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Penser le sport

Coupe du Monde de foot 2006 : pendant quelques semaines, c'est sûr, la Terre a été ronde comme un ballon ! La « société du spectacle » a chaussé ses crampons. Entre les admirateurs qui louent la seule « beauté du geste » athlétique ou les vertus civilisatrices de la compétition à l’ère démocratique, et les allergiques qui dénoncent un nouvel « opium du peuple » ou le « fascisme des stades », nous avons jugé bon de remettre la balle au centre et donner la parole à tous ceux qui font profession de penser le sport. A travers leurs essais, quelques journalistes sportifs, historiens, sociologues, ou même écrivains (Dominique Noguez ou John King, le romancier du Chelsea Football Club) nous donnent leurs lumières et leurs raisons sur le ballon rond en particulier – le sport (la ferveur populaire, et parfois la haine) en général.

Les chapitres de ce dossier

  • Généralités et synthèses sur le sport

    Le sport, en domestiquant la violence, s’inscrit-il dans ce que le sociologue Norbert Elias appelle le « processus de civilisation » ? Quelle est l’alternative en jeu dans le sport moderne : s’accomplir, ou se dépasser ? Entre le sport-spectacle et le sport-loisir, peut-on, avec Paul Yonnet, construire une typologie, un « système des sports » ? Le sport est-il le théâtre où la démocratie se met en scène : société des egos égaux ? Et d’abord… comment expliquer le déclin du cyclisme dans la hiérarchie sportive ? Quelques essais généraux, qui ont fait ou feront date.

  • Pour ou contre ? Beautés et turpitudes du sport

    D’un côté, la merveilleuse histoire du Mondial ou l’aventure mythifiée des Jeux Olympiques : bref, le sport à l’eau-de-rose. De l’autre, ceux qui préfèrent remuer la boue des stades. Il semble bien difficile de réconcilier, ou départager, les sportophobes et les sportophiles : la 1ère école (radicalement « anti-sportive » selon ses adversaires), emmenée par un Jean-Marie Brohm, fustige « la tyrannie sportive », les ravages de l’idéologie de la performance, les collusions avec l’argent, les errements populistes des tifosi... La 2nde est plus sensible aux vertus éducatives du sport, voire à un certain idéal maintenu d’« héroïsme » ; elle stigmatise la morgue des intellectuels qui, du haut de leur savoir, ne comprennent plus rien aux affects populaires. Pas fous, nous conseillons ici les deux, les pour et les contre : que le meilleur gagne !

  • Approches plus spécifiques du sport

    Le sport est un « fait social total » (Marcel Mauss). Les diverses disciplines ou méthodologies ont donc intérêt à se mettre à plusieurs pour tenter d’éclairer ce phénomène socio-culturel complexe : nous conseillons donc ici des livres relevant aussi bien de la Sociologie, de l'Economie, que d’une Psychologie du sport (science toute jeune). Mais aussi - plus inattendu - un essai d’esthétique qui insiste sur le rapport art-sport dans les 30 dernières années. Sans oublier le romancier Alain Fleischer qui plaide « pour une érotique du sport »…

  • Ils sont tous foot !

    Le XX° siècle a été, autant que celui du jazz, du cinéma ou de la guerre de masse, « le siècle du foot », avec ses ombres et ses lumières. Sur la base de ce constat, les avis divergent. Certains insistent sur la mondialisation, les répercussions géopolitiques du foot. En bien comme en mal : on se souvient de l’instrumentalisation du « patriotisme sportif » par Mussolini en 1934 ou par la junte militaire lors de la victoire de l'Argentine en 1978… Mais sait-on que la FIFA a reconnu la Palestine dès... 1998, devançant ainsi le calendrier de l’ONU ? D’autres insistent plutôt sur l’argent sale, le hooliganisme, ou proposent une ethnologie des passions partisanes dans les stades de l’O.M ou de la Juve... Au fait, pour faire un ballon de foot, ne faut-il pas à la fois des damiers blancs et noirs ?

  • Ils sont tous devenus foot !

    Le XX° siècle aura été, autant que celui du jazz, du cinéma ou de la guerre de masse, « le siècle du foot », avec ses ombres et ses lumières. Sur la base de ce constat, les avis divergent. Certains insistent sur la mondialisation, les répercussions géopolitiques du foot. En bien comme en mal : on se souvient de l’instrumentalisation du « patriotisme sportif » par Mussolini en 1934 ou par la junte militaire lors de la victoire de l’Argentine en 1978... Mais sait-on que la FIFA a reconnu la Palestine dès... 1998, devançant ainsi le calendrier de l’ONU ? D’autres insistent plutôt sur l’argent sale, le hooliganisme, ou proposent une ethnologie des passions partisanes dans les stades de l’O.M ou de la Juve... Au fait, pour faire un ballon de foot, ne faut-il pas des damiers à la fois noirs et blancs ?

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