Les prochaines rencontres
Michel Grossetti
La Vie en réseau : dynamique des relations sociales29 mai 2012 de 18H00 à 20H00
Éric Chauvier - rencontre à la librairie
Somaland30 mai 2012 de 18H00 à 20H00
Yves Charnet
Miroirs de Julien L.30 mai 2012 de 20H30 à 22H30
Bernadette Engel-Roux
Aubes31 mai 2012 de 18H00 à 20H00
Tristan Garcia
Forme et objet : un traité des choses31 mai 2012 de 18H00 à 20H00
Daniel Welzer-Lang
Comparutions immédiates1 juin 2012 de 18H00 à 20H00
Geneviève Massard-Guibaud
Histoire de la pollution insdustrielle : France 1789-19141 juin 2012 de 16H30 à 18H00
Georges Bensoussan
Juifs en pays arabes, Le grand déracinement4 juin 2012 de 18H00 à 20H00
Didier Daeninckx
Le Banquet des affamés5 juin 2012 de 18H00 à 20H00
Théâtre Garonne
Étant donné : démocratie(s)6 juin 2012 de 17H30 à 20H00
Gérard Wajcman
samedi 25 septembre 2010 de 18H00 à 20H00
LŒil absolu
Denoël
Rencontre avec Gérard Wajcman autour du livre L’Œil absolu (Denoël). Proposée par l’Association de l’École Freudienne/ Toulouse.
Gérard Wajcman, écrivain, psychanalyste, naître de conférences au département de psychanalyse de l’Université Paris-8, dirige le Centre d’étude d’histoire et de théorie du regard. Il est l’auteur notamment de L’Interdit (1986), L’Objet du siècle (1998), Fenêtre, chroniques du regard et de l’intime (2004).
« Intrusif par essence, l’œil ne se contrôle plus. À force de vouloir tout maîtriser, il s’est perdu dans le vertige de sa propre puissance scopique. Le regard a étendu son domaine d’intervention : tout l’intéresse, tout l’obsède dans une société obsédée par l’hypervisibilité. Gérard Wajcman analyse cette radicalisation de la fonction de l’œil, devenu « absolu », dans un essai philosophique foisonnant et lucide.
« Le regard est notre nouveau Léviathan », « nous sommes au sens strict en garde à vue », assure l’auteur. Pire, comme l’arroseur arrosé, le voyeur est observé. La génération des voyeurs « old school », dont l’icône reste James Stewart dans Fenêtre sur cour d’Hitchcock, a vécu : l’hypermodernité a éclaté les règles du jeu gentiment pervers pour faire du regard omniscient une obsession de chaque instant poussée jusqu’au bout de ses potentialités. On ne regarde plus pour faire passer le temps ; on regarde pour éprouver le temps, en marchant, sous contrôle, en surveillant. Ce sont ces formes prises par « l’extension du domaine du regard » qu’interroge l’auteur à partir d’observations éclectiques. De la science au cinéma, de la télé-réalité aux séries, de l’art à la littérature, il s’approprie de multiples objets culturels pour étayer sa démonstration, qui se déploie comme si elle était elle-même prise dans le vertige (Vertigo) de son discours.
[…] La pertinence de la thèse de Wajcman, repose sur cette intuition que le regard dépasse la seule question du pouvoir, dont le panoptique de Jeremy Bentham, analysé par Foucault dans Surveiller et punir, forme l’accomplissement. Le regard déborde l’enjeu de la contrainte sociale pour toucher désormais aux abysses du désir qui habite chacun d’entre nous. […] Voir, prévoir, savoir, cette trilogie de la maîtrise résume un mot d’ordre, naïf dans sa capacité à nier l’évidence d’un mal souvent caché : ne rien manquer. À cette réflexion iconoclaste, à cette tentative de briser la « sainteté » des images qui nous entourent, Gérard Wajcman ne propose d’autre issue que la lucidité sur soi-même et la profondeur d’un regard averti. Ni moraliste ni prophète, l’auteur excelle ironiquement dans ce rôle de voyeur des mœurs transparentes de son temps qu’il aimerait voir gagné par le nouveau règne d’un œil relatif. Car le relatif rend juste et l’absolu rend fou. » Jean-Marie Durand/Les Inrocks






