Les prochaines rencontres
Michel Grossetti
La Vie en réseau : dynamique des relations sociales29 mai 2012 de 18H00 à 20H00
Éric Chauvier - rencontre à la librairie
Somaland30 mai 2012 de 18H00 à 20H00
Yves Charnet
Miroirs de Julien L.30 mai 2012 de 20H30 à 22H30
Bernadette Engel-Roux
Aubes31 mai 2012 de 18H00 à 20H00
Tristan Garcia
Forme et objet : un traité des choses31 mai 2012 de 18H00 à 20H00
Daniel Welzer-Lang
Comparutions immédiates1 juin 2012 de 18H00 à 20H00
Geneviève Massard-Guibaud
Histoire de la pollution insdustrielle : France 1789-19141 juin 2012 de 16H30 à 18H00
Georges Bensoussan
Juifs en pays arabes, Le grand déracinement4 juin 2012 de 18H00 à 20H00
Didier Daeninckx
Le Banquet des affamés5 juin 2012 de 18H00 à 20H00
Théâtre Garonne
Étant donné : démocratie(s)6 juin 2012 de 17H30 à 20H00
Jacques Rancière
jeudi 1 mars 2012 de 18H00 à 20H00
Aisthésis, scènes du régime esthétique de l'art
Gallilée
A LA MEDIATHEQUE JOSE CABANIS.
Rencontre avec Jacques Rancière autour de son essai Aisthésis, scènes du régime esthétique de l’art (Gallilée, 2011). La rencontre sera animée par Olivier Carrérot.
La rencontre sera suivie de la projection du film, Le Cheval de Turin de Bela Tarr, projection précédée d'une présentation par Jacques Rancière de l'oeuvre de Bela Tarr, au cinéma Le Cratère à 20h30. Jacques Rancière a publié également Bela Tarr, le temps d'après (2011, Ed.Capricci).
Jacques Rancière est professeur émérite au département de philosophie de l’Université de Paris VIII. Il est notamment l’auteur de Le Philosophe et ses pauvres (Fayard, 1983), Le Maître ignorant : Cinq leçons sur l’émancipation intellectuelle (Fayard, 1987), La Mésentente (Galilée, 1995), L’Inconscient esthétique (La Fabrique, 2001), La Fable cinématographique (Le Seuil, 2001), La Haine de la démocratie (La Fabrique, 2005), Politique de la littérature (Galilée, 2007), Les Écarts du cinéma (La Fabrique, 2011).
Du Torse du Belvédère analysé par Winckelmann au décor des métayers de l’Alabama décrit par James Agée, en passant par une visite de Hegel au musée, une conférence d’Emerson à Boston, une soirée de Mallarmé aux Folies-Bergère, une exposition à Paris ou à New York, une mise en scène à Moscou ou la construction d’une usine à Berlin, Jacques Rancière examine une quinzaine d’événements ou de moments, célèbres ou obscurs, où l’on se demande ce qui fait l’art et ce qu’il fait. À travers ces épisodes, on voit un régime de perception et d’interprétation de l’art se constituer et se transformer en effaçant les spécificités des arts et les frontières qui les séparaient de l’expérience ordinaire. On apprend comment une statue mutilée peut devenir une œuvre parfaite, une image d’enfants pouilleux une représentation de l’idéal, une culbute de clowns l’envol dans le ciel poétique, un meuble un temple, un escalier un personnage, une salopette rapiécée un habit de prince, les circonvolutions d’un voile une cosmogonie, et un montage accéléré de gestes la réalité sensible du communisme : une histoire de la modernité artistique bien éloignée du dogme moderniste.
Soumettre d’abord l’analyse du philosophique à la rigueur de la preuve, aux chaînes de la conséquence, aux contraintes internes du système : articuler, premier signe de pertinence, en effet. Ne plus méconnaître ce que la philosophie voulait laisser tomber ou réduire, sous le nom d’effets, à son dehors ou à son dessous (effets « formels » – « vêtements » ou « voiles du discours » – « institutionnels », « politiques », « pulsionnels », etc.) : en opérant autrement, sans elle ou contre elle, interpréter la philosophie en effet. Déterminer la spécificité de l’après-coup philosophique – le retard, la répétition, la représentation, la réaction, la réflexion qui rapportent la philosophie à ce qu’elle entend néanmoins nommer, constituer, s’approprier comme ses propres objets (autres « discours », « savoirs », « pratiques », « histoires », etc.) assignés à résidence régionale : délimiter la philosophie en effet. Ne plus prétendre à la neutralité transparente et arbitrale, tenir compte de l’efficace philosophique, et de ses armes, instruments et stratagèmes, intervenir de façon pratique et critique : faire travailler la philosophie en effet.
L’effet en question ne se laisse donc plus dominer ici par ce que la philosophie arraisonne sous ce nom : produit simplement second d’une cause première ou dernière, apparence dérivée ou inconsistante d’une essence. Il n’y a plus, soumis d’avance à la décision philosophique, un sens, voire une polysémie de l’effet.






