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L'apparition du chevreuil

Kim

Hostil J'ai lu d'une traite ce texte si riche. Il y a tant de choses dans ce texte pourtant court. Il repose sur une dichotomie, sur des contraires qui finissent pas s’unir, le mal sociétal imposé par le patriarcat rejoint l’histoire intime et le travail d’introspection de la narratrice comme un étau qui se resserre, la peinture d’un univers ultra-moderne se heurte au monde primitif d’une nature à peine maculée, le réalisme palpable du cyber-harcèlement vient confronter un univers mystique, métaphorique et spirituel que vient appuyer cette phrase si juste d’Élise Turcotte : « L’invention n’est pas le contraire de la vérité ». C’est un texte marquant, le récit d’une emprise, le récit d’une colère et d’un silence qui ne doit pas se faire, le récit d’une famille comme il en existe tant d’autres, emmurée dans la peur du conflit. La langue d’Élise Turcotte est poétique, intense et constitue la puissance de ce conte noir, chaque phrase est forte, troublante et son style a quelque chose de magnétique qui renforce la tension et l’angoisse qui montent au fil des pages. On voudrait s'arrêter sur chaque mot et à la fois poursuivre sa course pour s'enfoncer inexorablement dans la tourmente, dans la neige et vers la tempête qui on le sait dès le départ, ne tardera pas à pénétrer dans le chalet.

15,00 €

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Rien pour demain

Nicolas

Un dyptique Rien pour demain forme avec Le monde horizontal (paru l'an dernier) un diptyque. L'un ne va pas sans l'autre. Le premier avait pour sujet l'espace et celui ci le temps.  Rien pour demain évoque dans une prose élégante et précise la manière dont l'occident est passé d'une conception immuable et cyclique du temps à l'idée d'une flèche qui transperce les âges pour conduire le monde à sa perte. Mais il nous raconte aussi comment l'homme (parce que l'homme est au cœur du livre) trouve à s’accommoder ou non du temps qui passe, et de la mélancolie qui en découle. Bruno Remaury entremêle anecdotes scientifiques, morceaux d'histoire littéraires et personnages romanesques pour tisser les fils d'une histoire riche et passionnante. Rien pour demain est un livre qui ouvre des pistes de lectures, des questionnements, une invitation à prolonger par nous-mêmes les méditations de son auteur.

17,50 €

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Walker

Nicolas

Dowtown Los Angeles « Walker » est un livre qui demande à son lecteur de se laisser aller, de lâcher prise, de changer sa manière de lire un roman. L'expérience de lecture n'en sera que plus intense. Par sa forme hybride qui mélange des extraits de lettres, des fragments de narration et des poèmes, Robertson nous raconte la vie d'un jeune soldat américain revenu à la vie civile à la fin de la guerre de Corée. Après quelques mois passés à New York, il prend le train vers l'Ouest et la Californie. Le livre est fait de ses tranches de vie, de ses rencontres et de la manière dont il perçoit une Amérique qui change à vue d’œil, qui construit tous les jours sa propre modernité. Au cœur de ce roman se trouve précisément la volonté de mettre en évidence cela : la manière dont les Américains ont toujours su construire et mettre en scène leur propre mythologie.  Le livre évoque à chaque page un film, une image, un morceau de Bebop bref un élément qui correspond à un aspect de ce qu'on nomme l'american way of life, le rêve américain. La phrase de Robertson est concentrée, débarrassée de l'inutile, et de fait extrêmement efficace et évocatrice. Les mots acquièrent une intensité proche du sublime. « Walker » est un grand livre qui se lit le souffle court, une des grandes découvertes de cet automne.

23,00 €

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Apeirogon

Nicolas

Le choc Colum McCann « Apeirogon » est un grand livre qui touche à l'universel. Les grands livres ont ceci qu'ils débordent le cadre de leurs propres sujets. Ici, le conflit Israélo-palestinien sert de tremplin pour nous raconter ce monde qui est le notre. Et derrière le drame de Rami et Bassam, les deux personnages centraux du roman qui ont tous deux perdu leur fille par la faute d'une guerre de territoire et d’idéaux meurtriers, Colum McCann projette dans son roman tous les bruits du monde. C'est ce qui donne à son roman une force et une intensité émotionnelle peu commune.  Construit comme une mosaïque (un apeirogone est un polygone qui comporte une infinité de facettes) le roman se déploie, avance par fragments, plus ou moins longs. Il y a quelques mille chapitres qui tous peu a peu dévoile la monumentalité du roman. C'est un roman bouleversant qui laisse son lecteur hors d'haleine et comblé.

23,00 €

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Un jour ce sera vide

Kim

L'été des possibles Quel étonnant premier roman ! On est d'abord saisi par la langue, cette langue qui semble ne pas pouvoir être celle du narrateur à peine haut comme trois pommes, ça coince un peu, ça grince, c'est bizarre, c'est étrange. Et puis on se laisse porter, parce qu'intrigué, interrogé par ce gamin pour qui les vacances à la plage n'ont ni la saveur des beignets aux pommes ni le charme des châteaux de sable avalés par la marée. Et ça prend. Ça prend tellement qu'on ne s'arrête plus, qu'on accepte sans concession les bizarreries de ce narrateur qui s’accommode péniblement d'une grand-mère attachante mais qui lui fait parfois honte et d'une tante qu'il déteste viscéralement. La solitude profonde de ce jeune homme est traversée de moments lumineux et d'une candeur tantôt perdue puis retrouvée qui rendent au personnage (et au lecteur) un certain soulagement . Le regard de cet enfant sur les marqueurs sociaux qui l'écartent de ses camarades de plage est surprenant, parfaitement lucide, amusant souvent. Sans avoir totalement l'innocence d'un jeune garçon il ne cède pas non plus au fatalisme des adultes, un personnage d'enfant complexe comme on en voit peu en littérature. Voilà un premier roman particulièrement réussi, une voix singulière et qui laisse un écho dans son sillage.

16,50 €

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Ce qu'il faut de nuit

Kim

Père-du Ce roman, c'est l'une des très jolies découvertes de la rentrée. Ce que j'aime avec les premiers romans c'est ce sentiment d'explorateur, on pose les yeux sur un territoire vierge, vierge d'attentes, de présomptions et d'influences extérieures (pour peu, en plus, qu'on en fasse la lecture avant que la presse ne s'en empare). Et c'est le moment de tous les possibles et de toutes les surprises. Il y a des romans dans lesquels l'auteur nous laisse observer depuis le jardin, de l'autre côté de la fenêtre, dans celui de Laurent Petitmangin on ne reste pas dehors, immédiatement on est invités à entrer, à pénétrer dans la maison peuplée par l'intimité de trois personnages. La narration est menée à la première personne dans un parler populaire et dès les premières pages l'empathie avec ce père veuf qui doit prendre soin seul de ses deux fils est forte. Plus l'amour filial est mis à l'épreuve, plus le cœur se serre, plus on en guette l'issue avec une angoisse toujours nuancée de tendresse. J'ai vécu corps et âme avec les personnages, d'autant plus séduite par le texte que Laurent Petitmangin ne cède pas au manichéisme et questionne avec une habileté certaine la parentalité sans aller vers l'évidence.

16,90 €

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