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Les chapitres de ce dossier :

Anvers
Bolaño, Roberto, Bourgois, 2011

Collection : Titres
6.00

Texte dévasté, sorte de saison en enfer, apocalypse et acte de naissance sombre et désespérée, Anvers a été écrit en Espagne en 1980 dans le dénuement et l'illégalité. S'y concentrent les éléments qui se déploieront dans les œuvres ultérieures de Bolaño: la violence et l'humour noir, le désir et la mort, la peur et la pitié, la parodie et l'hommage.

On trouve, dans ce thriller sans solution, des cadavres et des flics, des scènes sado-masochistes, des plages balayées par l'automne méditerranéen, des campings déserts comme celui où un clandestin chilien écrit ce roman, des hallucinations, des transcriptions de cauchemars, les premiers détectives fantômes qui dérivent. Cadavre, policier, enquête, atmosphère poisseuse, suspects : tous les codes du roman policier classique sont respectés. Mais tout y est outré et bouffon, halluciné, pareil à la retranscription de cauchemars qu'on ferait des nuits durant.

Un meurtre a été commis, semble-t-il, sur la côte méditerranéenne, et on pourrait croire que le récit s'attellerait à la résolution du crime, mais les éléments au lieu de s'articuler les uns aux autres et finir par donner un sens, se soulèvent, s'engloutissent sous la poussée violente de l'écriture, qui désarticule, violente, redéploie dans un nouvel ordre et redéfinit le genre noir. Il n'y a aucune concession à la recréation du sens après-coup, l'énigme reste entière, comme un immense corps qu'éclairerait de manière intermittente des éclairs, un orage violent, mais dont à la fin le lecteur finirait par admettre qu'il ne peut le saisir dans sa totalité, et qui le laisserait seul dans la tourmente et la nuit, tourné comme le récit vers le nord.

Prose convulsée sur la rage de la littérature, la mémoire, la mort, - la mort violente -, et l'amour, Anvers est aussi le récit beau et poignant de l'exil et de la solitude, le compte rendu d'un face à face entre Roberto Bolaño et l'abîme.

Traduit de l'espagnol (Chili) par Robert Amutio.

9782267021684
Appels téléphoniques
Bolaño, Roberto, Bourgois, 2008

Collection : Titres
7.00

Un vieil écrivain argentin exilé en Espagne, rongé par la disparition de son fils, survit à force de concours littéraires. Une ancienne star du porno agonisante dans une clinique de Nîmes, se souvient de son amour pour Jack, atteint du sida. Un adolescent un peu marginal rencontre à Mexico un homme énigmatique, qui pourrait être un tueur, et se lie d'amitié avec lui. Un engagé espagnol, envoyé sur le front russe lors de la seconde guerre mondiale, se fait capturer par les partisans et, sous la torture, découvre que l'art sauve. Un écrivain sans talent, que tout semblait destiner à la collaboration, sauve de la déportation des hommes de lettres qui l'ignorent.

En quatorze récits, fragments de biographies, d'autobiographie ou d'auto-fiction, Roberto Bolaño compose un puzzle drôle et émouvant où nous est rappelé le caractère énigmatique de la condition humaine

Traduit de l'espagnol (Chili) par Robert Amutio.

9782267019759
Le gaucho insupportable
Bolaño, Roberto, Bourgois, 2008

Collection : Titres
7.00

L’univers inquiétant et fantaisiste de ces cinq nouvelles est du meilleur Bolaño. Des lapins sauvages et féroces investissent la pampa ; des rats s’entretuent et une enquête s’ensuit ; des poètes tristes errent dans la nuit tandis qu’un écrivain argentin plagié se rend à Paris sur les traces du coupable, qui est aussi son meilleur lecteur. Dans cet univers entre onirisme, humour noir et violence latente, des doubles et des triples de l’auteur se combattent dans des jeux de miroirs déformés. Figurent aussi deux conférences où Bolaño parle de lui, de sa mort, de son amour violent de la littérature et de la vie, deux textes magnifiques et émouvants, Littérature + Maladie = Maladie et Les mythes de Chtulhu, où il cingle la littérature récente, les écrivains qui déshonorent leur art. Drôle, cruel, polémique et émouvant, ce recueil, remis à son éditeur quelques jours avant sa mort, nous montre Bolaño au faîte de son art.

Traduit de l'espagnol par Robert Amutio.

9782267019766
Des putains meurtrières
Bolaño, Roberto, Bourgois, 2008

Collection : Titres
7.00

A travers les errances des réfugiés chiliens fuyant le régime militaire, Roberto Bolaño brosse une série de courts récits. Une anecdote, un souvenir, un prétexte lui fournissent la trame de ces treize nouvelles où toujours s’immisce une remise en question du Chili. Treize variations sur les thèmes du désespoir, de la folie, de la littérature qui est essentielle, mais aussi de son absence, de la beauté qui disparaît, de l’amour, de la mort, du destin obscur des êtres.

Traduit de l'espagnol par Robert Amutio.

" On ne peut qu’admirer le talent de Bolaño à traiter “cette vie un peu plus dure” que la littérature sous tous les modes et sur tous les tons, du grotesque au mélancolique, du pornographique à la critique d’auteur, du portrait au conte fantastique, du monologue en huis clos au récit biographique." Fabienne Dumontet, Le Monde.

9782267019742
Nocturne du Chili
Bolaño, Roberto, Bourgois, 2007

Collection : Titres
6.00

Nocturne du Chili met en scène un chilien, critique littéraire et poète qui, le long d'une nuit d'agonie, tâche de se défendre des accusations qu'il entend et qui ne sont probablement qu'une dernière manifestation de sa conscience. Sur son lit de mort, le père Icabache revient fébrilement sur son passé. A mesure que le récit se rapproche de notre présent, le prêtre glisse vers l'enfer, sans rien perdre de sa mégalomanie ni de son aveuglement, lesquels atteignent leur paroxysme lorsqu'il accepte de donner des cours de marxisme à Pinochet et assiste à des soirées chez Maria Canales, dont le mari, nord-américain, torture dans la cave des opposants au régime (anecdotes malheureusement historiques...).

Le portrait s'achève alors, à la fois ridicule et effrayant, et le personnage est enfin confronté à la « tempête de merde », son apocalypse personnelle. Le tout 70 dans une sorte d'élan de joie et de rage. Dans ce roman/poème en prose, mêlant vision et grotesque, Roberto Bolaño éclaire un demi-siècle d'histoire du Chili et repose une des questions qui le hantent : que peut la littérature face aux ténèbres ?

Traduit de l'espagnol par Robert Amutio.

9782267019124
Etoile distante
Bolaño, Roberto, Bourgois, 2006

Collection : Titres
6.00

Etoile distante est une sorte de roman noir, qui mêle Histoire, politique, art et horreur. Un certain Alberto Ruiz-Tagle, jeune homme séduisant et mystérieusement lointain, se présente dans un atelier d'écriture que suivent le narrateur et son ami Bibiano O'Ryan, dans une ville provinciale du Chili. Le coup d'Etat de Pinochet donne l'occasion à cet étrange artiste - qui désormais s'appelle Carlos Wieder - de mettre en pratique sa conception radicale de l'art de la cruauté en assassinant quelques femmes de sa connaissance dans des circonstances que le lecteur, comme le narrateur, ne peuvent qu'imaginer. Ce lointain disciple de Dorian Gray élève ses cauchemars au rang d'une esthétique de la cruauté. Pendant les années suivantes, Wieder (ou Octavo Pacheco, Masanobu, Juan Sauer, entre autres noms) poursuit sa carrière artistique (créateur de wargames, réalisateur de snuff movies) jusqu'à ce que, 20 ans plus tard, poursuivi par un détective privé payé par des famille des « disparues », il soit finalement tué dans les environs de Barcelone.

Mais Etoile distante, c'est aussi une prolifération tourbillonnante d'histoires qui accompagnent ce récit sur la démence et le mal. Histoires folles, invraisemblables, traversées de rumeurs invérifiables, comme autant de visions égarées de ceux que l'Histoire du Chili a brisés, d'épisodes cruels et pathétiques où l'espace de quelques pages des monstres terriblement (in)humains s'ébrouent : destins picaresques et tragiques de Lorenzo ou Lorenza, « gay » chilien handicapé, de Juan Stein, poète, professeur de littérature et guerrillero au Nicaragua, de Diego Soto, traducteur de Georges Perec, de Raoul Delorme, ancien légionnaire, devenu concierge et écrivain barbare... Autant de vies où se bousculent l'horreur, le comique, la dérision, la parodie...

Traduit de l'espagnol (Chili) par Robert Amutio.

9782267018189
La littérature nazie en Amérique
Bolaño, Roberto, Bourgois, 2006

Collection : Titres
7.00

Dans ce « roman » constitué d'une trentaine de biographies d'écrivains et d'artistes américains, la plupart latino-américains, le lecteur est mené à travers le XXe siècle, de la Patagonie aux prisons du Sud des États-Unis, de la bourgeoise mexicaine conservatrice aux supporters de l'équipe de football d'Argentine. Les textes jouent sur un rapprochement incongru entre les représentations les plus répandues, les clichés, et un foisonnement d'histoires qui décentrent et recomposent le regard du lecteur. On trouvera ainsi, thématiquement disposées, et se chevauchant parfois, la biographie d'une famille d'admirateurs argentins d'Adolf Hitler, celle d'un prédicateur poète nordaméricain, celle d'un Haïtien qui meurt en travaillant à l'oeuvre posthume de ses hétéronymes, celle d'un Guatémaltèque absolument inculte qui écrit de la science-fiction « aryenne », celle d'un Chilien d'origine allemande dont l'oeuvre gravite autour des plans de camps de concentration, celle d'un Cubain, cryptographe, anti-castriste et pro-nazi...

Traduit de l'espagnol (Chili) par Robert Amutio.

9782267018172