Hommage à Gérard Bobillier, directeur des éditions Verdier

Gérard Bobillier, fondateur et directeur des éditions Verdier, est décédé lundi 5 octobre 2009.
Né en 1945, homme de lettres et d'engagements, il fonde avec Benny Levy et d'autres amis, une maison d'édition en plein coeur des Corbières. En 1979, le village de Lagrasse accueille les éditions Verdier.
Durant 30 ans, il a construit un catalogue exigeant tant en sciences humaines qu'en littérature, éditant Jan Potocka et Pierre Bergounioux, Pierre Michon et Carlo Ginzburg, ou encore Henri Meschonnic, pour ne citer qu'eux.
Compagnon sans faille d'Ombres Blanches, les libraires tiennent à rendre hommage à celui qui fut aussi un des fondateurs du Banquet du Livre à Lagrasse, lieu dédié à l'échange et à la pensée, au livre et au débat.
La sélection proposée ici est un extrait du catalogue qu'il a élaboré pendant 30 ans. Nous vous invitons à consulter le site des éditions Verdier pour plus de découvertes.
A lire aussi : l'hommage de la librairie Tropismes à Bruxelles, et celui de François Bon sur son blog
Récits de la Kolyma
Varlam Chalamov 
Traducteur : Catherine Fournier
Editeur : Verdier 
Collection : Slovo 
Date de parution : 06/03/2002
Ean : 9782864323525
22.6 x 14 cm, 1792 pages
- Résumé
- Critiques de presse
Les récits de la kolyma, réunis pour la première fois en français, retracent l'expérience de varlam chalamov dans les camps du goulag où se sont écoulées dix-sept années de sa vie.
Fragments qui doivent se lire comme les chapitres d'une oeuvre unique, un tableau de la kolyma, ces récits dessinent une construction complexe, qui s'élabore à travers six recueils. chaque texte s'ouvre sur une scène du camp. il n'y a jamais de préambule, jamais d'explication. le lecteur pénètre de plain-pied dans cet univers. les premiers recueils, écrits peu après la libération, portent en eux toute la charge du vécu.
à mesure que le narrateur s'éloigne de l'expérience, le travail de la mémoire se porte aussi sur la possibilité ou l'impossibilité de raconter le camp. certains thèmes sont alors repris et transformés. la circulation des mêmes motifs entre différents récits, différentes périodes, constitue à elle seule un élément capital pour le décryptage de la réalité du camp ; on y retrouve la grande préoccupation de chalamov : comment traduire dans la langue des hommes libres une expérience vécue dans une langue de détenu, de " crevard ", composée de vingt vocables à peine ? les récits s'agencent selon une esthétique moderne, celle du fragment, tout en remontant aux sources archaïques du texte, au mythe primitif de la mort provisoire, du séjour au tombeau et de la renaissance.
On y apprend que le texte est avant tout matière : il est corps, pain, sépulture. c'est un texte agissant. à l'inverse, la matière du camp, les objets, la nature, le corps des détenus, sont en eux-mêmes un texte, car le réel s'inscrit en eux. le camp aura servi à l'écrivain de laboratoire pour capter la langue des choses. le camp, dit chalamov, est une école négative de la vie. aucun homme ne devrait voir ce qui s'y passe, ni même le savoir.
Il s'agit en fait d'une connaissance essentielle, une connaissance de l'être, de l'état ultime de l'homme, mais acquise à un prix trop élevé. c'est aussi un savoir que l'art, désormais, ne saurait éluder.
Les dernières parutions de l'auteur :
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Récits de la Kolyma
Varlam Chalamov 
Traducteur : Catherine Fournier
Editeur : Verdier 
Collection : Slovo 
Date de parution : 06/03/2002
Ean : 9782864323525
22.6 x 14 cm, 1792 pages
- Résumé
- Critiques de presse
Les récits de la kolyma, réunis pour la première fois en français, retracent l'expérience de varlam chalamov dans les camps du goulag où se sont écoulées dix-sept années de sa vie.
Fragments qui doivent se lire comme les chapitres d'une oeuvre unique, un tableau de la kolyma, ces récits dessinent une construction complexe, qui s'élabore à travers six recueils. chaque texte s'ouvre sur une scène du camp. il n'y a jamais de préambule, jamais d'explication. le lecteur pénètre de plain-pied dans cet univers. les premiers recueils, écrits peu après la libération, portent en eux toute la charge du vécu.
à mesure que le narrateur s'éloigne de l'expérience, le travail de la mémoire se porte aussi sur la possibilité ou l'impossibilité de raconter le camp. certains thèmes sont alors repris et transformés. la circulation des mêmes motifs entre différents récits, différentes périodes, constitue à elle seule un élément capital pour le décryptage de la réalité du camp ; on y retrouve la grande préoccupation de chalamov : comment traduire dans la langue des hommes libres une expérience vécue dans une langue de détenu, de " crevard ", composée de vingt vocables à peine ? les récits s'agencent selon une esthétique moderne, celle du fragment, tout en remontant aux sources archaïques du texte, au mythe primitif de la mort provisoire, du séjour au tombeau et de la renaissance.
On y apprend que le texte est avant tout matière : il est corps, pain, sépulture. c'est un texte agissant. à l'inverse, la matière du camp, les objets, la nature, le corps des détenus, sont en eux-mêmes un texte, car le réel s'inscrit en eux. le camp aura servi à l'écrivain de laboratoire pour capter la langue des choses. le camp, dit chalamov, est une école négative de la vie. aucun homme ne devrait voir ce qui s'y passe, ni même le savoir.
Il s'agit en fait d'une connaissance essentielle, une connaissance de l'être, de l'état ultime de l'homme, mais acquise à un prix trop élevé. c'est aussi un savoir que l'art, désormais, ne saurait éluder.
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