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Lettres New-Yorkaises

En urbanisme, il faudrait inventer la notion de « densité littéraire » : à ce jeu, New York est sans conteste la ville des Etats-Unis, voire du monde, qui compte le plus d'écrivains par habitant. Un romancier (Norman Mailer) a même brigué un temps sa mairie ! C’est que, de Whitman jusqu’à Paul Auster, en passant par Melville, Edith Wharton, John Dos Passos, Francis Scott Fitzgerald, Truman Capote, la Beat Generation, les intellectuels juifs-New Yorkais, ou Don DeLillo (excusez du peu !), les noces scellées entre les gratte-ciels et la littérature ne se sont jamais rompues. Nous avons eu beau comprimer, compresser, serrer au collet cette bibliothèque proliférante… plus de 120 titres de romans, poèmes ou pièces de théâtre se sont échappés, et égayés dans le damier des rues de Manhattan. Et c’était un minimum ! La Grosse Pomme a décidément une plume fichée dans la pulpe.

Les chapitres de ce dossier

  • Généralités & « best of »

    Au titre des généralités préalables, inévitables sur la ville la plus célèbre du monde, on dira au choix, et au gré des anthologies, que New York est "une ville debout" (Céline), "une belle catastrophe" (Fitzgerald), le "centre de l'angoisse" (Saul Bellow), ou encore un "mythe littéraire français"... Après ces vérités générales, le jeu idiot du "best of" : et si, dans la montagne de romans écrits sur New York, on devait n’en retenir que… mettons… cinq ? (5 comme les doigts de la main, ou comme le nombre de bourgs, boroughs, qui composent le « Grand New York » réunifié depuis 1898 [[à savoir : Manhattan, Brooklyn, le Bronx, le Queens, et Staten Island]]) ? Réponse : au risque de l'arbitraire, on mettrait ici en exergue Dos Passos, Salinger, Auster, Millhauser et Don DeLillo – chez qui New York n’est jamais un décor, mais LE personnage central. A eux tous, ils ont écrit peut-être l'impossible « roman total » de New York.

  • New York, canal historique

    Même si Edith Wharton immortalisa le "vieux New York" (rayonnant autour du quartier encore victorien et aristocratique de Washington Square), force est de constater que la littérature new yorkaise est jeune - comme la ville. Du moins si on la compare à la longue durée en vigueur en Europe. C'est avec Histoire de New York, de Washington Irving, que la Cité fait son entrée dans la littérature (1809) sous la forme d'une histoire totalement fictive et farcesque... Célébrée ensuite par Whitman, Melville ou Dickens, elle garde encore des couleurs européennes chez Henri James et E.Wharton. Elle connaît sa plus grande phase d'effervescence littéraire dans les décennies 1920-30 : une New York nerveuse et ambiguë, ville des "heureux" comme des "damnés", dixit Fitzgerald. Et c'est en 1925 qu'on fonde le célèbre New Yorker : Dorothy Parker et ses brillants amis critiques aiguisent leurs plumes à l'hôtel Algonquin...

  • Romans New-Yorkais : une majorité de minorités ?

    Comme la ville elle-même, depuis toujours Terre promise des immigrés, la littérature New Yorkaise est un vrai "melting pot". On ne saurait exagérer l'apport des afro-américains (ainsi le mouvement nègre de la Harlem Renaissance dans les années 20-30, relayé par la 2° génération harlemite des Badwin, Ralph Ellison, Claude Brown). La ville joue aussi un rôle crucial pour les esprits dissidents, gays, nomades ou drogués, de la Beat Generation (Burroughs, Kerouac, Ginsberg). Sans oublier la veine italienne, ou surtout, bien sûr, les écrivains juifs-new yorkais. Ecritures minoritaires.

  • Topo-graphies New Yorkaises

    Et si, reprenant les choses à zéro, on substituait à une vision linéaire-chronologique de la littérature New Yorkaise, une approche plus... géographique, plus disséminée dans l'espace ? La mégapole unitaire s'effacerait alors derrière une kyrielle de quartiers et de lieux dits - ou écrits... Brooklyn selon Paul Auster, Truman Capote, Hubert Selby Jr. ; le Bronx cher à Jerome Charyn ; Greenwich Village, arpenté par Grace Paley, William Gaddis ou... Bob Dylan. Vous avez dit mosaïque ?

  • Dernières nouvelles de New York

    La dernière génération : petit alphabet des nouvelles voix New-Yorkaises - des années 70 à nos jours. Pour les infortunés (ou les veinards !) qui n'auraient pas encore entendu parler de Coover, Doctorow, Easton Ellis, McInerney, Vonnegut, Colson Whitehead. Ou qui voudraient les relire.

  • New York "Bad City" (polars)

    Central Park, qui, dès le début du XIX° siècle, fut réputé infréquentable la nuit… Harlem, ses mauvais garcons et ses mauvais trafics… New York apparaît souvent comme une “Badtown” : un roman noir à elle toute seule ! Lawrence Block en frémit encore : “New York … qui ne connaît d’autre loi que la sienne, New York le paradoxe cyclopéen, l’enfer où l’on peut aller partout”. Nous évoquons ici 15 grands auteurs de romans criminels new yorkais - par ordre alphabétique du patronyme.

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