Vieillir, tout un roman

Vieillir reste un sujet tabou que l'on cache sous des discours, des crèmes ou des expressions imbéciles.
Les libraires ont ici choisi une vingtaine de titres : la vie d'une maison de retraite, le vieux brigand revenu aux affaires, le temps qui passe et se raconte, l'amour à 80 ans...auteurs français et étrangers portent ici un regard sensible mais non dénué d'humour, sur cette partie de la population trop vite reléguée au rang d'inutile à la société.
Qu'on les dise du 3e âge, vieux, âgés, grabataires, impotents, séniles, plus bons à rien, ils sont bien présents. Et la littérature ne les oublie pas.
Illustration : tableau de John Currin, intitulé "Vieux couple", 1993.
Les nuits de flores
César Aira 
Editeur : Christian Bourgois 
Collection : Litterature Etrangere Bourgois 
Date de parution : 02/09/2005
Ean : 9782267017854
20 x 12 cm, 145 pages
- Résumé
- Biographie
Obligé de recommencer à travailler à cause de la crise argentine, un vieux couple marié et à la retraite accepte un emploi normalement réservé à des jeunes qui ont besoin de gagner de l'argent facilement. Aldo et Rosita deviennent donc livreurs de pizzas à domicile les soirées et les nuits dans le quartier de Flores, à Buenos Aires. Ils parcourent les rues de la ville ensemble mais contrairement aux jeunes livreurs ils n'ont ni vélo, ni motocyclette, à la grande surprise des gens chez qui ils livrent. En outre Rosita est aveugle ce qui ne facilite rien. Aldo et Rosita se retrouvent confrontés lors de leurs livraisons aux terribles conséquences de la crise argentine : chômage, pauvreté, délinquance, drogue, alcoolisme. Parmi tous ces drames, l'histoire de Jonathan, jeune garçon séquestré puis assassiné hante encore tout Buenos Aires, surtout que la police n'a aucune piste. Cette histoire devient le détonateur d'une série d'actions rebelles et de corruptions incroyables dans lesquelles sont impliquées beaucoup d'amis de Rosita et Aldo - des institutions aux apparences irréprochables se retrouvent aussi mêlées à des affaires sales. Aldo et Rosita décident alors d'officier. Sous leur apparente ingénuité, les deux détectives en herbe dissimulent une prodigieuse ingéniosité qui permet à la police de mettre un terme à cette histoire pour qu'enfin le jeune Jonathan repose en paix. Le point de départ du roman donne lieu au déploiement d'une trame romanesque inquiétante et mystérieuse. Aucun des personnages ne semble en savoir davantage que le lecteur qui les suit à l'aveugle, un peu comme Rosita qui pourtant perçoit des choses qui échappent aux autres. La narration distille progressivement des indices et ouvre des pistes sans que les personnages sachent vraiment si la voie qu'ils choisissent de suivre est la bonne. C'est là toute la force narrative de César Aira : créer le mystère là où il ne devrait pas y en avoir. Ce roman permet de voir l'Argentine sous un aspect jusque-là assez rare et son auteur joue sur tous les registres non pas pour compliquer la trame romanesque mais au contraire pour l'enrichir et lui faire prendre une signification très dense et sur plusieurs niveaux.
Les dernières parutions de l'auteur :









