Les prochaines rencontres
Michel Grossetti
La Vie en réseau : dynamique des relations sociales29 mai 2012 de 18H00 à 20H00
Éric Chauvier - rencontre à la librairie
Somaland30 mai 2012 de 18H00 à 20H00
Yves Charnet
Miroirs de Julien L.30 mai 2012 de 20H30 à 22H30
Bernadette Engel-Roux
Aubes31 mai 2012 de 18H00 à 20H00
Tristan Garcia
Forme et objet : un traité des choses31 mai 2012 de 18H00 à 20H00
Daniel Welzer-Lang
Comparutions immédiates1 juin 2012 de 18H00 à 20H00
Geneviève Massard-Guibaud
Histoire de la pollution insdustrielle : France 1789-19141 juin 2012 de 16H30 à 18H00
Georges Bensoussan
Juifs en pays arabes, Le grand déracinement4 juin 2012 de 18H00 à 20H00
Didier Daeninckx
Le Banquet des affamés5 juin 2012 de 18H00 à 20H00
Théâtre Garonne
Étant donné : démocratie(s)6 juin 2012 de 17H30 à 20H00
Gilles Kepel : Rencontre annulée
mardi 14 février 2012 de 18H00 à 20H00
Quatre vingt treize
Gallimard
Débat reporté ultérieurement, la date sera précisée courant février.
Rencontre avec Gilles Kepel autour de ses livres Quatre-vingt-treize et Banlieue de la République, publiés aux éditions Gallimard.
Gilles Kepel est professeur des universités à l’Institut d’études politiques de Paris, où il dirige le programme doctoral sur le monde musulman. Il a publié aux Éditions Gallimard Jihad. Expansion et déclin de l’islamisme (2000), Chronique d’une guerre d’Orient (2002), Fitna. Guerre au cœur de l’islam (2004).
Quatre vingt treize. Les « banlieues » sont devenues l’un des principaux enjeux du débat politique français […] et représentent à la fois la cristallisation des peurs d’une société inquiète face à des nouvelles « classes dangereuses » du 21e siècle, et la mauvaise conscience de celle-ci, accusée d’avoir laissé se développer et perdurer des zones d’exclusion en marge de sa prospérité. Cette ambivalence est propice à l’emballement du discours médiatique sur un sujet propre à toutes les surenchères idéologiques ainsi qu’aux simplifications des images-chocs – voitures brûlées, caches d’armes dans les HLM, musulmans en prière sur la chaussée… […]
Le « trou noir » d’une représentation rationnelle de ce problème crucial renvoie à une question très douloureuse, centrale, qui touche à l’identité même de la France au moment où celle-ci connaît une crise profonde. Cette crise est relayée sur le territoire français par ces zones d’exclusion […] – les « banlieues » sont perçues comme un parasite sur le corps malade du pays. […] Face à l’ampleur de ces bouleversements, et à l’importance des enjeux dont on peut penser qu’ils vont s’exacerber lors de la prochaine élection présidentielle puisqu’ils auront une incidence directe sur la conquête du pouvoir politique en France et où Mme Le Pen a déjà pris date, avec ses remarques sur les musulmans comme « force d’occupation », il est important de disposer de travaux et d’un livre qui puissent faire référence afin que les débats de société soient nourris d’une matière que l’on voudrait originale, substantielle et gouvernée par la « neutralité quant aux valeurs » prônée par Max Weber.
Banlieue de la République. Par rapport à l’ouvrage Les Banlieues de l’islam (1987), qui se basait notamment sur une enquête effectuée durant le Ramadan de juin 1985, cet ouvrage, basé sur une nouvelle enquête effectuée durant le Ramadan d’août/septembre 2010 (certaines des questions sont identiques afin de mesurer les évolutions sur 25 ans), ne parcourt pas la France entière, mais se concentre sur une zone particulièrement symbolique, Clichy/Montfermeil, visant ainsi à une sorte de « portrait total ». Il s’agit ici d’analyser et de comprendre comment s’imbriquent concrètement des variables comme la relégation et l’enclavement spatial, les problèmes de l’éducation et de l’emploi, de la sécurité, pour produire une émeute qui se répand à travers tout le pays, et comment les réactions à celle-ci – de l’injection massive de fonds à travers la Politique de la Ville, les Zones Franches Urbaines, etc., à l’émergence d’une contre-élite politique dans la jeunesse d’origine immigrée – sont à même ou non, et selon quelles modalités, de relever le défi. On sera particulièrement attentif à observer comment la référence à l’islam a pénétré en profondeur l’espace social, et comment celle-ci peut se combiner à l’expression politique soit dans une logique de participation à la vie de la cité avec des revendications propres, soit dans une logique de rupture.






