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Les chapitres de ce dossier :

  • Faire confiance à la littérature
  • Confluences dans la Trieste italienne

    Trieste est redevenue italienne (qui pourrait oser affirmer «définitivement»?) en 1954. Tardive victoire de l'irrédentisme, un demi siècle après son combat interrompu par d'autres guerres plus globales… Que reste-t-il du multiculturalisme, hors ce mythe que l'on n'en finit pas de distiller à toutes les modes? Dans un contexte purement italien, qu'est devenue la célèbre mixité culturelle triestine? Où est le laboratoire? L'Europe entière de l'intelligentsia se précipite à Trieste pour savourer un Campari dans un de ces cafés rythmé par les célèbres arcades entre lesquelles ne slaloment plus que des fantômes… Oui, mais déjà pas mal, non? Combien de villes plus grandes aimeraient redorer leur blason avec un tel passé. Surtout quand quelque chose en flotte encore, quand sa survivance fait naître une poétique activité de conservation et de travail de mémoire. Donc, ce qui suit en témoigne, Trieste reste une ville littéraire, comme une utopie ne s'efface que dans son accomplissement mais gagne l'éternité dans sa suspension. Voici une sélection de récits produits autour de Trieste, engendrés par le tropisme triestin.

  • Penser à travers Trieste
Les Quatre Filles Wieselberger
Fausta Cialente, Rivages, 1999

8.40

La famille Wieselberger est une famille d'artistes, d'aristocrates animés par un idéal d'indépendance et d'individualisme. Elsa, la mère, était chanteuse d'opéra. Fabio, le cousin de la narratrice, Fausta Cialente elle-même, était un musicien célèbre. Renato, le frère de Fausta, était acteur : il mourra pendant la Seconde Guerre mondiale, probablement assassiné par les Allemands. Dans cette autobiographie, l'auteur fait remonter à la génération précédente le récit de ses souvenirs familiaux, et reparcourt, sur un ton léger et nostalgique, l'histoire d'une Italie inattendue : celle des exilés de Trieste, plus "mittleuropéens" que méditerranéens, mais aussi celle des exilés d'Égypte, puisque Fausta Cialente vécut longtemps dans ce pays. Ce livre cosmopolite, hanté par l'ombre d'Italo Svevo, a reçu le prix Strega en 1976.

Traduit de l'Italien par Soula Aghion.

9782869302921

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Le Stade de Wimbledon
Daniele Del Giudice, Seuil, 2003

5.50

Un jeune homme fait une enquête sur un intellectuel qui est mort il y a une quinzaine d'années et qui a la particularité de n'avoir rien publié de son vivant. Cette figure de l'intégrité, de l'exigence littéraire, est un personnage qui a existé: Robert Balzen, dont les écrits retrouvés ont paru à titre posthume. Mais il s'agit d'un prétexte car du véritable Robert Balzen peu de chose sera dit, bien que le narrateur interroge minutieusement toutes les personnes qui l'ont connu. Parmi elles, deux femmes qui vont revivre une amitié demeurée intense dans leur souvenir. De Trieste, l'enquêteur est conduit par sa recherche à Londres, à Wimbledon dont le stade vide va jouer le rôle de révélateur.

Ce roman symbolique, singulier, plein de charme et d'intelligence, a été salué par Alberto Moravia et Italo Calvino.

Traduit de l'italien par René de Ceccatty.

9782020569170

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Ecrivez-moi Madeleine
Ilo De Franceschi, l'Aube, 2005

10.20
Epuisé

Né à Trieste au début du XXe siècle dans une famille aristocratique, emprisonné à la fin des années 1920 pour opposition au fascisme, I. de Franceschi s'engage dans la Légion. Une erreur de distribution de courrier constitue le démarrage d'un échange épistolaire étonnant avec Madeleine Allain, qu'il ne rencontrera jamais.

«Bien chère Madeleine,

Deux lettres, ce soir, douces et amies comme tout est doux ce qui me vient de vous. Et, ce matin, une de moi est partie vers votre adresse de Paris. À cette heure, étouffée dans un espace trop petit pour le tant d'affection qu'elle enferme, elle est quelque part dans le bled en train de songer à l'accueil que rue Saint-Sulpice va lui réserver.»

«Un échange d'une grande beauté, rêve de plénitude et de fiançailles éternelles»

Il est mort à Paris en 1985. Et le «miracle» des hasards a voulu que Madeleine repose aujourd'hui à quelques mètres à peine de son grand amour jamais rencontré.

 

9782752601643

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l'Écharde
Renzo Rosso, Autrement, 2006

19.00

«Dehors, il se trouva enveloppé d'un léger grésil que la bora faisait tourbillonner avant d'en cingler les maisons. La nuit incitait aux sensations vastes de liberté, de mystère, et il se mit à marcher d'un pas décidé, foulant le sol en y appuyant tout son pied qu'il soulevait ensuite jusqu'à l'extrémité des orteils afin de se décharger de toute l'exaltation qu'il éprouvait brusquement, peut-être parce qu'il s'était esquivé du café. Il releva le col de son pardessus. Personne ne le suivait, la neige mordait délicatement, et sa démarche joyeuse allait de pair avec un état d'esprit frémissant où nerfs, élans et énergie s'accordaient paisiblement à l'énergie environnante qui émanait du vent, des rues lisses comme le marbre, des maisons glacées, du canal et de l'eau du canal un peu plus loin claquant sourdement avec un bruit de gifles et dont le clapotis avait de sèches sonorités de verre.»

Trieste, hiver 1945. Un grand pianiste revient dans sa ville natale et rencontre une jeune élève qui le trouble. Enveloppé de vent et de musique, le jeu transparent et nostalgique du désir et de l'amour.

Un regard lucide, tout en arêtes, sur le temps et la mémoire.

Renzo Rosso est né à Trieste en 1926 et vit actuellement à Rome. Romancier, nouvelliste, dramaturge et philosophe, ce grand amateur de musique classique a publié de nombreux ouvrages fréquemment primés en Italie. L'écharde est son premier roman traduit aux éditions Autrement.

 

Traduit de l'italien par Geneviève Duval-Wirth.

9782746708570

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Retours à Trieste
Silvia Bonucci, Seuil, 2007

20.00

L'épopée d'une riche famille juive de Trieste au tournant du siècle dernier. Au centre, Gemma Levi, mère et épouse égocentrique, d'une beauté presque agressive, à la fois désarmante et destructive. Autour d'elle Sandrin, son mari, faible et résigné, Marcello, le fils mal-aimé et tourmenté, Dolly, la fille qui tente obstinément d'endiguer la dévastation imminente. Et plus tard, le petit dernier, Titti, le seul des trois enfants capable de susciter chez sa mère un sentiment maternel. Une errance au gré des événements qui conduira la famille Levi du Caire à Paris, en passant par Vienne pour soumettre le cas de Marcello au célèbre docteur Freud. Et puis encore Gênes, Milan, Florence, Pise, sans jamais oublier Trieste, centre de l'Europe et porte de l'Orient, carrefour de tant de cultures. Le tout dans le climat trouble d'une Europe bouleversée par la montée du fascisme et des nationalismes. Au milieu de ce tourbillon de grands hôtels, de villas et de sanatoriums, de vapeurs d'opium et de faillites financières, les voix se succèdent, comme dans une fugue, pour raconter le déclin d'une famille et le crépuscule d'un monde.

Traduit de l'italien par François Maspero, avec la collab. de l'auteur.

9782020808989

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Le Mur nord
Dragan Velikic, Gaïa, 2001

18.14

1993-1994. Olga, Serbe de Belgrade, fuit la guerre qui fait rage en Bosnie et s'exile à Vienne, où elle rejoint son mari Andrej. Transplantée dans une ville dont elle ne parle pas la langue, son existence s'englue dans l'apathie et la désespérance. Olga cherche au hasard de ses souvenirs et de ses rencontres de quoi meubler le vide de plus en plus béant de son couple et de son existence. En contrepoint à cet exil et cette béance, le récit s'échappe et s'attarde sur un autre couple en un autre temps : James Joyce et sa femme Nora, en exil à Pula, à Trieste, à Zurich. Les tentatives de séduction de Amelija et Marta sur Joyce. Et un autre couple, celui formé par la nièce de Marta, Rita, et Tibor.

Voilà les destins parallèles d'individus qui fuient la réalité dans l'espoir d'en trouver une autre, illusoire sans doute, dans l'espoir de prendre le large et de jeter l'encre ailleurs, loin au-delà de l'océan.

L'exil, jugé préférable à la réalité: l'exil plutôt que la vulgarité qui règne à Belgrade, plutôt que les préjugés et l'obligation de faire ce en quoi on ne croit plus, l'exil plutôt que le régime policier de la Belgrade fantôme de 1949, plutôt que l'effondrement de la Yougoslavie de 1993-1994. L'exil plutôt que la sensation de vivre «comme une mouche emprisonnée dans un double-vitrage».

Traduit du serbo-croate par Alain Cappon.

9782910030841

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Le Café aux miroirs
Giuliana Morandini, Zoé, 1995

17.53
Indisponible

Dans la recherche constamment détournée et probablement vaine de son enfance, Katharina vogue entre plusieurs cultures, langues, époques selon les quartiers de Trieste qu'elle fréquente. Un roman qui plonge dans l'atmosphère de la ville, évoquant les écrivains qui l'ont révélée. Prix de littérature de Viareggio 1993.

Traduit de l'italien par Christian Viredaz.

9782881822247

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Les Requins de Trieste
Veit Heinichen, Seuil, 2007

7.00

L'été s'annonce chaud et calme à Trieste, paisible port de l'Adriatique, qui dort sur sa gloire passée. Le commissaire Laurenti compte se consacrer à sa famille, qui lui cause quelques tracas. C'est alors qu'un yacht vide s'échoue sur la côte. Il appartient au richissime Bruno de Kopfersberg, citoyen honorable en apparence mais que Laurenti connaît sous un autre jour. Vingt-deux ans auparavant, la femme de l'homme d'affaires s'est noyée en mer. Persuadé qu'il s'agissait d'un meurtre et que le meurtrier était le mari, Laurenti n'a rien pu prouver. Mais que viennent soudain faire à Trieste un parrain de la Mafia et un haut fonctionnaire européen? À proximité des Balkans, la ville serait-elle devenue un enjeu pour le crime organisé? Quant à de Kopfersberg, il reste introuvable. Les frontières sont contrôlées, mais allez donc surveiller la mer, avec ce dédale d'archipels, où rôde parfois un requin! Laurenti sera-t-il de taille à dénouer les fils d'un réseau international qui touche à la prostitution, au passage de clandestins et au blanchiment d'argent sale?

 

Veit Heinichen est né en 1957. Il a travaillé comme libraire, journaliste et éditeur. Il vit désormais à Trieste. Il vient de publier en Allemagne la quatrième enquête du commissaire Laurenti.

 

Traduit de l'allemand (Autriche) par Alain Huriot.

9782757802588

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Élégies de Duino
Rainer Maria Rilke, Seuil, 2006

6.50

Entre Trieste et la mer, voici le château de Duino, chargé d'histoire et de mémoire, ouvert aussi sur le grand large: point d'intersection idéal entre les voix plurielles du monde et la voix égale de la mer. Rilke parvient à y trouver cette solitude totale, ce parfait recueil­lement qui lui permet de capter les voix du monde et de les mesurer à la voix terrible de l'ange. C'est là qu'il trouve le «calme, c'est-à-dire l'immobilité extérieure et l'animation intérieure», dans ce château «dont les tours dominent immensément la mer, et qui, pareil à un promontoire de présence humaine, par nombre de ses fenêtres (...) donne sur l'espace marin le plus ouvert, directement sur le tout, aimerait-on dire, sur ses spectacles généreux et insurpassables -tandis que des fenêtres intérieures, à un autre niveau, on a vue sur de très vieilles cours silencieuses, entre d'antiques murs romains que des époques plus tardives ont humanisés de balustrades baroques et de personnages absorbés dans leur jeu. Mais là, derrière, a-t-on franchi l'une quelconque des fortes poternes, s'élève, non moins impraticable que la mer, le Karst vide». Et puis encore les jardins, encore le Wildpark, et enfin les traces accumulées d'une longue tradition. Le clos et l'ouvert, la sauvage inaccessibilité de la mer, du Karst, des bois, les traces de la tradition, fortes poternes impénétrables et imposantes, et alentour les dansantes silhouettes baroques. (Critique, 1983, N° 435-436).

Traduit de l'allemand par Lorand Gaspar, Armel Guerne.

9782020867948

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Le Voyage à Trieste
Hartmut Lange, Fayard, 1994

13.60
Indisponible

Le professeur Montag prépare un voyage dans le sud de l'Italie mais il quitte sa famille à Rome. Peut-être est-il parti pour Trieste... La disparition, la mort, la solitude, des thèmes chers à H. Lange.

Un vieux professeur de philosophie, convalescent, découvre avant de partir en vacances le faire-part de sa propre mort sur le bloc-notes de sa femme, et tente d'en comprendre les raisons: adultère?, complot familial?, folie?.

Le style évite tout embonpoint l'ambiance est des plus feutrée et le récit suit une exemplaire linéarité. Les six personnages comme absents ou absorbés par leur discours intérieur tout en non-dits. Le résultat laisse une douloureuse impression de trouble. Tension dans la langue comme toujours chez cet écrivain du dialogue, tout à l'économie, à l'allusion, et le lecteur est plongé dans un profond malaise.

traduit de l'allemand par Bernard Kreiss.

9782213591865

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Trieste
Franck Venaille, Champ Vallon, 1985

13.00

«Pourquoi le cacher? Peut-être étais-je venu à Trieste uniquement pour voir ce lieu, regarder ces salles toujours un peu obscures...

Au fil des siècles et des invasions, la ville de Trieste s'est enrichie de cultures et courants littéraires les plus divers. Focus sur une ville aux mille trésors.

Une ville peut-elle être considérée comme une oeuvre d'art? Bien sûr, quand ses créateurs l'ont désirée telle, comme ce fut le cas pour Venise ou Saint-Pétersbourg. Mais elle peut aussi le devenir par le caprice du temps ou de curieux concours de circonstances. Dans le cas de Trieste, dont l'Italie vient de célébrer le cinquantième anniversaire de son rattachement, les vicissitudes tragiques de l'histoire se sont mystérieusement transmuées en un mythe. Et un mythe qui est d'essence littéraire.»

9782903528614

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L'Élève de Joyce
Drago Jancar, l'Esprit des péninsules, 2003

16.00

Dix nouvelles où les personnages sont confrontés à l'incompréhension face à leur propre vie.

Qu'ils arpentent une rue de Trieste ou un campus américain, qu'ils méditent dans une chapelle castillane ou dans le métro new-yorkais, les personnages de Drago Jancar voient soudain le sol s'ouvrir sous leurs pieds et restent penchés au-dessus de ce gouffre comme sur une énigme indéchiffrable. Dans le chef-d'œuvre miniature qui ouvre le présent recueil, l'élève de Joyce débat ainsi avec son maître de Schopenhauer ou de Thomas d'Aquin, mais sa propre existence lui demeure un mystère à travers toutes les ironies du sort et jusqu'à son dernier souffle.

Né en 1948 à Maribor (la deuxième ville de Slovénie), Drago Jancar est considéré comme l'un des plus importants auteurs slovènes contemporains. Figure nationale de la dissidence au temps de l'ex-Yougoslavie, il fut condamné en 1974 à un an de prison pour « propagande hostile » au régime titiste.

Traduit du slovene par Andrée Lück Gaye.

9782846360371

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La Neige et la Faute
Giorgio Pressburger, Actes sud, 2002

18.90
Indisponible

La neige est comme la faute, dit un personnage de ce livre, elle finit par tout recouvrir. Mais un autre lui répond: la faute est comme la neige, car la faute, elle aussi, finit par se dissoudre et s'effacer dans la terre... Hantées par la douleur, le mal, la culpabilité, les six nouvelles qui composent ce volume mettent en scène des personnages bouleversés, qui cherchent une réponse au "pourquoi" d'un monde dont l'absurdité les submerge. En conteur à l'inspiration profonde, nourrie de cultures juive, italienne et mitteleuropéenne, Pressburger questionne et juge notre XXe siècle à l'aune de l'inhumanité et de l'extermination qui l'ont marqué. Il s'inscrit ainsi dans la lignée de Kafka, de Stefan Zweig et de Primo Levi - y compris par la luminosité d'une écriture sans concession ; dont la retenue tranche avec la gravité de ses interrogations.

Né en 1937 à Budapest, Giorgio Pressburger s'installe en Italie en 1956. Diplômé de l'Accademia d'arte drammatica de Rome, il est réalisateur d'émissions radiophoniques (prix Italia à plusieurs reprises), metteur en scène de cinéma, de théâtre et d'opéra, auteur dramatique. Il a écrit ses deux premiers livres en collaboration avec son frère Nicola. En France, ses romans et nouvelles ont été traduits par Verdier et Actes Sud.

Traduit de l'italien par Marguerite Pozzoli.

9782742736874

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