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Les chapitres de ce dossier :

  • De Agamben à Arrighi

    Giorgio Agamben est philosophe, professeur à l'université de Vérone et professeur invité à l'université de Californie. Benedict Anderson enseigne les relations internationales à l'université Cornell, aux États-Unis. Perry Anderson enseigne l'histoire à l'université de Californie à Los Angeles et a dirigé la New Left Review durant deux décennies. Giovanni Arrighi (1937-2009), docteur en économie, professeur de sociologie à la Johns Hopkins University (Maryland), a dirigé le centre de recherche Fernand Braudel sur les civilisations à la Binghamton University (New York).

  • De Badiou à Butler
  • De Caillé à Keucheyan
  • De Rancière à Zizek
Démocratie, dans quel état ?
Agamben, Giorgio & Badiou, Alain & Bensaïd, Daniel, La Fabrique, 2009

13.20

«Qu'est-ce donc qu'un démocrate, je vous prie ? C'est là un mot vague, banal, sans acception précise, un mot en caoutchouc

Cette question, ce jugement sans appel d'Auguste Blanqui datent d'un siècle et demi mais gardent une actualité dont ce livre est un signe. Il ne faut pas s'attendre à y trouver une définition de la démocratie, ni un mode d'emploi et encore moins un verdict pour ou contre. Les huit philosophes qui ont accepté d'y participer n'ont sur le sujet qu'un seul point commun : ils et elles rejettent l'idée que la démocratie consisterait à glisser de temps à autre une enveloppe dans une boîte de plastique transparent. Leurs opinions sont précises dans leurs divergences, voire contradictoires - ce qui était prévu et même souhaité. Il en ressort, pour finir, que tout usé que soit le mot «démocratie», il n'est pas à abandonner à l'ennemi car il continue à servir de pivot autour duquel tournent, depuis Platon, les plus essentielles des controverses sur la politique.

9782913372917
Qu'est-ce que le contemporain ?
Agamben, Giorgio, Rivages, 2008

Collection : Rivages Poche - Petite bibliothèque
5.10

"Contemporain est celui qui reçoit en plein visage le faisceau de ténèbres qui provient de son temps." G. Agamben

Cette étude, fondée sur des écrits de philosophes, de poètes, de scientifiques, offre des pistes de réflexion concernant la question que pose le présent.

Traduit de l'italien par Maxime Rovère

9782743618575
Le règne et la gloire
Agamben, Giorgio, Seuil, 2008

Collection : L'Ordre philosophique
26.40

Avec Le Règne et la Gloire, l'enquête sur la généalogie du pouvoir entreprise par Giorgio Agamben depuis plusieurs années atteint une articulation décisive.

Deux questions orientent la recherche : 1) Pourquoi, en Occident, le pouvoir a-t-il pris la forme d'une «économie», c'est-à-dire d'un gouvernement des hommes et des choses ? 2) Et, si le pouvoir est avant tout gouvernement, pourquoi a-t-il besoin de la gloire, c'est-à-dire de cet appareil cérémonial et liturgique qui l'accompagne depuis le début ?

En essayant de répondre, dans le sillage de Michel Foucault, à la première question, Giorgio Agamben découvre que, lors des premiers siècles de l'histoire de l'Église, la notion d'oikonomia a joué un rôle décisif dans l'élaboration de la doctrine trinitaire : c'est comme une «économie» de la vie divine que la Trinité a été rendue compatible avec le monothéisme. La fusion de ce paradigme économique avec l'idée de Providence se trouve ainsi, de manière insoupçonnée, à l'origine de bien des catégories fondamentales de la politique moderne, depuis la théorie démocratique de la division des pouvoirs jusqu'à la doctrine stratégique des «effets collatéraux», depuis la «main invisible» du libéralisme de Smith jusqu'aux idées d'ordre et de sécurité. Cependant la nouveauté la plus grande peut-être qui émerge de cette recherche, c'est que le pouvoir moderne n'est pas seulement «gouvernement» mais aussi «gloire» et que les cérémonies, les liturgies et les acclamations que nous sommes habitués à considérer comme un résidu du passé ne cessent de constituer la base du pouvoir occidental.

À travers une analyse passionnante des acclamations liturgiques et des symboles cérémoniaux du pouvoir, du trône à la couronne, de la pourpre aux faisceaux romains, Giorgio Agamben construit une généalogie inédite qui éclaire d'un jour nouveau la fonction du consensus et des médias dans les démocraties modernes.

Traduit de l'italien par Joël Gayraud et Martin Rueff

9782020961936
Qu'est-ce qu'un dispositif ?
Agamben, Giorgio, Rivages, 2007

Collection : Rivages Poche - Petite bibliothèque
5.10

"J'appelle dispositif tout ce qui a, d'une manière ou d'une autre, la capacité de capturer, d'orienter, de déterminer, d'intercepter, de modeler, de contrôler et d'assurer les gestes, les conduites, les opinions et les discours des êtres vivants." Giorgio Agamben

Les dispositifs où se jouent désormais nos existences - du téléphone portable à la télévision, de l'ordinateur à l'automobile - ne se trouvent pas face à l'homme comme de simples objets de consommation. Ils transforment nos personnalités. La question devient alors : quelle stratégie devons-nous adopter dans le corps à corps quotidien qui nous lie aux dispositifs ?

Traduit de l'italien par Martin Rueff

9782743616724
La puissance de la pensée : essais et conférences
Agamben, Giorgio, Rivages, 2006

23.49

Dans La Puissance de la pensée, Giorgio Agamben a rassemblé une vingtaine d'essais écrits entre 1975 et 2004. Ce livre constitue ainsi le recueil d'articles le plus important du philosophe. Conformément à sa méthode faite de géométrie et de finesse, il propose une série de lectures qui sont autant de confrontations avec les grandes figures de la tradition : de Platon à Scholem, d'Aristote à Deleuze, de Spinoza à Benjamin, de Hegel à Aby Warburg et de Heidegger à Derrida.

Regroupés en trois sections, Langage, Histoire, Puissance, ces textes sont des variations autour du concept qui occupe le centre de la réflexion d'Agamben : la puissance.

On peut lire La Puissance de la pensée comme une série d'investigations ou comme un bréviaire de méthode. Dans un cas comme dans l'autre, il s'agit de libérer la puissance de la tradition.

Traduit de l'italien par Joël Gayraud et Martin Rueff.

9782743615703
Etat d'exception : Homo sacer, II, 1
Agamben, Giorgio, Seuil, 2003

Collection : L'Ordre philosophique
15.00

L'état d'exception, que nous avons coutume d'envisager comme une mesure toute provisoire et extraordinaire, est en train de devenir sous nos yeux un paradigme normal de gouvernement, qui détermine toujours davantage la politique des états modernes. Cet essai se propose de reconstruire l'histoire du paradigme, et d'analyser le sens et les raisons de son évolution actuelle - de Hitler à Guantanamo. Il faut bien voir en effet que, lorsque l'état d'exception devient la règle, les équilibres fragiles qui définissent les constitutions démocratiques ne peuvent plus fonctionner, la différence même entre démocratie et absolutisme tend à s'estomper. Démontant une par une les théorisations juridiques de l'état d'exception, Giorgio Agamben défriche le terrain vague entre politique et droit, et jette une nouvelle lumière sur la relation occulte qui lie la violence au droit.

Traduit de l'italien par Joël Gayraud

9782020611145
Les bannières de la révolte : anarchisme, littérature et imaginaire anticolonial
Anderson, Benedict, La Découverte, 2009

26.00

A la fin du XIXe siècle, une fièvre anti-impérialiste nourrit le rêve d'indépendance des peuples colonisés. Comment ce rêve est-il venu aux peuples colonisés ? Comment se sont structurés leur imaginaire national et leur discours anticolonial ? Pour répondre à ces questions, l'auteur entraîne le lecteur sur les traces d'un des pères de l'indépendance des Philippines, le grand écrivain José Rizal.

Traduit de l'anglais par Emilie L'Hôte

9782707153302
Les origines de la postmodernité
Anderson, Perry, Les Prairies ordinaires, 2010

Collection : Penser-Croiser
18.00

La notion de postmodernisme n'a jamais véritablement fait irruption dans le débat théorique français. Après l'acte fondateur lyotardien, et en grande partie à cause de lui, elle n'a plus guère servi que de simple marqueur culturel : une oeuvre, un édifice, un motif théorique se sont ainsi vu qualifiés de « postmodernes », pour vanter, ou au contraire stigmatiser, leurs attributs formels ou leur propension au « relativisme ». Et la « fin des grands récits » est devenue la formule magique censée exprimer la vérité de notre temps. Pour mettre enfin un terme à ces usages stériles, Les Origines de la postmodernité retrace l'histoire de cette notion, depuis les milieux de l'avant-garde littéraire de l'Amérique hispanique dans les années 1920, jusqu'aux courants post-marxistes européens, avec Lyotard à Montréal en 1979, puis Habermas à Francfort en 1980. En 1982, à New York, Fredric Jameson lui fait subir une mutation fondamentale : désormais, le postmodernisme désignera l'hypothèse d'une rupture épochale. Selon Perry Anderson, Jameson est ainsi celui qui a su montrer la cohérence globale de notre époque globalisée, dont la caractéristique majeure tient, selon lui, à la subordination tendancielle de la culture à la logique d'accumulation du capital. La sphère esthétique, par laquelle s'appréhende le monde, est ainsi, selon Jameson, massivement colonisée et aujourd'hui incapable de trouver l'espace dans lequel continuer d'exprimer une transgression ou de tendre vers une alternative. Le postmodernisme, tel que le présente dans ce livre Perry Anderson, confine au système parfait, un système en mesure d'intégrer à la logique de sa perpétuation ses propres « dysfonctionnements ».

Traduit de l'anglais par Natacha Filippi et Nicolas Vieillescazes

9782350960180
Adam Smith à Pékin : les promesses de la voie chinoise
Arrighi, Giovanni, Max Milo, 2009

Collection : L'inconnu
29.90

À la fin du XVIIIe siècle, Adam Smith a prévu la nouvelle émergence économique de l'Orient et l'équilibre des pouvoirs avec l'Ouest. Dans cet ouvrage magistral et à contre-courant de la pensée dominante, Giovanni Arrighi démontre comment l'extraordinaire ascension de la Chine nous invite à relire La Richesse des nations avec un regard neuf. À la faveur d'une déconfiture de l'hégémonie américaine, la République populaire pourrait proposer l'alternative au capitalisme du XXe siècle.

Peut-on se fier au modèle chinois actuel pour refonder l'organisation économique mondiale ? Giovanni Arrighi répond à partir de trois idées fortes : la voie de développement chinoise est essentiellement différente du néolibéralisme ; la montée de la puissance chinoise est déjà en train de modifier la structure de l'économie politique à l'échelle internationale ; la voie chinoise, contrairement à l'image que les médias occidentaux en donnent souvent, pourrait être porteuse d'un modèle plus égalitaire et plus écologique de développement.

Traduit de l'anglais par Nicolas Vieillescazes

9782353410583