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L’archipel des lieux imaginaires

Depuis Homère, les écrivains ont toujours forgé des mondes : Atlantide, Lilliput, Pays des merveilles, Erewhon, Metropolis… contrées inventées de toutes pièces qui, loin de notre réel parfois morne, forment un véritable "Pays de la littérature". Cette bibliographie (non exhaustive et, par commodité, chronologique) voudrait dresser cette carte virtuelle des littératures, sorte de mappemonde en creux. Contraint d'écarter, faute de place, tout le continent Science-Fiction et d'effleurer à peine l'immense genre utopique, nous avons tenté de recenser ici quelques-uns de ces textes qui, de l'Antiquité à nos jours, explorent des pays imaginaires ou font l'ethnographie de civilisations d’encre et de papier. Bref, en se souvenant de Borges, vous embarquer pour cet Ailleurs ou ce Nulle Part littéraire, qui existe par la seule fiction - et par qui, seul, la fiction existe.

Les chapitres de ce dossier

  • Généralités et ouvrages de référence

    Dans cette section sont référencés les ouvrages généraux qui nous ont servi de matériau de base pour bâtir cette sélection bibliographique. Le dictionnaire de Manguel reste bien sûr un classique ; mais l’ouvrage de Pierre Jourde, hélas épuisé, aiguisait aussi vraiment la réflexion…

  • Les sources dans l’antiquité et au Moyen Age

    Dès ses origines antiques, la littérature exploite les thèmes du lieu imaginaire. Songeons à l’Odyssée d’Homère, le tout premier roman de voyage ; ou encore aux mythes grecs et latins regorgeant de labyrinthes et d’îles merveilleuses (celles de Calypso ou celles, semi-réelles, de Sindbad). La littérature antique et médiévale pose donc les 1ers jalons d’une géographie du merveilleux – et ce en puisant dans ce trésor de formes littéraires que sont l’utopie (dès Platon), le récit de voyage imaginaire, la satire, ou encore la geste épique.

  • L’âge classique - de la Renaissance au XIXe siècle

    Entre Rabelais et Jules Verne, que ce soit par l’intermédiaire de la philosophie, de l’utopie, ou à des fins purement romanesques, le recours au lieu imaginaire est une inépuisable source d’inspiration. Après l’ère des grandes découvertes et celle de la colonisation, la littérature s’est emparée du thème du lointain pour faire rêver l’Europe. N’est-ce pas au XVIIIe siècle que sont ramenés pour la première fois en Occident les manuscrits des Mille et une nuits, ces contes orientaux qui recèlent toute une topographie magique ?

  • XX° siècle, une modernité exubérante

    Le XX° siècle voit littéralement l’explosion du genre. Un verrou semble avoir sauté dans l’imaginaire… Jusqu’à Jules Verne, on dirait que l’invention de mondes utopiques a surtout eu une fonction de satire sociale. Mais avec les surréalistes, Gracq, l’Oulipo, Tolkien, Jouet, etc., les univers imaginaires en tout genre - et trans-genres - prolifèrent, s’autonomisent, valent pour eux mêmes ; et les contre-utopies (type : 1984 d’Orwell) se multiplient.

  • L'utopie - en bref

    Insistons sur le fait que nous traitons ici à peine la question, beaucoup trop vaste, et qui mériterait une biographie à elle seule ! Nous nous contentons donc, en guise de toutes premières pistes et d’aperçus impressionnistes, d’indiquer quelques livres de références importants (Lapouge, Servier…) ; puis, les 3 grands fondateurs historiques d’utopies, qui décideront de la postérité de ce genre jusqu’à nos jours : Francis Bacon, Thomas More, et Tomaso Campanella.

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