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Les chapitres de ce dossier :

  • De Agamben à Arrighi
  • De Badiou à Butler

    Alain Badiou, philosophe, dramaturge et romancier, préside, à l'École normale supérieure, le Centre international d'étude de la philosophie française contemporaine (CIEPFC). Étienne Balibar, philosophe, est professeur émérite à l'université de Paris-X-Nanterre et professeur à l'Université de Californie à Irvine. Homi K. Bhabha, né en 1949 à Bombay, en Inde, est professeur de littérature anglaise et américaine à l'Université Harvard. Wendy Brown est professeure de philosophie à l'université de Berkeley. Susan Buck-Morss est professeure de philosophie politique et de théorie sociale à l'université de Cornell. Judith Butler est professeure de rhétorique et de littérature comparée à l'Université de Californie à Berkeley. Elle a écrit plusieurs livres et de nombreux articles sur la philosophie, la psychanalyse, le féminisme et la théorie queer.

  • De Caillé à Keucheyan
  • De Rancière à Zizek
L'idée du communisme
Badiou, Alain & Balso, Judith & Bosteels, Bruno, Nouvelles éditions Lignes, 2010

22.00

Une quinzaine de philosophes ont tenu, au cours de cette conférence, au-delà de leurs différences spéculatives et politiques, à affirmer leur attachement au mot et à l'idée de "communisme", un mot et une idée qui peuvent seuls désigner et penser, selon Alain Badiou, une "alternative globale à la domination du capitalo-parlementarisme".

9782355260438
Second manifeste pour la philosophie
Badiou, Alain, Flammarion, 2010

Collection : Champs essais
6.00

" Il y a vingt ans, mon premier Manifeste pour la philosophie s'élevait contre l'annonce, partout répandue, de la « fin » de la philosophie. À cette problématique de la fin, je proposais de substituer le mot d'ordre : « un pas de plus ».

La situation a bien changé. Si la philosophie était à l'époque menacée dans son existence, on pourrait soutenir aujourd'hui qu'elle est tout aussi menacée, mais pour une raison inverse : elle est dotée d'une existence artificielle excessive.

Singulièrement en France, la « philosophie » est partout. Elle sert de raison sociale à différents paladins médiatiques. Elle anime des cafés et des officines de remise en forme. Elle a ses magazines et ses gourous. Elle est universellement convoquée, des banques aux grandes commissions d'État, pour dire l'éthique, le droit et le devoir.

Tout le point est que par « philosophie » on entend désormais ce qui en est le plus antique ennemi : la morale conservatrice.

Mon second manifeste tente donc de démoraliser la philosophie, d'inverser le verdict qui la livre à la vacuité de « philosophies » aussi omniprésentes que serves. Il renoue avec ce qui, de quelques vérités éternelles, peut illuminer l'action. Illumination qui porte la philosophie bien au-delà de la figure de l'homme et de ses « droits », bien au-delà de tout moralisme, là où, dans l'éclaircie de l'Idée, la vie devient tout autre chose que la survie." Alain Badiou

9782081231399
La philosophie et l'événement
Badiou, Alain & Tarby, Fabien, Germina, 2010

Collection : Les clés de la philo
16.00

«J'ai compris assez récemment cette incroyable obstination de Platon à démontrer que le philosophe est heureux. Le philosophe est plus heureux que tous ceux qu'on croit plus heureux que lui, les riches, les jouisseurs, les tyrans. Ce que cela signifie est assez clair : le philosophe expérimentera, de l'intérieur de sa vie, ce qu'est la vraie vie.»

Alain Badiou est l'un des philosophes contemporains les plus importants, auteur en particulier de L'être et l'événement, (Seuil, 1988) et de Logiques des mondes (Seuil, 2006), livre qui fait suite au précédent. Nous embarquerons ici pour un voyage au cœur de sa pensée. Répondant aux questions de Fabien Tarby, Alain Badiou nous fait parcourir une trajectoire qui croise et explore les quatre conditions de la philosophie : la politique, l'amour, l'art et les sciences. Le philosophe fait, en outre, le bilan de ses grandes œuvres et parle de son livre en projet, L'immanence des vérités, qui serait le troisième volume de l'œuvre commencée avec L'être et l'événement.

Mais quel est donc ce trajet de vie et de pensée qui se nomme «philosophie» ?

Entretiens suivis d'une courte introduction à la philosophie d'Alain Badiou.

9782917285138
L'hypothèse communiste
Badiou, Alain, Nouvelles éditions Lignes, 2009

Collection : Circonstances
15.00

Dans son livre, De quoi Sarkozy est-il le nom ?, Alain Badiou proposait de nommer «hypothèse communiste» ce qui, depuis la Révolution française, a animé les politiques révolutionnaires, ou politiques d'émancipation. Le jugement que l'histoire officielle tente d'imposer est que toutes les tentatives de réalisation de cette hypothèse s'étant soldées par de tragiques échecs, l'hypothèse elle-même serait invalidée par l'Histoire.

Le présent volume veut envisager directement la fameuse preuve historique de cet «échec», à travers trois exemples fondamentaux qui le caractérisent - la Commune de Paris, la Révolution culturelle et Mai 68. Il pose que, pas plus en matière de politique qu'en matière de science, l'échec local d'une tentative n'autorise à éluder le problème dont elle proposait une solution ; que de nouvelles solutions doivent être aujourd'hui imaginées pour résoudre les problèmes sur lesquels cette expérimentation a buté. C'est ce que fait le dernier texte de ce livre, prononcé à Londres, en mars 2009, lors d'un important colloque précisément intitulé «L'Idée de communisme».

«Le capitalisme et sa "démocratie" de surface, c'est ce qui est vieux, c'est ce qui est condamné, c'est le renoncement à penser, le renoncement à agir selon les principes d'une pensée. C'est l'hypothèse communiste, quel que soit le nom qu'on lui donne (émancipation, égalité...), qui est nouvelle et légitime.»

9782355260254
Peut-on penser la politique ?
Badiou, Alain, Seuil, 2008

14.00

Penser la politique, c'est d'abord réfuter le politique : le dénoncer comme illusion (imaginaire) du « faire un », des identifications (le parti, le syndicat, la société sans classe), du fait cernable, de la prévision assurée. La politique naît, elle, de l'événement, par où l'on entend ici le surgissement des dominés rompant l'ordre du politique et l'unité de celui-ci : un surgissement toujours précaire, dont la mise en oeuvre suppose un pari et un calcul chaque fois risqués : en bref, il y a la politique quand - et seulement si - une dé-liaison de la réalité propose un point de réel.

Alain Badiou part de la décomposition du marxisme où il voit l'effet de ce que Marx, tout en montrant l'irruption du réel dans la réalité du politique, a continué de penser dans le politique. Et il avance un essai de recomposition centré sur l'interprétation de ce qui fait événement, dès lors que les dominés ont prononcé, au défaut de l'ordre, leur existence, et qu'il est possible de parier sur cette prononciation.

9782020979610
De quoi Sarkozy est-il le nom ?
Badiou, Alain, Nouvelles Editions Lignes, 2007

Collection : Circonstances
14.00

«Entre nous, ce n'est pas parce qu'un président est élu que, pour des gens d'expérience comme nous, il se passe quelque chose. J'en ai assez dit sur le vote pour que vous sachiez que s'il s'est en effet passé quelque chose, on ne trouvera pas ce dont il s'agit dans le registre de la pure succession électorale. [...]

On s'expérimente un peu aveugle, légèrement incertain, et finalement quelque peu dépressif. Oui, chers amis, je flaire dans cette salle une odeur de dépression. Je pose alors que Sarkozy à lui seul ne saurait vous déprimer, quand même ! Donc, ce qui vous déprime, c'est ce dont Sarkozy est le nom. Voilà de quoi nous retenir : la venue de ce dont Sarkozy est le nom, vous la ressentez comme un coup que cette chose vous porte, la chose probablement immonde dont le petit Sarkozy est le serviteur.»

Interventions en résonance avec l'actualité immédiate. D'abord un long développement sur l'élection présidentielle en France. Ensuite, une approche de la question de l'universalisme et de la singularité en écho aux polémiques déchaînées par le 3e volume de la série. Enfin, le texte d'une conférence sur l'importance, dans les conceptions du monde issues de la révolution, de la figure du soldat.

9782355260032
Violence et civilité : Wellek library lectures 1996 et autres essais de théorie politique
Balibar, Étienne, Galilée, 2010

Collection : La philosophie en effet
35.00

Reprise de conférences de 1996 sur le politique, la violence, le droit et l'idéalisme. E. Balibar analyse le rôle de la violence dans l'histoire selon la théorie marxiste, le discours sur la mémoire des sacrifices et traumatismes historiques, les risques de l'action collective, etc.

9782718606941
Race, nation, classe : les identités ambiguës
Balibar, Étienne & Wallerstein, Immanuel, La Découverte, 2007

Collection : La Découverte poche
13.00

Ce livre, devenu un classique depuis sa première édition en 1988, est d'abord une contribution à la discussion d'un des plus graves problèmes de notre temps : pourquoi, plusieurs décennies après la défaite du nazisme, après la décolonisation et la reconnaissance des droits civiques aux Noirs américains, le racisme est-il en progression dans le monde ? La thèse soutenue ici est qu'il ne s'agit ni d'une survivance ni d'un préjugé, mais d'un rapport social indissociable des structures mêmes de ce monde : le complément intérieur de l'universalisme « bourgeois ».

Ce livre est ensuite un dialogue entre deux auteurs, historien et philosophe, américain et français, chacun représentant à sa façon un courant et une expérience de rencontre entre la recherche théorique et l'activité militante. D'un texte à l'autre, les divergences se redistribuent, les convergences se dégagent en vue de l'analyse des conflits sociaux de demain, dans l'espace de la politique-monde où la crise de la forme nation s'accompagne de la flambée du nationalisme.

« L'ouvrage de Balibar et Wallerstein annonce l'exacerbation contemporaine du racisme et ses traductions politiques sinistrement connues. Ce livre est devenu une sorte de classique sur la question. » Sciences humaines

9782707152084
Les lieux de la culture : une théorie postcoloniale
Bhabha, Homi K, Payot, 2007

30.00

Salué aussi bien par Edward Said que par Toni Morrison ou J. M. Coetzee, Homi K. Bhabha est l'un des théoriciens les plus importants et les plus influents du postcolonialisme.

S'appuyant sur la littérature, la philosophie, la psychanalyse et l'histoire, il invite notamment à repenser les questions très actuelles d'identité et d'appartenance nationales ; à dépasser, grâce au concept très fécond d'hybridité culturelle, la vision d'un monde dominé par l'opposition entre soi et l'autre ; à saisir comment, par le biais de l'imitation et de l'ambivalence, les colonisés introduisent chez leurs colonisateurs un sentiment d'angoisse qui les affaiblit considérablement ; ou encore, plus largement, à comprendre les liens qui existent entre colonialisme et globalisation.

« Aucune discussion sérieuse sur le postcolonialisme n'est concevable sans se référer à Monsieur Bhabha. » Toni Morrison

Traduit de l'anglais par (Etats-Unis) Françoise Bouillot

9782228901833
Murs : les murs de séparation et le déclin de la souveraineté étatique
Brown, Wendy, Les Prairies ordinaires, 2009

Collection : Penser-Croiser
15.00

En ce début de XXIe siècle, vingt ans après la chute des vieilles bastilles, à Berlin puis en Afrique du Sud, des murs sont construits frénétiquement aux quatre coins du monde : en Palestine, entre le Mexique et les États-Unis, l'Inde et le Pakistan, l'Arabie Saoudite et l'Irak, l'Afrique du Sud et le Zimbabwe, la Thaïlande et la Malaisie, l'Ouzbékistan et la Kirghizie... Sans compter tous les murs intérieurs, gated communities et autres checkpoints qui partitionnent et régulent les espaces nationaux. Alors que le XXe siècle avait prétendu se clore sur la promesse d'une ère d'échanges et de prospérité, des tensions nouvelles sont apparues, entre la fermeture et l'ouverture, l'universalisation et la stratification. Et ce monde qui se pensait en termes de flux et de circulations n'a depuis cessé de mettre en place des filtres et des dispositifs, largement dématérialisés, de surveillance et de contrôle. Dans ce contexte, que peuvent bien signifier ces murs terriblement concrets, d'acier et de béton, grillagés ou couverts de barbelés, sortes de survivances d'un autre âge ? S'ils se révèlent largement inefficaces sur le plan fonctionnel, leur pouvoir discursif, symbolique et théâtral est incontestable : ils fonctionnent comme les icônes d'un pouvoir souverain et d'une nation préservée. Mais là où l'interprétation dominante en déduit que ces murs sont les symptômes d'États-nations renforcés, Wendy Brown y décèle au contraire un déclin avancé de la souveraineté étatique. Et selon elle, celle-ci se redistribue au profit d'autres entités désormais plus puissantes : le capital et la religion.

Traduit de l'anglais par (Etats-Unis) Nicolas Vieillescazes

9782350960081
Voir le Capital : théorie critique et culture visuelle
Buck-Morss, Susan, Les Prairies ordinaires, 2010

Collection : Penser-Croiser
18.00

« Par quelle voie est-il possible d'associer une visibilité accrue avec l'application de la méthode marxiste ? », s'interrogeait Walter Benjamin dans une note du Livre des Passages. Le photomontage et la notion d'« image dialectique » apportèrent quelques réponses au philosophe en son temps. Les visual studies pourraient bien être porteuses des nôtres : telle est la voie empruntée par la théoricienne américaine Susan Buck-Morss lorsqu'elle confronte le « tournant visuel » des humanités et des sciences sociales anglo-saxonnes à l'héritage intellectuel et esthétique de l'École de Francfort. En explorant successivement les représentations cartographiques de l'économie capitaliste depuis le XVIIIe siècle, le rôle et l'actualité de la flânerie urbaine chez Benjamin, ou encore la déliquescence des images utopiques de la ville moderne, les essais qui composent ce livre esquissent une histoire culturelle de la modernité tout en posant les fondements d'une anthropologie philosophique de l'image. En outre, de l'Art Nouveau au métro moscovite, du schéma managérial capitaliste au plan économique soviétique, l'analyse des imaginaires de la production et de la consommation dévoilent la réciprocité, et l'effondrement commun à l'issue de la Guerre froide, des utopies de l'Est et de l'Ouest. Sauver l'élan utopique qui les animait, ou bien encore briser l'anesthésie sensorielle qui fit le terreau du nazisme sont quelques-unes des tâches que notre époque hérite de la modernité et qu'elle se doit de mener à bien. Pour cela, l'image n'est pas une forme idéale et neutre, insiste Susan Buck-Morss, mais un vecteur intensément politique, une prise sur l'histoire par laquelle peuvent se réactualiser les expériences passées et s'exprimer un désir qui animait déjà la philosophie de Benjamin : celui de voir le capital.

Traduit de l'anglais par (Etats-Unis) et préface Maxime Boidy et Stéphane Roth

9782350960333
Sois mon corps
Butler, Judith & Malabou, Catherine, Bayard, 2010

19.00

Qui n'a jamais rêvé ou craint, désiré ou redouté de déléguer son corps ? De demander ou d'ordonner à quelqu'un d'autre : sois mon corps, porte-le à ma place, nourris-le, cultive-le, forme-le ?

Selon Judith Butler et Catherine Malabou, cette demande et cet ordre sont ceux que le maître donne à l'esclave dans la Phénoménologie de l'esprit de Hegel.

La dialectique de la domination et de la servitude doit être comprise comme une scène de délégation et de dénégation des corps. Mais se détache-t-on jamais complètement de son corps ? Y est-on à l'inverse jamais absolument attaché ?

De Hegel à Foucault, en passant par Derrida et Kojève, ces questions sont ici examinées selon toutes leurs modalités.

9782227481442
Ces corps qui comptent : de la matérialité et des limites discursives du sexe
Butler, Judith, Amsterdam, 2009

24.00

Judith Butler opère dans Ces corps qui comptent une reformulation de ses vues sur le genre en répondant aux interprètes de son précédent livre, qui y voyaient l'expression d'un volontarisme (on pourrait « performer » son genre comme on joue un rôle au théâtre, on pourrait en changer comme de chemise) et d'un idéalisme (le genre ne serait qu'une pure construction culturelle ou discursive, il n'y aurait pas de réalité ou de substrat corporel derrière le genre). Selon l'auteure, la prise en compte de la matérialité des corps n'implique pas la saisie effective d'une réalité pure, naturelle, derrière le genre : le sexe est un présupposé nécessaire du genre, mais nous n'avons et n'aurons jamais accès au réel du sexe que médiatement, à travers nos schèmes culturels. Autrement dit, le sexe, comme le genre, constitue une catégorie normative, une norme culturelle, donc historique, régissant la matérialisation du corps. Il importe dans cette perspective de souligner que le concept de matière a une histoire, et qu'en cette histoire sont sédimentés des discours sur la différence sexuelle.

Or, si certains corps (par exemple les corps blancs, mâles et hétérosexuels) sont valorisés par cette norme, d'autres (par exemple les corps lesbiens ou noirs) sont produits comme abjects, rejetés dans un dehors invivable parce qu'ils ne se conforment pas aux normes.

À travers une reprise critique du concept foucaldien de « contrainte productive », Judith Butler va, loin de tout volontarisme, s'efforcer de ressaisir la façon dont les corps, informés par des normes culturelles, peuvent défaire ces normes et devenir le lieu d'une puissance d'agir transformatrice. Cette réflexion sur la matérialité des corps et les limites discursives du sexe est donc indissociablement épistémologique et politique.

Extrait : « Il est bien sûr nécessaire d'énoncer aussi clairement que possible que le théoricien n'est absolument pas obligé de choisir entre, d'une part, la présupposition de la matérialité et, d'autre part, sa négation. [...] Problématiser la matière des corps peut sans doute entraîner la perte de certaines de nos certitudes épistémologiques, mais ne peut aucunement être assimilé à une forme de nihilisme politique. [...] Cette déstabilisation de la « matière » peut être envisagée comme l'ouverture à de nouvelles possibilités, à de nouvelles manières pour les corps de compter [to matter]. »

Traduit de l'anglais par Charlotte Nordmann

9782354800413
L'Etat global
Butler, Judith & Spivak, Gayatri Chakravorty, Payot, 2009

Collection : Petite bibliothèque Payot
6.50

L'État, aujourd'hui, est essentiellement un lieu de transit et ses habitants sont, de plus en plus, des apatrides. À l'ère des migrations permanentes (dues à des pressions économiques, culturelles, militaires ou climatiques), qu'est-ce que la philosophie contemporaine, à commencer par celle de Hannah Arendt, peut nous dire sur ce phénomène qui concerne aussi bien les Palestiniens que les membres de l'Union européenne ? Qui exerce le pouvoir aujourd'hui ? Avons-nous toujours le droit d'avoir des droits ? Comment peut-on encore avoir le sentiment d'appartenir à une nation ? 

Traduit de l'anglais par (Etats-Unis) Françoise Bouillot

9782228904599
Le pouvoir des mots : discours de haine et politique du performatif
Butler, Judith, Amsterdam, 2008

17.00

Dans Le Pouvoir des mots, Judith Butler analyse les récents débats, souvent passionnés, sur la pornographie, la violence verbale dirigée contre les minorités et l'interdiction faite aux homosexuels membres de l'armée américaine de se déclarer tels. Il s'agit pour elle de montrer le danger qu'il y a à confier à l'État le soin de définir le champ du dicible et de l'indicible.

Dans un dialogue critique avec J. L. Austin, le fondateur de la théorie du discours performatif, mais aussi avec Sigmund Freud, Michel Foucault, Pierre Bourdieu, Jacques Derrida ou encore Catharine MacKinnon, elle s'efforce d'établir l'ambivalence du hate speech, de la violence verbale et des discours de haine homophobes, sexistes ou racistes : s'ils peuvent briser les personnes auxquelles ils sont adressés, ils peuvent aussi être retournés et ouvrir l'espace nécessaire d'une lutte politique et d'une subversion des identités.

Elle esquisse ainsi une défense pragmatique du principe de la liberté d'expression, qui ne s'en tient pas aux arguments employés classiquement par les doctrines libérales, mais est surtout préoccupée par le souci de maximiser la puissance d'agir des dominés et des subalternes.

Les lecteurs français trouveront dans ce livre des instruments inédits pour repenser à nouveaux frais les questions soulevées par les débats sur la pénalisation des discours de haine.

Traduit de l'anglais par Charlotte Nordmann

9782354800246
Trouble dans le genre : le féminisme et la subversion de l'identité
Butler, Judith, La Découverte, 2006

Collection : La Découverte poche
12.00

Dans cet ouvrage majeur publié en 1990 aux États-Unis, la philosophe Judith Butler invite à penser le trouble qui perturbe le genre pour définir une politique féministe sans le fondement d'une identité stable. Ce livre désormais classique pour les recherches sur le genre, aussi bien que les études gaies et lesbiennes, est au principe de la théorie et de la politique queer : non pas solidifier la communauté d'une contre-culture, mais bousculer l'hétérosexualité obligatoire en la dénaturalisant. Il ne s'agit pas d'inversion, mais de subversion.

Judith Butler localise les failles qui manifestent à la marge le dérèglement plus général de ce régime de pouvoir. En même temps, elle soumet à la question les injonctions normatives qui constituent les sujets sexuels. Jamais nous ne parvenons à nous conformer tout à fait aux normes : entre genre et sexualité, il y a toujours du jeu. Le pouvoir ne se contente pas de réprimer ; il ouvre en retour, dans ce jeu performatif, la possibilité d'inventer de nouvelles formations du sujet.

La philosophe relit Michel Foucault, Sigmund Freud, Jacques Lacan et Claude Lévi-Strauss, mais aussi Simone de Beauvoir, Luce Irigaray, Julia Kristeva et Monique Wittig, afin de penser, avec et contre eux, sexe, genre et sexualité - nos désirs et nos plaisirs. Pour jeter le trouble dans la pensée, Judith Butler donne à voir le trouble qui est déjà dans nos vies.

« Là réside l'une des profondes originalités de l'entreprise butlérienne : avoir suscité avec Gender Trouble une césure épistémique qui s'est incarnée dans le quotidien de toute une population marginalisée et rendue invisible par les normes dominantes. » Les Inrockuptibles

« On ne peut que se féliciter de voir ce livre enfin disponible en français, dans une édition rigoureuse et éclairante, qui plus est. » Le Monde des livres

Préface Eric Fassin. Traduit de l'anglais par (Etats-Unis) par Cynthia Kraus.

9782707150189
Défaire le genre
Butler, Judith, Amsterdam, 2006

22.00
Indisponible

«Faire» son genre implique parfois de défaire les normes dominantes de l'existence sociale. La politique de la subversion qu'esquisse Judith Butler ouvre moins la perspective d'une abolition du genre que celle d'un monde dans lequel le genre serait «défait», dans lequel les normes du genre joueraient autrement, tout autrement. Que le genre puisse être défait présuppose en effet qu'il est un «faire» susceptible de transformations et non une structure figée et immuable. Ce livre, qui constitue un retour critique sur les analyses développées par l'auteure dans Trouble dans le genre, s'inscrit dans une démarche indissociablement théorique et pratique : il s'agit, en s'appuyant sur les théories féministe et queer, de faire la genèse de la production du genre et de travailler à défaire l'emprise des formes de normalisation qui rendent certaines vies invivables, ou difficilement vivables, en les excluant du domaine du possible et du pensable. La critique des normes qui gouvernent le genre, avec plus ou moins de succès, s'inscrit donc ici dans un effort pour dégager les conditions de la perpétuation ou de la production de formes de vie plus vivables, plus désirables et moins soumises à la violence.

Traduit de l'anglais par (Etats-Unis) Maxime Cervulle