Les chapitres de ce dossier :
- Australie
- Nouvelle-Zélande
- La Nébuleuse océanienne
L'espace océanien a sa propre histoire mais aussi une histoire «occidentale». La première ne rentre que très lentement dans la littérature et la culture planétaires; la seconde a déjà trois siècles, de Bougainville, Cook à Le Clézio en passant par Gauguin, Ségalen. Nous présentons ici quelques romans d'écrivains ou mélanésiens ainsi que des textes d'auteurs occidentaux énamourés par la magie océanienne. On peut aussi consulter un dossier sur les [littératures insulaires : http://www.ombres-blanches.fr/dossiers-bibliographiques/une-ile-des-ailes-a-limaginaire.html sur le même site.
Albert Wendt
Premier titulaire de la chaire de littérature du Pacifique, à l'université d'Auckland, Albert Wendt est un cas à part parmi les écrivains kiwis. Né en 1939 à Apia, capitale des Samoa occidentales, il tire son patronyme, aux consonances plus germaniques que polynésiennes, d'un ancêtre allemand établi dans l'archipel à la fin du XIXe siècle.
| Le Baiser de la mangue Albert Wendt, au Vent des Îles, 2006 |
39.00 € | |
Samoa à l'aube des années 1890: les missionnaires viennent de commencer leur conquête des âmes en Polynésie. Mautu, pasteur de la nouvelle religion dans le village de Satoa, se prend d'amitié pour un écumeur des mers anglais athée, grand raconteur de récits fabuleux, échoué sur leurs côtes. À travers ce roman historique à la riche trame narrative, qui retrace l'existence d'une famille samoane, Albert Wendt met en scène cinquante années durant lesquelles l'archipel passe de la domination allemande à celle de la Nouvelle Zélande. Malgré l'épidémie de grippe espagnole qui décime la moitié de la population, Satoa s'ouvre progressivement à l'ère du capitalisme tout en préservant certaines des structures communautaires héritées du passé. La fille surdouée et favorite de Mautu traverse ce demi-siècle de bouleversements en incarnant les espoirs et les ambiguïtés d'un peuple à l'écart des grands courants de communication mais dont le sort rappelle étrangement les mutations récentes subies par d'autres nations confrontées à une modernisation prometteuse et risquée. |
||
Traduit de l'anglais (Samoa) par Jean-Pierre Durix |
||
9782915654127
|
||
![]() |
Au fond de nous les morts Albert Wendt, le Décaèdre, 2004 |
32.00 €
![]() |
«Au fond de nous les morts,/comme les gousses mellifères du tamarin/qui s'ouvriront au soleil de demain». Aux antipodes de l'exotisme, le poète samoan Albert Wendt réinvente la genèse de son pays natal. Dans un univers hanté par le vide, il tisse par le verbe des liens entre Polynésie et culture européenne acquise en Nouvelle-Zélande où il réside. À travers ces œuvres qui recouvrent trente ans de pratique poétique, on découvre le plus grand écrivain du Pacifique Sud et son goût pour l'expérimentation formelle. Ce sont des images et des sensations qui émergent de ce foisonnement : les champs de lave de Savaii, l'odeur des madrépores en décomposition, le soleil écrasant, le «renard ailé» qui vit la tête en bas, la douleur de la trahison, le plaisir d'être grand-père. |
||
Traduit de l'anglais (Samoa) par Jean-Pierre Durix |
||
9782914234092
|
||
Célestine Hitiura Vaite
Célestine Hitiura Vaite est née en 1966 à Tahiti. Elle vit en Australie.
| L'Arbre à pain Célestine Hitiura Vaite, au Vent des Îles, 2006 |
24.00 € | |
La vie, l'amour à la tahitienne est le sous-titre de ce roman, un programme. Materena rencontre un jour Pito, dont elle tombe de suite amoureuse. Mais celui-ci n'est pas prêt à s'engager, jusqu'à ce qu'elle soit enceinte. Voici le grand mariage et on voit bien que les pensées de la mariée ne sont pas à la cérémonie. Elle n'arrête pas de regarder en arrière, elle attend que l'homme qu'elle aime apparaisse et la délivre. Materena le devine. Materena est sûre que l'homme va faire irruption dans l'église d'une seconde à l'autre, mais non, il est déjà loin sur son cheval. Materena lui dit dans sa tête : "Eh, va chercher la femme que tu aimes, idiot !" Mais il continue à cavaler vers l'horizon. Et pendant ce temps, à la grande tristesse de Materena, la comédienne qu'elle est devenue est en train d'épouser l'homme qu'elle n'aime pas. Premier volet de la trilogie tahitienne. |
||
Traduit de l'anglais par Henri Theureau |
||
9782915654042
|
||
| Frangipanier Célestine Hitiura Vaite, au Vent des Îles, 2006 |
23.00 € | |
Ce roman est le second de la trilogie de Materena ; on retrouve la foule des petites gens de la périphérie de Papeete qui a fait le succès de L'Arbre à pain. Dans Frangipanier, l'histoire est centrée sur les relations entre Materena et sa fille Leilani, laquelle est bien décidée à se libérer, et à libérer sa mère par la même occasion, des pesanteurs assez machistes de la vie tahitienne. |
||
Traduit de l'anglais par Henri Theureau |
||
9782915654035
|
||
Sia Figiel
Née aux Samoa dans le village de Matautu Tai en 1967 d’une mère samoane et d’un père américain d’origine polonaise, Sia Figiel a commencé par beaucoup voyager.
Après une résidence à l’université d’Hawaï, elle est retournée dans les Samoa où elle travaille comme journaliste.
| La petite fille dans le cercle de la lune Sia Figiel, Actes sud, 2006 |
7.50 € | |
Samoana a dix ans, du caractère, la tête pleine de rêves mais le sens de l'observation. Sur son île des Samoa, au coeur du Pacifique, la nonchalance chère à Gauguin ne saurait faire oublier les baraques en tôle, l'effervescence quasi quotidienne de la violence conjugale, les mains baladeuses du marchand de glaces, les petits secrets qu'il faut dissimuler aux adultes, ou leurs grands secrets qu'il faut faire semblant de ne pas avoir surpris. Mais quand on se parle à soi-même, on peut avoir la langue bien pendue. À travers le réalisme d'une toute jeune fille, parfois même avec les mots de son parler natal, surgit sous nos yeux une description très colorée des moeurs et coutumes, des maux et des misères de la vie insulaire. Lesquels n'ôtent rien à la fierté de s'appeler Samoana - du nom même de son archipel. Ni au franc-parler de cette petite Zazie des antipodes! |
||
Traduit de l'anglais (Samoa) par Céline Schwaller |
||
9782742764938
|
||
| Le Tatouage inachevé Sia Figiel, Actes sud, 2004 |
23.00 € | |
Trois générations de femmes, certaines aux Samoa, d'autres en Nouvelle-Zélande, racontent leurs destins à jamais liés par un tatouage inachevé, bon prétexte pour cacher sous une tradition magique compromissions familiales et ordinaires péchés. Les adolescentes des précédents romans de Sia Figiel sont maintenant des adultes, prêtes à travailler, à émigrer s'il le faut et à souffrir des préjugés sur leur couleur, leur origine et leur sexe. Car une véritable blessure existe entre l'Occident dominateur et le monde du Pacifique nimbé d'un halo paradisiaque. Sous les clichés paisibles règnent une dureté entre communautés, une tension entre les sexes, une perte de repères dans un monde moderne qui n'a que faire des légendes polynésiennes. Sia Figiel suit la difficile recherche d'identité de son héroïne à travers la jungle des non-dits familiaux. Elle nous montre aussi que, là-bas comme ailleurs, quand on se débat dans la survie ordinaire et qu'on se trouve en pleine solitude, il est bon d'avoir une culture, un monde parallèle auxquels se rattacher. |
||
Traduit de l'anglais (Samoa) par Céline Schwaller |
||
9782742747672
|
||
| L'Île sous la lune Sia Figiel, Actes sud, 2001 |
21.20 € | |
Suite, prolongement ou approfondissement de La Petite Fille dans le cercle de la lune, ce livre est composé d'une multitude de voix, de légendes et de souvenirs qui, peu à peu, racontent les îles Samoa. Derrière les plages du Pacifique, le soleil et les Tropiques imaginés par les touristes, des femmes se font battre, des enfants se prostituent, des prêtres écrasent les âmes, et l'influence américaine abîme le reste. Pour la petite héroïne du livre précédent est désormais venu l'âge "des lunes" et des secrets de l'adolescence, celui d'une grande lucidité transmise de mère en fille dès l'enfance. Et, bien que silencieux, le temps de la révolte s'installe. |
||
Traduit de l'anglais (Samoa) par Céline Schwaller |
||
9782742730599
|
||
Epeli Hau'Ofa
Epeli Hau'Ofa est né en Papouasie-Nouvelle-Guinée en 1939, de parents missionnaires tongiens. Docteur en anthropologie sociale, il a été secrétaire particulier du roi de Tonga. Il enseigne aujourd'hui à l'université du Pacifique Sud, basée à Fiji. Petits contes du Pacifique est son premier livre traduit en français.
| Petits Contes du Pacifique Epeli Hau'ofa, l'Aube, 2006 |
16.80 €
![]() |
|
«Le Seigneur va dans un sens, suivi par tous les chrétiens, et Tiko va en sens contraire, toute seule. Ainsi, puisque le Seigneur travaille six jours et se repose le Septième, Tiko se repose six jours et travaille le Septième. Et tout au long du Septième Jour, on loue le Seigneur, on flatte le Seigneur et on supplie le Seigneur, même si le Seigneur n'entend peut-être pas, puisque c'est Son jour de congé.» À travers ses chroniques consacrées à la vie d'un pays, le royaume de Tonga, situé en Polynésie occidentale et rebaptisé Tiko dans l'ouvrage, Epeli Hau'Ofa nous propose une vision satyrique, drôle, parfois même loufoque, de son pays natal. Il caricature d'une pointe acérée et brillamment efficace l'accès difficile à l'état d'indépendance, le post-colonialisme, l'aide internationale et l'emprise sans faille de la religion d'un pays loin de tout, et souvent complètement dépassé par lesdits «progrès» de notre modernité! |
||
Traduit de l'anglais (Tonga) par Manuel Benguigui |
||
9782752601490
|
||
Ariirau
Stéphanie-Ariirau Richard est une enfant du Fenua, la plus gauloise des vahine de cette île, née à Pirae en 1972, de mère Teioatuatehoahoarai Poroi, plus connue sous le prénom de Dorita et d'un père français.
| Matamimi ou La vie nous attend Ariirau, au Vent des Îles, 2006 |
17.00 € | |
Les hommes qui boivent plus de trois bières par jour sont déconseillés à Matamimi parce que, lui dit sa mère, "en vieillissant ils finiront par cumuler"; on apprend également ce qui faisait écrire Diderot et ce qui faisait chanter James Brown, on parle également du forum Taui, de groupes rock, on se promène à la Pointe Venus, au marché, on accompagne Matamimi au restaurant chinois. Les enfants, eux, courent dans tous les sens, ils ont des âmes aux pieds, aux mains, aux cœurs; de sa naissance, son adolescence, son premier chagrin d'amour, sa réflexion sur les hommes, sur son pays, en passant par ses crises de nerfs, ses bagarres avec sa mère, jusqu'à sa rencontre avec un voisin pêcheur, Matamimi a toujours été elle-même, n'a jamais revendiqué être une autre. Elle a voulu plaire aux Dieux grecs qui gouvernent, mais d'un milieu modeste, élevée par sa mère seule, sans nom de famille, jolie petite fille de la populace qui essaie en vain d'exister pour les autres, Matamimi trouve finalement son bonheur en soufflant une petite phrase sous les poussières d'étoiles: «Maman, arrête de pleurer, la vie nous attend» |
||
9782915654059
|
||
Teuira Henry
Elle est la petite-fille du pasteur John M. Orsmond qui, au milieu du XIXe siècle avait recueilli et transcrit tout ce qui subsistait à l'époque de l'ancienne culture tahitienne. Elle a reconstitué et mis en ordre en ethnologue ses notes de travail.
![]() |
Mythes tahitiens Teuira Henry, Gallimard, 1993 |
23.00 € |
Le résultat, fruit de longues années, a été publié en 1928 par le Bishop Museum d'Honolulu; il constitue, avec les « Mémoires » d'Arii Taimai et de Marau Taaroa, l'une des sources les plus précieuses sur la civilisation et l'histoire des îles de la Société. Mais Teuira Henry n'est pas un témoin neutre; élevée dans le respect des valeurs missionnaires, elle pratique à l'occasion la censure, coupant ou édulcorant, et se risque parfois à des interprétations hasardeuses. On peut ainsi déchiffrer, superposé au document sur l'âme de la Polynésie d'autrefois, une histoire des errements de l'occident au contact d'une civilisation inconnue. Pour les Tahitiens d'aujourd'hui, le livre de Teuira Henry fait autorité. Il est la source majeure, la référence obligée d'une quête des racines parfois militante, toujours nostalgique. De ce point de vue, l'ouvrage n'a encore qu'un seul rival, profondément constitutif de l'identité polynésienne : la Bible. Et ce n'est pas un hasard s'il arrive que les deux livres voisinent sur les rayonnages des intellectuels polynésiens. Tous deux leur parlent de ce que fut l'Origine. (Alain Babadzan dans sa préface). |
||
Traduit de l'anglais par Bertrand Jaunez |
||
9782070732975
|
||
Regards occidentaux
| Au pays du long nuage blanc Charles Juliet, POL, 2005 |
17.00 € | |
«J'ai rédigé les pages de ce Journal pendant les cinq mois de résidence que j'ai passés en Nouvelle-Zélande d'août 2003 à janvier 2004. Ce Journal, je l'ai tenu pour garder trace de ce que je vivais, noter des rencontres, des découvertes, des voyages, des souvenirs, des impressions, des lectures, des plaisirs, des réflexions, des moments d'abandon, d'errance dans la pénombre intérieure... Pour revenir sur des instants de vie, les méditer, en dégager le sens. Pour poursuivre cette exploration et cette élucidation de ma réalité interne, entreprise il y a déjà bien des années. Pour tenter de graver dans des mots ce que le temps, sinon, aurait englouti, ne laissant que désert et désespérance. Pour retenir les poèmes venus se glisser dans ces notes. Mais si on écrit pour soi, pour obéir à une nécessité intérieure, on écrit aussi pour communiquer, rejoindre autrui, rencontrer des inconnus. D'où ce désir légitime d'offrir en partage les pages amassées.» |
||
9782846820585
|
||
| Raga, approche du continent invisible Jean-Marie Gustave Le Clézio, Seuil, 2006 |
15.00 € | |
On dit de l'Océanie qu'elle est le continent invisible. Invisible parce que les voyageurs qui s'y sont aventurés la première fois ne l'ont pas aperçue et, parce que aujourd'hui elle reste un lieu sans reconnaissance internationale, un passage, un territoire qui a fait rêver bien des explorateurs qui risquèrent leur vie pour l'atteindre et essayer d'en cartographier les contours. J.M.G. Le Clézio n'avait pas imaginé que le mythe rejoignait la réalité: il découvre l'immensité de l'océan, les myriades d'îles, d'îlots, d'atolls. De ce continent fait de mer plus que de terre, il s'approche, découvrant archipels, valeurs émergées des profondeurs, récifs coralliens. Dans ce récit où le réel et l'imaginaire s'entrelacent, où le poème affleure, J.M.G. Le Clézio nous invite à la découverte de la culture océanienne, au repérage au moyen des étoiles, à la méditation sur l'immensité de la mer, à l'amour des mères qui protègent leurs enfants dans la tempête. Voyage initiatique, approche de la beauté vers l'humanité, ce texte ouvre une réflexion et une critique de la mondialisation qui vient mettre en péril l'harmonie d'une civilisation précieuse mais fragile. |
||
9782020899093
|
||















