Les prochaines rencontres
Florence Aubenas THEATRE GARONNE
Le quai de Ouistreham19 mars 10 de 18H00 à 20H00
Dominique Despierre
Contes pour petits et grands20 mars 10 de 10H30 à 12H30
Laurent Maffre
Les chambres du cerveau20 mars 10 de 15H00 à 17H00
Nicolas Offenstadt
L'histoire bling-bling : le retour du roman national20 mars 10 de 17H00 à 19H00
Sophie Aude & Milan Füst
Précipice20 mars 10 de 17H00 à 19H00
Michel Attali
Le Portail des cieux22 mars 10 de 18H00 à 20H00
Alain Rouquié
A l'ombre des dictatures : la démocratie en Amérique latine23 mars 10 de 18H00 à 20H00
Isy Morgensztern
L'Aventure monothéiste24 mars 10 de 18H00 à 20H00
Marie Hélène Roques
Des « petit chaperon rouge » à foison25 mars 10 de 10H30 – 14H30 à 12H30 – 16H30
Andreï Kourkov
Laitier de nuit25 mars 10 de 18H00 à 20H00
Christian Bobin
vendredi 12 février 10 de 18H00 à 20H00
Les Ruines du ciel
GallimardRencontre avec Christian Bobin autour du livre Les Ruines du ciel (Gallimard).
Les premiers textes de Christian Bobin, marqués par leur brièveté et se situant entre l’essai et la poésie, datent des années 1980. Il connaît un succès grandissant à partir notamment d’Une petite robe de fête (1991), mais reste un auteur assez discret, fuyant volontiers le milieu littéraire. En 1992, il rencontre un autre succès, grâce à un livre consacré à saint François d’Assise : Le Très-Bas. Il publie en 1996 La Plus que vive, hommage rendu à son amie Ghislaine, morte à 44 ans d’une rupture d’anévrisme. Suivent Ressusciter (2001), Louise Amour (2004) et aussi La Dame blanche, chez Gallimard, dans la collection l’Un et l’autre.
Pourquoi avoir choisi l’aventure glorieuse et spirituelle de Port-Royal comme « fil rouge » du livre, en contrepoint à de notations très contemporaines ?
Rencontre avec Christian Bobin
Pourquoi avoir choisi l’aventure glorieuse et spirituelle de Port-Royal comme « fil rouge » du livre, en contrepoint à de notations très contemporaines ?
Qu’est-ce que Port-Royal ? C’est une poignée d’hommes et de femmes qui ne se laissent pas éblouir par le roi soleil, qui préfèrent la course des nuages à celle des honneurs. Ils pensent qu’il y a autre chose dans la vie que l’argent, la gloire ou la puissance. Ils parient sur cette autre chose. Leur entêtement enfantin peut nous aider à vivre aujourd’hui. D’ailleurs ils ne sont pas si loin de nous : Versailles à l’époque de Port-Royal est une centrale où s’élaborent les images et les images et les coutumes qui vont irradier le pays tout entier. Les jansénistes luttent contre l’opulence de ces images. Ils lui opposent les murs blanchis de leurs cellules et l’insouciance profonde de leur propre mort. Ce qui a été vivant une fois ne meurt jamais. Pascal et Racine ont aiguisé le couteau de leur parole sur la meule de Port-Royal. La meule fonctionne toujours, on peut y aiguiser nos yeux pour regarder notre monde.
Écrire et lire ont-ils pour vous un sens « religieux » ?
Je parlerais plutôt de résistance. Les livres écrits par les gens de Port-Royal sont innombrables : ils savaient que l’écriture construit les seuls palais durables. Les livres sont un acquis, une montagne dans laquelle se réfugier quand la plaine est inondée par un torrent d’images. Contrairement à la doxa je suis très espérant dans l’avenir du livre. Quelqu’un arrive en toute confiance, se remet entre vos mains, tourne vers vous son visage de papier et vous dit comment il voit la vie : cette figure-là est éternelle.
Vous évoquez la musique comme une toilette de l’âme…
Quand j’écoute Bach – qui déménage sans s’essouffler son clavecin d’une page à l’autre dans ce livre – je prends l’air, je connais le sacre du vent contre mes joues, je suis ébloui par une vie à la fois imprévue et construite. C’est pour moi un modèle d’écriture : quelque chose qui reste près de sa source et qui ne cesse pourtant de varier.





