«Jusqu'où irons-nous? Jusqu'à quand serons-nous vivants? Quelles raisons donnerons-nous à notre histoire? Parce qu'il faudra bien un jour trouver une raison, donner une raison, nous ne pourrons pas accréditer notre innocence. Où que nous soyons, quelle que soit notre destination finale (si une telle chose existe), il nous faudra rendre compte, rendre des comptes.
J'ai été, j'ai fait, j'ai possédé. Et un jour je ne serai plus rien. Pareil à ce wagon lancé à une vitesse inimaginable, incalculable, sans doute voisine de l'absolu, entre deux mondes, entre deux états. Et pas question qu'aucun d'entre nous retourne jamais à ses états, je veux dire à son passé, à ce qu'il, à ce qu'elle a aimé. Pour cela les visages sont figés, immobiles, parfois terreux, on dirait des masques de carton bouilli ou de vieux cuir, avec deux fentes par où bouge le regard, une étoile de vie accrochée au noir des prunelles.»
Quelque part entre le réel le plus concret et le rêve... Il est là, vaste et émouvant, tendre et violent, politique et poétique, le territoire sans contours où chasse, à l'instinct, cet aventurier, cet homme en mouvement nommé J.M.G. Le Clézio.
(TéLéRAMA | 16/11/2011)
Chaque livre de Le Clézio est une surprise ou une découverte. Il faut lire sans tarder cette "Histoire du pied et autres fantaisies".
(LE POINT | 16/11/2011)
Le Clézio est l'un des derniers écrivains capables d'accéder aux mythes tout en nous ramenant vers notre âme d'enfant.
(LE MAGAZINE LITTéRAIRE | 16/11/2011)
Mystiques, sensibles et sensuelles, les dix nouvelles d'Histoire du pied et autres fantaisies illustrent le talent de J.M.G. Le Clézio dans la forme courte.
(LIRE | 03/11/2011)
Né à Nice le 13 avril 1940 d’un père anglais et d’une mère bretonne, Jean-Marie Gustave Le Clézio partage ses études littéraires entre la côte niçoise et les rivages de l’Angleterre. C’est en 1963, alors qu’il n’a que 23 ans, que Le Clézio se voit remettre le prix Renaudot pour son premier roman Le Procès-Verbal. Cette reconnaissance lui vaut une renommée littéraire nationale et signe définitivement son succès. Par la suite, il publiera plus de 30 livres, multipliant les recherches d’écriture : romans, nouvelles, essais, deux traductions de mythologie indienne, ainsi que d’innombrables préfaces et articles, toutes ces ½uvres traduisant un profond malaise face au monde moderne. En 1980, Le Clézio fut le premier à recevoir le prix Paul Morand, pour la totalité de son ½uvre, notamment Désert (1980). Plus tard, en 1994, il fut élu le plus grand écrivain vivant de la langue française. J.M.G. Le Clézio a déjà collaboré avec Bruno Barbey à l’ouvrage Gens des nuages (éditions Stock, 1997), livre sur la vallée de la Saguia el Hamra, Rivière Rouge, région du Maroc d’où vient la famille de Jemia, sa femme.