquité, il est question d'exprimer la logique de continuité qui régit les relations réciproques entre l'homme, sa société, la « nature » et le ciel. Immanence régulatrice dit François Jullien dans sa préface, c'est-à-dire que le cours des choses étant en perpétuel mouvement, changement, « procès », la place des uns par rapport aux autres reste inchangée, les liens ne demeurent pas tant identiques que constants. Le sage est un corps flottant à la surface de cet océan en mouvement. De ce point de vue, il n'a aucune leçon à donner, aucune théorie à dresser, aucune vérité a atteindre, seulement à flotter, et, s'il le faut, nager.

D'obédience confucéenne, ce texte tente de prendre le contre-pied de la pensée bouddhiste envahissant alors le monde chinois. Il n'y a pas de vide, l'homme a une place dans cette mécanique. À partir des écarts que cette pensée représente par rapport à la nôtre, « on comprendra comment la logique de la transformation régulée (cf. le dao) se substitue à l'idée de Dieu, et comment la réflexion chinoise sur la capacité à l'œuvre dispense de poser la question de l'être comme celle de la vérité. »

 

9782110811844

^

Wang Chong (27-97 ?)

^

Balance des discours. Destin, providence et divination.
Wang Chong, Belles Lettres, 2011

Collection : Bibliothèque chinoise
39.00

La Balance des discours (Lunheng) est un recueil d'essais du penseur des Han orientaux, Wang Chong (27-100 ?). Le but de l'auteur était de mettre sur la balance les opinions et les moeurs de son temps pour inciter les hommes à plus de sagesse et de bon sens. Avec Wang Chong, on pénètre au coeur de la mentalité des lettrés des Han, de leurs habitudes et des mouvements d'idées qui les agitaient. Ses connaissances encyclopédiques, son sens de l'observation et son goût de l'exemple concret font aussi de l'ouvrage un réservoir inépuisable d'informations sur la culture et la société chinoises anciennes.

Les vingt-cinq traités traduits dans la présente anthologie sont organisés autour de trois thèmes - destin, providence et divination - qui forment un ensemble cohérent. Il est difficile en effet d'aborder la question du destin chez Wang Chong sans empiéter sur le terrain de la providence, ni de parler des présages indépendamment de sa conception de l'action du Ciel dans le monde, de même que ses vues sur la divination et la magie ne peuvent se comprendre sans faire appel à sa théorie du destin.

La mise à l'index de la Balance des discours au XIIe siècle par les lettrés des Song sous la double accusation d'un manque de révérence à l'égard de Confucius et d'une complaisance affichée pour le taoïsme en a fait un écrit souvent qualifié de marginal. Redécouvert au XXe siècle, Wang Chong passe dès lors pour le champion d'un rationalisme critique à la chinoise. Par-delà les excès de l'ère maoïste où il est érigé en parangon du matérialiste anti-confucéen, sa défiance à l'égard des idéologies, son pessimisme teinté d'ironie, sa philosophie vitaliste enfin et son rejet de toute intelligence divine : tout cela confère à ses écrits un pouvoir décapant qui les rend attractifs et finalement proches de nous.

Traduit par Marc Kalinowski.

9782251100050

^

Discussions critiques
Wang Chong, Gallimard, 1997

Collection : Connaissance de l'Orient
33.54

Figure classique du lettré de génie en situation d'échec dans la course aux postes officiels, Wang en tire une pensée subordonnée à la critique des conformismes intellectuels de son temps. Mais il la dépasse, la déplace, et c'est à un examen de la méthode, des valeurs et des fondements du langage auquel il se livre. Épistémologue avant la lettre, il réfute tous les poncifs confucianistes alors en vogue sous les Han. Le scepticisme est au centre de cette méthode ; le refus d'accorder une finalité aux entreprises humaines le conduit à douter d'une transcendance, d'une quelconque harmonie entre le ciel et les manifestations qu'il fait descendre sur terre, ces signes que le soi-disant sage s'évertue à interpréter à grand renfort de trucages mentaux et langagiers. Cela donne par exemple :

La mort, c'est comme l'extinction d'un feu. Éteint, il ne produit plus aucune lumière ; mort, l'homme n'est plus doué de connaissance. Entre un feu qui va mourir et un homme qui s'éteint, quelle différence ? Le feu éteint, ne demeure que la bougie ; l'homme mort, ne demeure que son corps.

Traduction de Nicolas Zufferey.

9782070746361

^

Ferdinand Stoces

^

Neige sur la montagne du lotus. Chants et vers de la Chine ancienne.
Stoces, Ferdinand, Picquier, 2006

Collection : Picquier poche
9.00

« Dans la Chine ancienne, la poésie a atteint des sommets rarement connus dans l'histoire. La poussière des siècles et même des millénaires n'a pu altérer sa fraîcheur et son charme. Cette anthologie, qui va des temps les plus anciens jusqu'au XIIIe siècle, a pour but premier le plaisir de la poésie, le partage des émotions, les joies d'un voyage dans le temps, dans la vie et l'âme d'un peuple. Ces poèmes savent séduire par la beauté des images, par la profondeur de la pensée, par le rythme et la mélodie, et éveillent dans le coeur de l'homme cette vibration mystérieuse qui fait, de simples mots, la poésie. C'est le chemin vers ce bonheur-là que j'ai voulu montrer. »

9782877308694

^

Le Ciel pour couverture, la terre pour oreiller, la vie et l'œuvre de Li Po
Stoces, Ferdinand, Picquier, 2003

20.50
Epuisé

Li Po (701-762), surnommé l'immortel en exil, est l'image d'un éternel rebelle qui jamais ne s'inclina « car il avait entre les reins un os d'arrogance » disaient ses contemporains. Voici une biographie érudite et séduisante, où l'on peut suivre pas à pas ses vagabondages, orgies et beuveries, ponctués par de très belles traductions d'un grand nombre de ses poèmes. Stoces en fait un portrait attachant, vivant, et rend palpables et contemporains les doutes qui traversent un être à la fois fou de plaisirs et pourtant quêtant inlassablement la Voie de la sagesse et du détachement.

 

9782877306522

^

Shi Nai-an (1296-1370)

^

Au bord de l'eau vol.1 : shui-hu-zhuan
Shi Nai-an, Gallimard, 1997

Collection : Folio
11.00

«Le message fondamental de l'œuvre est patent : une bande fraternelle de nobles redresseurs de torts, unis par le dévouement réciproque et la loyauté au souverain éclairé, a vocation pour lutter, par-dessus la morale établie, contre les abus de toutes sortes, pour “agir à la place du Ciel” et même, le cas échéant, pour s'insurger contre un prince égaré dans les ténèbres ! Gravissime problème, en Chine plus encore qu'ailleurs peut-être : si certains sont prêts à rester hors la loi jusqu'au bout, d'autres ne rêvent que de rentrer dans “l'obéissance civile” et faire soumission au pouvoir. Le sort qui, dans ce cas, les attend (être progressivement liquidés par les ministres félons, leurs ennemis d'hier) est une réponse désespérée, prévue par les plus clairvoyants. Le dilemme demeurera d'actualité, puisque le Shuihu servit aussi, en particulier à l'époque mandchoue, de manuel aux révoltés, voire, avec les communistes, aux révolutionnaires.»

Extrait de la préface de Jacques Dars

9782070402205

^

Au bord de l'eau vol.2
Shi, Nai'an, Gallimard, 1997

Collection : Folio
11.00

Eblouissant d'invention et de truculence, cette «œuvre de génie» - dira son éditeur Jin Sheng-tan - met en scène une bande de hors-la-loi et d'insurgés de toutes origines sociales. Férus d'arts martiaux, mais fort habiles aussi en bien d'autres domaines, ils se recrutent parmi les vagabonds du monde «des rivières et des lacs» et d'autres insoumis en délicatesse avec la justice ou les autorités. Ils forment, au fil des rencontres et des hasards, des duels et des batailles, une bande de frères jurés unis à la vie à la mort, puis se retranchent au cœur de vastes marécages («au bord de l'eau») dans un repaire minutieusement organisé et défendu, d'où ils lancent leurs expéditions de justiciers en narguant les armées du Fils du Ciel.

Aussi populaire en Chine qu'ici nos Trois Mousquetaires, ce roman, savamment ourdi, d'aventures violentes et subtiles, mêle ruse et ribauderie, farce et stratégie, panache et poésie. Son réalisme, ses intrigues et ses personnages inoubliables, son style alerte, sa verve en font le plus vivant et le plus coloré des chefs-d'œuvre.

9782070402687

Jacques Dars

^

Contes de la montagne sereine
Anonyme, Gallimard, 1987

Collection : Connaissance de l'Orient
38.11

À partir des Song et pendant trois dynasties, les conteurs populaires ont produit des huaben (ou contes en langue vulgaire)  ; après quoi, des lettrés s'efforcèrent de restituer à l'oralité primordiale ses lettres de noblesse écrite.
Les huaben racontent des histoires, drôles ou tragiques, qui nous proposent de la Chine des Song et des Yuan des tableaux fort vivants, ceux-là mêmes qui divertissaient les très nombreux auditeurs des conteurs publics. L'invention, la verve, l'ironie font en effet merveille. D'ailleurs, ces proses mêlées de vers fourniront bientôt, par savante agglutination, la trame des grands et longs romans qu'élaborera la Chine à partir des Ming.
Avec ces Contes de la Montagne Sereine, la plus ancienne collection de huaben connue, nous sommes aux sources mêmes d'un genre littéraire entre tous fascinant.

Traduit par Jacques Dars

9782070708406

^

En mouchant la chandelle, nouvelles chinoises des Ming
Jacques Dars (édition et traduction), Gallimard, 1986

Collection : L'imaginaire
6.80

Vingt et une nouvelles de deux lettrés de la période charnière entre la fin des Mongols Yuan et le début des Ming choisies dans un corpus plus abondant qui connut un étrange destin avant de parvenir jusqu'à nous, via le Japon et les écrivains fantastiques orientalisants du XIXe siècle.

 

9782070705610

^

Wu Cheng’en (1506-1582)

^

Le singe pèlerin ou Le pèlerinage d'Occident
Wu, Cheng'en, Payot, 2002

Collection : Petite bibliothèque Payot
10.50

La trame de ce célèbre roman chinois est constituée par le récit d'une invraisemblable randonnée, celle qu'un moine chinois, Hiuan Tsang, accomplit au début du VIIe siècle en partant pour l'Inde chercher les écritures sacrées du bouddhisme.

Wou Tch'eng-en, qui vécut entre 1505 et 1580, reprit à son compte le cycle de légendes qui fleurirent pendant des siècles autour du pèlerinage de Hiun Tsang, appelé Tripitaka dans ce roman. Il y a dans son récit un mélange unique de beauté et d'absurde, de profondeur et de sottise. Le folklore, l'allégorie, la religion, l'histoire, la satire contre la bureaucratie, la poésie... tout s'y rencontre.

Un classique de la littérature chinoise.

9782228896801

^

La Pérégrination vers l'Ouest : Xiyou ji. Vol.1 Livres I-X
Wu Cheng'en, Gallimard, 1991

Collection : La Pléiade
55.64

Un bel exemple de continuité nous est donné dans ce roman-fleuve dont la cristallisation puis la rédaction s'étendent sur un millénaire. «Le point de départ de la matière romanesque est le pèlerinage que le moine bouddhiste Xuanzang (602-664) effectua jusqu'en Inde à travers l'Asie centrale. La réalité historique, allégrement malmenée, ne fournit que le cadre général de ce roman où l'allégorie est joyeusement bousculée par la verve du conteur. Les versions romancées ne conservent que la signification métaphysique de la quête des écritures, affublant le pèlerin de quatre compagnons mi-humains mi-animaux, le singe volant les feux de la rampe. La figure de l'éminent philosophe et traducteur passe à l'arrière-plan dans une représentation du monde plaisamment sinisée et taoïsée.» (André Lévy)

La forme «définitive» est publiée en 1592. Le sérieux de la pensée taoïste que porte Xuanzang est sans cesse battu en brèche par les facéties sacrilèges du singe, à qui Wu, le génial rédacteur, prête tout son humour. Un chef d'œuvre de la littérature mondiale, de quelque bord qu'on le considère.

 

9782070112036

^

Le Jin Ping Mei (Fleur en Fiole d’Or) ~1595

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Fleur en Fiole d'Or
Anonyme, Gallimard, 2004

Collection : Folio
27.00

Sur un argument d'une grande simplicité, l'auteur anonyme de ce chef d'œuvre a sans doute fait couler beaucoup plus d'encre que tout autre littérateur au monde. Deux frères. L'un est un colosse, un preux, un juste, l'autre un nabot lâche et aboulique. Par le plus grand des hasards, ce dernier se trouve marié à une beauté, Lotus d'Or, qui attire les galants comme le miel les mouches. Elle a depuis longtemps décidé de vendre ses trésors au plus offrant. Il lui faudra ensuite liquider le mari avec la complicité de l'amant. Puis subir la vengeance du frère au cœur pur, lequel sera embastillé pour meurtre car, bien entendu, l'amant est un potentat local. Il s'échappe et rejoint une troupe hors la loi dans la montagne.

D'abord considéré comme un roman érotique, voire pornographique, tant la description des ébats amoureux est insurpassée, dit le traducteur, c'est un livre moral, le sexe est condamné, il mène à la mort et à la folie. La perversion est dans le regard du lecteur. La vérité est sans doute entre les deux, ce qui n'empêche pas ce texte d'être une bombe dans les pieds de tout le système du mandarinat, de tous les pouvoirs en général.

9782070314904

^

Ling Mengchu (1580-1644)

Ling est l’un des créateurs de la nouvelle en Chine. Considérant le genre romanesque comme peu apte à supporter une création plus personnelle, il utilise un vieux fond d’anecdotes pour rédiger des petits contes où la part belle est faite aux manifestations surnaturelles. Car tout être vivant est susceptible de prendre les enveloppes qu’il plaira à une divinité de lui donner : dès lors, tout est permis... Mais cette littérature est en prise directe avec son temps, et les personnages de marchands, aventuriers, gueux, courtisanes, moines, s’ils sont peints avec indulgence, n’en sont pas moins traversés par des comportements immoraux qui, et ce serait là la contribution à un genre tiré plus tard vers la satire, sont rendus possibles par un système pas complètement parfait.

 

^

L'amour de la renarde
Ling Mengchu, Gallimard / Unesco, 1988

Collection : Connaissance de l'Orient
7.50

Après les Contes extraordinaires du pavillon du loisir, nous sommes en mesure de présenter au public français un autre chef-d'oeuvre de la nouvelle chinoise : L'amour de la renarde, oeuvre de ce Ling mong-tch'ou considéré comme l'un des plus prestigieux conteurs.
Le premier tome parut en 1628, le second en 1632 ou 1633. De tous les textes qu'on va lire, dans une excellente traduction de André Lévy, un seul a été divulgué en quelques langues européennes. Les autres n'ont jamais paru qu'en chinois et en japonais.
Au début du XVIIe siècle, les chinois de la dynastie des Ming (laquelle sera bientôt renversée par les usurpateurs tartares-mandchous, en 1644) s'intéressaient vivement à ce qu'on appelle en chinois les siao-chouo, les "textes de conteurs " d'origine ancienne (XIIe et XIIIe siècle) oú l'art oral, populaire, faisait les délices du public de hangtcheou.
Cet art était né, pour une bonne part, de la prédication bouddhiste, et sera le germe de ce qui, par regroupement de la matière romanesque, deviendra bientôt le roman chinois.
Par leur introduction, leur langue parlée, l'alternance des vers et de la prose, les contes du genre qu'on va lire constituent un modèle accompli de ce qu'on appelle aussi en chinois les houa-pen. Comme dans les contes extraordinaires, le merveilleux y est fondu au réel de sorte que poésie et vérité se composent ici et fusionnent ainsi que dans toutes les grandes oeuvres.

9782070713295

^

Le Poisson de jade et l'épingle au phénix : douze contes chinois du XVIIe siècle
Ling Mengchu, Gallimard / Unesco, 1991

Collection : Connaissance de l'Orient
9.00

Voici un recueil de douze contes chinois tirés de six collections différentes composées et publiées au XVIIe siècle, l'une des époques les plus fécondes de la production romanesque en Chine.
On sait la faveur qu'ont toujours connue auprès du public occidental, depuis leurs premières traductions et adaptations dues aux pères jésuites, ces courtes histoires pleines de sève et de truculence.
La particularité de ce recueil est en effet de présenter un choix de pièces presque entièrement consacré à des thèmes érotiques. Maints aspects de la vie sexuelle des Chinois - vus par les Chinois eux-mêmes - sont ainsi mis en images, à travers des récits où rivalisent drôlerie et licence, picaresque et satire, aventures imprévues et turpitudes de gens aux mœurs légères.

9782070722600

^

Romans érotiques des Ming : brève bibliographie

^

Trois romans érotiques chinois
Anonyme, Philippe Picquier, 1998

Collection : Picquier poche
20.12

Ce coffret comprend :

Vie d'une amoureuse : deux romans libres d'époque Ming inédits en Occident, anonymes, circulant sous le manteau depuis quatre siècles. Traduit  par San Huang et Lionel Epstein.

Belle de candeur : ce classique de la littérature érotique Ming fut bien souvent mis à l'index en Chine. Belle de Candeur, adepte des disciplines taoïstes, obtiendra, à force de plaisirs, l'immortalité...Traduit par Christine Barbier-Kontler.

Nuages et pluie au palais des Han : c'est sous la dynastie Han, au début de notre ère, que Feiyan et Hede viennent au monde sous la forme de belles jeunes filles. Plus tard, après bien des aventures, elles entrent comme concubines favorites de l'empereur Cheng et lui font faire de telles orgies aux jeux des " nuages et de la pluie " qu'il en tombe malade et meurt d'une trop forte dose d'aphrodisiaque. Traduit par Christine Barbier-Kontler.

 

 

9782877303385
Du rouge au gynécée
Anonyme, Philippe Picquier, 1998

Collection : Picquier poche
7.00

C'est pour l'historique et la description détaillée des bordels de dernière catégorie, pour les informations sur les personnes qui les tenaient, sur ceux qui les fréquentaient, sur les coutumes qui y prévalaient, sur les conditions de travail, sur les méthodes utilisées pour recruter le personnel, que ce livre constitue un document accablant par sa précision. C'est un roman aussi révélateur des bas-fonds de Pékin au XVIIe siècle que peut l'être L'Assommoir sur ceux de Paris au XIXe siècle.

Traduit par Martin Maurey.

9782877304054

^

Li Yu (1611-1679)

^

Les carnets secrets de Li Yu
Li Yu, Philippe Picquier, 2004

Collection : Beaux livres
38.00

Du grand dramaturge Li Yu, que les connaisseurs comparent volontiers à Shakespeare, le sinologue Jacques Dars traduit et commente Les Carnets secrets, un savoureux recueil de notations diverses en forme de journal. Il y est question d'à peu près tout ce qui rend agréable notre bref séjour terrien : plantes et jardins, cuisine, maison, lecture et poésie, art de la conversation et surtout plaisirs des jeux de l'amour. Li aurait pu concourir chez Lepine : il est l'astucieux inventeur de gadgets loufoques destinés à augmenter le bien-être des corps. Ouvrage richement illustré.

9782877306645

^

De la chair à l'extase
Li Yu, Picquier, 1994

Collection : Picquier poche
8.50

Ce classique de l'érotisme est aussi l'un des plus célèbres romans chinois. Ecrit au XVIIe siècle par un conteur de génie, esprit libre et persifleur, il raconte les apprentissages érotiques d'un lettré libertin. Pour elles, il subira une opération chirurgicale. En dépit de sa réputation scandaleuse, un roman d'aventures et une oeuvre classique et ambitieuse, pleine d'humour et d'ironie.

9782877302050

^

Wu Yuantai (milieu du XVIIe)

^

Pérégrination vers l'Est
Wu Yuantai, Gallimard, 1993

Collection : Connaissance de l'Orient
14.03

Faisant écho au célèbre Pérégrination vers l'Ouest d'inspiration bouddhiste, I'œuvre de Wu (dont on ne sait rien) est un récit sur les canons du taoïsme et, tout d'abord, sur les Huit Immortels, personnages qui dans la mythologie populaire chinoise seraient un équivalent des trolls, farfadets ou autres ankous. Mais nous sommes en Chine, et toute évocation du champ où les divinités sont actives, entraîne chez les humains des pensées et des comportements religieux. Ces Immortels, à mi-chemin entre hommes et dieux, ont bien deux faces : paillards, noceurs, bagarreurs, ils sont ensuite saisis par l'aspiration au salut et se mettent à rechercher le chemin qui mène au sommet de la montagne. On lira ici un composé de roman picaresque et de traité d'une haute tenue métaphysique.

 

9782070733873

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Pu Songling (1640-1715)

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Chroniques de l'étrange
Pu Songling, Picquier, 2010

Collection : Picquier poche
10.50

C'est une des grandes œuvres de la littérature chinoise, à inscrire en sus au patrimoine de l'humanité. Traduit en français, le titre pourrait induire le lecteur sur de fausses pistes. Certes, ce sont des contes, certes, ils sont tirés d'un fond de folklore plus ou moins connu ailleurs, mais qui introduit une dimension nouvelle : bien avant Hoffmann, une manière particulière de fantastique. Car s'en tenir au légendaire strict, c'est forcément répéter. Pu, lui, entend, en bon taoïste, que le connu ne se manifeste que dans la nouveauté, chaque intrusion l'est sous une forme inédite. De plus il ne coupe pas le cordon de l'histoire qui maintient vivants des récits où apparaissent des personnages illustres. Enfin, l'auteur n'est pas en retrait, il compte bien que sa présence traverse le filigrane. Les récits font entendre des échos de la vie de Pu : échec aux examens impériaux (thème tellement classique), la critique du système mandarinal, et jusqu'aux conflits familiaux qui gâchèrent sa vieillesse. 

Traduit par André Lévy.

9782809702408

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Trois contes étranges
Songling, Pu, PUF, 2009

Collection : Sources
39.

Le coffret contient : Le fac-similé d'un manuscrit du début du XIXe siècle conservé dans les collections de la Fondation Martin Bodmer.
Ce document inédit, de toute beauté, recèle trois contes extraits de l'une des oeuvres les plus importantes de la littérature chinoise, les Notes de l'étrange de Liaozhai de Pu Songling. Il est présenté dans sa reliure originale, " pliée à sûtras " sous la forme d'un accordéon, se déployant pour nous dévoiler les virtuosités de la calligraphie et de la peinture orientales, d'un raffinement extrême.
Un livret d'accompagnement proposé par Rainier Lanselle, maître de conférences à l'Université Paris Diderot et psychanalyste, qui retrace la genèse des Notes de l'étrange de Liaozhai et donne une traduction intégrale des trois contes présentés ici : Le Fou des Livres, Le Grand-Saint Égal du Ciel, Le Dieu Grenouille.

Traduit par Rainer Lanselle.

9782130575757

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Dai Mingshi (1653-1717)

Le fondateur de l’École de Longsheng, ville de l’Anhui où il naquit, eut une éducation confucéenne et fut marqué par les blessures laissées par la violente conquête mandchoue. Fidèle au souvenir des Ming, sa haine du nouveau pouvoir Qing finit par transparaître dans ses écrits en «prose ancienne», si bien que, alors qu’il venait enfin de réussir un concours impérial, il fut décapité, devenu le bouc émissaire d'une crise politique successorale bien plus profonde.

 

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Recueil de la montagne du Sud
Dai Mingshi, Gallimard, 1998

Collection : Connaissance de l'Orient
27.44

Hormis une œuvre écrite dans une langue suprêmement raffinée et limpide, l'autre intérêt de ce livre est de présenter ce qu'était un recueil de prose ancienne, exercice de style et étrange ensemble disparate centré sur une amplification glosée de morceaux choisis dans les textes fondant la pensée chinoise classique.

 

 

Traduit par Pierre-Henri Durand

9782070741274

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Wu Jingzi (Wou King-tseu) 1701-1754

Wu est le descendant d’une lignée de prestigieux lettrés. La décadence familiale commence avec son père, de qui il hérite un dégoût profond pour le système des concours impériaux. Il radicalise alors sa position et, au fil des ans, largue toute attache, vend ses biens pour finir alcoolique, vouant toute son énergie à l’achèvement d’une œuvre magistrale, ces Chroniques, une stèle dans le jardin de la littérature, une pierre dans celui du pouvoir.

 

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Chronique indiscrète des mandarins, vol.1
Wou King-tseu, Gallimard, 1986

Collection : Connaissance de l'Orient
12.00

Tout tourne autour de ce fameux système des concours, la critique sociale concentre ses tirs sur cette institution puisqu'elle est la clef de voûte de tout le système impérial. Sous la forme d'un agrégat de centaines d'histoires et d'anecdotes, de «séances», le tout unifié et rendu cohérent par une langue et un ton qui sont l'expression d'un artiste libre, d'un artiste qui crée ex nihilo une œuvre entièrement personnelle (c'est tout de même une nouveauté dans la Chine de l'époque), défile une galerie de deux cent cinquante personnages. Toute la société est présente, juges, malfrats, prostituées, prêtres de toutes robes, paysans naïfs, lettrés corrompus... Les voici forniquant, volant, trompant, prévariquant à tour de bras, pillant, tuant «sous l'œil implacable mais souriant de celui que l'on appelle souvent le Gogol chinois».

9782070707461

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Cao Xueqin (1715?-1763)

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Le Rêve dans le pavillon rouge
Cao Xueqin, Gallimard, 1981

Collection : La Pléiade
130.00

C'est un roman pessimiste, où l'amour est une force destructrice, mortifère, mais hélas irrépressible. Le nombre de ses victimes, suicidés, assassinés ou frappés de démence est considérable. Quant au happy end final, on le tient pour un ajout postérieur. Le portrait d'une micro-société vautrée dans la luxure et l'inceste, ayant abandonné toute conscience de ses devoirs et de son destin, est féroce et sans ambage le message revendiquant la liberté, I'égalité des sexes, la fin des hypocrisies mandarinales. Foisonnant de références historiques, politiques, littéraires, de notations sur tous les domaines propres à la vie et aux mœurs chinoises, c'est toute une civilisation qui est venue se déposer dans un chef d'œuvre unique.

 

9782070110216

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Shen Fu (1763-1807?)

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Six récits au fil inconstant des jours
Shen Fu, Lattès, 2009

18.00

À la fois un témoignage de premier plan sur la société chinoise et ses complexes mécanismes à la fin de l'empire, en même temps qu'une œuvre personnelle d'une grande pudeur et sensibilité, en particulier quand Shen témoigne de son amour illimité pour son épouse trop tôt rappelée. Le classicisme chinois à son sommet.

 

Traduit du chinois par Simon Leys.

Livre numérique.

9782709630689

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Liu E (Licou Ngo) 1854-1909

Attachant et ambigu, tel est Liu, qui vécut (et mourut par) les contradictions de son temps : entériner drôlatiquement la fin du mandarinat, être fasciné-révulsé par les puissances et la techno-science occidentales, haïr le pouvoir impérial mais craindre les soulèvements populaires : contemporain, non ?

 

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Pérégrinations d'un clochard
Lieou Ngo, Gallimard, 2005

Collection : L'imaginaire
10.00

« Quand l'enfant vient au monde il pleure, et quand l'homme, devenu vieux, est à l'article de la mort, les siens font cercle autour de lui et se lamentent. Ainsi la vie de l'homme commence et s'achève dans les larmes. »
Lieou Ngo a écrit ce livre en 1903-1906, dans les dernières années de la dynastie mandchoue. Ce curieux personnage, autant porté vers la réforme d'un empire vermoulu que vers le maintien de certaines traditions chinoises, est profondément chinois en ceci que sa vie intellectuelle et morale s'ordonne selon des valeurs qu'il emprunte aussi bien au Bouddha qu'à Confucius et au taoïsme. En homme intelligent et libre, il fait un tableau de la vieille Chine corrompue, devant laquelle il ne peut dissimuler son angoisse.

9782070775439
L'Odyssée de Lao Ts'an
Lieou Ngo, Gallimard / Unesco, 1990

Collection : Connaissance de l'Orient
6.10

Parfois connu sous le nom de Pérégrinations d'un clochard, ce roman écrit «au fil de la plume» est l'unique opus d'un génial touche-à-tout qui vécut la décomposition finale de l'empire des Qing, s'attira des haines tenaces qui devaient le conduire à une déportation au Turkestan où il mourut. Autobiographie déguisée en roman, on y voit un voyageur-aventurier, éternel étudiant, revendiquer sa liberté contre tout attachement à une charge quelconque. Ainsi qu'il se doit, le picaresque n'est qu'un prétexte pour visiter toutes les sphères de la société, parler de tout, exposer son point de vue sur toute chose susceptible d'être débattue : musique (le célèbre chapitre II, sur le chant), philosophie et religion (chap. IX à Xl), famille, amour, politique, histoire, etc. Sans oublier les passages obligés dans les bouges, les bordels ou les geôles.

 

Traduit par Cheng Tcheng.

9782070719501

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Han Ziyun (1856-1894)

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Fleurs de Shangai
Han Ziyun, Denoël, 1998

13.72

Décidément, le cinéma chinois destiné à l'exportation se plaît à peindre la Shangai des Concessions, paradis d'un exotisme érotique : ce roman a été adapté à l'écran par Hou Hsiao Hsien. Pour autant le lecteur contemporain y trouvera une trace vivante de la très ancienne tradition des romans érotiques Ming. Raffinement, humour, discrète satire sociale, tandis que les bruits de la guerre et des révoltes populaires passent à peine les tentures et les moletons. Quatre figures de prostituées expertes dans beaucoup plus de domaines que ne le laisserait supposer leur fonction.

 

Traduit par Wang Jiann-Yuh.

9782207248140

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Su Manshu (1884-1918)

Tragique destin pour ce génial artiste aux dons multiples, peintre, romancier, poète, linguiste, traducteur et philosophe bouddhiste, le tout en trente-quatre ans d’existence ; tellement représentatif aussi de ce moment convulsif de l’histoire chinoise, une porte s’ouvre ou se ferme, et grince affreusement sur ses gonds.

 

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Les larmes rouges du bout du monde
Su Manshu, Gallimard, 1989

Collection : Connaissance de l'Orient
18.29

Les six nouvelles rassemblées ici ont une unité de ton reflétant parfaitement la vie de Su. Tiraillé entre l'amour des femmes, la débauche, l'aspiration à la sainteté, allant du bordel au monastère, les personnages sont en révolte contre l'ordre social, bien relayé par le familial, qui ourdit le destin d'êtres innocents au nom d'intérêts sordides. L'instance supérieure qui attire l'homme et la femme dans les liens de l'amour est bafouée quotidiennement par un ordre social qui a derrière lui la machine répressive : le suicide est alors la sortie pour les purs. En butte au racisme, sa mère était japonaise, Su l'écorché, qui traduisit la poésie européenne en chinois, est, quant à sa littérature, le premier à manifester l'influence occidentale sur les lettres chinoises.

 

Traduit par Dong Chun

9782070714834

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Le cas Moundarren

La démarche de cet éditeur, guidée par le plaisir, le classe en marge de tout ce qui se fait en matière de publication de littérature chinoise classique.

Le résultat est une collection de livres reliés artisanalement à la chinoise - ficelle en coton - et présentant en regard de la traduction le texte chinois calligraphié par la traductrice, Cheng Wing-fun. Il s’agit pour la plupart d’anthologies, soit thématiques, soit d’auteurs. Dans ce dernier cas, l’œuvre est proposée dans sa chronologie, ainsi ponctuant, accompagnant, faisant écho et éclairant la biographie du poète. Quelques titres conseillés, tous traduits par Cheng Wing-fun et Hervé Collet.

 

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Une mouette entre ciel et terre
Tu Fu, Moundarren, 1998

Collection : Les grands poètes chinois
18.30

Tu Fu (712-770) "le vieillard de Tu ling" vécut durant une période trouble de guerre civile dont sa poésie témoigne dramatiquement. Il ne connut qu'à de rares reprises des moments d'aise et de sérénité, comme dans sa chaumière au bord de la Rivière aux cent fleurs, près de Ch'eng tu.

9782907312271

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Buvant seul sous la lune
Li Po, Moundarren, 1998

Collection : Les grands poètes chinois
18.30

Portrait et poèmes.
Li Po (701-761), "l'immortel banni sur terre". L'épopée poétique et mystique du génie extravagant de la poésie chinoise, entre gloire et exil. De sa poésie son ami Tu Fu disait: "son poème achevé dieux et diables pleurent".

9782907312103

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Le Plein du vide
Wang Wei, Moundarren, 2008

Collection : Les grands poètes chinois
19.00

Wang Wei (701-761), disciple laïc du zen, peintre et poète. On dit de lui que ses peintures sont des poèmes et que ses poèmes sont des peintures. Il fut tantôt un officiel à la cour impériale de Ch'ang an, tantôt en semi-retraite dans sa villa-monastère zen de la rivière Wang, au pied du mont chung nan.

9782907312653

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Merveilleux le chemin de Han Shan
Han Shan, Moundarren, 2009

Collection : Les grands poètes chinois
19.00

Han shan (9ème s.), fameux ermite zen, célébré par la beat generation, qui inspira même les Beatles (The fool on the hill). Han shan ("la montagne froide"), du nom de la montagne éponyme sur laquelle il vivait, dans une grotte, est l'archétype de l'ermite chinois excentrique, insouciant et illuminé. C'est sur des bambous, des arbres, des rochers et les murs des villageois qu'il a inscrit ses poèmes.

9782907312738

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