Le travail des morts ; une histoire culturelle des dépouilles mortuaires

Le travail des morts ; une histoire culturelle des dépouilles mortuaires

Thomas Laqueur

Editeur : Gallimard

Collection : Nrf Essais

Date de parution : 06/09/2018

EAN : 9782070178469

Langue d'origine : Anglais (Etats-Unis)

Traducteur : Borraz, Helene

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Résumé

Il y a presque 2 500 ans, Diogène demandait à ses disciples qu'à sa mort ils jettent son corps par-dessus le mur, où il serait dévoré par des bêtes sauvages. Quelle importance puisqu'il aurait quitté ce monde ? Cet ouvrage vise à comprendre pourquoi et comment Diogène, à rebours de toute logique culturelle, fit scandale. Pourquoi - quel que soit le contexte religieux et idéologique, et même lorsque la croyance en l'âme est imprécise - le corps sans vie est-il considéré, en tous lieux et à toutes époques comme important ? Comment la persistance de l'être se substitue-t-elle au corps mort ? Car les vivants ont bien plus besoin des morts que l'inverse, et les morts sont à l'origine de mondes sociaux.
Mobilisant poésie et peinture, architecture et médecine, statuaire et géographie, littérature et théologie, ce grand livre délimite les manières dont les morts ont façonné le monde moderne, malgré le désenchantement supposé de notre ère.

Trois questions le structurent. « Où sont géographiquement les morts ? » Laqueur décrit la naissance, au Moyen Âge, du lieu de repos dominant des morts - l'enclos paroissial - et expose les raisons pour lesquelles, aux XVIIIe et XIXe siècles, il fut largement supplanté par le cimetière moderne. « Qui sont les morts ? » explicite les raisons qui ont conduit, depuis le XIXe siècle et à une échelle sans précédent, à réunir les noms des défunts sur de longues listes et des monuments commémoratifs et, inversement, en quoi le fait d'être enterré sans nom est devenu insupportable. « Que sont les morts ? » éclaire l'échec de la crémation - la transformation du corps en matière inorganique indifférenciable : comment cette technique sophistiquée commencée comme une fantaisie moderniste visant à dépouiller la mort de son histoire, est venue buter sur l'inacceptable anonymat des cendres du Génocide.
L'originalité foncière de Laqueur est de révéler les manières dont les morts font la civilisation à grande échelle et au niveau intime, en tous lieux et en tous temps ; leur poids historique, philosophique et anthropologique est immense et presque sans limite ni comparaison.

Le point de vue de Suzanne

Un travail admirable

Les vivants n'abandonnent pas les corps sans vie. En plein conflit comme en temps de paix, le corps d'un mort, intact ou blessé, est récupéré par ses proches, apprêté, accompagné. Le corps mort, objet d'une attention particulière, ne peut être réduit à une pure matière périssable. Qu'importe pourtant la crainte de la douleur, rappelle Diogène, quand le corps est mort, il n'y a plus rien : jettez-le, donnez-le aux bêtes féroces ! On voudrait bien y croire à cette version matérialiste ; on y adhère parfois en fanfaronnant sur son propre sort, par pur esprit de simplification. Mais ça résiste, « culturellement ». C'est à cette démonstration que s'applique l'auteur de cette étude magistrale. Les morts existent dans des lieux décidés, des cimetières dont les emplacements et les configurations ont pu évoluer, des lieux où les places, symboliquement, sont parfois chères. Derrière la question « où sont les morts ? » que pose Thomas Laqueur s'invite bel et bien cette autre interrogation : «  qui sont les vivants ? » Les morts « travaillent » pour les vivants. Entité active, ils influent sur la structuration de l'espace public, et parfois sur la sphère du politique, au-delà de nos vies individuelles, répondant alors à des besoins collectifs. La pratique des cendres, récente en Europe, n'a rien changée. Le corps mort fait encore et toujours l'objet d'une précieuse attention. Surtout, il nécessite d'être nommé pour ne pas tomber du côté de l'inconcevable, éviter l'image du « cadavre » dont l'étymologie, par ailleurs connue et rappelée (« cadere » : tomber), renverrait la société au sentiment de sa propre chute. Par ses recherches passionnées et une écriture précise, Thomas Laqueur montre comment, dans un monde où la science décortique et rationalise l'humain notre relation au corps mort, quant à elle, réenchante les individus et la société en leur apportant un peu de sacré.

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