Les chapitres de ce dossier :
- Faire confiance à la littérature
La bourgeoisie triestine a investi dans la littérature toute la part de sa complexe identité qu'elle ne pouvait confier aux affaires. Chaque communauté qui a accepté de se fondre dans le creuset commun a comme abjuré de son identité profonde (italienne, juive, autrichienne, allemande, slovène, grecque) pour le bien et le salut de chacun et de tous dans le commerce et les affaires. La part de rêve d'une patrie perdue, la part de la nostalgie qui allait vers cette ville jamais conforme (comme devant toujours rester trop provinciale) à l'utopie qu'elle avait pourtant fait naître, alla alors se déverser dans une furia littéraire qui sut instantanément trouver ses marques et sa façon. Un mythe littéraire naquit dès la fin du XIXe siècle. Voici dans une chronologie simplifiée, une bibliographie de ses principaux acteurs.
- Confluences dans la Trieste italienne
- Penser à travers Trieste
Scipio Slataper
Né à Trieste dans une famille aux origines slovaques et allemandes en 1888. En 1899, à la suite d’une dépression nerveuse et d'une grave crise économique de sa famille, il passe six mois sur le Carso (haut plateau qui domine Trieste). Il fait ses études supérieures à Florence, où il se sent exilé et écrit régulièrement dans La Voce. En 1911, il voyage en Europe centrale (Vienne, Prague, Berlin), et l'année suivante il publie une autobiographie symboliste, Il mio Carso, long poème en prose, entrecoupé de forts accents lyriques et de réflexions polémiques. Après avoir présenté pour son doctorat une thèse sur Ibsen, Slataper est lecteur d'italien à Hambourg. Dès la déclaration de guerre, il revient en Italie et écrit de nombreux articles en faveur de l'intervention italienne. Lui-même s'enrôle parmi les premiers volontaires et meurt en 1915 à vingt-sept ans sur le front de l'lsono, près de Trieste.
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Années de jeunesse qui vous ouvrez tremblantes... Scipio Slataper, Gallimard, 1996 |
16.77 € |
Autour de Trieste s'étend une zone de plateaux calcaires, avec ses dolines, ses eaux enfouies, sa nature puissante et âpre comme son nom : le Karst. En italien, ce nom hérissé s'adoucit comme sous une caresse légère : le Carso. Il mio Carso est le titre original de ce livre écrit par un jeune homme à l'aube du siècle. Il fait partie des œuvres majeures de la littérature triestine. Mais l'accent de Slataper ne ressemble à aucun autre. Tumultueux, vital, débordant de sève, voici le livre du temps perdu et retrouvé, le chant du séjour extatique sur les lieux de l'enfance, le journal d'une germination violente, mais aussi, en filigrane, l'autobiographie d'une génération artistique et intellectuelle qui, dans la guerre imminente, voudra résoudre les tensions insolubles qui l'assaillent. Sous le double signe de l'ardeur sauvage de Pan et de l'action volontaire de Prométhée, une jeunesse s'offre et se consume ici dans la chair des mots. Un «ombrageux lyrisme» émane de ce livre, observait Claudio Magris. Et il ajoutait : «Le Karst, symbole de l'aridité en même temps que de l'âpre fraîcheur de la vie cernée par la mort, devient pour Slataper le symbole de la genèse de cette parole poétique qui crée la vie.» |
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Traduit de l'italien par Thierry Loisel. |
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9782070740390
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Italo Svevo
De son vrai nom Ettore Schmitz, Svevo naît en 1861 d'un père juif allemand et d'une mère italienne. Le père, riche industriel, fait faillite et le jeune Italo est obligé d'aller gagner sa vie. La relation conflictuelle avec le père et celle, trouble, avec la mère sont des constantes de son œuvre. Il est un des premiers à s'intéresser aux travaux de Freud dont il entreprend la traduction en italien.
Il abandonne ensuite: trop gros travail! Svevo est plus un dilettante fantaisiste et inquiet qu'un rigoureux penseur du malaise de la civilisation qu'il ressent pourtant profondément. Cependant, apte à s'émerveiller de la magie et du foisonnement de la vie quotidienne dans toute sa banalité, il puise dans la sienne pour composer des romans où l'introspection prend une dimension obsessionnelle largement tempérée et même éclairée par un humour qui n'est pas sans rappeler le burlesque du cinéma américain d'alors (Chaplin, Keaton…).
Une vie d'employé de banque, terne apparemment, éclairée par des rencontres déterminantes (Joyce notamment). Il meurt à Trévise en septembre 1928.
| La Conscience de Zeno Italo Svevo, LGF, 2005 |
7.50 € | |
Un homme entreprend de raconter au psychanalyste qui le soigne les faits marquants de son existence. Ce roman en partie autobiographique, où la vie semble quelquefois guidée par le hasard, bien que marqué d'un profond pessimisme est surtout empreint d'ironie et de malice. Zeno, un homme de trop? rien n'est moins sûr. Zeno c'est davantage celui qui est toujours en retard aux rendez-vous que lui donne la société dans laquelle il vit (Trieste, bien entendu, ce livre est aussi à Trieste ce que Ulysse est à Dublin). Retards plus de passivité que choix délibéré d'aller contre l'ordre établi. Car Zeno est un bien-pensant. Il voudrait être un bon fils au chevet de son père agonisant, mail il rate l'occasion et reçoit un gifle, le dernier geste du mourant. Il aime passionnément une jeune fille, mais épouse sa sœur qui l'indiffère. S'il prend une jeune maîtresse, c'est davantage parce que les gens de sa condition sociale le font aussi. Aux funérailles de son meilleur ami, il se trompe d'enterrement. Il fume sans cesse sa dernière cigarette, celle du condamné par sa conscience à arrêter de fumer: toute cigarette qui ne serait pas la dernière n'aurait aucun goût. Tel est Zeno, figure prémonitoire de l'hypocondriaque moderne, de l'indolent aux prises avec la sauvagerie des pulsions qu'il s'emploie très mollement à réprimer tout en essayant de sauver la façade. Génial! |
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Traduit de l'italien par Maryse Jeuland-Meynaud. |
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9782253933083
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| L'assassinat de la via Belpoggio et autres nouvelles Italo Svevo, Gallimard, 2005 |
2.00 € | |
Que ce soit à travers l'assassin de la via Belpoggio ou à travers les réflexions de Zeno Cosini, l'auteur évoque la situation si difficile de l'homme, lourd de son passé et inquiet de son avenir. Comprend Un Contrat, Umbertino et un conte. |
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Traduit de l'italien par Jean-Noël Schifano. |
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9782070305384
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| Une Vie Italo Svevo, Gallimard, 2001 |
9.95 € | |
Quelques années de l'employé de bureau Alfonso Nitti, qu'une culture supérieure et le trop d'âme cher à Stendhal distinguent de ses camarades. Campagnard transplanté à Trieste, il découvre le monde du travail et l'amour (familier de la fille de son directeur, il devient son amant, presque son mari, s'il avait bien su manœuvrer). Mais cette double initiation révèle une double faillite. Una Vita, sous la multiplicité des intrigues qui s'y entrecroisent, présente le portrait d'un homme d'une remarquable pénétration, en mille images dispersées qu'une lecture attentive permet de regrouper afin d'en mesurer la justesse et la pertinence. |
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Traduit de l'italien par Georges Piroué. |
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9782070763221
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| Dernières cigarettes : du plaisir et du vice de fumer Italo Svevo, Rivages, 2000 |
7.95 € | |
«Je pense que la cigarette a un goût plus intense quand elle est la dernière. Les autres ont aussi un goût particulier, mais moins intense. La dernière tire sa saveur du sentiment de victoire sur soi-même et de l'espoir d'un proche avenir de force et de santé. Les autres ont leur importance parce que, en les allumant, on proclame sa liberté et que l'avenir de force et de santé persiste, mais il s'éloigne un peu." Sur le thème obsessionnel des "dernières cigarettes", sont ici rassemblés, comme autant de variations, divers textes dont chacun témoigne à sa façon du goût passionné et torturant que Svevo éprouva tout au long de sa vie pour le tabac. |
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Traduit de l'italien par Dominique Férault. |
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9782743606640
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| Court voyage sentimental Italo Svevo, Gallimard, 1997 |
11.00 € | |
Un homme âgé échappe à la routine du quotidien familial pour un court voyage qui s'offre à lui comme une aventure... On retrouve cette infatigable enquête sur eux-mêmes que poursuivent les héros de Svevo et l'éternel monologue intérieur auquel ils se livrent. Dans une gare, un compartiment de voiture ferroviaire, ou une ville entourée d'eau, se croisent des personnages blessés et inquiets: une épouse persuadée que son mari sexagénaire a gardé l'étourderie mutine d'un enfant; un bureaucrate poignant d'infatuation et de tremblante assurance; une petite fille qui ignore l'opposition irréductible que la logique commune établit entre l'intériorité et l'extériorité; un jeune homme qui découvre qu'on ne badine pas avec l'amour; et Aghios, un brave homme égoïste, raisonnablement lâche, volontiers flagorneur, très attaché à son confort personnel, capable de cynisme provocateur, mais fondamentalement passionné par la misère de l'homme sans Dieu et toujours ému par ses faiblesses et celles de ses congénères. |
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Traduit de l'italien par Soula Aghion. |
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9782070401550
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| Le Bon Vieux et la Belle Enfant Italo Svevo, Seuil, 1996 |
5.50 €
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Comprend Vin généreux, Une Farce bien réussie, Le Bon Vieux. Trois récits portant sur la vie et ses aléas, appelant à la réflexion et au retour sur soi-même, traités avec humour et ironie. C'est dans un espace où tous les possibles peuvent exister que Svevo fait arpenter ses personnages; le mari, la femme, la fille, le petit-fils, le neveu, la petite bonne, le chauffeur... Tous plus ou moins enfermés dans leur code de pensée, pensée décalée, extrêmement drôle, ou extrêmement triste, ne craignant pas les paradoxes, sont des sortes de fantômes felliniens. En tête, celui du vieux Giovanni, sentant venir le gâtisme, il finit par accepter de se faire greffer des glandes génitales de singe (opération très à la mode au début du 20ème siècle, inventée par le professeur Voronov) pour reconquérir sa jeunesse et sa vitalité. En vérité, il y gagne surtout "le sens de son passé", une manière de "temps retrouvé". Une fois opéré, Giovanni prendra conscience de cet "à côté" vertigineux, résultat d'une vie. Il lui aura fallu rentrer en lutte contre l'inévitable pour ouvrir les yeux et réaliser le ravage de ses erreurs. |
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Traduit de l'italien par Paul-Henri Michel, Angélique Lévi, Jeanne Modigliani. |
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9782020301213
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| Senilità Italo Svevo, Seuil, 1996 |
7.50 € | |
La passion, douloureuse et tourmentée, d'Emilio, vieux garçon provincial, pour la jeune et belle Angiolina, et celle d'Amélie pour l'avantageux sculpteur Stefano forment la trame de ce premier «roman d'amour moderne» italien, tant loué par Joyce, Montale et Valery Larbaud. Roman sur la jalousie et la figure du désir triangulaire. Emilio est l'un des premiers exemples modernes de celui qui désire par mimétisme, qui désire parce qu'un autre lui a désigné ce qui est désirable. Il joue, il théâtralise le désir tandis que Angiolina est toute à la passion, même si elle la feint. Emilio est aussi un écrivain qui s'observe vivre, aimer, être dévoré par la jalousie. L'amour est littéraire chez lui, seule la jalousie a une réalité qui le tire vers la folie où il finira par succomber. |
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Traduit de l'italien par Paul-Henri Michel. |
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9782020301220
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| Le Destin des souvenirs Italo Svevo, Rivages, 1989 |
7.95 € | |
Ces nouvelles ici rassemblées sont des œuvres posthumes écrites sans doute après 1923. Elles offrent une véritable anthologie des thèmes, des situations et des personnages "sveviens" - la mémoire, les souvenirs personnels, Trieste, la lagune vénitienne. On y retrouve plusieurs personnages de vieillards qui font des bilans, trichent avec leurs souvenirs qui, comme dans Senilita, sont enjolivés. Car avouer le complet échec d'une vie amoureuse serait condamner la société au sein de laquelle et par laquelle cet échec a été rendu patent, c'est à dire ce qui a tué, usé le désir. Et le personnage svévien s'y refuse, il préfère se réfugier dans la littérature. |
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Traduit de l'italien par Soula Aghion. |
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9782869303010
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Giani Stuparich
Giani Stuparich, né à Trieste en 1891 et mort à Rome en 1961, est ce qu’il est convenu d’appeler un « écrivain de frontière », riche de multiples apports. Sa mère était juive et son père Istrien d’origine slave et autrichienne.
Irrédentiste (c'est à dire militant pour une Trieste intégrée à la jeune République italienne) et interventionniste, il rejoint, avec son frère Carlo, les troupes italiennes au début du premier conflit mondial, devenant par là même déserteur aux yeux des Autrichiens. Acculé à la reddition, Carlo se suicide pour ne pas tomber aux mains de l’ennemi. Giani, fait prisonnier, sauve sa vie sous une fausse identité. Colloqui con mio fratello (Conversation avec mon frère) évoque admirablement ce tragique épisode familial.
Lors de la Seconde Guerre mondiale, marié à une femme juive et identifié comme résistant, il sera interné par les SS, en compagnie de sa mère et de sa femme, dans le camp de San Sabba en 1944, avant leur libération suite à l’intervention de l’évêque de Trieste.
| L'Île Giani Stuparich, Verdier, 2006 |
4.80 € | |
Une île au large de l'Istrie. Le père du narrateur, atteint d'un mal incurable, le convie à une dernière rencontre sur le lieu doublement mythique des origines de la famille et de l'adolescence de l'auteur. Déjà sur le bateau, il se rend compte que « cette mer était la sienne: le royaume illimité de ses années adolescentes, son refuge, l'amie de sa jeunesse », mais que «l'homme né sur l'île était fait pour courir le monde et ne revenir qu'à la dernière extrémité». Et si l'île lui apparaît abandonnée au milieu de l'immensité infranchissable de la mort, elle est aussi le lieu de tout commencement, comme le rappelle le père évoquant «l'îlot de l'amour, où l'on s'échangeait les baisers sous les basses tonnelles, avec les grappes qui se balançaient entre les lèvres des amants». Se rapprocher du père, le but du voyage, s'avère bientôt douloureusement impossible, et un sentiment de solitude s'empare de l'auteur. Ainsi est Giani Stuparich, tenté d'explorer, quand le monde une fois encore est délabré par la barbarie de la guerre, une totalité originelle, non historique, et dont l'île est le symbole. Mais si on ne peut pas arrêter la mort, on ne peut non plus revenir en arrière.
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Traduit de l'italien par Gilbert Bosetti. |
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9782864324775
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| Trieste dans mes souvenirs Giani Stuparich, Bourgois, 1999 |
19.82 € | |
Recueil de souvenirs de la vie triestine d'avant la Guerre de 14-18. On y trouve des portraits d'intellectuels et d'artistes qui contribuèrent à faire de Trieste le laboratoire culturel des identités croisées et de ce fait, un microcosme, un creuset dans lequel se sont brassées toutes les problématiques toujours à l'œuvre dans l'Europe contemporaine. Ces thèmes prennent pourtant chez lui une connotation déceptive, il y a une perte, une impossibilité de vivre pleinement le bonheur de la diversité, car le destin de cette ville, de cette petite république, se joue et se décide ailleurs, chez les grands de ce monde. «Génération malheureuse que la nôtre, qui a vu d'abord la réalité s'élancer vers le plus beau des rêves et puis retomber lourdement, plus bas qu'aucun cauchemar ne l'eût laissé craindre». |
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Traduit de l'italien par Jean-François Bory. |
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9782267015034
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Pier Antonio Quarantotti-Gambini
Écrivain et journaliste, il est né en 1910 à Pazin, Istrie. Il participa à la création de la revue Solaria, proche des milieux irrédentistes où il rencontra Umberto Saba à qui le lia une profonde amitié. Mort à Trieste en 1964.
| Les régates de San Francisco Pier Antonio Quarantotti-Gambini, LGF, 2006 |
6.95 € | |
C'est dans la ville et le port de Trieste que Lidia, Berto et Ario, trois adolescents des années 1930, font l'expérience du passage à l'âge adulte. Une étape décisive marquée par des sentiments inconnus jusqu'alors, des initiations et des déceptions; la découverte, aussi, des mensonges et des laideurs du monde des adultes. Ario, dont le père est parti sans retour pour les régates de San Francisco, devra comprendre le rôle que jouent auprès de sa mère tant de marins de passage. Et qu'adviendra-t-il de leur commune amitié le jour où Lidia, décidée à tirer parti de l'attrait qu'elle exerce sur les hommes, se donnera au douteux Eneo? C'est une œuvre singulière et forte de la littérature italienne du XXe siècle que nous donne à redécouvrir cette édition d'un roman initialement paru en 1947. Un livre sur l'enfance de toujours, dans le cadre odorant et grouillant de vie du grand port. |
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Traduit de l'italien par Michel Arnaud. |
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9782253099444
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| La Vie ardente Pier Antonio Quarantotti-Gambini, Gallimard, 1991 |
11.43 € | |
Sur une plage de l'Adriatique, en 1939, Sergio et Max tirent à pile ou face celui qui emmènera Sergia, la jeune fille dont ils sont tous deux amoureux, sur une île voisine et déserte. Sergio gagne mais de nombreux coups de théâtre vont perturber le séjour des jeunes amoureux. C'est à toi! s'écria Max en levant les yeux vers Fredi, avant même que se soit tu sur la pierre le tintement du sou. La pièce de monnaie oscilla, lançant de petites lueurs, et finalement s'immobilisa. Pas de doute possible: c'était "face". C'était donc bien à lui et, à cette annonce, la gorge de Fredi s'était serrée et son cœur se mit à battre à grands coups. |
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Traduit de l'italien par Michel Arnaud. |
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9782070723935
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Biagio Marin
Biagio Marin (né sur l'île de Grado, au large des côtes de la Vénétie Julienne en 1891 et mort sur la même île en 1985) est le plus grand poète triestin de la deuxième moitié du XXe siècle. Il fut un des animateurs de la revue irrédentiste La Voce et un proche de son mentor, Slataper. Loué et cité à longueur d'ouvrages par Claudio Magris qui tente ainsi de lui donner sa véritable place, sa poésie très difficile à traduire n'a pas trouvé preneur dans l'édition française. Quel dommage, un seul recueil paru à l'Âge d'homme pour une œuvre tellement immense…
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Dans le silence le plus tendu Biagio Marin, l'Âge d'homme, 1983 |
11.00 €
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«L'unité de son œuvre poétique -qui s'identifie à son existence en une prolifération vitale presque monstrueuse par son exubérance hors normes, mais distillée en une musicalité d'une pureté parfaite, immatérielle-, se situe bien au-delà du conflit vécu par sa génération, dont pourtant découle sa tension éthique. Marin, a écrit Pasolini, chante contamment la tension génératrice, l'innocence anhistorique et absolue d'une sexualité qui ne se lasse jamais et embrasse la mort elle-même. En partant de ce principe inconnaissable et ineffable de l'éternel retour du cycle agraire, la poésie de Marin, avec sa synthèse de désir sensuel et de transparence musicale, fonde l'unité du monde, ouvre un golfe, et un horizon sur lessquels jaillissent et resplendissent les présences du monde.» Claudio Magris et Angelo Ara, Trieste, une identité de frontière, Seuil, 1991, épuisé.
J'entrerai dans la mort comme un fleuve dans la mer... Biagio Marin. |
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9782825124161
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Roberto Bazlen
Artiste sans œuvre, Roberto Bazlen (1902-1965) a toujours négligé de livrer ses écrits à la publication. Je n'écris pas de livres, dit-il, je n'écris que des notes en bas de page. Bazlen représente la face cachée de Trieste, celui qui défait, celui qui ne croit pas, celui qui annonce l'échec, le non-sens, même de cet échec. «Semeur de labyrinthes et de chaos, Bazlen est une pensée vivant autour d'un vide, un Musil sans l'urgence de finir L'Homme sans qualités», dit de lui Claudio Magris.
| Trieste Roberto Bazlen, Allia, 2000 |
6.10 € | |
On recueillit à sa mort ses “notes sans texte”, qui comprennent ces pages consacrées à sa ville natale. Bazlen fait revivre Trieste et ses contradictions : ville entourée d'une campagne slave, gouvernée par des Autrichiens, mais où l'on parle italien. Ville provinciale et pourtant “caisse de résonance” de la culture européenne où une bourgeoisie riche et cultivée poursuit un rêve d'italianité sans y croire, pendant qu'une administration ennuyée entretient péniblement un autre rêve: celui d'un Empire déjà condamné par l'histoire.
Illustré de dessins de Vittorio Bolaffio |
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Traduit de l'italien par Monique Baccelli. |
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9782844850386
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Lettres éditoriales Roberto Bazlen, le Passeur, 1999 |
12.20 €
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Les lettres que Roberto Bazlen adressa à ses amis éditeurs entre 1951 et 1964 n'étaient pas destinées à être publiées. Elles ont contribué à renouveler le paysage éditorial italien d'après-guerre, puisqu'elles ont participé à la découverte de quelques-uns des plus grands noms de la scène littéraire et intellectuelle : Saba, Montale, Solmi et Svevo. On notera que si Bazlen était capable d'enthousiasmes littéraires, il pouvait aussi descendre vertement ceux qu'il considérait comme des nains... |
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Traduit de l'italien par Adrien Pasquali. |
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9782907913621
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Umberto Saba
Umberto Saba est le pseudonyme d'Umberto Poli, écrivain et poète né en 1883 à Trieste et mort en 1957 à Gorizia.
Après des études commerciales et des emplois temporaires, Umberto Saba se consacre exclusivement aux lettres, collaborant épisodiquement à des revues et à des journaux. Il quitte Trieste pour l'Italie en 1905 (la ville étant encore sous domination austro-hongroise à cette époque). Il vit à Florence, à Pise, puis retourne à Trieste en 1911 pour s'y marier.
Après sa participation à la Première Guerre mondiale, il ouvre sa «librairie antique et moderne» à Trieste, redevenue italienne, librairie qu'il tiendra jusqu'à sa mort. D'origine juive par sa mère, Saba devra fuir le régime mussolinien en 1943. À partir de 1945, Umberto Saba se consacrera à l'écriture de son œuvre poétique. Après avoir reçu le prix de l'Accademia dei Lincei en 1951, il est fait docteur honoris causa de l'Université de Rome en 1953.
| Femmes de Trieste Umberto Saba, José Corti, 1997 |
17.53 € | |
"Je n'ai pas été un poète triestin, mais un poète et un écrivain italien, né en 1883 dans cette grande ville italienne de Trieste. Je ne sais même pas si -du point de vue de l'hygiène de l'âme- cela a été, pour moi, un bien que de naître, avec un tempérament classique, dans une ville romantique; et avec un caractère (comme celui de tous les faibles) idyllique, dans une ville dramatique. Ce fut un bien (je crois) pour ma poésie, qui se nourrit aussi de ce contraste, et un mal pour mon -disons- bonheur de vivre... En tout cas, le monde, je l'ai regardé à partir de Trieste". Umberto Saba n'a cessé de rêver à cette ville qu'il n'a guère quittée, du moins en pensée. Centre et foyer de ses désirs et de sa mélancolie, la ville devenait la figure allégorique de son œuvre. Les femmes, les livres, les lieux, mais aussi la psychanalyse, la guerre, l'enfance et le rythme des mots et des vers: dans de courts textes inspirés, profonds, railleurs, violents parfois, le poète propose un manuel de poésie et de savoir-vivre, une galerie de souvenirs, de rêveries et de préceptes. |
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Edité et traduit de l'italien par René de Ceccatty. |
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9782714306029
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| Ombre des jours Umberto Saba, Rivages, 1991 |
13.57 € | |
Écrits pour la plupart après la guerre, et publiés en revue, ces nouvelles et aphorismes furent présentés au public comme de "brèves compositions en prose, d'une coupe écourtée et incisive, qui ont l'inflexion du poème et la rigueur de l'aphorisme. C'est presque un genre nouveau, qui, certes, est propre à Saba et qu'il appelle "Raccourcis" parce que, d'une façon elliptique et rapide, ils lui permettent d'arriver à des conclusions lointaines et souvent surprenantes." Saba commente alors cette définition, en précisant «Ils étaient - du reste - dans l'air ; il suffisait pour "les capter" et "les enregistrer", d'avoir un peu d'oreille pour certaines réalités profondes, auxquelles nos excellents philosophes (c'est là que le bât blesse) répondent soit en niant leur existence, soit par un "Vade retro, Satana" ! Mais Satan ne demande pas mieux que de rester caché.» Ce recueil a la tendresse ironique, l'intelligence vive et dense que l'on connaît au grand poète triestin, mais avec, ici, la blessure encore ouverte de la guerre, de l'Holocauste, une sorte de désenchantement définitif. Jugements politiques, portraits impitoyables ou chaleureux, tableaux poétiques alternent dans ces carnets secrets qui, pour certains spécialistes de Saba, représentent l'essence de son art. |
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Traduit de l'italien par René de Ceccatty. |
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9782869304192
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| Comme un vieillard qui rêve Umberto Saba, Rivages, 1990 |
5.35 € | |
Les "récits-souvenirs" qui composent ce volume réalisent l'ambition même de Saba, qui voulait écrire sous cette forme une autobiographie à demi rêvée, ou ce qu'il appelait un "portrait d'inconnu". Un premier groupe de récits est placé sous le signe de Trieste : la ville est le décor ou l'arrière-fond du monde merveilleux que l'auteur s'est obstiné à y voir ; un second groupe est dominé par des figures d'écrivains (Leopardi, D'Annunzio, Svevo), par la passion de la littérature dans ce qu'elle a de quotidien et de fabuleux à la fois. Gérard Macé. |
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Traduit de l'italien par Gérard Macé. |
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9782869303249
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| Couleur du temps Umberto Saba, Rivages, 1989 |
6.40 € | |
«La couleur du temps n'est pas fournie seulement par les grands événements, ceux que l'on dit historiques. Quelqu'un de futé la trouve, sans la chercher, dans les petits indices de la vie quotidienne.»
Les nouvelles que Saba a écrites entre 1910 et 1947 semblent être l'illustration de cet aphorisme. les "petits indices" annoncent parfois de véritables tragédies. Saba, dont la vie tout entière a été minée par une angoisse existentielle qu'il n'a jamais su éclaircir autrement que par l'écriture, le sait mieux que tout autre. Exilé sur la terre, il assume, par son statut de poète et d'observateur attendri des petites gens, le drame de tous les exclus; les Juifs, dont il fait partie, inspirent ses premiers récits, merveilles d'ironie et de compassion; les enfants, qui paraissent toujours vivre entre deux mondes; les femmes qui, selon lui, retenaient, mieux que les hommes, une part d'enfance en elles; et surtout les rêveurs. Les seize nouvelles de ce recueil, le plus souvent situées à Trieste, sont les plus narratives que Saba ait écrites, mais la fiction y est au plus près du réel, même si, pour un poète, le réel est le plus souvent onirique.
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Traduit de l'italien par René de Ceccatty. |
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9782869302679
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| Il Canzoniere Umberto Saba, l'Âge d'homme, 1986 |
30.00 € | |
La poésie de Saba est un effort pour aller de l'obscurité de l'instinct, de mort principalement, vers la clarté et la pureté des choses réelles. «Le Canzoniere est constamment animé par cette tension entre la profondeur que l'obscurité rend trouble et la clarté crue de l'apparence qui épuise toute signification par son jeu splendide et imperturbable. Une vie singulière et infatigablement disponible au désir comme à la souffrance s'y résout en une poésie qui, destinée à subir ouvertement les déchirements et les passions de toute une époque, élève chaque donnée intime de l'autobiographie à la signification exemplaire d'une situation qui peut nous concerner tous. Saba réinvestit la vie dans toute son étendue, une vue sous un grand angle et une vaste coupe transversale de l'existence quotidienne recueillie avec toute son ardente et impure richesse. L'œuvre poétique devient ainsi, en acceptant le risque de retenir les déchets, les scories de son propre travail, le résultat global d'un flux de vie -de la vie toute entière- en poésie. Angelo Ara et Claudio Magris, Trieste, une identité de frontière, Seuil 1991, épuisé. |
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Traduit de l'italien par Odette Kaan, Nathalie Castagné, Laïla et Moënis Taha-Hussein et al. |
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9782825124277
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| Ernesto Umberto Saba, Seuil, 1978 |
15.00 €
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"Ernesto", récit de la jeunesse de l'auteur, raconte sans fard les premières expériences sexuelles d'un garçon triestin de dix-sept ans, depuis les contacts clandestins avec un débardeur, puis la visite chez une prostituée, jusqu'à la découverte de la beauté, en la personne d'un jeune violonniste-prodige de son âge rencontré dans un concert. Ce livre, unique roman de Saba, et demeuré inachevé, a été écrit à soixante-dix ans, comme un retour à l'adolescence - et un retour à soi. |
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Traduit de l'italien par Jean-Marie Roche. |
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9782020048927
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Giorgio Voghera
Né à Trieste en 1908 dans une famille juive, Voghera y a vécu jusqu’à sa mort en 1999, sauf à l’époque des persécutions raciales.
Employé dans les assurances jusqu’en 1962, il s’est ensuite consacré à son activité littéraire. Il a collaboré à Radio Trieste, TV3, et à de nombreux journaux et revues : Il piccolo, L’Umana.
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Le Directeur général Giorgio Voghera, la Différence, 2003 |
10.00 € |
Tout au long de ce récit, fruit de sa longue expérience professionnelle dans une compagnie d'assurances de Trieste, Giorgio Voghera décortique le système auquel sont soumis les personnes qui travaillent dans une grande société. Il décrit le paysage triestin d'avant-guerre, les effets de la loi raciale de la fin 1938 qui l'a privé de son emploi, et surtout l'atmosphère étrange et sinistre de cette période trouble. |
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Traduit de l'italien par et préf. Gérard-Georges Lemaire. |
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9782729114657
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| Cahiers d'Israël Giorgio Voghera, la Différence, 2005 |
15.00 € | |
En 1938, Giorgio Voghera, modeste employé d'assurances mais brillant lettré, quitte Trieste et l'Italie coupable d'infâmes lois raciales et s'installe pour une dizaine d'années sur la terre d'Israël. Citoyen d'un pays de l'Axe, il est d'abord incarcéré par les Britanniques ; à sa libération, il choisit d'entrer dans un kibboutz, où il fait l'apprentissage, douloureux pour un intellectuel à la santé fragile, du travail à la ferme. Les Cahiers d'Israël sont le récit de cette expérience, de la fatigue quotidienne, des charges harassantes subies au nom de la construction d'un État juif. Le regard qu'il porte sur ses compagnons est néanmoins curieux et lucide. Tout en nuances, d'une humilité sans dogmatisme, ces Cahiers permettent de revenir à des interrogations essentielles, trop souvent absentes des analyses du conflit israélo-palestinien qu'un demi-siècle n'a pas apaisé, loin s'en faut. Les conditions de vie ont changé, la violence des armes s'est imposée, mais le rêve de faire de la terre de Palestine un contrepoint à la barbarie du monde est plus que jamais d'actualité. |
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Traduit de l'italien par Carole Cavallera. |
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9782729115548
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| En prison à Jaffa Giorgio Voghera, la Différence, 2003 |
15.00 € | |
L'histoire commence en 1940, quand les Anglais décident d'arrêter les Italiens de Palestine. Dans une prison arabe de Jaffa se retrouvent des ressortissants italiens, fascistes ou antifascistes, juifs ou «aryens», mais aussi des Arabes à qui les aléas de la diplomatie internationale ont curieusement donné la nationalité italienne. Pendant les longues journées de captivité, ces hommes de races, d'opinions, de classes très différentes décident de raconter, à tour de rôle, leur histoire dont le pivot central est l'échec que la constante autodérision ne parvient pas à masquer tout à fait. Ces récits brefs, essentiels, tissent peu à peu la trame du douloureux destin des hommes victimes de l'Histoire, témoins inlassablement confiants en des lendemains qui toujours les trahiront. Ainsi de cette Palestine d'avant 1940 où l'enthousiasme des premiers kibboutzim, l'utopie de la fraternité des peuples contiennent pourtant en germe «l'enfer d'une lutte sans merci à laquelle on n'entrevoit guère d'issue». |
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Traduit de l'italien par Carole Cavallera. |
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9782729114640
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Le Secret (Anonyme triestin, attribué à Giorgio Voghera) Giorgio Voghera, Seuil, 1996 |
22.20 €
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Un témoignage, celui d'un enfant né d'un couple d'intellectuels juifs progressistes, à Trieste, à la veille de la Première Guerre mondiale: le récit de sa vie qu'il raconte de l'enfance à l'âge adulte, en s'attardant surtout sur les années de lycée. Le Secret est le roman autobiographique de l'amour obsessionnel et jamais déclaré d'un adolescent torturé pour une de ses camarades de classe. Son originalité réside dans son style très influencé par la psychanalyse et son implacable sincérité dans sa description du renoncement du narrateur à l'amour et à la vie. Derrière cet anonyme, se cache vraisemblablement Giorgio Voghera. |
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Traduit de l'italien par Jean et Marie-Noëlle Pastureau. |
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9782020130332
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Claudio Magris
Né à Trieste en 1939, sa spécialité en littératures germaniques l'a conduit à vivre en Autriche et en Allemagne, avant de revenir dans sa ville natale. Il y enseigne aujourd'hui la littérature germanique à l'université. Traducteur, grand spécialiste de l'Europe centrale, il poursuit une recherche qui associe l'histoire, la littérature de langue allemande et italienne et une quête autobiographique où l'écriture joue un rôle essentiel. Il a publié des essais, des œuvres de fiction, des pièces de théâtre, des recueils d'articles, en particulier ceux du Corriere della Sera.
Magris apparaît comme un passeur essentiel dans les relations entre les cultures de cet espace qu'il a contribué à populariser, dont il est le chantre et le mythographe, la Mitteleuropa.
Valeur qui chez lui est à la fois de nostalgie et d'espoir. On sent parfois un agacement devant la tarte à la crème qu'est devenu le terme, une lassitude à sans cesse devoir répondre de ce mythe qui gît sans doute dans un passé fantastique et, la part d'espoir chez lui, dans un futur européen qui semble pourtant ne pas se dessiner.
| À l'aveugle Claudio Magris, Gallimard, 2006 |
24.00 € | |
Ce roman historique se présente comme la confession d'un double personnage: d'une part Jorgen Jorgensen, d'autre part Salvatore Cipicco. Le premier a vécu dans la première moitié du XIXe siècle, le second au XXe siècle. Mais le second pourrait être un avatar de l'autre. Dans un hôpital de Trieste, jour après jour, un vieil homme se confie à son psychiatre, et tente de recoudre les morceaux de sa vie. Ou plutôt de ses vies. Peut-être ne parle-t-il qu'à lui-même? Souvent il ne reconnaît pas sa voix, ses voix. Officiellement, il est Salvatore Cippico, né en 1910, ancien militant communiste, qui, avec deux mille camarades de Monfalcone, est parti bâtir le socialisme en Yougoslavie et a été jeté par Tito dans le bagne de Goli Otok, puis a émigré en Australie. Intimement, il se prend pour le clone de Jorgen Jorgensen, aventurier danois du XIXe siècle, corsaire-écrivain, éphémère roi d'Islande, puis déporté en Tasmanie. Mythiquement, il réincarne Jason lancé dans une conquête ambiguë, dans une errance inquiète. Il a -ils ont- vécu les grands événements et bouleversements de deux siècles; et aimé et abandonné toutes ces femmes qui sont toujours la même, impuissante salvatrice sacrifiée au cynisme des chefs, à l'implacable logique des faits.
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Traduit de l'italien par Jean et Marie-Noëlle Pastureau. |
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9782070776092
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| Trois Orients Claudio Magris, Rivages, 2006 |
6.50 €
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En 2003 et 2004, Magris, voyageur infatiguable, a visité la Chine, le Vietnam et l'Iran, creusets de très anciennes civilisations et aujourd'hui théâtres d'importantes mutations politiques et historiques. Il y a rencontré des étudiants, des universitaires et des écrivains. Il invite à se défier des approximations et des schémas qui ont cours à propos de ces pays. «On revient chez soi. Beaucoup d'amis me demandent comment je fais pour ne pas me lasser de voyager autant et souvent si loin. On se lasse au contraire de rester chez soi, dans sa propre ville et son propre monde, où l'on est broyé par des tracas et des devoirs, transpercé par les mille flèches banalement empoisonnées du quotidien, opprimé par les idoles de sa propre tribu. C'est quand on est chez soi que se jouent, en bien et en mal, la vie, le bonheur et le malheur, la passion, le destin. Le voyage, même le plus passionné, est toujours pause, fuite, irresponsabilité, trêve de tout véritable risque. On revient donc chez soi, au monde adulte, sérieux, envahissant.»
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Traduit de l'italien par Jean et Marie-Noëlle Pastureau. |
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9782743615550
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| L'anneau de Clarisse : grand style et nihilisme dans la littérature moderne Claudio Magris, l'Esprit des péninsules, 2003 |
28.00 € | |
L'anneau que Clarisse, le plus bouleversant peut-être des personnages de Musil, ôte de son doigt, et qui se révèle ainsi dépourvu de centre, est le symbole de la totalité perdue, de cette «anarchie des atomes» diagnostiquée par Nietzsche et dont découlent la crise du sujet, celle des valeurs, celle aussi du langage, celle enfin de la littérature et de l'art qui se donnaient pour but de représenter cette totalité de la vie. Cette crise de la fin de siècle a été ressentie et exprimée avec une intensité particulière en Autriche, où elle a coïncidé avec le crépuscule de l'empire habsbourgeois. Aux oeuvres d'auteurs tels que Hofmannsthal, Rilke, Blei, Musil ou Doderer répondent dans l'espace scandinave celles de Jacobsen, Ibsen ou Hamsun et encore ailleurs en Europe celles de Walser, Svevo, Sperber ou Canetti. Les grands textes magistralement analysés par Claudio Magris dans cet essai -invitation à de vastes et passionnantes lectures ou relectures- peuvent nous aider à envisager plus lucidement la condition de l'homme moderne: profondément divisé, égaré dans la «prose du monde», il doit garder vivante la nostalgie d'une unité perdue pour éviter le piège d'une «nouvelle innocence» qui ne serait que le renoncement à l'existence individuelle et à l'exigence d'un sens. |
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Traduit de l'italien par Marie-Noëlle et Jean Pastureau. |
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9782846360388
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| L'Exposition Claudio Magris, Gallimard, 2003 |
8.50 € | |
Entre pièce de théâtre et livret d'opéra, L'exposition marque une nouvelle étape dans l'œuvre de Claudio Magris. Au cœur de cette fantaisie baroque et débridée se dresse la figure du peintre triestin Vito Timmel, mort en 1949 à l'asile psychiatrique. Esprit vagabond, anarchiste et bohème, sa vie est ressuscitée par bribes et lambeaux à travers ses propres paroles et la voix de ses infirmiers, de ses amis artistes et compagnons de beuveries, des femmes qu'il a aimées ou n'a pas su aimer. Tous ces personnages, sanguins ou larvaires, laissent fuser les puissantes couleurs d'une langue qui oscille du registre trivial à la rhétorique la plus ornée. Gravité et dérision s'entrelacent, tout comme la joie et la douleur, dans un climat qui tangue entre vie et mort, déluge et carnaval. L'exposition est un livre surprenant, emporté, crépitant, tragi-comique, une sorte d'Arche de Noé de la Mitteleuropa voguant sur une mer démontée, ou peut-être une Nef des fous, un Radeau de la Méduse, tout dépend de l'éclairage qu'y projette l'âme du lecteur, ou de l'effet de vérité que fomente l'artifice sur la scène du théâtre...
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Traduit de l'italien par Marie-Noëlle et Jean Pastureau. |
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9782070763931
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| Déplacements : voyager avec Claudio Magris Claudio Magris, La Quinzaine littéraire, 2003 |
24.00 € | |
Rassemble des chroniques publiées dans Corriere della sera entre 1981 et 2000, dans lesquelles il est question de sujets variés, de choses vues, enregistées et pensées aussi bien à Madrid qu'à Prague, en Finlande qu'en Australie, dans le bureau de Churchill que dans celui de Dostoïevski. Magris voyage avec l'humanité pour but et pour se confronter à l'histoire et à ses variantes.
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Traduit de l'italien par Françoise Brun. |
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9782910491154
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| Les Voix Claudio Magris, Descartes & Cie, 2002 |
9.50 € | |
Les voix laissées sur un répondeur peuvent être douces et profondes comme la neige mais il faut aussi savoir respecter le moment et les circonstances. Même si c'est la plus belle, cela peut être un désastre ! «27 65 04, oui, c'est le bon numéro. Le 32 64 29, c'est peut-être encore mieux, comment ça peut-être? Sûrement oui! Aucune comparaison possible avec cette intonation ironique et douce, profonde comme la neige, une neige chaude, moelleuse, une couverture douillette qu'on rabat sur sa tête, les chiens de traîneau font comme ça et ils sont très bien là-dessous, dans cette tiédeur... Mais chaque chose en son temps. Avec les voix aussi, il faut savoir respecter le moment et les circonstances. Surtout avec les voix, autrement si l'une d'entre elles ouvre la bouche au mauvais moment, fût-elle la plus belle, c'est un désastre, c'est comme accorder un violoncelle au bistrot, pendant qu'à la table voisine, on joue de l'accordéon et on chante des chansons paillardes... Mais voici venir l'heure du 27 65 04. Voilà, les trois sonneries, puis la musique...» |
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Traduit de l'italien par Karin Espinosa. |
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9782844460288
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| Utopie et Désenchantement Claudio Magris, Gallimard, 2001 |
25.15 € | |
Avec une grande diversité dans l'approche, Claudio Magris revisite ici tout un pan de la littérature universelle, son attention se portant tantôt sur l'ensemble de l'œuvre (pour Hermann Hesse, Hermann Broch, Goethe et Thomas Mann), tantôt sur une œuvre spécifique (pour Hugo, Gontcharov ou Tagore), tantôt sur la mise en parallèle de deux écrivains (Fontane et Strindberg, Nietzsche et Dostoïevski), ou sur un bilan établi à l'occasion d'un anniversaire, d'une mort ou d'un événement historique (Ernst Jünger, Primo Levi, Ivo Andric), ou encore sur un aspect apparemment anecdotique mais en fait révélateur de l'essentiel des êtres (Hannah Arendt et Martin Heidegger, Pasolini et Montale). En bon voyageur, Claudio Magris aime s'écarter des sentiers battus: il nous parle aussi d'une œuvre étonnante que Linné destinait à son fils, de lettres apocryphes de Ninon de Lenclos, d'écrivains naïfs au sens propre du terme (Turi, Qipinngi, un poète indien anonyme), et de ces aventuriers que furent eux-mêmes certains auteurs de romans d'aventures (Sealsfield et Stevenson). Enfin, il sort du domaine littéraire pour s'interroger sur notre époque, ses dilemmes et ses vertiges. La réflexion de Claudio Magris prend son essor aux confins où se croisent et s'entrelacent la littérature, l'Histoire et l'éthique. Il apparaît alors que le fil rouge reliant ces divers essais est le conflit dynamique entre utopie et désenchantement. Il se pourrait que ce livre soit aussi un livre de sagesse, nous invitant à l'apprentissage d'une «forme ironique, mélancolique et aguerrie de l'espérance». |
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Traduit de l'italien par Jean et Marie-Noëlle Pastureau. |
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9782070756902
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| Microcosmes Claudio Magris, Gallimard, 2000 |
7.70 € | |
Dix noms de lieux, jetés comme sur une carte, constituent les titres des chapitres de ce livre qui n'est ni un journal de voyage ni un fragment d'autobiographie, ni un roman à clés, mais peut-être bien le récit d'un voyage initiatique, nimbé de la présence d'une Aimée disparue, à travers des lieux, des cultures et des mythes chers à l'auteur. Cette fois Claudio Magris nous promène du café San Marco à l'église du Sacré-Cœur, à Trieste, en passant par quelques endroits frontaliers, marginaux, secrets d'une Europe à la mémoire vive et au passé brûlant. Il y évoque, y rencontre ou y écoute un portier de nuit, un pêcheur réfractaire, un savant universaliste, un pacifiste mythomane, des joueurs de cartes... - tout autant que Médée, un ours invisible ou une petite fille qui fait du vélo. Les témoins du temps sont des oubliés de l'Histoire, dont la pauvre vie, contradictoire et fascinante, fait et juge l'Histoire. Dans la dernière séquence, comme un navire qui sombre, une nef, puisqu'il y est question d'une église, affleure l'autobiographie et le souvenir d'un amour de jeunesse. |
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Traduit de l'italien par Jean et Marie-Noëlle Pastureau. |
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9782070412440
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Une Autre Mer Claudio Magris, Gallimard, 1993 |
13.72 € |
Carlo Michelstaedter se suicida à vingt-deux ans, au lendemain de l'achèvement de sa thèse : Persuasion et réthorique. Un de ses amis d'enfance, le héros de ce livre, voulant rester fidèle à sa pensée, s'abandonna peu à peu à une nostalgie quasi foetale... En fait, l'existence que s'est choisie Enrico résulte d'un malentendu et de son incapacité à dépasser la mémoire de ses années de jeunesse. Celle-ci a été illuminée par l'amitié qui le liait à Michelstaedter. Elle avait de quoi séduire, à l'aube du siècle, ces jeunes gens épris d'idéal et souffrant d'un mal de vivre. La persuasion «c'est la possession toujours présente de sa vie et de sa personne, la capacité de vivre à fond dans l'instant sans l'obsession délirante de la prendre et de l'utiliser en vue d'arriver le plus vite possible au futur. Celui à qui la persuasion fait défaut consume son être dans l'attente d'un résultat qui doit toujours venir et qui ne vient jamais. La “rhétorique”, c'est l'énorme engrenage de la culture, le fiévreux mécanisme de l'activité grâce auquel ceux qui sont incapables de vivre réussissent à se protéger de la conscience anéantissante de leur carence de vie et de valeur» Une Autre Mer est le récit, poétique et sensible, de l'aberration à laquelle peut conduire cette doctrine. |
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Traduit de l'italien par Jean et Marie-Noëlle Pastureau. |
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9782070731411
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Le Mythe et l'Empire dans la littérature autrichienne moderne Claudio Magris, Gallimard, 1991 |
21.34 € |
Thèse de doctorat de l'auteur, cet essai évoque l'Empire de l'aigle à deux têtes avant son écroulement tragique en 1918 et ce qu'il représente pour les nombreux écrivains autrichiens de notre siècle. Replacer un Musil, un Hoffmanstahl, un von Doderer dans ce contexte est un exercice qu'il appartient à un regard extérieur de rendre lumineux. |
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Traduit de l'italien par Jean et Marie-Noëlle Pastureau. |
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9782070780433
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| Trieste, une identité de frontière Angelo et Magris Ara, Seuil, 2008 |
30.00 € | |
Comment peut-on être triestin ? Gagner, mériter, revendiquer l'identité de celui qui n'est de nulle part, c'est-à-dire d'une ville de frontière et d'un petit hinterland caillouteux, débouché maritime de l'empire habsbourgeois, pôle d'attraction grâce à son dynamisme économique, melting-pot où se côtoient, se regardent et parfois s'ignorent la culture italienne, la tradition germanique, l'effervescence slave, enjeu d'un combat entre l'Italie et l'Autriche, puis la Yougoslavie, finalement arbitré par les Américains -cette ville qui "est littérature" et que hantent les grandes figures de Svevo, de Saba et de Joyce et celles, à découvrir par le public français, de Slataper, de Stuparich, de Marin, de Cergoly et de tant d'autres... Plus que l'histoire proprement dite de la ville, les auteurs se sont attachés à faire le point de tous les tiraillements linguistiques, démographiques, politiques et culturels ayant présidé à "l'identité de frontière" si caractéristique de cette fille naturelle de Vienne et adoptive de Rome, de ce carrefour jadis stratégique de la Mitteleuropa, de ce port endormi, nostalgique et boulimique de ses splendeurs passées, qui fut -et reste- une des capitales littéraires du siècle. Ce livre fait foi: avec sa "valeur de modèle dans un monde voué à devenir de plus en plus étranger" et "cette crise et cette recherche d'identité qui marquent aujourd'hui le destin de chacun et non plus seulement ceux qui naissent ou vivent dans les territoires frontaliers". Trieste apparaît bien comme le laboratoire de l'Europe. Une réédition de cette somme en poche serait bienvenue... |
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Traduit de l'italien par Marie-Noëlle et Jean Pastureau. |
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9782020948715
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| Danube Claudio Magris, Gallimard, 1990 |
9.20 € | |
L'auteur descend le Danube et décrit en érudit la culture de la Mitteleuropa; le voyage au gré du fleuve est une fresque des siècles passés. Des sources en Forêt-Noire à son delta en mer Noire, Claudio Magris descend le fleuve. En touriste : il visite les paysages et les maisons, s'arrête, à Vienne, devant un simple escalier de bois. En érudit : il découvre les sites majeurs, les rites de la Mitteleuropa ; il croise, semble-t-il, Kafka, Canetti, Lukács, Joseph Roth..., de passage, eux aussi. En homme: il s'émeut, s'émerveille, s'interroge. Sous la plume d'un grand écrivain, le voyage au gré du fleuve devient aussi une grande fresque des siècles passés.
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Traduit de l'italien par Marie-Anne Toledano. |
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9782070382521
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Enquête sur un sabre Claudio Magris, Desjonquères, 1987 |
11.40 €
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Les faits historiques évoqués dans ce récit se sont déroulés en Carnie entre l'été 44 et le printemps 45. La Carnie, au nord du Frioul, était occupée par les Allemands et l'armée de cosaques composée de tous ceux qui s'étaient résolus à collaborer avec le IIIe Reich après avoir fui la Russie stalinienne. Les nazis, en échange, leur avaient promis une patrie. Parmi les officiers à la tête de cette armée cosaque domine la figure de Krasnov, personnage légendaire dont la mort resta longtemps enveloppée d'un épais mystère et de diverses légendes. L'enquête sur Krasnov cherche à reconstituer, au travers des mythes, la réalité historique de ces cosaques à la poursuite du rêve impossible d'une nouvelle patrie mais qui périrent trahis par les vainqueurs. |
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Traduit de l'italien par Marie-Anne Toledano. |
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9782904227165
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Marisa Madieri
Marisa Madieri (1938-1996) est née à Fiume (l'actuelle Rijeka en Croatie) d'où elle a dû émigrer après la Seconde Guerre mondiale. Établie à Trieste, elle s'est partagée entre l'enseignement de l'anglais et une œuvre littéraire et journalistique.
Elle fut l'épouse de Claudio Magris.
| Vert d'eau Marisa Madieri, l'Esprit des péninsules, 2002 |
18.00 €
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Sous la forme d'un journal, Marisa Madieri rappelle, avec pudeur et subtilité, l'exil des Italiens d'Istrie, chassés par les Yougoslaves après la Seconde Guerre mondiale. Elle y cherche ses racines, dans une démarche qui tisse, en remontant le temps, un fil d'Ariane vers le passé. Rien n'y resurgit spontanément : "ce magma indistinct, qui, au long des années, s'était accumulé en un fond sombre et refoulé" demande un effort pour être redécouvert. L'écriture représente cet effort, cette lente gestation confiée au regard de tous. Il en ressort un message clair: la nécessité de cultiver la mémoire, sous peine d'oublier les drames de l'Histoire et se perdre soi-même. Marisa Madieri s'attarde bien volontiers sur le destin des femmes du clan Madieri, plutôt qu'à celui des hommes. Elle passe rapidement sur ce père qui transformait sa vie "en un roman de cape et d'épée, riche d'épisodes, d'aventures, d'exploits, auquel il finit par croire". Le livre se construit ainsi: à chaque jour d'écriture correspond un épisode lointain et son pendant dans le présent. Seul l'avenir semble écarté d'emblée : il faut d'abord savoir d'où l'on vient et qui l'on est avant d'entreprendre quoi que soit. Les souvenirs personnels ne sont pas forcément la chose à retenir de ce livre. Il s'agit plutôt d'un discours de la méthode, communiqué comme en testament. Entre l'essai personnel et le récit historique, Vert d'eau dénote d'une grande audace. Frank Mannoni, Le Matricule des anges, 2002. |
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Traduit de l'italien par Pérette-Cécile Buffaria. Postface de Claudio Magris. |
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9782846360142
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| La Clairière Marisa Madieri, l'Esprit des péninsules, 2004 |
10.00 € | |
Dans cette fable d'une sobriété grave, Marisa Madieri évoque avec force et délicatesse ce bref passage de l'adolescence où tout semble encore possible. Un grand livre qui pourrait rejoindre Peter Schlemil, Pinocchio ou Le Petit Prince dans le panthéon européen des contes fondateurs. «La Clairière raconte l'enfance et l'adolescence d'une marguerite qui, tandis qu'elle explore le monde végétal, animal, humain, se pose mille questions. Fascinée et repoussée par la vie impitoyable, et attirée par l'azur du ciel, elle aspire à une harmonie introuvable. Dans cette fable la douleur, le mal, la mort, l'espérance renaissante sont des thèmes inquiétants, traités avec un merveilleux détachement et une légèreté transparente.» |
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Traduit de l'italien par Marie-Noëlle et Jean Pastureau. |
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9782846360661
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Boris Pahor
Boris Pahor, écrivain slovène, est né à Trieste en 1913. Arrêté par les nazis, il a successivement été interné dans les camps de concentration de Natzweiler-Struthof, Dora, Dachau, Harzungen et Bergen-Belsen. Pèlerin parmi les ombres, son premier livre traduit en français, évoque avec pudeur et humanité, les souvenirs qu'il conserve de sa déportation.
Il a consacré à sa ville natale une «Trilogie triestine» (Printemps difficile (1958), Jours obscurs (1975) et Dans le labyrinthe (1984)). Traduits en français par Antonia Bernard et parus chez Phébus en 1995, 2001 et 2003, ces romans forment une vaste fresque d’inspiration autobiographique qui retrace l’histoire de la ville et de ses habitants ainsi qu’une grave et douloureuse méditation sur le XXe siècle.
| Dans le labyrinthe (trilogie triestine, vol. 3) Boris Pahor, Phébus, 2003 |
23.50 €
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Ce roman se déroule au point où se croisent le temps d'un individu et le temps de l'Histoire, croisement qui propose à la fois une réconciliation et une rupture, le récit qu'on en donne n'est jamais univoque tant les durées qui les habitent, individu et Histoire, diffèrent, tant leur chronologie et leur déroulement et semblent ne raconter qu'une perpétuelle confrontation entre des désirs et des desseins contradictoires. Retour à Trieste dans l'appartement familial entre Noël et la Saint-Sylvestre 1946. Le père de Radko Suban travaille toujours au marché, sa mère trouve toujours refuge dans la religion, sa sœur Verica veut toujours être institutrice: rien n'a changé sinon que sa jeune sœur Vidka, affaiblie par les privations, va mourir. Et lui, Radko Suban, aux yeux de tous n'est qu'un chômeur de plus, à l'avenir incertain, sans métier ni projets. Les années de guerre et de révolte n'ont pas amélioré le sort des Slovènes de Trieste, pas supprimé les enjeux de pouvoir même si on avait pu croire que le combat commun mené contre les fascistes et les nazis ferait taire les différends entre les partis politiques, entre la classe ouvrière et la classe possédante, entre les Slovènes et les Italiens. Le statut de Trieste va devenir un objet de litige entre l'Est et l'Ouest, entre les Russes et les Alliés, entre le Kominform et Tito, sans jamais considérer que la communauté slovène est capable de choisir en «sujet souverain» son identité et son destin.
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trad. du slovène Antonia Bernard. |
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9782859409357
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| Jours obscurs (trilogie triestine, vol. 2) Boris Pahor, Phébus, 2001 |
21.50 € | |
Sur le fond de la Seconde Guerre mondiale. On retrouve Radko Suban, jeune étudiant en théologie, il découvre la sanglante absurdité de l'Histoire. Son itinéraire le conduit à la résistance puis aux camps de la mort. Jours obscurs entreprend une remontée vers l'avant-guerre et relate son abandon du séminaire, son service militaire en Libye et son engagement dans la Résistance qui a conduit à son arrestation par la Gestapo et sa déportation. Radko Suban se consacre à la défense de la langue et de la culture slovènes niées par l'Italie fasciste qui multiplie autodafés, humiliations, assassinats. Nous sommes bien loin des représentations idylliques du cosmopolitisme de Trieste. Dans la résistance à l'oppression, les acteurs se réclament d'idéologies très différentes, souvent opposées: l'avenir de la nation suscite de longs débats passionnés. |
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Traduit du slovene par Antonia Bernard. |
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9782859407629
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Printemps difficile (trilogie triestine, vol. 1) Boris Pahor, Phébus, 1995 |
21.19 €
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Pahor inaugure avec ce premier volume un long travail de mémoire basé sur son expérience et nourri d'une réflexion politique entamée dès l'époque Mussolini. L'image idyllique de la Trieste tolérante et ouverte est quelque peu écornée. En 1930 Il popolo d'Italia, journal fondé par Mussolini et dirigé par son frère Arnaldo, évoque ainsi le peuple slovène : «Un mélange d'hommes sans histoire ne peut pas posséder une nationalité. Est-ce que les punaises qui infestent un appartement ont une nationalité?» A quoi l'écrivain Boris Pahor va répondre en menant à bien dans son œuvre, et selon ses propres termes, «la némésis des punaises». Printemps difficile évoque les mois qui suivent sa libération du camp de Bergen-Belsen, arrivée à Lille puis à Paris parmi les hommes et les femmes qui marchent librement dans les rues, échange du vêtement à rayures contre un costume citadin, désorientation, solitude, fatigues de l'incompréhension, maladie, admission dans un sanatorium français.
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Traduit du slovene par Andrée Lück-Gaye. |
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9782859403881
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| La Porte dorée Boris Pahor, le Rocher, 2002 |
17.00 € | |
Igor Sevken, le protagoniste de La Porte dorée, est un écrivain slovène de soixante-cinq ans qui a connu, durant la Seconde Guerre mondiale, les camps d'extermination du régime nazi. Depuis il témoigne pour ceux qui n'en sont pas revenus. Quand il reçoit la première lettre de Lucie Huet, il est en train de rédiger un essai sur le traitement narratif de la guerre dans la littérature. Une correspondance s'engage entre l'homme mûr et la jeune femme de trente ans. Lucie fait parfois allusion, dans ses lettres, à une expérience douloureuse, indicible, qui l'a marquée à jamais. A l'occasion d'un séjour à Paris, Igor et Lucie se rencontrent. Ils marchent dans la ville et parlent longuement: quels maux est-il possible de comparer aux camps d'extermination?... Bientôt, ils deviendront amants et Lucie se confiera: fillette, elle a été victime de la passion incestueuse de son père, «autre forme du mal absolu». Le «mal absolu» que subit un individu dans sa vie personnelle est-il comparable au «mal absolu» historique que subit un peuple? |
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Traduit du slovene par Andrée Lück-Gaye. |
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9782268043869
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| Arrêt sur le ponte Vecchio Boris Pahor, 10-18, 2006 |
6.90 € | |
Les nouvelles sont rassemblées en trois parties chronologiques: la période de l'entre-deux-guerres, les camps, le retour des camps. Blottie entre l'Italie, les Alpes et les Balkans, la Slovénie était plus qu'aucun autre pays prédisposée à devenir le témoin et la victime de tous les déchirements du xxe siècle. À l'heure de la liberté retrouvée, Boris Pahor pose un regard lucide et grave sur le destin de son pays, étrangement parallèle au sien. Des exactions des Chemises noires à l'avènement du fascisme, des douleurs de la guerre à celles de l'après-guerre, cette série de nouvelles lapidaires et bouleversantes rend à la culture et à l'histoire slovènes une place en accord avec la géographie du pays: au cœur de l'Europe. «La sensibilité de l'écrivain, la douceur subtile du regard qu'il porte sur le monde et les êtres se mêlent à cette mémoire tragique pour composer un livre superbe et bouleversant.» La Croix.
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Traduit du slovene par Andrée Lück-Gaye et Claude Vincenot. |
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9782264041999
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| Pèlerin parmi les ombres Boris Pahor, la Table ronde, 1996 |
7.00 € | |
«C'est étrange, il me semble que les touristes m'observent comme si soudain une veste rayée recouvrait mes épaules, comme si mes galoches écrasaient encore les cailloux du chemin. Car si nous ne savons pas comment s'établit en nous le contact entre le passé et le présent, il n'en est pas moins vrai qu'un fluide imperceptible et puissant nous traverse parfois et que la proximité de cette atmosphère inhabituelle, insolite, fait tressaillir les autres comme une barque sur une vague soudaine. Il est resté sur moi quelque chose de ces jours d'autrefois.» Quarante ans après sa déportation dans un camp de concentration en Alsace, un Slovène, mêlé à la foule anonyme des touristes, revient sur les lieux de son martyre. Ce récit convoque avec pudeur et humanité les souvenirs douloureux. Au-delà du témoignange il faut aussi y voir un plus jamais ça plein d'espérance. |
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Traduit du slovene par Andrée Lück-Gaye. |
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9782710307099
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Franco Vegliani
Né à Trieste en 1915, Franco Vegliani est mort à Milan en 1982. Sa mère était triestine et son père originaire de Fiume (aujourd’hui Rijeka, en Slovénie). Son nom réel, Sincovich, fut transformé en Vegliani dès le milieu des années trente en hommage à la petite île de Veglia, où il passa une partie de son enfance avant d’entreprendre des études à Fiume et de les achever à l’université de Bologne, où il rencontra Giorgio Bassani.
Durant la Seconde Guerre mondiale, il participe à la campagne d’Afrique, lors de laquelle il est fait prisonnier en Égypte.
Journaliste à Milan, il sera envoyé spécial, puis rédacteur, du Tempo, et travaillera pour divers journaux et magazines. Son drame personnel sera de ne pouvoir imposer son œuvre de son vivant, malgré le jugement très positif émis par Claudio Magris sur son roman La frontière (La frontiera), publié une première fois en 1964 et réédité en 1988: «Franco Vegliani est l’auteur d’un roman riche de mélancolie et de poésie quintessenciée, La Frontière, un des plus beaux livres de la littérature triestine de l’après-guerre, mais il ne fut pas une figure de cette dernière.»
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La Frontière Franco Vegliani, Verdier, 1990 |
15.00 € |
Durant l'été 1941, le narrateur, jeune officier de l'armée italienne, rencontre, dans l'île dalmate où il se trouve en convalescence, un vieillard, Simeone, qui au fil d'une amitié naissante lui conte l'histoire d'Emidio Orlich: cet autre jeune officier, mais de l'armée austro-hongroise, mourut au front, lors de la Première Guerre mondiale, dans des circonstances où se mêlèrent confusément courage, sacrifice et trahison. Un tel destin (et seul le vieil homme semble en connaître le secret) exerce une lente mais irrémédiable fascination sur le narrateur, dont le malaise à l'égard du fascisme et de ses violences en Yougoslavie répond au dilemme qui fut celui d'Orlich vingt-cinq plus tôt, dans un contexte d'irrédentisme. Plus que le récit, admirablement maîtrisé, d'une double prise de conscience, ce livre est une méditation, à travers quelques personnages innocents et complexes, sur l'enfer du choix, qui n'a d'autre fonction que de séparer, de tracer une frontière.
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Traduit de l'italien par Hélène Leroy. |
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9782864321118
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Procès à Volosca Franco Vegliani, Verdier, 1991 |
14.50 € |
Il est bien des manières d'approcher la limite obscure où s'affrontent en chacun l'ordre et le libre arbitre. Franco Vegliani, un des auteurs les plus fins de la littérature triestine, conduit son lecteur vers ces territoires extrêmes au moyen d'une intrigue faussement linéaire: le récit d'un procès lors duquel, sous le fascisme, quatre jeunes gens sont accusés de vol et de meurtre dans une ville istrienne. Mais le narrateur, ami des accusés, comme eux fasciné par Giovanna, la belle-sœur du tailleur Salvatore, est aussi le fils d'un juge et ses liens complexes, à travers la jeune femme et Boris, le chef de la bande, avec un monde qu'il aurait pu ne pas connaître, sont au cœur du livre. Apparemment classique, l'écriture de Vegliani rend plus inquiétante encore sa méditation sur le bien-fondé de la loi, sur la violence individuelle et celle des institutions. |
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Traduit de l'italien par Jean-Claude Zancarini. |
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9782864321361
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Stelio Mattioni
Stelio Mattioni vit à Trieste, où il est né en 1921. Homme d'affaires comme Italo Svevo, il est l'auteur de plusieurs romans, d'un volume de vers et de recueils de nouvelles.
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La Plus belle du royaume Stelio Mattioni, Fayard, 1994 |
20.00 €
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Trieste, la nuit. Traînant ses deux filles derrière elle, Tina, qui a décidé d'abandonner une vie conjugale sordide, cherche - et finit par trouver - la maison d'un créancier de son mari qui lui a proposé l'hospitalité. Or, dès la porte franchie, Tina se rend compte qu'elle a pénétré dans un monde clos régi par ses propres règles. En effet, au désordre et aux désarrois du monde extérieur se substitue un ordre rigide, où chacun semble jouer un rôle déterminé : chacun, c'est-à-dire une petite cour (la femme du maître des lieux, son fils et sa fille, sa maîtresse, son homme à tout faire, enfin l'oncle Massimo, qui, de la forêt apparemment inviolable de la cour intérieure, semble menacer l'autorité de son beau-frère en tirant régulièrement des coups de fusil mais n'est rien de plus, en fait, que le fou du roi) entièrement soumise aux lois et caprices du despote. Seule Tina lutte désespérément pour conserver sa dignité. Mais le mécanisme de la tyrannie, aussi grotesque soit-il, la happera elle aussi peu à peu : n'éprouve-t-elle pas déjà une sorte de fascination pour ce roi domestique qui l'invite à le rejoindre dans la «chambre de la favorite»?
Jouant sur toute une série de codes qu'il démystifie joyeusement (réalisme, fantastique, comédie de mœurs, etc.), la Plus Belle du royaume est un livre drôle et inquiétant à la fois, car, si Mattioni ne donne pas vraiment de clef pour comprendre son œuvre, il sème ici et là de réjouissants indices grâce auxquels nous finissons par découvrir non une réponse mais une question: «Que signifie accepter de jouer le jeu ?» |
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Traduit de l'italien par Jérôme Nicolas. |
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9782213592213
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Les Métamorphoses d'Alma Stelio Mattioni, Fayard, 1992 |
15.00 € |
Roman fantastique, qui ne dédaigne pas les symboles et archétypes chers aux romantiques allemands, nimbés dans une atmosphère faite à la fois de solide réalité et de songes éveillés. «Poète de la vie aliénée d'aujourd'hui autant que de son ineffable séduction, l'employé-écrivain Mattioni est aussi le fils de l'ancienne scission de Trieste: il recueille l'écho de cette tradition pour parler du secret fuyant de la vie. Le personnage principal repondant en vain à cet appel même, se retrouve dans le jardin lapidaire, dans le lieu de la mort: D'en haut, je voyais la ville monter et descendre, non pas comme la ville où j'atais né, où j'avais vécu et que j'allais quitter, mais comme si c'était la suite de l'endroit où je me trouvais, parsemé de figures emblématiques et de dalles de pierre, sur lesquelles étaient gravées diverses manières de messages qui, au lieu de communiquer quelque chose, ne généraient que la monotonie, une litanie anonyme et interminable.» Chez Mattioni, la vie est ailleurs, elle s'est réfugiée dans les replis du monde et laisse ce dernier totalement exsangue. |
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Traduit de l'italien par Jérôme Nicolas. |
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9782213027852
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