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Les chapitres de ce dossier :

  • Grandeur et décadence du mythe insulaire

    Après avoir reconnu ces Indigènes comme membres de l’espèce humaine, on assiste à la naissance du comparatisme, on relativise sa propre société : c’est la science sociale moderne qui est en train de naître. Commerce suivra. Nourris de ces « relations de voyage », des penseurs plus sédentaires tentent de les analyser, d’en tirer des enseignements et de faire la synthèse du « eux » et du « nous ». Ils en retiennent ceci que dans des conditions d’insularité, il est possible de bâtir des utopies. À partir du milieu du XIXe siècle, la représentation idyllique des sociétés insulaires primitives en prit un coup. La colonisation aurait dû les révolter, et voilà qu’elles collaboraient, se pervertissaient, devenaient lâches, veules. Les gauguinades firent long feu, les rivalités entre puissances coloniales contraignirent les indigènes à choisir un camp et à devenir haïssables en cette époque de ferveur impérialiste…

  • Îles, terres d'aventures
  • Chacun cherche son île
  • Conséquences fictionnelles du huis clos

Francis Bacon (1561-1626)

^

La Nouvelle Atlantide
Francis Bacon, Flammarion, 1995

6.60

Des navigateurs, écartés de leur route par les vents contraires se trouvent, dans une région inexplorée de l'océan, en vue d'une terre inconnue où s'offrent à leur regard une ville et un port. Après quelques pourparlers qui dénotent de la part des habitants un peu de la défiance propre aux insulaires vivant en utopie, on admet les nouveaux venus dans l'île, et on les installe dans un hospice dévolu aux voyageurs.

 

Traduction de l'anglais par Michèle Le Doeuff & Margaret Llasera.

9782080707703

^

Jonathan Swift (1667-1745)

^

Les Voyages de Gulliver
Jonathan Swift, Flammarion, 1997

7.60

Pas d'utopie insulaire chez le génial Irlandais, mais une féroce satire du genre alors émergent du récit de voyage. Le troisième voyage nous emmène sur l'île de Balnibarbi qui est gouvernée par une classe politique vivant sur Laputa, île volante se déplaçant continûment au-dessus de son territoire. Là on philosophe, on pense, laissant les insulaires livrés à leurs tares. La configuration insulaire présente l'avantage d'un système fonctionnant en vase clos toujours à portée de l'expérimentateur qui s'en saisit... ou du comparatiste qui dresse l'inventaire de l'injustice, car comment ne pas reconnaître l'Irlande dans ce territoire survolé par une autre île voisine qui vit à ses dépens ?

 

Traduction de l'anglais (Irlande) par Guillaume Villeneuve.

9782080709691

^

Johann Gottfried Schnabel (1692-1760)

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L'Île de Felsenbourg
Johann Gottfried Schnabel, Fayard, 1997

18.60
Indisponible

Cette étrange description d'une communauté vivant sur l'île de Felsenbourg selon des principes d'inspiration chrétienne et « communiste », est essentiellement constituée des récits d'insulaires d'origine européenne qui ont échoué, au propre ou au figuré, sur le rivage de ce site enchanteur, quelque part dans l'Atlantique Sud. Un récit réaliste empreint de sexualité et de religiosité, un regard ironique et désabusé porté sur la condition humaine. Déjà Rousseau, mais encore baroque.

 

Traduction de l'allemand par Michel Trémousa.

9782213599182

^

Denis Diderot (1713-1784)

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Supplément au voyage de Bougainville
Denis Diderot, Gallimard, 2002

2.00

La découverte de la « nouvelle Cythère » constitue, en son temps, une aubaine pour les philosophes éclairés : tous s'émerveillent d'une si exacte concordance entre leurs intuitions et la réalité des antipodes. Les voyageurs n'ont fait que révéler l'existence de cet éden laïque littéralement inventé par les philosophes. Une île familière, si bien connue déjà, qu'aucun n'exprime le désir d'y aller voir. Diderot pourtant retient toujours l'attention : on rit aux aventures de l'aumônier avec Orou, sa femme et ses trois filles. Mais Diderot a surtout discerné, et mis en lumière, le revers de l'utopie bucolique, la tentation coloniale : Pleurez, malheureux Tahitiens ! mais que ce soit de l'arrivée, et non du départ de ces hommes ambitieux et méchants : un jour, vous les connaîtrez mieux.

 

 

9782070426256

^

James Cook (1728-1779)

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Relations de voyages autour du monde
James Cook, La Découverte, 1998

13.00
Indisponible

Les voyages de Cook constituent un saut capital dans la technique et l'esprit même des circumnavigations et marquent le début de la période moderne. Pour la première fois sont montées, avec les concours officiels nécessaires, trois expéditions où l'élément scientifique est soigneusement constitué. Cook abandonne définitivement le voyage linéaire pour une exploration méthodique. Si l'humanisme est encore présent et le souci anthropologique très aiguisé, Cook perçoit parfaitement les enjeux commerciaux et surtout géopolitiques de sa mission.

 

Traduction de l'anglais par Gabrielle Rives.

9782707128362

^

Charles Darwin (1809-1882)

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Voyage d'un naturaliste autour du monde
Charles Darwin, La Découverte, 2003

14.50
Indisponible

La circumnavigation qu'un Darwin de vingt-deux ans entreprend sur le Beagle de 1831 à 1836, lui servira de fonds auquel il puisera toute la réflexion d'une longue vie. L'observation et la description minutieuses de la flore, de la faune et des sols au long des côtes de l'Amérique du Sud sera déterminante pour l'élaboration de la théorie de l'évolution.

Darwin définit ainsi la fonction distributive dont l'île, active et passive à la fois, est le champ : « À la dispersion du monde, la distribution oppose un étalonnage. L'île prend la fonction d'un répertoire ; à la constance d'un modèle postulé par la science, l'archipel répond par les variations qu'il contient ; l'île, microcosme, devient laboratoire où les mystères de la création ne demandent qu'à être interprétés. »

 

Traduction de l'anglais par Edmond Barbier.

9782707140838

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Paul Gauguin (1848-1903)

Il est l’un des derniers porteurs du mythe insulaire de ce XIXe siècle. Lassé par le milieu parisien, il s’embarque pour Tahiti en 1891. Il y vivra trois ans, en reviendra, repartira mourir aux Marquises. C’est d’abord un peintre qui découvre à Tahiti des formes de représentation épurées, « naïves ». Le saut dans un art primitif le comble mais agrandit le fossé qui le sépare de ses contemporains. Pourtant, à lire les textes contenus dans ces deux ouvrages, on aurait du mal à le rallier à la cause colonialiste. L’épisode amoureux avec la jeune Teura révèle à lui seul toute l’ambiguïté de sa tentative (sa fuite ?) : aime-t-il tant que ça une femme qu’il abandonne sans trop d’états d’âme ? La réponse est à chercher avant tout dans la peinture.

 

^

Noa-Noa
Paul Gauguin, Complexe, 1989

8.90
Indisponible
9782870272817

^

Oviri
Paul Gauguin, Gallimard, 1989

7.50
9782070325337

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Victor Segalen (1878-1919)

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Journal des îles suivi de Vers les sinistrés
Victor Segalen, Fata Morgana, 1989

25.00

En 1902, Segalen embarque comme médecin à bord de La Durance. Il part de Californie, sillonne le Pacifique jusqu'en 1904 sur les traces de Gauguin, rejoint l'île de Ceylan, et termine son périple par l'Inde et l'Égypte. Ce journal est le récit de ces trois années de voyage.

9782851943408

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Les Immémoriaux
Victor Segalen, LGF, 2001

5.79

Les Immémoriaux sont un retour sur l'épisode tahitien. Ce livre a longtemps hésité à être reçu comme une fiction ou comme un essai d'ethnologie. Sa première publication, un demi-siècle après sa rédaction, dans la collection « Terre humaine » l'a tiré vers le second. Au lecteur contemporain est ouverte la possibilité de se régaler dans les deux registres.

 

9782253160571

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