Les chapitres de ce dossier :
- De Agamben à Arrighi
- De Badiou à Butler
- De Caillé à Keucheyan
Alain Caillé, est professeur de sociologie à l'université Paris-Ouest-La Défense et fondateur et directeur de La Revue du M.A.U.S.S.. Dipesh Chakrabarty est professeur d'histoire, de civilisations et de langues sud-asiatiques à l'université de Chicago. Roberto Esposito est professeur de philosophie à l'Istituto Italiano di Scienze Umane. Franck Fischbach est professeur de philosophie. Né en 1962, devenu sociologue après avoir été activiste radical (notamment au sein de l'Armée de Guérilla Tupac Katari, ce qui lui vaudra d'être torturé et emprisonné), Álvaro García Linera est depuis 2005 vice-président de la république bolivienne. Paul Gilroy est titulaire de la chaire Anthony Giddens de théorie sociale à la London School of Economics. Historienne des sciences, Donna Haraway enseigne l'histoire de la conscience à l'université de Californie, à Santa Cruz. Michael Hardt est professeur associé de littérature à l'Université Duke aux États-Unis. Antonio Negri, philosophe italien, est reconnu pour ses travaux sur Marx et Spinoza. Eric J. Hobsbawm est l'un des plus grands historiens contemporains. Né en 1917 dans une famille juive, il grandit à Vienne où il est témoin de la montée du nazisme. Il trouve refuge à Londres et c'est à l'université de Cambridge qu'il devient historien. Né en 1949, Axel Honneth est philosophe et sociologue, professeur à l'Université J. W. Goethe de Francfort, où il a succédé à Jürgen Habermas, et directeur de l'Institut de recherche sociale. Fredric Jameson est professeur à Duke University. Il est l'un des maîtres de la théorie critique dans le monde anglo-saxon. Docteur en sociologie, Razmig Keucheyan, ancien enseignant à l'Université de Paris IV-Sorbonne et à l'Institut d'études politiques de Paris, est chercheur associé au Centre d'études sociologiques de la Sorbonne (Paris IV).
- De Rancière à Zizek
| Théorie anti-utilitariste de l'action : fragments d'une sociologie générale Caillé, Alain, La Découverte, 2009 Collection : Textes à l'appui. Bibliothèque du MAUSS |
19.00 € | |
Qu'est-ce qui pousse les sujets sociaux à agir ? Les mobiles de nos actes sont innombrables et la littérature entière, tout l'art, tous les films ne suffiraient pas à les décrire. Les sciences sociales ou la philosophie ont besoin quant à elles de se donner des repères leur permettant de saisir les ressorts essentiels de l'action. Et ici, on touche vite aux débats centraux de ces disciplines. L'opinion, largement dominante, y est que l'action des hommes s'explique nécessairement et exclusivement par l'intérêt, qu'il soit d'ordre économique, sexuel, de conservation, de pouvoir ou de prestige. Comme le montre Alain Caillé dans ce livre, une théorie anti-utilitariste de l'action, au contraire, s'attache à montrer que ce réductionnisme est intenable. Il laisse en définitive échapper l'essentiel de ce qui importe aux humains, car c'est précisément en s'affranchissant du cercle étroit des intérêts, sans pourtant les dénier, qu'ils deviennent des sujets. Et c'est parce qu'ils aspirent plus à être reconnus qu'à accumuler que les hommes ne sont pas réductibles à la figure de l'Homo oeconomicus. Ce qui est vrai des sujets sociaux individualisés l'est tout autant des sociétés, ces quasi-sujets collectifs structurés et rendus visibles et pensables par l'opération conjointe du politique et du religieux, dont l'auteur propose ici une conceptualisation systématique. Dès lors, une théorie anti-utilitariste de l'action doit constituer la pièce maîtresse, la matrice de toute sociologie générale qui entreprenne de rompre avec les approches économicistes, si dominantes aujourd'hui, de l'Histoire et de la vie en société. |
||
9782707157485
|
||
| La quête de reconnaissance : nouveau phénomène social total Caillé, Alain & Luis R. Cardoso de Oliveira & Chanial, Philippe, La Découverte, 2007 Collection : Textes à l'appui. Bibliothèque du MAUSS |
25.00 € | |
De plus en plus, dans tous les secteurs de la société, au travail, dans les relations entre groupes sociaux ou entre traditions culturelles ou religieuses, entre les sexes ou les générations, dans les rapports à l'État et l'administration, ou même en famille, les individus se sentent mal ou guère reconnus. Ils aspirent à la «reconnaissance», nouveau maître mot. De même au plan collectif : durant les deux derniers siècles, les luttes sociales se sont massivement présentées comme des luttes pour la redistribution de la richesse ; elles apparaissent principalement aujourd'hui comme des luttes pour être reconnus. La thématique de la reconnaissance est ainsi devenue centrale en sociologie ou en philosophie politique, comme elle l'est dans la réalité même. Une société juste, pense-t-on maintenant souvent, est celle qui accorde à tous la reconnaissance sans laquelle nous ne saurions vivre. Mais pouvons-nous tous être reconnus, et reconnus à égalité dans nos singularités ? Qu'est-ce qui anime la demande de reconnaissance ? Et l'offre de reconnaissance, par les médias, les directions d'entreprise ou les appareils politiques, n'est-elle pas souvent illusoire et manipulatrice ? Qu'est-ce alors qu'une reconnaissance authentique ? Sur tous ces points brûlants, cet ouvrage apporte le diagnostic et les réponses de sociologues connus (et reconnus) et soulève une question insolite : l'étude des luttes de reconnaissance n'est-elle pas l'objet par excellence non reconnu de la sociologie, celui qui fonde son identité disciplinaire ? |
||
9782707153326
|
||
| Provincialiser l'Europe : la pensée postcoloniale et la différence historique Chakrabarty, Dipesh, Amsterdam, 2009 |
24.00 € | |
L'Europe n'est plus au centre du monde, l'histoire européenne n'incarne plus « l'histoire universelle », mais ses catégories de pensée et ses concepts politiques continuent de régir les sciences sociales, la discipline historique et nos représentations politiques. Avoir pour projet de provincialiser l'Europe n'équivaut pas à rejeter la pensée européenne, il ne s'agit pas de prôner une « revanche postcoloniale ». Mais la pensée européenne, aussi indispensable soit-elle, est inadéquate pour appréhender l'expérience de la modernité politique dans les nations non occidentales. Comment s'affranchir de son « historicisme » ? Comment interpréter les faits sociaux sans les contraindre à se conformer au modèle, limité et exclusif, de l'accession progressive de tous, au cours de l'histoire, à une certaine conception de la « modernité » ? L'enjeu est de parvenir à renouveler les sciences sociales, à partir des marges, pour sortir d'une vision qui réduit les nations non européennes à des exemples de manque et d'incomplétude, et penser au contraire la diversité des futurs qui se construisent aujourd'hui. Ce livre s'y essaie, en décrivant diverses manières d'être dans le monde - de l'intense sociabilité littéraire de Calcutta au rapport complexe des poètes indiens vis-à-vis de la nation, en passant par la façon dont les veuves indiennes ont vécu et fini par faire entendre leurs souffrances -, manières d'être dans le monde qui sont autant d'histoires singulières et fragmentaires, autant de réinterprétations, de traductions et de transformations pratiques des catégories universelles et abstraites de la pensée européenne. |
||
Traduit de l'américain par Olivier Ruchet et Nicolas Vieillescazes |
||
9782354800468
|
||
| Sans objet : capitalisme, subjectivité, aliénation Fischbach, Franck, Vrin, 2009 Collection : Problèmes er controverses |
28.00 € | |
Dans un contexte de crise profonde du système capitaliste global, ce livre part de notre impuissance pratique et de l'impossibilité où nous sommes actuellement de penser un autre monde. Et il rapporte cette impossibilité au fait de la privation de monde (et de la privatisation du monde) comme au fait majeur résultant du dispositif capitaliste. Ce dispositif a fait de nous ce que les philosophes modernes ont pensé que nous étions : des sujets séparés de l'objectivité, des sujets sans monde, retirés du monde, spectateurs désinvoltes d'un monde qui n'est plus le leur. La perte du monde (Heidegger-Arendt) et la séparation d'avec l'objectivité (Marx) sont deux manières d'exprimer un même phénomène : celui de l'aliénation. Ce dispositif a produit l'illusion du sujet souverain et la réalité d'une masse d'individus dépossédés de leur puissance. Au coeur de ce diagnostic, on trouvera une relecture de Marx, une tentative de mise en dialogue de Heidegger avec Marx et une confrontation critique avec des représentants contemporains (Althusser, Deleuze, Foucault) ou actuels (J. Butler, S. Zizek, A. Honneth) de la critique sociale. La perspective est celle d'une objectivation des sujets qui en fasse des «individus sociaux» capables d'un usage commun de leur monde. |
||
9782711622016
|
||
| Pour une politique de l'égalité : communauté et autonomie dans la Bolivie contemporaine Garcia Linera, Alvaro, Les Prairies ordinaires, 2008 Collection : Penser-Croiser |
12.00 € | |
Une analyse des luttes sociales dans l'hémisphère Sud qui ne soit pas signée d'un intellectuel du Nord, ni d'un penseur «hégémonique». Une élaboration théorique qui se déploie au cours même des expériences d'organisation et de révolte, accompagnant les événements au lieu de les englober. Et le croisement du projet communiste avec les formes communautaires, de l'universalité concrète du combat social avec l'indianité comme forme de vie - aussi loin du folklore multiculturaliste que du préjugé anti-communautariste de la gauche traditionnelle. Ce sont ces trois choses rares, surtout sous nos cieux, qu'accomplit ici Álvaro García Linera. Ce texte fondateur du «vice-président sociologue» bolivien étudie les trois modes d'organisation successifs du peuple bolivien, la forme-syndicat, en déclin comme partout, la forme-multitude, en un sens puissamment égalitaire, et la forme-communauté, synthèse pratique de luttes transversales et de singularités indigènes. Il a été écrit après la «guerre de l'eau» de Cochabamba (2000), quand les usagers d'une petite cité andine se soulevèrent en commune populaire contre la firme fournissant l'eau de la ville. Et il trace des pistes précieuses pour repenser, au-delà du cas bolivien, l'imaginaire et les tactiques d'une gauche de combat. |
||
Traduit de l'espagnol par (Bolivie) Etienne Dobenesque. Préface Pablo Stefanoni et Marc Saint-Upéry. |
||
9782350960364
|
||
| L'Atlantique noir : modernité et double conscience Gilroy, Paul, Amsterdam, 2010 |
21.00 € | |
Qu'est-ce que l'identité noire ? Contre ceux qui en défendent une conception ethniciste ou nationaliste, ou qui cherchent avant tout à en préserver l'authenticité, Paul Gilroy montre comment cette identité complexe, nourrie d'une diversité irréductible, repose sur l'existence d'un espace transnational en constante transformation, qui n'est pas spécifiquement africain, américain, caribéen ou britannique, mais tout cela à la fois : l'Atlantique noir. L'objet de ce livre est de donner à voir l'existence de cet espace constitué dès le XVIIe siècle à travers l'histoire de la traite négrière, de retracer ce réseau serré de relations, d'échanges à multiples sens, d'idées, d'hommes et de productions culturelles. Au fil de pages peuplées par les figures les plus hétéroclites, de Spike Lee à Walter Benjamin en passant par les Jubilee Singers, Richard Wright, W. E. B. Du Bois, Jimi Hendrix, Wynton Marsalis et Hegel, l'espace et le temps singuliers de l'Atlantique noir prennent forme et consistance de façon saisissante. La musique, mode d'expression de prédilection d'une culture enracinée dans l'expérience des terreurs indicibles de l'esclavage, avec ses usages et ses allers-retours inattendus d'un bord à l'autre de l'Atlantique, joue ici un rôle de premier plan. Le retour sur l'esclavage et son caractère intrinsèquement moderne, opéré dans les oeuvres de nombreux écrivains noirs, ouvre par ailleurs à une relecture critique de la modernité, d'une portée universelle, au même titre que la critique des conceptions figées et réductrices de l'identité. |
||
Traduit de l'anglais par (Etats-Unis) Charlotte Nordmann |
||
9782354800338
|
||
| Manifeste cyborg : et autres essais : sciences, fictions, féminismes Haraway, Donna Jeanne, Exils, 2007 |
29.00 € | |
«La fin du XXe siècle, notre époque, ce temps mythique, est arrivé et nous ne sommes que chimères, hybrides de machines et d'organismes théorisés puis fabriqués ; en bref, des cyborgs. Le cyborg est notre ontologie ; il définit notre politique. Le cyborg est une image condensée de l'imagination et de la réalité matérielle réunies, et cette union structure toute possibilité de transformation historique. Dans la tradition occidentale des sciences et de la politique - tradition de domination masculine, raciste et capitaliste, tradition de progrès, tradition de l'appropriation de la nature comme ressource pour les productions de la culture, tradition de la reproduction de soi par le regard des autres - la relation entre organisme et machine fut une guerre de frontières...» Ainsi parle Donna Haraway, professeure au Department of History of Consciousness, à l'Université de Californie à Santa Cruz. Elle est l'une des personnalités qui ont façonné le champ de la théorie féministe et des science studies. Ses textes traduits en plus de 16 langues en font une auteure incontournable de la scène intellectuelle internationale, penseuse de la postmodernité et des technosciences. La plus grande partie de son oeuvre est encore inédite en français. Bienvenue dans le monde étrange de Donna Haraway peuplé de cyborgs, hybrides, femalemen, oncomice, coyotes et autres monstres. Il s'y déjoue les dichotomies anciennes : féminin/masculin ; nature/culture ; vivant/artefact. Bienvenue dans le monde de Donna Haraway, ses fabulations sont les nôtres, nos pires craintes ou nos meilleures espérances ? A l'évidence, les cartes politiques pour l'invention de nouveaux espaces. |
||
Anthologie établie par Laurence Allard, Delphine Gardey et Nathalie Magnan. |
||
9782912969637
|
||
| Multitude : guerre et démocratie à l'âge de l'Empire Hardt, Michael & Negri, Antonio, 10-18, 2006 Collection :10-18 - Fait et cause |
9.40 € | |
«La démocratie à l'échelle globale est en train de devenir, pour la première fois, une possibilité réelle, que nous appelons le projet de la multitude. Le projet de la multitude n'exprime pas seulement le désir d'un monde d'égalité et de liberté, il ne revendique pas seulement une société démocratique globale, ouverte et inclusive : il se donne les moyens de réaliser ce désir.» La possibilité de la démocratie est aujourd'hui assombrie et menacée par un état de guerre permanent et généralisé : la mondialisation offre le visage de l'«Empire» qui étend à l'échelle planétaire son réseau de hiérarchies et de divisions. Mais elle présente un autre visage : celui de la multitude, une multiplicité de mouvements et de sujets engagés dans un processus d'émancipation et de collaboration. Multitude est un ouvrage de philosophie politique. Son but principal, à la suite d'Empire, est d'élaborer les fondements théoriques sur lesquels un nouveau projet de démocratie peut se construire. |
||
Traduit de l'américain par Nicolas Guilhot |
||
9782264039552
|
||
| Empire Hardt, Michael & Negri, Antonio, 10-18, 2004 Collection : 10-18 - Fait et cause |
10.00 €
![]() |
|
Qu'est-ce que l'Empire ? "Un appareil décentralisé et déterritorialisé de gouvernement qui intègre progressivement l'espace du monde entier." Prenant acte de la transformation du monde dans l'après-guerre froide, Michael Hardt et Antonio Negri s'efforcent de repenser à nouveaux frais les formes de la domination mondiale. Empire est un essai «utopique» de philosophie politique, une tentative d'écrire un nouveau «Manifeste communiste» pour notre temps. Étudiant les régimes d'exploitation et de contrôle qui caractérisent l'ordre du monde, les auteurs cherchent à définir les conditions d'une société réellement démocratique. Face à l'Empire se dressent désormais les «multitudes», des formes nouvelles de résistance micro-politiques qui manifestent un puissant «désir de communauté humaine». |
||
Traduit de l'américain par Denis-Armand Canal. Épuisé |
||
9782264038777
|
||
| Marx et l'histoire : textes inédits Hobsbawm, Eric John, Hachette Littératures, 2010 Collection : Pluriel Histoire |
8.50 € | |
Marx a écrit des textes philosophiques, économiques et politiques, mais peu de textes historiques. Hobsbawm analyse ici l'apport de Marx à l'histoire. Alors que le stalinisme a diffusé une version dénaturée du marxisme, et que l'effondrement de l'Union soviétique a condamné l'espoir du communisme issu de la révolution d'Octobre, Marx reste une formidable source d'inspiration pour comprendre l'histoire. À travers dix conférences sur des sujets tels que la montée de la barbarie au XXe siècle, la révolution russe ou l'histoire populaire, Hobsbawm nous convie à une réflexion sur l'histoire. |
||
Traduit de l'anglais par Christophe Magny |
||
9782012705487
|
||
| La société du mépris : vers une nouvelle théorie critique Honneth, Axel, La Découverte, 2008 Collection : Sciences humaines et sociales |
12.50 € | |
Les individus ont souvent - et à raison - le sentiment de vivre dans une société du mépris. Ils perçoivent que l'accroissement des possibilités de réalisation de soi conquises au cours du XXe siècle donne lieu aujourd'hui à une récupération de ces idéaux par le néolibéralisme. N'est-ce pas là un paradoxe ? Comment expliquer que les progrès des décennies passées soient à ce point détournés pour légitimer une nouvelle étape de l'expansion capitaliste ? Comment, à l'inverse, concevoir une théorie critique de la société lorsque les exigences d'émancipation dont elle se réclame se muent en idéologie ? Autant de questions abordées ici par Axel Honneth, à la lumière d'une pensée profondément originale. Inscrit dans le sillage de la philosophie sociale de l'École de Francfort dont il est un des représentants contemporains majeurs, il s'emploie surtout à mettre au jour les «pathologies sociales» du temps présent, qu'il analyse comme des évolutions affectant les conditions fondamentales d'une vie sociale réussie. Cette démarche s'inscrit au plus près de l'expérience sociale des sujets sociaux soumis au mépris et s'articule avec force à une morale de la reconnaissance. Ce livre traduit un effort rigoureux pour concevoir une nouvelle théorie critique de la société offrant des perspectives précieuses pour affronter certains enjeux politiques et sociaux majeurs du XXIe siècle. |
||
Édition établie par Olivier Voirol. Traduit de l'allemand par Olivier Voirol, Pierre Rusch, Alexandre Dupeyrix. |
||
9782707153814
|
||
| Les pathologies de la liberté : une réactualisation de la philosophie du droit de Hegel Honneth, Axel, La Découverte, 2008 Collection : Théorie critique |
12.00 € | |
À certains égards, une grande partie de la philosophie politique de la seconde moitié du XXe siècle a vu un «retour à Kant», notamment sous l'impulsion de Jürgen Habermas et de John Rawls, qui conduit à des conceptions très formelles des problèmes de philosophie politique. Réagissant à cette tendance dominante, Axel Honneth montre qu'il est non seulement possible mais aussi souhaitable de réintroduire la pensée politique de Hegel au sein des débats qui animent la théorie politique et sociale contemporaine. À ses yeux, elle permet une contextualisation sociale des principes de justice et d'offrir un cadre institutionnel aux principes abstraits du droit moderne et de la morale. Dans ce livre, le philosophe Axel Honneth propose une interprétation radicalement nouvelle des Principes de la philosophie du droit, la principale oeuvre de philosophie politique écrite par Hegel. Cette réactualisation permet de déterminer le rôle et de délimiter la place du droit dans le fonctionnement social. Mais surtout, dans un contexte d'individualisation croissante des sociétés contemporaines, elle permet de reconnaître pleinement le principe de l'individualisme moderne, mais aussi d'en identifier et d'en corriger les dérives pathologiques. |
||
Traduit de allemand et présenté par Franck Fischbach |
||
9782707156129
|
||
| La réification : petit traité de théorie critique Honneth, Axel, Gallimard, 2007 Collection : NRF Essais |
12.90 € | |
La Théorie critique, autrement appelée École de Francfort, fait retour, avec la troisième génération représentée par Axel Honneth, à la philosophie sociale. C'est-à-dire à l'analyse des processus de développement qui sont vécus comme manqués ou perturbateurs. Dans sa quête d'une critique des «pathologies du social», la Théorie peut-elle également faire retour à des concepts marxistes ? Soit le concept, fixé par Georg Lukács, de «réification» - colonisation du monde vécu par la généralisation unidimensionnelle de l'échange marchand à toute interaction sociale, en sorte que les sujets perçoivent partenaires et biens comme des objets. La Théorie critique, pour sa part, distingue trois formes de réification - intersubjective (le rapport aux autres), objective (le rapport au monde) et subjective (le rapport à soi) - également fondées sur l'oubli préalable de la reconnaissance de l'autre. La réification intersubjective résulte aujourd'hui de pratiques nouvelles qui considèrent les hommes indépendamment du monde vécu auquel ils appartiennent - depuis l'aboliton de la substance juridique du contrat de travail jusqu'à la réduction des dons de l'enfant à un objet de mesure génétique et de manipulation. L'autoréification - saisir ce qu'on éprouve psychiquement comme objets à observer ou à produire de manière normée - est le fruit des pratiques institutionnalisées de présentation de soi : des entretiens d'embauche ou du coaching à la recherche d'un partenaire amoureux sur Internet. Demeure, pour Axel Honneth, "une certaine inquiétude : celle de voir nos sociétés prendre le chemin que Lukács, en utilisant des moyens insuffisants et en généralisant à l'excès, a entrevu il y a quatre-vingts ans". |
||
Traduit de l'allemand par Stéphane Haber |
||
9782070782925
|
||
| La lutte pour la reconnaissance Honneth, Axel, Cerf, 2000 Collection : Passages |
37.50 € | |
La philosophie sociale moderne, depuis Machiavel et Hobbes, présuppose un rapport d'hostilité entre des individus désireux de s'assurer une place au soleil ou plus simplement de garantir les conditions de leur survie. La société ne serait rien d'autre qu'une collection d'individus. La fonction de l'Etat, dans ce contexte, consiste à neutraliser leur antagonisme. La morale se trouve ainsi instrumentalisée. Le jeune Hegel se démarque de cette tradition en cherchant à comprendre les conflits humains dans la perspective d'une demande de reconnaissance. Il met ainsi en lumière la dimension morale inhérente à tout affrontement et reconstruit l'évolution sociale selon une succession de luttes réelles ou symboliques, dans lesquelles l'individu ne cherche pas tant à supprimer ou à abaisser son adversaire qu'à être reconnu par lui dans son individualité. L'amour, le droit, la solidarité offrent les cadres successifs où s'inscrit, à mesure que s'enrichissent les rapports humains, ce lien de reconnaissance. La psychologie sociale moderne permet de reprendre cette approche pour l'enraciner dans les mécanismes de formation de la personnalité humaine (les travaux de G. H. Mead et de D. Winnicott en particulier). En distinguant trois formes de mépris - l'atteinte physique, l'atteinte juridique et l'atteinte à la dignité de l'individu -, correspondant aux stades de développement du rapport de reconnaissance, Axel Honneth se dote d'un outillage conceptuel qui lui permet d'articuler une véritable "grammaire morale des conflits sociaux", fondée sur une théorie intégrée de l'homme et de la société. Ce faisant, il nous met aussi entre les mains un précieux instrument critique. |
||
Traduit de l'allemand par Pierre Rusch |
||
9782204060615
|
||
| Archéologies du futur : penser avec la science-fiction Jameson, Fredric, Max Milo, 2008 Collection : L'inconnu |
24.90 € | |
Comment fixer à l'oeil nu le présent de notre histoire humaine, toujours intolérable à une âme minimalement sensible ? En rêvant ses non-dits et ses fausses promesses. Depuis quelques décennies, la littérature dite de « science-fiction » s'y emploie. On conçoit généralement la SF comme la tentative d'imaginer des futurs inimaginables. Son sujet, démontre Fredric Jameson, c'est plutôt le devenir actuel de notre destin collectif. Il ne s'agit pas pour les auteurs analysés dans ce recueil - Philip K. Dick, Ursula Le Guin, Brian Aldiss, Vonda McIntyre, Kim Stanley Robinson ou encore William Gibson... - de nous donner des « images » du futur pour nous endormir ou nous libérer du quotidien, comme le croient encore certains critiques littéraires qui persistent à ne pas prendre l'effort d'anticipation au sérieux : la force de la science-fiction est de défamiliariser et de restructurer l'expérience que nous avons de notre présent, et ce sur un mode spécifique, nouveau, fertile en soi et pour la pensée. La motivation profonde de la SF et du roman d'anticipation est de faire percevoir, sur un mode local et déterminé, avec une plénitude de détails concrets, notre incapacité constitutionnelle à imaginer un avenir autre. Si l'imagination individuelle y semble riche, c'est qu'elle dévoile a contrario la pauvreté mimétique, la clôture systémique, culturelle et idéologique qui nous retient tous prisonniers. |
||
Traduit de l'anglais par (USA) par Nicolas Vieillescazes |
||
9782353410354
|
||
| La totalité comme complot : conspiration et paranoïa dans l'imaginaire contemporain Jameson, Fredric, Les Prairies ordinaires, 2007 Collection : Penser-Croiser |
12.00 €
![]() |
|
Poursuivant son enquête critique sur la culture postmoderne, Fredric Jameson s'attache ici à montrer que le motif du complot est, dans l'imaginaire contemporain, un point de cristallisation des tensions paranoïaques qui agitent nos sociétés. À l'heure de la colonisation définitive de la vie sociale par la marchandise, l'impossibilité où nous nous trouvons de nous représenter le « capitalisme-monde » trouve son expression dans la forme paranoïde du complot. Les films de complot, où le détective se trouve pris au piège d'une machination sans sujet dont les ramifications paraissent se perdre à l'infini, ou encore dans un complot si total qu'il semble n'avoir plus de référent (et d'ailleurs, y a-t-il effectivement complot ?), fonctionnent comme un analogon de notre cauchemar quotidien : ce système où l'on n'arrive jamais à en finir de rien, comme disait Deleuze à propos des sociétés de contrôle. Riche analyse filmique et contribution originale à la théorie politique, cet essai porte la « méthode » Jameson à son point d'intensité maximal. |
||
Traduit de l'anglais et préfacé par Nicolas Vieillescazes, postface d'Emmanuel Burdeau. |
||
9782350960067
|
||
| Archéologies du futur : le désir nommé utopie Jameson, Fredric, Max Milo, 2007 Collection : L'inconnu |
25.00 € | |
Quel type d'humanité conviendrait à une société radicalement différente des nôtres ? Nous faut-il inventer un nouveau concept d'homme ? Mais qui croit encore à l'utopie ? Discréditée par le naufrage « totalitaire », méprisée par la gauche comme par la droite, éclipsée par les politiques « pragmatiques », c'est-à-dire néo-libérales, et oubliée par un mouvement altermondialiste qui, dans l'ensemble, se satisferait d'un aménagement plus juste et plus égalitaire du système capitaliste mondialisé, l'utopie semble bel et bien morte. Fredric Jameson ne nous propose nullement une utopie supplémentaire. Cet ouvrage nous invite au contraire à reconsidérer l'utopie en tant que pensée (et pratique) de la Différence radicale. Différence spatiale, d'une part - dès le geste inaugural de Thomas More, l'utopie se voit définir comme un monde séparé obéissant à ses lois propres. Différence temporelle, d'autre part - la mise en place d'une société utopique constituant la négation de l'histoire humaine. Jameson ose chercher du côté de la science-fiction les indices d'une pensée de l'Altérité radicale : Philip K, Dick, H. G. Wells, Ursula Le Guin ou William Gibson sont entre autres convoqués. La littérature dite d'anticipation s'est en effet souvent demandé comment l'on pourrait vivre dans une utopie réalisée, autrement dit dans un monde où il n'y aurait plus rien d'autre à espérer que la perpétuation éternelle du Même. Cet ouvrage majeur nous met finalement face à la faillite de notre imaginaire politique. Car l'oubli de l'utopie a un prix : la résignation au « monde comme il va ». |
||
Traduit de l'anglais par Nicolas Vieillescazes et Fabien Ollier |
||
9782353410200
|
||
| Hémisphère gauche : une cartographie mondiale des nouvelles pensées critiques Keucheyan, Razmig, Zones, 2010 |
21.00 € | |
Cette cartographie rend compte des nouvelles théories critiques contemporaines de gauche, qui, malgré leur diversité, résultent toutes des défaites subies par les mouvements de contestation des années 1960 et 1970. |
||
9782355220265
|
||
| Le constructivisme : des origines à nos jours Keucheyan, Razmig, Hermann, 2007 Collection : Société et pensées |
34.00 € | |
Le constructivisme est, malgré les controverses dont il fait l'objet, l'un des courants de pensée les plus en vogue dans les sciences sociales contemporaines. Né, au début du vingtième siècle, des réflexions de l'artiste russe Alexander Rodchenko, ce paradigme puise ses sources conceptuelles et philosophiques dans les oeuvres de Kant, Marx et Nietzsche. Les théories constructivistes excèdent largement aujourd'hui les seuls domaines artistiques, philosophiques et scientifiques. Leur popularité s'est encore renforcée depuis que les réalisateurs du film Matrix ont avoué s'être inspirés de la pensée de Jean Baudrillard pour écrire le scénario. Pourtant, malgré son appropriation par des acteurs sociaux «ordinaires», le constructivisme reste méconnu et n'avait pas encore été étudié dans ses multiples variétés et sa diversité. Telle est précisément la tâche que s'assigne l'auteur de ce livre qui, tout en proposant une définition et une généalogie du constructivisme, cherche, sans pour autant prétendre à l'exhaustivité, à en présenter l'ampleur et la richesse. |
||
9782705666958
|
||






















