Sélectionnez un rayon

Sélectionnez un libraire

Le travail des morts ; une histoire culturelle des dépouilles mortuaires

Suzanne

Un travail admirable Les vivants n'abandonnent pas les corps sans vie. En plein conflit comme en temps de paix, le corps d'un mort, intact ou blessé, est récupéré par ses proches, apprêté, accompagné. Le corps mort, objet d'une attention particulière, ne peut être réduit à une pure matière périssable. Qu'importe pourtant la crainte de la douleur, rappelle Diogène, quand le corps est mort, il n'y a plus rien : jettez-le, donnez-le aux bêtes féroces ! On voudrait bien y croire à cette version matérialiste ; on y adhère parfois en fanfaronnant sur son propre sort, par pur esprit de simplification. Mais ça résiste, « culturellement ». C'est à cette démonstration que s'applique l'auteur de cette étude magistrale. Les morts existent dans des lieux décidés, des cimetières dont les emplacements et les configurations ont pu évoluer, des lieux où les places, symboliquement, sont parfois chères. Derrière la question « où sont les morts ? » que pose Thomas Laqueur s'invite bel et bien cette autre interrogation : «  qui sont les vivants ? » Les morts « travaillent » pour les vivants. Entité active, ils influent sur la structuration de l'espace public, et parfois sur la sphère du politique, au-delà de nos vies individuelles, répondant alors à des besoins collectifs. La pratique des cendres, récente en Europe, n'a rien changée. Le corps mort fait encore et toujours l'objet d'une précieuse attention. Surtout, il nécessite d'être nommé pour ne pas tomber du côté de l'inconcevable, éviter l'image du « cadavre » dont l'étymologie, par ailleurs connue et rappelée (« cadere » : tomber), renverrait la société au sentiment de sa propre chute. Par ses recherches passionnées et une écriture précise, Thomas Laqueur montre comment, dans un monde où la science décortique et rationalise l'humain notre relation au corps mort, quant à elle, réenchante les individus et la société en leur apportant un peu de sacré.

35,00 €

Achat rapide Ajouter au panier, livraison sous 48h
Livraison sous 48h
Gramophone, film, typewriter

Adrien

Archéologie visionnaire Je ne sais dans quelle mesure, en 1985, il était établi que toutes nos données écrites, parlées ou chantées, photographiées ou filmées, toutes nos archives, quel que soit leur support, allaient être inexorablement transmises par des fibres optiques et traduites en code binaire, que tous nos différents medias, tous nos divers supports et lecteurs de données, allaient inévitablement se résoudre en un seul, les intégrant tous, ordinateurs, tablettes ou smartphones. Mais la manière dont le théoricien des médias Friedrich Kittler (1943-2011) l'affirme dans son introduction, écrite donc au milieu des années 1980, offre à son ouvrage une tonalité visionnaire dont la suite du propos ne fera que confirmer le vertige initial. Ainsi, Gramophone, film, typewriter nous propose, à la façon d'une archéologie des techniques, d'observer comment le phonographe, le cinéma et la machine à écrire sont nés et se sont déployés. Il montre, aussi, comment ces appareils ont façonné et subjugué l'esprit des hommes pour enfin se retrouver tous rassemblés dans des circuits intégrés et des puces électroniques. À tous les égards cet ouvrage est original et novateur : de la forme qui propose des photos, des images, des schémas, dans le corps du texte qui offre de véritables extraits d'œuvres courant sur plusieurs pages, dans le ton qui peut rappeler celui de Nietzsche par son caractère définitif, ces phrases qui fusent et percutent comme des aphorismes, sans oublier la diversité des sources, des auteurs, des domaines convoqués, des liens établis, jusque dans ses multiples conclusions et assertions qui voient la naissance de la psychanalyse comme une conséquence de l'invention du gramophone, les boîtes de nuit comme une forme de reproduction de la guerre, la machine à écrire comme un des moteurs de l'émancipation féminine et signant la fin de la poésie romantique, l'écriture comme nous faisant halluciner le monde,... Et il est une dernière petite chose réjouissante et drôle dans la manière dont Kittler convoque les Pink Floyd, les Beatles ou Jimi Hendrix comme s'il invoquait les plus hautes autorités poétiques ou philosophiques et les plus fermes assises de la parole. Il faut donc remercier Frédérique Vargoz et les éditions des Presses du réel d'avoir rendu accessible un tel texte devenu, semble-t-il, avec son auteur, un incontournable des sciences humaines en Allemagne et dans les pays anglo-saxons. Et nous espérons et nous avons hâte que d'autres traductions paraissent, car le parcours de cet auteur qui, à la fin de sa vie, s'est plus particulièrement penché sur la musique, les mathématiques et la Grèce, paraît des plus stimulants.

32,00 €

Achat rapide Ajouter au panier, livraison sous 48h
Livraison sous 48h
Feuilleton ; chroniques pour le monde des livres 2011-2017

Thomas

Du monde ! Du monde ! Tout à fait décidé à dépasser le simple journalisme littéraire, Eric Chevillard - auteur d'une dizaine de romans chez Minuit et de l'Autofictif à l'Arbre Vengeur - peut se permettre quelques remarques sur le roman contemporain. Ses chroniques, publiées dans « Le monde des livres » entre 2011 et 2017, l'ont conduit à lire ses contemporains et à revisiter ses classiques. Qu'en ressort-il ? Ébloui, parfois, par une littérature inventive, Chevillard se moque, à d'autres endroits, avec beaucoup d'esprit, des abus textuels qui s'égarent vers des lieux communs. Justes, aux effets euphorisants, ces articles délicats et délicieux nous invitent à délimiter l'espace littéraire d'aujourd'hui.

19,00 €

Achat rapide Ajouter au panier, livraison sous 48h
Livraison sous 48h
L'affaire isobel vine

Kim

Affaire rondement menée Il y a dans cette première traduction de Tony Cavanaugh de l'efficacité, un style sans fioriture et le soucis de ne faire que du polar d'enquête mais de le faire bien. C'est réussi : on se laisse aisément et rapidement happer par ce « cold case » vieux de plus de vingt ans bien construit ponctué de quelques belles descriptions de Melbourne. On apprécie également les narrateurs alternés, procédé qui vise tantôt à brouiller les pistes, tantôt à donner quelques pistes.

8,10 €

Achat rapide Ajouter au panier, livraison sous 48h
Livraison sous 48h
Le mur des apparences

Marielle

Sous des apparences trompeuses Quand Margot, la fille la plus magnifique, populaire, et enviée du lycée se suicide, Justine, à l’extrême opposée socialement, ne comprend pas. Attaquée, raillée et moquée quotidiennement depuis l’enfance, elle cherche à découvrir pourquoi CELLE qui avait TOUT a pu en arriver là. Un récit poignant, juste, et haletant comme un polar ! Quand les apparences sont trompeuses...

12,50 €

Achat rapide Ajouter au panier, livraison sous 48h
Livraison sous 48h
Le voyageur

Céline

L'immortalité comme bagage Nous suivons un homme, un voyageur, qui parcourt les États-Unis en auto-stop à la recherche de l'origine du mal qui l'habite: l'immortalité. Il traverse les siècles, de véhicule en véhicule, côtoyant sur son chemin une humanité en fin de course ou ce qu'il en reste. Plus tard, un choix terrifiant s'imposera à lui... Un twist trés réussi, inattendu et teinté d'angoisse ! Des routes à perte de vue, une chaleur insoutenable, des rencontres peu plaisantes ainsi que des souvenirs de vies passées, c'est le cocktail efficace et explosif que nous offre Koren Shadmi dans sa dernière bande dessinée. L'auteur va toujours plus loin dans sa recherche du mauvais et du dérangeant en restant fidèle à son univers futuriste. Avec des dessins qui équilibrent et soutiennent parfaitement son récit, dont la palette de couleurs changent de chapitre en chapitre. J'ai purement adoré !

25,00 €

Achat rapide Ajouter au panier, livraison sous 48h
Livraison sous 48h