Les prochaines rencontres
Magali Bardos
Cahier de bidouilles25 février 2012 de 15H00 à 17H00
Claire Dutrait & Matthieu Duperrex
Shanghai Nø City Guide27 février 2012 de 18H00 à 20H00
François Granier
Robots28 février 2012 de 18H00 à 20H00
Djalla-Maria Longa
Mon enfance sauvage29 février 2012 de 18H00 à 20H00
Jacques Rancière
Aisthésis, scènes du régime esthétique de l'art1 mars 2012 de 18H00 à 20H00
Bernard Dréano
La Perle et le Colonel : Réflexions sur le printemps arabe - Suivi de Les insurrections révolutionnaires dans la région Maghreb Machrek, cinq premières leçons2 mars 2012 de 18H00 à 20H00
Michèle Gazier
L'Homme à la canne grise3 mars 2012 de 17H00 à 19H00
Exposition des peintures de Michel Didier
Vernissage le lundi 5 mars à partir de 18H5 mars 2012 de 18H00 à 20H00
Gabriel Colletis
L'Urgence industrielle6 mars 2012 de 18H00 à 20H00
Nathalie Zajdé & Virginie Linhart
Les enfants cachés et La vie après7 mars 2012 de 18H00 à 20H00
Gilles Lapouge & Michel Le Bris
samedi 11 février 2012 de 17H00 à 19H00
Le Flâneur de l'autre rive
André VersailleRencontre avec Gilles Lapouge autour de son livre de souvenirs Le Flâneur de l’autre rive et Michel Le Bris autour de son livre Rêveur de confins publiés aux éditions André Versaille en 2011 et de la nouvelle collection « Fragments d’une vie ».
Gilles Lapouge est un grand voyageur, écrivain et essayiste. Correspondant en France pour le quotidien brésilien O Estado de Sao Paulo pendant plus de soixante ans, il a également collaboré au Monde, au Figaro littéraire et à Combat aux côtés d’Albert Camus. Parmi ses nombreux livres, citons Equinoxiales (Flammarion, 1977), La Mission des frontières (Albin Michel, 2002), Le Bruit de la neige (Albin Michel, 1996), L’encre du voyageur (Albin Michel, 2007), La légende de la géographie (Albin Michel, 2009) et le Dictionnaire amoureux du Brésil (Plon, 2011).
« Je n’ai pas beaucoup d’autorité sur mes souvenirs. Ils n’en font qu’à leur tête. Je suis voué à les suivre. Parfois, ils se moquent carrément de moi. Si je leur donne l’ordre d’aller vers le sud, c’est à l’ouest que je me retrouve. Ils mettent malice à me contredire. Comme ils vont trop vite pour mon pas, je boite. Ils me distancent. Ils en profitent pour me semer, comme les parents indignes, dans les contes de fées, entraînent leurs enfants dans les forêts obscures. Ils me mettent un bandeau sur les yeux. Ils me font tourner et, quand ma tête est un vertige, ils arrachent le foulard. Je me demande alors en quelle géographie je suis tombé et dans quel moment de ma vie. Je ne reconnais rien. Je suis dans un lointain. On se chamaille un peu, mais après une rapide altercation, je suis bien obligé de reconnaître qu’en effet je suis passé dans ces écarts, il y a longtemps, longtemps, comme en un songe, et que j’avais tout oublié. En général, mes souvenirs ont meilleure mémoire que moi. C’est pourquoi je les laisse faire. Je leur donne tous les pouvoirs.» Gilles Lapouge
Michel Le Bris est écrivain, romancier, philosophe, éditeur, et le directeur du festival Saint-Malo Étonnants Voyageurs.
Né dans la baie de Morlaix en 1944, il est resté extrêmement attaché à ses terrains d’enfance qu’il évoque longuement dans le très personnel Un hiver en Bretagne (Nil éditions, 1996). Il a écrit de nombreux ouvrages parmi lesquels citons : Pour saluer Stevenson (Flammarion, 2000), L’Aventure de la flibuste (Hoëbeke, 2002), La beauté du monde (Grasset, 2008), Pour une littérature-monde (Gallimard, 2007) et le Dictionnaire amoureux des explorateurs (Plon, 2010).
« Dans la salle enfumée du bistrot de marins, des noms passaient, que l’on aurait dit des soupirs portés par le vent battant les volets clos : Mascareignes, Terre de Feu, Veracruz – et c’était comme si les murs, alors, se reculaient jusqu’au bout de la terre… Le jour revenu, je courais de rocher en rocher, tandis que les cargos s’éloignaient vers le large, et je restais des heures à fixer l’horizon : là-bas, derrière la ligne bleue où ils disparaissaient, il y avait des mondes, effrayants et splendides, et, à n’en pas douter, des îles de corail sous les cieux sans nuage. Un jour, moi aussi, je m’en irais ! Je m’en allais déjà, le nez dans la poussière de mon grenier, avec pour seul témoin le ciel, par l’étroite lucarne, pour seuls complices les grands chevaux de l’empire des nuages, tandis que je tournais les pages de mes trésors, Curwood, Stevenson, Jack London, le Journal des voyages – et chaque livre, alors, m’était comme une porte qui ouvrait sur des mondes… Je suis parti. Du moins j’ai essayé. Voici quelques fragments de ce qui m’attendait, derrière la ligne d’horizon… » Michel Le Bris






