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Les chapitres de ce dossier :

Martin Luis Guzman (1887-1976)

Dans « L'ombre du Caudillo », son seul roman traduit en français, la part de fiction, aux dires de l’auteur lui-même, est pourtant la plus importante, non pas pour biaiser avec l’histoire, mais parce que cette épopée est trop extraordinaire pour contenir dans le corset d’un simple récit historien. Il a été maintes fois dit que la veine romanesque de Guzmán était une déclinaison sur papier du muralisme mexicain. Le récit des luttes de faction à l’intérieur du camp villiste est l’occasion de faire défiler une galerie de portraits extrêmement colorés, jusqu’à la caricature. La machine s’emballe, gonfle dans sa propre coquille et n’a plus qu’à se manger pour continuer à vivre : on liquidera le chef de l’aile la plus démocrate, Ignacio Aguirre après lui avoir tendu les pièges adéquats. Sans appel.

 

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L'Ombre du Caudillo
Martin Luis Guzman, Gallimard, 1996

0.00
9782070394548

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Ermilio Abreu Gomez (1894-1971)

On est d’emblée frappé par la beauté du style dans lequel Abreu Gómez rend les épisodes dramatiques de cette guerre qui ensanglanta le Yucatan au milieu du XIXe siècle : sobriété, lyrisme, le ton d’un historien visité par la poésie et entrant en sympathie avec les victimes de ces massacres gratuits. C’est la chronique d’une révolte d’Indiens, excédés de voir disparaître leurs fils enrôlés de force dans les armées mexicaines occupées à des guerres qui ne les concernent pas et ne font qu’ajouter aux aliénations qu’ils subissent déjà. Tromblons et machettes contre mitrailleuses et artillerie : le temps joua pour les Blancs et les Indiens vérifièrent qu’une fois de plus leurs dieux ne croyaient plus en l’homme.

 

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La Conjuration de Xinum
Emilio Abreu Gomez, L'Esprit des péninsules, 1998

16.77
9782910435431

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José Revueltas (1914-1976)

Le choix du marxisme se fait dès son adolescence et il ne l’abandonnera jamais : quatre séjours en prison, des critiques, l’incompréhension quand à son œuvre, la trahison des siens ne sont pas venus à bout de ses convictions. Deuil humain voit l’affrontement, au sein même du roman, touchant autant les personnages que la pensée et l’écriture de leur créateur, de deux mondes inconciliables : d’une part le mythe, l’histoire de la conquête et la kyrielle de pertes et d’aliénations subies par les paysans indigènes, et d’autre part l’apport d’une pensée et d’une organisation révolutionnaires en perpétuel échec en Amérique latine. La véritable histoire serait dialectique et marxiste pour Revueltas, l’histoire encore connectée aux mythes est une illusion.

Dans un village cerné par les eaux que les habitants tentent de fuir, c’est la crue qui a le dernier mot (et les vautours zopilotes). La crue, c’est à dire le désordre et l’irrationnel. À la réception de ce roman, la critique remarqua justement que tout l’investissement de l’écriture allait vers la peinture des forces telluriques mythologisées tandis que l’idéologie salvatrice et rationnelle était rendue sans puissance poétique.

Le Mitard, écrit lors de la dernière détention en 1969 (Revueltas payait ainsi l’admiration qu’il inspirait aux étudiants révoltés du Mexico de 1968), est un récit d’un seul tenant, d’une écriture génialement métaphorique qui décrit l’hallucinante visite que de femmes soupçonnées de transporter le la drogue font à leurs proches, incarcérés. À son terme, personne n’échappe à la captivité : matons aussi bien que le lecteur que la structure de l’écriture finit par submerger.

 

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Le Deuil humain
José Revueltas, Gallimard, 1987

14.94
9782070708970

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Le Mitard
José Revueltas, Complexe, 1990

8.50
9782870273524

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Les jours terrestres
José Revueltas, Les Fondeurs de briques, 2008

20.00
Indisponible

«Lors de la publication en 1949 de ce troisième roman de José Revueltas, l'enthousiasme de la critique de droite s'éveilla immédiatement et provoqua la colère et la condamnation brutale des «compagnons de route» de l'auteur. Le livre fut retiré des librairies à sa demande, suite à la polémique qu'il suscita, et, naturellement, «réhabilité» dans les années soixante.

Dans le roman, des militants à la fois proches du peuple et partisans de la liberté de conscience s'opposent à d'autres militants dont le manque d'ouverture idéologique et l'éthique erronée causent équivoques et tragédies.

Mal interprété par certains idéologues de l'époque, ce texte, à la fois philosophique, poétique et méditatif traite des relations entre l'art, la morale et la politique, questions récurrentes dans le Mexique postrévolutionnaire des années trente dont il recrée l'univers. Il présente avec une acuité toujours actuelle la problématique de l'engagement politique et du destin personnel.

L'oeuvre de José Revueltas (1914-1976) est l'exemple même d'une littérature ne cédant pas aux tâches que la politique lui impose. Éternel marginal, il fut envoyé au bagne pour son appartenance au Parti communiste mexicain dont il fut ensuite exclu pour non-conformité au dogme...

Plongée au plus profond des méandres de l'âme, son style poétique, vierge de tout sentimentalisme, puise autant dans une religiosité dostoïevskienne que dans l'existentialisme dont il partagea l'engagement et la foi dans l'humain.» 4e de couverture

9782916749068

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Dormir à terre : et autres nouvelles
José Revueltas, Les Fondeurs de briques, 2008

19.00
Indisponible

«Dormir à terre et autres nouvelles est une anthologie inédite en français des meilleures nouvelles de l'auteur.

Elle offre un éventail représentatif de l'art révueltien de la nouvelle, dont le petit chef-d'oeuvre Dormir à terre donne une idée. Elle privilégie un tant soit peu les textes les plus récents, leur facture étant souvent originale et même parfois franchement audacieuse : c'est le cas de Hegel et moi, qui met en scène, en prison, un truand assimilé au philosophe allemand par sa manière de discourir ; de Lit numéro onze, qui associe l'autobiographie à la fantasmagorie ; de Ézéchiel ou le massacre des innocents, qui transmet une impression obscure de découragement mais laisse entrouverte une porte étroite à la lutte, car il est bien précisé dans les dernières lignes que le personnage «franchit la confusion des vitres pour entrer dans le bois du monde».

Métaphore kafkaïenne de la prison dans laquelle l'être humain se débat, cette oeuvre est un témoignage extrêmement précieux du combat déchirant, mais en dernière instance vital, de José Revueltas.

L'oeuvre de José Revueltas (1914-1976) est l'exemple même d'une littérature ne cédant pas aux tâches que la politique lui impose. Éternel marginal, il fut envoyé au bagne pour son appartenance au Parti communiste mexicain dont il fut ensuite exclu pour non-conformité au dogme...

Plongée au plus profond des méandres de l'âme, son style poétique, vierge de tout sentimentalisme, puise autant dans une religiosité dostoïevskienne que dans l'existentialisme dont il partagea l'engagement et la foi dans l'humain.» 4e de couverture

9782916749075

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Rafael Bernal (1915-1972)

Le Complot mongol, traduit par Claude Fell au Serpent à plumes est le seul roman en français du père du polar mexicain, l’histoire d’un gang asiatique de Mexico et d’une jeune fille assassinée : couleurs et saveurs

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Le Complot mongol
Rafael Bernal, le Serpent à plumes, 2004

15.00
Indisponible

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Juan Rulfo (1918-1986)

Ne pas refuser le matériau qui se présente à lui, même s’il est un peu défraîchi par tant et tant de textes roboratifs : il faut se colleter avec l’image d’Épinal. Sa morale et ses croyances le poussent à accepter l’héritage, ce llano désert ; cette misère ; ces vengeances intarissables ; ces révoltes inutiles qui couvrent de cadavres une terre qui ne les distinguera pas des vivants ; cette noirceur des cœurs ; cette haine de l’amour ; ces visages qu’aucun sourire ne traverse jamais, comme si on les avait cloués. D’abord parce qu’il faut bien quelqu’un pour soigner les morts, c’est à dire leur offrir une tribune. Rulfo a collé son oreille au sol, aux pans de murs ruinés, il s’est penché sur ce puits tari, a écouté cette rivière, observé ces éternels nuages, les mêmes depuis toujours, et il a entendu les voix. Il n’a pas plaqué un discours sur le désert, il a écouté le murmure des déterrés ; ensuite parce que llano ou ailleurs, quelle différence ? comme chez Faulkner, Onetti ou Marquez, ce trou brûlé de soleil c’est le monde entier, sans le décor ; enfin, parce que l’écrivain a compris que plus la matière est maigre, plus il aura à empoigner cette maigreur, et plus elle lui sera un tremplin pour résoudre des questions de style, des problèmes de narration, pour inventer, réinventer ces voix auxquelles il importe, c’est une question de vie et de mort, de donner une sépulture luxueuse, achevée, définitive.

La classique question « qui parle, et d’où ? » qui prétend juger de la sincérité d’une voix est ici sans fondement. Rulfo a génialement fait le tour de la position des narrateurs. La narration atteint un naturel qui la rend irréfutable, en même temps qu’elle crée une tension agrippant le lecteur à un chaos temporel qui ne le libère qu’à la chute, c’est souvent plutôt d’un silence, d’une extinction qu’il s’agit. « Les fantômes de Pedro Páramo sont indéfectiblement condamnés à leur récit et à leurs souvenirs. La relation des fantômes à leur récit, l'actualisation du dire figurent le principe d’une écriture qui a pour dévotion la souveraineté des récits par rapport aux sujets » (Cl. Cymerman & Cl. Fell, La Littérature hispano-américaine, Nathan 1997).

 

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Pedro Paramo
Juan Rulfo, Gallimard, 1979

6.50
Indisponible

On l'a lu d'abord comme un roman «rural» et «paysan», voire comme un exemple de la meilleure littérature «indigéniste». Dans les années soixante et soixante-dix, il est devenu un grand roman «mexicain», puis «latino-américain». Aujourd'hui, on dit que Pedro Páramo est, tout simplement, l'une des plus grandes oeuvres du XXe siècle, un classique contemporain que la critique compare souvent au Château de Kafka et au Bruit et la fureur de Faulkner.

 

Et pour cause : personne ne sort indemne de la lecture de Pedro Páramo. Tout comme Kafka et Faulkner, Rulfo a su mettre en scène une histoire fascinante, sans âge et d'une beauté rare : la quête du père qui mène Juan Preciado à Cómala et à la rencontre de son destin, un voyage vertigineux raconté par un choeur de personnages insolites qui nous donnent à entendre la voix profonde du Mexique, au-delà des frontières entre la mémoire et l'oubli, le passé et le présent, les morts et les vivants.

 

 

9782070285983

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Le Llano en flammes
Juan Rulfo, Gallimard, 2003

7.00

Recueil de dix-sept courtes nouvelles inspirées de la vie de Juan Rulfo (1918-1986) où l'auteur retranscrit l'horreur de la guerre civile, notamment de celle de 1925, appelée la guerre des cristeros.

9782070304622

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Le coq d'or : et autres textes pour le cinéma
Juan Rulfo, Gallimard, 2009

5.00
Indisponible

Scénario de El gallo de oro, qui raconte la destinée de Dionisio Pinzon, écrit au début des années 1960, probablement pour le producteur Manuel Barbachano Ponce. Il est accompagné de celui de El despojo et de ses deux commentaires, l'un portant sur la bande son, l'autre destiné à capter l'attention du grand public.

9782070124251

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Juan José Arreola (né en 1918)

De forme brève, très brève, faisant appel aux ressorts du surréalisme, du récit populaire, de la mythologie pré-hispanique, c’est un genre que l’on pourrait faire remonter aux Métamorphoses d’Ovide : l’hybridation est la règle, l’instabilité des formes du vivant oblige l’écrivain (le zoologue ?) à recommencer sans cesse sa description, et il n’est pas en la matière d'impressionnisme qui permettrait de saisir l’instant : la zoologie est une science, que diable !

C’en est un maître. Dans une prose parfaite, sphérique, concentrée comme une goutte de mercure, il opère en miniaturiste une description de ces hybrides avec une précision lexicale digne d’un Jean-Henri Fabre. Quelque chose de son humour nous fera penser à un Vialatte ou à un Ponge : « Le grand rhinocéros charge comme un bélier des armées antiques, furieux et aveuglé, dans un élan sans frein de philosophie positiviste. Il manque toujours son but mais ne cesse jamais d’être satisfait de sa force. Il ouvre ensuite les soupapes de sécurité et souffle à toute vapeur. Captif, le rhinocéros n’est plus qu’une bête mélancolique et rouillée. Son corps aux pièces multiples a été assemblé dans les gouffres de la préhistoire, avec des morceaux de cuir repoussé, sous la pression des niveaux géologiques. L’absurdité de ce ballon de fiction ne se révèle finalement que lorsque le créateur (l’affabulateur ?) prend son épingle et… Psssccchhhttt ! la dépouille de couleur choit comme une feuille de figuier après le premier gel.

 

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Le Fablier
Juan José Arreola, Patiño, 1994

17.00
9782882130198

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Bestiaire, suivi de Palindrome
Juan José Arreola, Patiño, 1995

18.00
9782882130211

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Jorge Ibargüengoitía (1928-1983)

Ces Conspirateurs sont les premiers insurgés qui menèrent une révolution nationale en Nouvelle-Espagne. Premier échec, sanglant. Sous la houlette d’un prêtre ambitieux et infatigable, pour la première fois furent soulevées les populations indigènes. Ibargüengoitia plutôt que de tomber dans la ennième célébration du mythe national, préfère montrer l’absence de maturité, le flou politique, l’abandon des deux camps — partageant tous deux un solide mépris de la vie des nativos — à un hasard dont l’auteur fait le seul moteur de l’histoire.

Ou bien, comme dans Ces ruines que tu vois, c’est le Mexique contemporain qui est planté, une petite ville de province, imaginaire mais tellement vraie : poussière, conformisme, ragots. Le narrateur est un jeune universitaire qui mène tambour battant une relation adultérine avec l’étrange, sensuelle et fantasque femme de l’un ce ses collègues. Tout le comique est dans le décalage entre la morale affichée par les hommes, le souci de respecter les formes convenues, leurs désirs secrets qui les portent vers des femmes fantasmées, tandis que ces femmes, elles, sont prêtes à les incarner sans aucun préjugé, avec une liberté qui manque à leurs adorateurs. L’ambiance rappelle certains romans de Vargas Llosa, La Tante Julia par exemple.

Ibargüengoitia trouva la mort dans l’avion qui rata son décollage de Madrid en 1983, en compagnie du Péruvien Manuel Scorza, de Marta Traba, de Angel Rama et d’autres écrivains revenant d’une recontre d’auteurs de langue espagnole.

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Deux crimes
Jorge Ibagüengoitia, Gallimard, 1993

14.03
9782070733279

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Les Conspirateurs
Jorge Ibargüengoitia, Phébus, 2000

18.14
Indisponible

La révolution à l'issue de laquelle le Mexique accéda à l'indépendance, au début du siècle dernier, racontée par un romancier qui pratique le dynamitage historique et traite l'Histoire sans respect aucun, mais dans un souci de vérité.

9782859406028

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Ces ruines que tu vois
Jorge Ibargüengoitia, Phébus, 2001

18.14
Indisponible
9782859407087

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Carlos Fuentes (né en 1928)

... comme le montre son tardif désir de faire retour sur son œuvre de fiction et de pallier son apparent disparate par un titre global, L’Âge du temps. Le titan se fait son propre bibliographe et répertorie, classe, distingue, s’apercevant parfois de manques qu’il s’attelle ensuite à combler ; il annonce des titres qu’il publie ou publiera plus tard, pariant sur une longévité que nous lui souhaitons aussi. Titre générique finalement non usurpé puisque le dénominateur commun de cet ensemble protéiforme est au bout du compte une réflexion sur le temps, appliqué aux champs de la culture, du mythe, du progrès (ou bien son contraire) de l’humanité.

Mais comme pour tout grand artiste, l’histoire n’est pas une science. Elle est investie par l’irrationnel, par le hasard, par le mythe en ce qu’il a d’aléatoire et d’inconstant. Cette force qui habite tout être humain entre en conflit avec l’histoire, humaine elle aussi, mais en tant qu’elle est une moyenne, une résultante tandis que l’individu n’est qu’extrêmes. Au fond, on pourrait dire qu’elle est immobile, ou au mieux cyclique, parce que rien ne change, tout se reproduit, tout est déjà là. L’homme au contraire est vectoriel, agité par le mouvement brownien de ses passions et de ses rêves, qui le projette, sans obéir à aucune loi autre que celle de ses désirs, du bien au mal, deux entités réversibles selon le contexte.

 

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Carlos Fuentes
Claude & Volpi Fell, Herne, 2006

36.00

Ce cahier rassemble des études et des témoignages de cinéastes, metteurs en scène, écrivains, peintres et universitaires des deux Amériques et d'Europe. Il contient des lettres échangées avec des grands noms de la littérature du XXe siècle, ainsi qu'une série de textes inédits de l'écrivain. La créativité, la diversité et l'universalité de l'oeuvre de C. Fuentes sont soulignées.

9782851971470

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La Mort d'Artemio Cruz
Carlos Fuentes, Gallimard, 1976

7.00

«Artemio Cruz, député, propriétaire d'un grand journal de Mexico, est brutalement atteint d'une grave maladie. Ce personnage puissant, qui a exploité à son profit des moeurs politiques corrompues dont les grands bouleversements sociaux favorisent l'épanouissement, s'efforce, sur la frontière de la mort, d'établir le bilan de sa vie désormais achevée. Combattant de la Révolution, il a passionnément aimé, à vingt ans, une jeune fille, Regina, qu'il a retrouvée massacrée après un combat. Ce choc a marqué toute son existence, et l'idéal de sa jeunesse a fait place à une implacable volonté de puissance. Mais est-ce seulement de ce fait qu'a surgi l'Artemio Cruz de la réussite ?

 

Une peinture sans concessions d'une bourgeoisie issue d'une Révolution dont elle a trahi l'esprit. Mais aussi une méditation sur le destin de l'homme coincé entre la liberté et la fatalité.» 4e de couverture

9782070368563

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En inquiétante compagnie
Carlos Fuentes, Gallimard, 2007

22.50

Ces six nouvelles relèvent de la tradition du conte gothique anglais et mettent en scène des personnages placés dans des situations menaçantes ou marginales, qu'il s'agisse du jeune Mexicain obsédé par sa voisine d'en face, au point de cesser toute activité, ou de cet étudiant mexicain contraint de vivre avec deux vieilles tantes, après ses études parisiennes, et qui se sent menacé par leur folie.

9782070776986

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Le bonheur des familles
Carlos Fuentes, Gallimard, 2009

22.50
Indisponible

Recueil de 16 nouvelles autour du thème de la famille : deux frères s'affrontent pour des raisons politiques, un homme marié à une très belle femme tombe amoureux d'une femme très laide, une mère écrit au meurtrier de sa fille, un vieil homme retrouve son amour de jeunesse, etc. Un portrait du Mexique, de son histoire et de sa culture.

9782070786558

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Elena Garro (1920-1998)

 

 

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La Maîtresse d'Ixtepec
Elena Garro, l'Herne, 2003

19.00
Indisponible

Elena Garro prête une voix au village d'Ixtepec pour être le narrateur de sa propre histoire. Comme dans le Pedro Páramo de Rulfo, les personnages qui apparaissent sont tous morts lorsque l'histoire commence, il s'agit, comme le titre original le dit, de souvenirs du futur. La dimension magique prend le pas sur la réalité socio-politique. La langue poétique du narrateur collectif qu'est Ixtepec ne se porte que sur les passions qui habitent des personnages ; ils n'épousent pas les causes qu'ils sont censés incarner mais la turbulence de leurs désirs, leurs rivalités amoureuses. Isabel ne s'identifie plus au parti auquel elle appartient, mais à Julia - la maîtresse du général venu réprimer la révolte des Cristeros - à laquelle elle aimerait se substituer. Trahir les siens n'entre pas en ligne de compte, parce que l'amour est une force qui relativise l'histoire, d'autant plus lorsque le temps s'est arrêté et qu'à l'échelle de cette éternité, comme le dit l'une de ces femmes, l'une de ces amantes humiliées, personne ne tombe ; ce présent est mon passé et mon futur ; il est moi-même ; je suis constamment le même instant.

9782851977052

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Augusto Monterroso

Car, rappelle-t-il, par rapport au conte, la fable veut tracer à son lecteur la voie d’une implication de la fiction dans la réalité dont elle est issue en tant que caricature. Comme toujours, la création est anthropomorphe, les animaux, les plantes pensent dans nos langues, ont des comportements qui semblent les rattacher à une logique humaine. C’est pour mieux vous tromper, mon enfant ! Car la langue de Monterroso, lisse comme un acier chromé, reflète bien le monde mais le gauchit insensiblement et finit par nous faire prendre les vessies pour des lanternes. On contourne la logique pour la regarder de dos, et, de dos, elle a perdu sa superbe : Quoi, c’est là-dessus qu’on construit tout l’édifice social de notre humanité ? Tiens, Baudruche, attrape ce clou !

Et sur la dépouille, il nous propose de réinventer une vie plus adéquate à la fonction imaginante ; au passage, il réhabilite la science et la culture des anciens peuples amérindiens qui, eux, n’avaient pas besoin de littérature pour la faire marcher. Sous les clins d’œil se devine un pessimisme discret sur les chances qu’a la littérature de modifier l’humanité : le progrès passe, l’homme reste.

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Le mot magique
Augusto Monterroso, Passage du Nord-Ouest, 2006

13.00

«Dans la continuité de Mouvement perpétuel, Le Mot magique est un sésame qui ouvre grand les portes de l'univers poétique d'Augusto Monterroso. Le maître de la forme brève et plurielle récidive avec toujours plus de mordant et d'humour, toujours plus de liberté dans ses considérations sur la littérature et les écrivains. Essais, micro-récits, anecdotes, aphorismes ou réflexions sont autant d'éclats d'une oeuvre ouverte modelée par l'amour de la langue. Qui se fait corrosive lorsqu'elle dénonce l'ethnocentrisme des pays développés - la fascination stupide pour l'exotisme dans Poésie quechua ou la façon dont le Vieux Monde considère les dictatures latino-américaines en oubliant les siennes -, et satirique lorsqu'elle brocarde la critique littéraire et ses Jeux érudits sur Gongora, par exemple, ou les délires des traducteurs. Mais rien n'égale l'éloge des écrivains, Shakespeare, Horacio Quiroga, Charles Lamb, Kafka, de véritables «maladies» selon les mots de Monterroso, qui témoignent de sa passion indéfectible pour la littérature : "Il existe [des] maladies que l'on connaît sous le nom de Proust, Joyce ou Kafka (...). Ils nous envahissent, s'emparent de nous et pendant très longtemps nous pensons et nous agissons de manière joycienne ou kafkaïenne, comme il arrive que le tuberculeux finisse par n'être plus que l'expression de ses propres bacilles."» 4e de couverture

9782914834216

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La lettre e : fragments d'un journal
Augusto Monterroso, Passage du Nord-Ouest, 2009

16.00
Indisponible

Dernier volet du triptyque formé avec Mouvement perpétuel et Le mot magique. Ce récit autobiographique présente les moments forts de l'écrivain aux multiples facettes, entre 1983 et 1985.

A paraître mi-mars 2009.

9782914834346

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Fables à l'usage des brebis galeuses
Augusto Monterroso, A. Dimanche, 1995

17.53
9782869160781

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