Essentielles librairies

« Le seul conseil qu’une personne puisse donner à une autre à propos de la lecture c’est de ne demander aucun conseil, de suivre son propre instinct, d’user de sa propre raison, d’en arriver à ses propres conclusions. » (Virginia Woolf, L'Art du roman)

Rien, dans aucune librairie, ne saura jamais s’opposer à la liberté de choix laissée à chacune et chacun. À quoi bon des librairies, direz-vous ? Les librairies sont les lieux privilégiés et ordonnés de la présence des livres, celle de leur matérialité et de leur lumière, sans lesquelles aucune décision n’est permise. La possibilité d’évoluer parmi eux associe au silence nécessaire des livres la parole de ceux qui en sont au quotidien les jardiniers. Appelons les libraires.


 
Dans Essentielles librairies, Tract/Gallimard publié ces jours-ci, Christian Thorel, fait état de plus de quarante années d’expérience dans la profession de libraire. L’histoire d’Ombres Blanches croise celle de combats pour l’édition, pour la lecture, pour la place des librairies dans le paysage culturel en France.

L’évocation des librairies et des maisons d’édition qui ont suivi la fin de la seconde guerre mondiale, de celles qui ont accompagné la génération de soixante-huit et les suivantes, la relation ici faite des ouvertures et des changements du commerce des livres avec la loi sur le prix unique votée en 1981, permettent la lecture d’une continuité d’héritages, d’un présent de livres qui se nourrit incontestablement d’une histoire collective.

Les commerces des livres, désormais déclarés essentiels, n’oublient pour autant pas qu’ils appartiennent à une constellation urbaine composée de théâtres, de cinémas, de musées, de salles de musique. Pour lesquelles nous gardons tous les espoirs de les retrouver bientôt.