Contretemps

Contretemps

Patrick Boucheron & Bruno Allary & Isabelle Courroy

Editeur : Seuil

Collection : Fiction Et Cie

Date de parution : 01/10/2020

EAN : 9782021465938

21,00 €

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Résumé

Ce livre et le disque qui l'accompagne sont un pari. Il ne s'agit pas de se retourner sur un passé lointain, « rescapé d'un grand naufrage », le Moyen Âge, et sa musique. Non. Il s'agit tout au contraire d'en saisir le surgissement dans le temps d'alors, la naissance, la puissance d'apparition, comme un art nouveau (ars nova qui suscita l'hostilité de l'Église), ces airs et chansons de troubadours qui furent un printemps pour l'Europe, une éclosion, et un enchantement. Guilhem, Aliénor, Raimbaut d'Orange, Béatrice de Die, Rutebeuf, ce sont quelques-unes des figures de cet épanouissement affectif et esthétique, où le poétique croise le théologique, avec insolence, douceur, allégresse.
Patrick Boucheron et Bruno Allary, de la Compagnie Rassegna, ont noué une conversation musicale passionnée autour de poèmes, de manuscrits et de musiques des XIIe, XIIIe et XIVe siècles.

« Mais il n'y a pas de musique médiévale, vous dis-je, il n'y a que des notes jetées sur des manuscrits ; elles sont comme des gouttelettes qui frémissent, qui grelottent, qui condensent le monde entier en des miniatures irisées. Elles attendent là, elles ont tout leur temps. Nul ne sait vraiment comment il faut les jouer, avec quels instruments, et surtout comment il conviendrait de les écouter. Alors voyez avec quelle douceur elles viennent vers nous, enrobées de leur gangue de solitude, si désireuses de faire sonner à nos oreilles l'éclat du neuf. »

Le point de vue de Adrien

À même le temps

Est-ce un livre ou un disque ? Est-ce que cela s’adresse davantage à la vue ou bien à l’oreille ? Et qu’entend-on et de quoi ça parle ? On peut entendre de la guitare électrique, de la flûte kaval et des arrangements électroniques et ça parle de musique, de poètes, du Moyen-Âge et, partant, peut-être, du temps, dans lequel nous nous inscrivons, de nous, de maintenant. Et ce n’est pas le moindre hommage rendu à cette période révolue que de la dire et de la faire entendre, en mots et en sons, de manière si libre, neuve et inattendue. Dire le caractère nouveau, naissant et doux de ce temps de manière nouvelle et étonnante, c’est d’une certaine façon lui correspondre, le laisser entendre vraiment. C’est aussi suggérer que le Moyen-Âge, en sa musique et en sa poésie, était, au sens propre, un printemps, une manière de matin, un moment où la lumière s’est levée. Et, en ces temps si particuliers que nous vivons, où le soleil semble ne pas finir de se coucher en un interminable automne, il est bon de se faire rappeler qu’un âge qui a pu être qualifié de sombre ou d’obscur, de moyen, a été plein d’aurores et d’orients, promesse pour nous peut-être de nouveaux matins : « Écoutez, ça vient de loin. Regardez, ça va vers vous. »

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